‹ L'Afrique chrétienneChapitre 120 sur 280 · Epist. 10, cf. rita,l · texte numérisé non relu

Epist. 10, cf. rita,l

nelle. « L'histoire de cette fortune est curieuse. Lors de sa conversion au christianisme, Cyprien s'en était dépouillé ; il avait vendu tous ses biens pour en donner le prix aux pauvres ^ . Une partie de son patrimoine, nous apprend son biographe, lui fut ensuite rendue, probablement par la reconnaissance des fidèles, qui rachetèrent, pour les lui restituer, les terres mises en vente. Il n'osa pas les vendre de nouveau, de peur d'attirer l'attention malveillante des païens^. On peut donc supposer qu'il était encore riche au moment où éclata la persécution. Il emporta en exil des sommes importantes, qu'il fit peu à peu passer à ceux qu'il avait chargés de l'administration de la caisse ecclésiastique ^ ; il en déposa d'autres, à titre de fidéicommis, entre les mains d'un prêtre investi de sa confiance ''. Probablement réussit-il à mettre également ses immeubles sous le nom d'un tiers, car on les retrouve en sa possession quelques années plus tard ^. Ces précautions étaient nécessaires ; l'édit ordonnait la confiscation du patrimoine de tout chrétien fugitif, et, dès que le départ de Cyprien fut connu, l'autorité fit apposer sur les murs de la ville des affiches portant ces mots : « Quiconque possède ou détient des biens de Cyprien, évêque des chrétiens, est obligé de le déclarer ^\ » Mais Cyprien, administrateur habile, avait déjoué l'avidité du fisc et assuré, par la conservation de sa fortune privée, l'alimentation de la caisse ecclésiastique pendant les mauvais jours. Il pouvait maintenant s'éloigner : les affaires tempo-

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