‹ L'Afrique chrétienneChapitre 121 sur 280 · Jila · texte numérisé non relu

Jila

relies et spirituelles de l'Église restaient en bon ordi*e : il laissait, pour le remplacer pendant son absence, deux évêques voisins et plusieurs prêtres dont la fidélité et Fénergie lui étaient connues '. »

On devait espérer que, prenant exemple sur le clergé de Rome, celui de Cartilage tirerait parti de la persécution pour resserrer l'union entre ses membres. Il n'en fut rien. Parmi les prêtres qui avaient combattu l'élection épiscopale de saint Cyprien et pris ombrage de sa personne, se trouvaient cinq hommes remuants et méchants qui saisirent l'occasion du départ de l'évêque pour intriguer contre lui.

La persécution de Dèce cessa complètement au printemps de 251 et saint Cyprien put rentrer dans Carthage quelques jours après Pâques ^. L'empereur mourut dans le courant de l'été et, dès l'année suivante, on eut une nouvelle persécution en perspective. Précisément la peste commençait alors ses ravages. Elle venait d'Ethiopie et d'Egypte et devait, pendant vingt ans, planer tantôt sur une province, tantôt sur une autre. On n'avait pas oublié les années terribles où le fléau avait dévasté l'empire, en 66, en 77, en 80; depuis lors, il était devenu endémique, parfois bénin, parfois redoutable avec de terribles éclats. En Tan 252, ce fut au tour de Carthage d'en être atteinte. « Soudain, raconte un témoin oculaire, le diacre carthaginois Pontius, soudain éclata un terrible fléau, un mal qui dévastait tout. Chaque jour il emportait d'innombrables victimes et fondait à l'improviste sur chacun en son logis. L'une après l'autre, à la suite, il envahissait les maisons où chacun tremblait. Alors, pris

1. Epist. 6, 37-^0, cf. p. Allard, op. cit., t. II, p. 337 sq.

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