‹ L'Afrique chrétienneChapitre 122 sur 280 · S. Cyprien. Epist · texte numérisé non relu

S. Cyprien. Epist

|<j'i L'AFRIQUE CHRÉTIENNE.

de panique, tous s'enfuirent pour éviter la contagion, jetèrent indignement leurs parents à la voirie : comme si, avec le moribond atteint de la peste, on pouvait expulser la mort elle-même. Par toute la ville, dans les rues, gisaient, non des corps, mais des cadavres sans nombre qui imploraient la pitié des passants, spectateurs de cette infortune. Personne ne se retournait, excepté pour s'enrichir par quelque cruauté. Nul ne s'empressait à la pensée qu'un sort semblable le menaçait ^ . » On- se battait pour enlever les bijoux des morts ^, on volait, on assassinait impunément. Ceux qu'épargnait la maladie n'étaient pas à l'abri du poison; enfin, et ce n'était pas un moindre danger, des gens se rencontrèrent qui exploitant l'abandon des malades, firent métier de les accaparer et d'en obtenir de plein gré ou en usant de contrainte des testaments en leur faveur^.

Dans ce trouble et ce désordre sans frein, beaucoup de chrétiens, atteints par le découragement général '', croyaient la fin du monde arrivée ^ et s'étonnaient que Dieu frappât ses ennemis et ses fidèles indistinctement ^. Mais saint Cyprien soutint tout le monde.

« Là, mes très chers frères, disait-il, là se trouvent l'utilité, la nécessité de ce terrible fléau; il dévoile le fond des cœurs ^. » Non seulement il prêchait, mais, afin que tous pussent recevoir sa parole, il écrivait. Le fidèle Pontius raconte qu'il entretenait son peuple des

i. Vita Cypriani. 9.

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