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Ibid

LÉPISCOPAT DE SAINT CYPRÏEN (249-258). 197

renverse, les délices du siècle ne les ont pas renversés. Heureuses les femmes et les vierges, la peste qui les emporte leur épargne la violence qui, peutêtre, les attend. »

C'était comme une claire sonnerie, un air de bravoure éclatant sur un charnier. Sénèque n'avait rien trouvé de mieux et la Consolation à Marcia, écrite dans une villa très élégante, paraît moins vive et un peu fade comparée à ce « Sermon sur la mort ». L'évêque de Cartilage formulait à l'usage de tous des maximes qui, jusqu'à ce moment, n'avaient pas encore été aussi bien frappées; grâce à lui, elles allaient avoir un cours plus général et devenir l'expression ordinaire du courage chrétien. « Sois prêt atout au nom de Dieu et de ta foi. — Ruiné, mutilé, seul au monde, sois sans trouble et ne te bats que mieux. — La lutte n'ébranle pas la foi, elle la fortifie et la révèle ; méprise ce qui est pour ce qui sera '' . »

Était-ce une doctrine nouvelle, ou bien une évolution du stoïcisme? L'un et l'autre peut-être, car ce qu'il y avait d'emprunts incontestables à la philosophie des stoïques se mélangeait à une intention si neuve, à une préoccupation si absolument inconnue du stoïcisme, le surnaturel, l'au-delà du tombeau, qu'on peut bien dire qu'il y avait plus encore de nouveauté que de réminiscence dans les maximes que nous avons rappelées.

Pendant cette crise, tout faisait présager le retour prochain des violences. Saint Cyprien écrivait aux fidèles de l'Eglise de Thibaris : « Le jour de l'épreuve est déjà sur nos têtes ; ce qui va venir sera plus terrible encore que les luttes passées ; à cette guerre

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