Ibid
nouvelle doivent se préparer les soldats du Christ, comprenant qu'ils boivent tous les jours le calice du sang du Seigneur, afin de répandre à leur tour leur sang pour lui.
« Les hommes s'exercent aux combats du siècle et considèrent comme un grand honneur d'être couronnés à la vue du peuple et en présence de l'empereur. Voici le combat sublime qui aura Dieu pour témoin et où la couronne sera décernée parle Christ. Que les soldats de Dieu s'avancent, que ceux dont la foi est intacte s'arment afin de ne pas perdre le mérite de leur fermeté passée; que ceux qui, naguère, sont tombés, s'arment aussi, afin de reconquérir tout ce qu'ils ont perdu. Que l'honneur excite les uns au combat, que le repentir y anime les autres ^ »
En effet, Gallus, effrayé des progrès de l'épidémie, espéra les conjurer en prescrivant l'accomplissement de sacrifices solennels dans toutes les villes. Les chrétiens n'y pouvaient participer ; et ce fut l'occasion de nouveaux emportements populaires contre ceux dont l'abstention était cause de si grands maux. A Cartilage, le sacrifice eut lieu au cirque; ni Cyprien ni les chrétiens n'étaient présents, la foule s'en aperçut et cria : « Cyprien au lion ^ ! » Nul dans la ville n'entendait cette clameur avec plus de satisfaction que Démétrianus, magistrat romain, ennemi acharné de l'Evangile. Son hostilité était si connue que l'évêque lui adressa une lettre publique dans laquelle il cherchait à le faire revenir de ses préventions et le gourmandait fort de sa haine. « Prends garde, Démétrianus, lui disait-il, au sort