‹ L'Afrique chrétienneChapitre 127 sur 280 · Epist · texte numérisé non relu

Epist

LÉPISCOPAT DE SAINT CYPRÏEN (249-258). 199

qui t'attend, vieux comme tu l'es et proche de ta fm ^ . Tu ne crains pas d'insulter et d'opprimer les disciples du Christ. Toi, en particulier, tu les chasses de leur demeure, tu les charges de chaînes, tu les jettes en prison, tu les livres au glaive, aux betes, au feu. Non content des supplices rapides, tu prends plaisir à les faire périr en détail, à déchirer lentement leur corps : ton ingénieuse cruauté invente de nouveaux tourments ^. » Il est tout à fait probable que la lettre, ayant été écrite après la mort de Dèce, fait allusion aux méfaits présents de Démétrianus; cependant nous ne connaissons aucun cas particulier de violence en Afrique ayant rapport à la persécution de Gallus. Toutefois, il semblait que les chrétiens ne dussent pas jouir d'un moment de relâche. Tandis que l'Eglise de Carthage confessait la foi du Christ, les églises de Numidie, subissant le contrecoup de la politique incohérente des empereurs du iii^ siècle, se trouvait livrée à la rapacité des tribus indigènes. Le licenciement de la legio III Augusta stationnée au camp de Lambèse avait eu pour conséquence l'affaiblissement de la garnison et pour résultat l'envahissement de la Numidie. Les tribus firent une importante razzia et disparurent, emmenant du butin et des prisonniers parmi lesquels se trouvaient des fidèles et même des vierges consacrées à Dieu. Ruinés, les évêques de Numidie ne pouvaient rien; ils s'adressèrent à l'évêque de Carthage qui ordonna une quête dans sa ville épiscopale. On recueillit 100.000 sesterces, environ 25.000 francs de notre monnaie, et en faisant parvenir cette somme à

Page 1