‹ L'Afrique chrétienneChapitre 129 sur 280 · Epist · texte numérisé non relu

Epist

pleine d'aménité, et leur recommandait de ne donner de billets qu'aux chrétiens « dont la pénitence approcherait d'une entière satisfaction ^ » ; une autre lettre au clergé, très ferme, menaçait d'interdiction les prêtres qui admettraient les lapsi à la communion 2; la troisième lettre, au peuple, l'invitait à modérer l'impatience des lapsi et à ne pas suivre ceux d'entre eux qui manquaient de respect à Tévêque ^.

Dans cette circonstance, tous cherchaient à se ménager l'appui de l'évêque de Rome. Le clergé romain, chargé de gouverner l'Eglise de Rome depuis la mort du pape, fit savoir que tous les lapsi devaient faire pénitence et être reçus à la communion en cas de danger de mort ^*. Le parti rigoriste accepta sous certaines conditions, les indulgents refusèrent. Le confesseur Lucien s'enhardit et, au nom de tous les confesseurs, signifia à saint Cyprien, par une lettre insolente, l'absolution accordée par eux aux lapsi en l'invitant à communiquer leur décision aux autres évêques africains ^.

L'évêque de Carthage répondit par une fin de nonrecevoir. La querelle s'envenimait, il y eut des excommunications portées et à mesure que la persécution s'assoupissait, le schisme devenaitplus obstiné et plus audacieux. Il obtint des recrues bien inattendues dans la personne des confesseurs sortis de prison après une année de captivité. Plusieurs d'entre eux, saisis d'orgueil et d'une sorte de vertige, s'abandonnèrent, parmi les meneurs du schisme, aune conduite

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