Ibid
206 LAFUIQUE CHRÉTIENNE.
prien prévint ses collègues de l'intérieur du pays', ce qui ne laissa pas de contribuer à entraver le succès obtenu par les novatianistes ^, encore que, dans certaines localités, ils aient pu recevoir de Févêque catholique un accueil très bienveillant^. S'enhardissant, les novatianistes instituèrent des évêques de leur parti dans plusieurs villes'*; l'un d'eux, Maximus, fut ordonné évêque de Cartilage^; un autre fut Nicostratus le diacre, qui passait pour avoir volé la caisse de secours de la communauté de Rome*'. Ce début ne se soutint pas et il semble que, de très bonne heure, le novatianisme fut abandonné d'une partie de ses adhérents puisque, dès 255, on discuta la question de savoir s'il fallait rebaptiser les novatianistes revenus à l'orthodoxie et ce fut, comme nous le dirons, l'origine de nouveaux débats ^.
La nouvelle difliculté qui allait sortir du schisme au moment où celui-ci cessait d'être un danger fut d'autant plus regrettable qu'elle mit un instant en péril l'unité catholique. Dans les premiers mois de l'année 255, l'évéque Cyprien reçut une lettre d'un certain Magnus qui lui posait cette question : « Entre autres hérétiques, il en est qui nous viennent de Novatianus après avoir reçu son baptême profane : faut-il les baptiser, eux aussi, et les sanctifier dans l'Église catholique, par le baptême légitime, véritable et unique, de l'Église^?» C'était en effet une cou-