‹ L'Afrique chrétienneChapitre 134 sur 280 · Ibid., 7'i · texte numérisé non relu

Ibid., 7'i

peut juger du ton et du contenu par l'irritation qu'elle souleva en Afrique et dans les provinces orientales de Cappadoce, de Galatie, de Cilicie, de Syrie, d'Arabie, qui suivaient l'usage africain et auxquelles le pape fit communiquer sa décision ^ Il y déclarait son intention d'établir l'unité de l'usage romain dans toutes les Eglises, dût-il en venir, pour dompter les résistances, à l'excommunication ^. Le concile d'Afrique, voyant où tout cela menaçait d'aboutir, envoya des délégués ; le pape ne les reçut pas^.

Ni Cyprien ni les prélats africains n'étaient d'humeur à reculer; ils s'occupèrent seulement de se donner toutes les apparences de la raison. Un diacre de Cartilage, Rogatianus, fut envoyé aux Eglises d'Asie Mineure'' dont l'usage était d'accord avec celui de l'Église d'Afrique^. Pendant ce temps, les partisans du pape s'efforçaient de retourner l'opinion en Afrique contre la tradition locale^, mais sans aucun succès, car si, au début de leur campagne, quelques évêques en Tripolitaine ou en Maurétanie se montraient hésitants, les lettres de Cyprien à Jubaïanus et à Pompéius '^ rallièrent l'épiscopat entier en une masse compacte qui, le i®^ septembre 256, adopta à lunanimité la tradition africaine^. C'étaient quatre vingt-sept évêques, réunis en concile à Carthage, représentant l'Afrique du Nord tout entière, qui se

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