s. Cyprien, Epist
2. Vie de S. Cyprien, in-^", Paris, 1717, 1. VI, c. Vii, p. 505.
3. H. FoURNEL, Richesse minérale de l'Algérie, iii-4°, 1849, t. I,
U. On peut encore se rendre compte aujourd'hui de la façon dont cette exploitation était conduite. On commençait par déterminer à l'aide de
Nous savons quelque chose du traitement enduré par les évêques et le clergé africain dans ces mines. Une des lettres de remerciement envoyée à Cyprien disait entre autres choses : « Les autres forçats s'unissent à nous pour te remercier, très cher Cyprien. de ce que par tes lettres tu as réconforté les cœurs accablés, guéri les membres déchirés par les verges^ brisé les entraves des pieds, aplani la chevelure des têtes rasées par moitié, éclairé les ténèbres de la prison, nivelé les mines, présenté un parfum de fleurs exquises aux narines (empestées) et fait évaporer l'épaisse fumée (qui emplit les galeries de mine). » Ces doléances ne nous disent pas toute l'étendue des privations imposées aux confesseurs. Avant d'être descendus dans la mine, les fidèles avaient été marqués au front avec le fer rouge et leur existence, aussi bien pendant les heures de travail que pendant celles du repos, était un véritable enfer. Mêlés aux condamnés de droit commun, ces
sondages la partie de la carrière qu'on se proposait d'attaquer, puis on commençait le travail; mais il semble qu'on ait procédé autrement qu'on le fait actuellement à Chemtou : au lieu de jeter à terre un bloc de marbre informe et de le tailler ensuite, ce qui a l'avantage d'éviter le travail de l'équarrissage pour les morceaux que l'on reconnaît contenir des défauts, mais l'inconvénient de perdre une certaine quantité de marbre, les Romains taillaient le bloc sur la place et ne le détachaient qu'après lui avoir donné la forme à peu près définitive qu'il était destiné à recevoir dans la carrière. Cette méthode était appliquée pour les colonnes mêmes, et l'on en voit encore la trace sur les flancs de la montagne. Il y a là une immense niche mesurant environ 4 mètres de hauteur sur autant de largeur, d'où ont été tirées des colonnes dont on peut aisément se représenter la dimension : la courbe en est encore marquée dans le marbre de la carrière. R. Gagnât, Rapport sur une mission en Tunisie, dans les Arcliiv. des miss, scientif., S^ série, t. XI, 1885, p. 103 sq. Nous avons traité la plupart des questions ayant trait à la condamnation ad metalla dans une dissertation spéciale : Les Chrétiens condamnés aux mines, dans H. Leclercq, Le troisième siècle. Dioclélien, in-S^, Paris, 1903, p. 28.
évêques et ces prêtres se trouvaient entassés pêlemêle avec des jeunes filles, des enfants ^ dans une obscure moiteur que ne dissipait pas la lueur fumeuse des torches^. Ils recevaient une ration de pain insuffisante ^, point de vêtements ^ ; pour la nuit ils s'allongeaient sur le sol ^ ; jamais de bains ^ et surtout nul moyen de célébrer le saint sacrifice '. Une inscription chrétienne de la mine de Chemtou a pu être tracée par quelqu'un des confesseurs dont nous avons parlé; elle est ainsi libellée^.
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