‹ L'Afrique chrétienneChapitre 169 sur 280 · L. DUCHESNE, op. cit., p. LXX-LXXI · texte numérisé non relu

L. DUCHESNE, op. cit., p. LXX-LXXI

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l'Eglise. En ces siècles où les invasions faisaient courir à toute ville, à toute bourgade, de terribles aventures depuis que le gouvernement central de Rome ou de Byzance ne pouvait plus les protéger, les fidèles qui, depuis le iv*^ siècle, formaient généralement la majorité de la population des cités, prétendirent étendre à celles-ci la protection des martyrs. C'était une croyance païenne que cliaque ville possédait ses divinités tutélaires ^ ; croyance adaptée par les chrétiens aux exigences de leur foi. On racontait que, lors du siège de Rome par les Goths, saint Pierre avait écarté l'ennemi d'un pan de mur ruiné pouvant servir de brèche ^ ; on attribuait aux martyrs Jean et Paul la garde d'une partie de l'enceinte^. Vienne^' et Ivrée^ avaient également leurs défenseurs. Ils s'étaient, disait-on, montrés. C'étaient saint Pierre et saint Paul escortant le pape saint Léon [^^ quand il se rendit devant Attila ^ ; saint Félix

1. BURMANN, Anthologia, t. II, p. 5^7, donne un poème contenant l'énurnération des dieux protecteurs de Dodone, Samos et de plusieurs autres villes de la Grèce. Le nom du dieu protecteur de Rome était tenu caché afin que les ennemis ne pussent acquérir sa défection en lui offrant des sacrifices. Pline, Hist. nal., XXVIII, iv; Servils, In Georg., 1. V, vs. 409. Le fait n'était pas sans exemple, à ce que nous apprennent Dion Cassius, lUst. rom., LXV, ix, 8; Lampride, Commode, XVI ; aussi Macrobe, Sat., III, 9, donne-t-il la formule de l'évocation adressée à la divinité protectrice de l'ennemi, formule qui contient la promesse de jeux à instituer et de sanctuaire à construire. Zoslme, Hist., 1. V, c. VI, rapporte qu'au moment où Alaric allait mettre le siège devant Athènes, Minerve apparut au barbare. La déesse était armée et menaçante. Achille l'accompagnait, ils parcoururent les murailles de la cité.

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