‹ L'Afrique chrétienneChapitre 189 sur 280 · AS ANO 'PROV · texte numérisé non relu

AS ANO 'PROV

mECEHJl VICES

Sur la tranche inférieure on lit :

POSVIT BENE

NATVS ET PESVAR LA

Memoria sa(n)cta. — Victorinus, septimu[m) idus sept{é)m[b)r{es)\ Miggin idu{s) et Dabula et de lignu [= ligno) crucis, de ter{ra) promis{si)onis ube (= ubi) natiis est C[h)ristus, apostoli Pétri et Pauli, nomina m{a)rt{y{rum Datiani, Donatiani, C{y)priani, Nemes[i)anl, [Clhini et Victo[ri\as.

An[n)o prov[inciae) [tr)ecentivi{g)es{imo).

Sur la tranche inférieure : Posuit Benenatus et Pequarla.

1. Serait-ce la date de leur martyre? La pierre mesure l^jSO de long et l-^jSO de large. La saillie qui forme rebord à la cavité contient un c/i7'i«>non, même détailà Aïn-el-Ksar; S. Gsell, Recherches, p. 269, n. 319.

Cette inscription est datée de Tannée 359. L'étude du marbre original montre quelle a été gravée à plusieurs reprises, mais il n'en est que plus malaisé de décider si le monogramme et les mots Memoria sa[n)cta se rattachent au texte principal ; c'est toutefois extrêmement probable. Victorinus et Miggin apparaissent fréquemment dans l'onomastique du martyrologe africain; on les rencontre au martyrologe hiéronymien les 17, 18 et 27 avril, les 2, 4 et 10 décembre. A ces deux dernières dates leurs noms se trouvent rapprochés. Au 10 décembre, nous les trouvons en compagnie de Héraclius, Pudens, Paulus, Urbanus, qualifiés d'Erumentium et au 11 décembre, le calendrier de Carthage mentionne la fête sanctorum martyrum Eronensium. C'était, on le sait, un usage assez répandu en Afrique que celui de désigner les martyrs par leur lieu d'origine : martyres Scillitani, au 17 juillet ; Masculitani, au 22 juillet ; Volitani, au 17 octobre ;/?«è7'e/z6'e5, au 17janvier; Carterienses, au 2 février. Jusqu'à ce jour l'ethnique Eronenses, Erumentes reste douteuse; la localité elle-même n'est pas identifiée ^ . Le culte de Miggin était assez répandu^; si les inscriptions se réfèrent à un seul et même personnage vénéré à Baridj, à Henschir-el- Haurecha, àTébessa, à Tixter, c'est-à-dire dans la Numidie et la Maurétanie. Ici encore les textes épigraphiques commentent à merveille les témoignages littéraires. Ceux-ci nous apprennent en effet que le

1. Peut-être le Maximianus episcopus Erummînensîs du concile de Cabarsussi, en 393, offre-t-il une nouvelle variante du même nom ? Cf. Morcelli, Africa christiana, t. II, p. 311.

2. C. I. L., n. 10686; De Rossi, LaCapselta, in-fol., Roma, 1889, p. 16, n. 2; A. Audollext, dans les Mélang. d'arcli. et d'hist., 1890, t. X, p. 530, n. 97; cf. De Rossi, Bull, di arcli. crist., 1888-1889, p. 97, n. 1.

292 L'AFRIQUE CHRÉTIElNiNE.

culte (le Miggin était un de ceux dont Texpansion irritait le plus les païens. Dans une lettre adressée à saint Augustin, le rhéteur païen, Maxime de Madaure, s'exprimait ainsi : « Quelle raison de préférer Miggin à Jupiter tonnant, Sanaë à Junon, à Minerve, à Vénus, à Vesta et Tarchimartyr Namphamo, ô désespoir, à tous les dieux immortels ^ » C'est une de ces solennités irritantes pour les païens obstinés que commémore notre inscription qui fait très probablement allusion à une déposition de reliques.

La paléographie du monogramme permet de le faire remonter à la première moitié du iv® siècle. Le texte nous apprend que la basilique de Tixter possédait une relique du bois de la vraie croix ; gravée en 359, cette inscription illustre d'une manière intéressante les paroles de saint Cyrille de Jérusalem qui atteste, dès 347, que des parcelles de la relique se trouvent répandues dans toute la catholicité ^. Une inscription de Matifou mentionne également le culte de la vraie croix 2, mais le texte de Tixter est le plus ancien monument épigraphique concernant cette relique. Une autre mention, celle de la terre apportée de Bethléem, remet en mémoire une anecdote conservée par saint Augustin touchant un de ses concitoyens, HespériusT propriétaire d'un domaine situé à Fussala, à 40 milles d'Hippone. Hespérius, croyant sa maison hantée par le démon, la fît exorciser par un prêtre. S'étant souvenu qu'un ami lui avait apporté de Jérusalem quelques pincées de terre sainte prise au lieu même de la sépulture du Christ, il la suspendit dans un sachet

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