TouTAix, op. cit., p
Fouest et au nord-ouest, la vallée moyenne du Bagrada, des bandes de pillards pouvaient fondre soudain sur Thuburnica, Simitthu, Bulla-Regia; par les routes de Thagaste à Sicca Veneria, de Theveste à Ammaedera, de Theveste à Capsa, pouvaient s'avancer un jour des tribus berbères, soulevées contre la domination romaine, et qui, plus heureuses ou mieux servies par les circonstances que les Bahari et les Quinquegentanei, auraient vaincu les troupes impériales en Numidie. La richesse privée n'est guère moins menacée que la fortune publique, en ces temps de troubles perpétuels, où les empereurs mouraient presque tous assassinés, victimes de complots domestiques ou de conspirations ourdies par d'impatients rivaux. La concorde n'existait pas plus que la sécurité ou la confiance dans l'avenir; la guerre s'était déclarée au cœur même du pays ; toute l'activité qui se dépensait jadis pour l'exploitation pacifique et féconde de la nature était maintenant tournée vers les luttes religieuses. Il ne suffisait pas à ces provinciaux d'être menacés par des périls extérieurs ; ils se déchiraient encore entre eux.
Dans ces conditions, faut-il s'étonner que les ruines accumulées par Capellien n'aient pas été relevées ni réparées, que la terre elle-même ait paru souffrir de tous ces bouleversements? « En hiver, s'écrie saint Cyprien^, vers l'année 253, il ne tombe plus assez d'eau pour nourrir les semences déposées au fond des sillons; en été, les rayons du soleil ne sont plus assez chauds pour mûrir les moissons ; au printemps, la campagne n'est plus riante, et, pendant l'automne, les arbres ne sont plus chargés de fruits