‹ L'Afrique chrétienneChapitre 199 sur 280 · Cl", p. Monceaux, op» ciu, t. H, 2« partie · texte numérisé non relu

Cl", p. Monceaux, op» ciu, t. H, 2« partie

LE DONATISME. 3t3^

les armées la pratique du christianisme avaient inspiré à une partie des chrétiens plus que de l'aversion pour le service militaire : sa condamnation absolue.

En 295, un épisode nous montre que la prévention de certains chrétiens d'Afrique à l'égard du métier des armes pouvait, à l'occasion, aller jusqu'au martyre. Le fils d'un vétéran, se trouvant contraint d'entrer au service, s'y refusa absolument. La scène nous a été conservée dans un rapide récit. Tandis qu'on faisait passer le jeune homme à la toise, il déclara : « Je ne puis servir, je ne puis faire le mal, car je suis chrétien ^ . » Quand on voulut passer outre et lui imposer la marque au fer rouge qu'on imprimait à tout soldat, il refusa de nouveau. On lui ob~ jecta que « dans la sacrée compagnie des empereurs Dioclétien et Maximien, Constance et Galère, servaient des soldats chrétiens ». Tout fut inutile, et il fut décapité. Une matrone obtint d'emporter son corps : le plaçant dans sa litière, elle le conduisit à Carthage où il fut enterré près de saint Cyprien^.

11 n'est pas douteux que la qualité de chrétien avait singulièrement aggravé le refus d'obéissance du jeune conscrit. « Ceux qui se refusaient au recrutement, dit un jurisconsulte du m® siècle, étaient punis autrefois de la servitude, comme traîtres à la liberté; mais, les conditions du service militaire ayant été changées, on ne prononce plus la peine capitale, parce que les cadres des légions sont le plussouvent remplis par des volontaires ^. »

Vers cette époque éclata, à l'instigation de Galère^

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