s. Augustin, Contra Cresconium, III
^. P. Allard, Hist. des perséculions, K IV, p. hll sq.
3. S. OPTAT, o/J. cit., 1,8. Eusôbc ajoute à cela qu'on se servit de chréliens pour bâtir à Carthage les thermes de Maximien. Pour les Acta martyrum de cette persécution et les interpolations donatistes dont ils ont souffert, cf. Welter, Der Ursprnng des Donatismus, in-S», Tubin- {,'en, 1883, p. 5-10, et L. DucilESNE, dans le Bull, crit., 1886, t. VII, p. 123. donnant quelques renseignements nouveaux sur la tradition des textes.
U. La date du concile de Cirta peut seule faire quelque difficulté. Le procès-verbal présente plusieurs détails dont l'interprétation est un peu laborieuse, mais sur lesquels on a peut-être trop insisté et qui ne sont pas sans issue. Cf. Héfélé, Hist. des conciles, in-S", Paris, 1869, t. I, p. 127; L. DucHESNE, dans le Bull, critique, 1886. p. 129. Quant à la date, on la trouve rapportée de deux manières différentes. Dans S. Augustin, Contr. Crescon., III, 30, elle est donnée au U mars 303 et dans le Breviculus collationis cum Donatistis, III, 32, au 5 mars .305. La première date n'est pas soutenable ; celle de 305 est douteuse, la discussion de la date probable est bien faite par P. Allard, Hist. des pcrséc, t. V, p. 21, note 1.
LE DONATISME. 317
à Carthage, les chrétiens de cette grande ville s'assemblèrent autour de la prison et provoquèrent un tumulte dans lequel plusieurs d'entre eux périrent. L'évêque Mensurius chargea son diacre Cécilien de disperser la foule et ne se fit pas faute, dans une lettre à l'évêque de Tigisi, Secundus, de blâmer la conduite de ceux qui provoquaient un martyre qu'on avait le devoir d'attendre. De plus, il insinuait que ces fanfarons du martyre comptaient parmi eux des gens à qui la persécution promettait la liquidation de leurs affaires embarrassées et de leur réputation compromise ^ . Ces paroles étaient probablement trop vraies, car on s'en offensa, et, pour créer une diversion, on imagina d'accuser l'évêque de Carthage d'être « traditeur », quoiqu'il n'en fût rien.
Il semblait qu'en Afrique les âmes fussent plus exaltées que dans les autres provinces d'Occident, et les persécutions y devenaient l'occasion, pour les tempéraments violents, de se livrer à leur fougue instinctive. On sait le rôle qu'ont joué dans l'histoire de ce temps les émeutes populaires, qui semblèrent parfois constituer une délégation authentique du pouvoir sénatorial dans l'élection des empereurs. Ces émeutes étaient faciles à provoquer dans les cités populeuses et, dès les premiers temps de l'existence de la communauté chrétienne à Carthage, nous avons vu que les cimetières avaient été saccagés par la populace dans des moments d'effervescence. D'autres communautés s'étaient assez développées, pendant le cours du III® siècle, pour imiter celle de la capitale et acquérir, elles aussi, un terrain, une area, ainsi qu'on disait, dans laquelle les fidèles étaient enterrés