s. Augustin, Brevic. collât, cum Donatistis, III
tous ensemble. Nous connaissons l'existence de ces areae, ou cimetières à ciel ouvert, à Abtughi, à Cirta, à Césarée de Maurétanie ^ Ces enclos, remplis de tombeaux et d'édifices, ne furent probablement pas épargnés, bien que nous ne puissions dire positivement qu'ils furent violés. La persécution de Dioclétien s'exerça en Afrique sous des formes administratives; elle visa particulièrement ce qui servait à la célébration du culte. Les païens réclamèrent les livres et le mobilier des églises avec une insistance le plus souvent inéluctable. Tous ceux auxquels ils s'adressaient ne se conduisirent pas de même. Un grand nombre eut la faiblesse de livrer aux persécuteurs les meubles liturgiques et les Livres saints, bien qu'ils n'ignorassent pas le sort réservé à ces objets sacrés. D'autres refusèrent, quelquesuns s'ingénièrent à sauver leur vie, sans livrer ce qui leur était demandé. 11 en résulta un trouble profond, et bientôt surgit ce qui fut appelé la question des « traditeurs », germe du schisme donatiste 2.
1. Area martyrum, cf. Gesta apud Zenophilum consularcm, à la suite des Œuvres de S. Augustin, édit. Gaume, t. IX, col. 1112; Arca ubi orationes facitis, cf. Gesta proconsularîa quibus absoluttis est Félix. Ibid., col. 1088; C.I.L.. n. 9585. La dernière ligne de cette inscription mentionne sa réfection, ce qui semble un indice des dégâts commis dans l'enclos cémétérial de Cherchel, dont Varea a été retrouvée par le cardinal Lavigerie, cf. De Rossi, Bull, di arcli. crist., 186i, p. 28; trad. franc, du 6=*' Creuly, dans la Revue archéoL, 186^, t. II, p. 28-^8; Bull, diarch. crist., 1878, p. 73; 188^-1885. p. 45-W; Roma sotlerranea, t. III,' p. 432; Lavigerie, De l'utilité d'une mission archéologique permanente à Carthage. in-S», Paris, 1881 ; P. Monceaux, dans le Bull, de la soc. des antiq. de France, 1901, p. 250-253.
2. La question fut si vite détournée sur la culpabilité des personnes que les désastres matériels qu'entraîna cette persécution ont été peu remarqués. On en prendra une idée en ce qui touche le mobilier liturgique par rénumération contenue dans le procès-verbal de Cirta, que nous citons plus loin. Quant aux livres, cette même Église en comptait vingtneuf affectés aux lectures de l'office divin. A Abtughi, où l'on avait
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Cette lamentable querelle nous est connue d'autant mieux que ceux qui y furent mêlés poussèrent, dans la suite, leur audace si loin que le pouvoir civil dut intervenir. De là des pièces dans lesquelles l'enquête a été en grande partie conservée et la multitude de faits précis que nous y pouvons relever.
C'est ainsi que nous connaissons la faiblesse d'un trop grand nombre d'évêques et de clercs, parmi lesquels l'évêque de Limata, Purpurius, tenu déjà en fort mauvaise réputation et « traditeur » convaincu ^ ; Donat, évêque de Maxula^; Victor, évêque de Rusicade ^; Fundanus, évêque d'Abitène''*; Paul, évêque de Cirta, dont la faute nous permet, grâce à la lit-
onze livres, on brûla la chaire épiscopale; les édifices ne furent pas épargnés. La domus in qua christiani conveniebant, à Cirta, contenait une bibliothèque et un mobilier dont nous verrons l'emploi ; l'édifice lui-même fut confisqué puisque, en mars 305, nous apprenons que « les basiliques n'ayant pas encore été restituées », des évêques venus à Cirta durent se réunir dans une maison particulière. A la même date, ou fit une élection épiscopale in casa maiore ; c'était ce qui remplaçait l'ancien lieu de réunion ; là se trouvait une chaire épiscopale. . Cependant l'église n'avait pas été détruite, car après la paix, les chrétiens purent se réunir de nouveau in basilica apuci Constantinam. Apud, dans ce texte en latin vulgaire, paraît signifier à, et non près de. S. Gsell, Monum. antiq. de l'Algérie, t. II, p. 192.
1. S. Augustin, Contra Cresconium, 111, 30. Pour la multitude des nontraditeurs en Afrique, cf. De Rossi, Bull, di arch. crist., 1876, p. 63.