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3. Sur cette fonction, voir G. L4C0UR-Ga.yet, Curator civitalis, dans Dàremberg-Saglio, Dict. des antiq.gr. et rom., t. I, col. 1621.
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« Deux calices d'or, six calices d'argent, six burettes d'argent, un petit chaudron d'argent, sept lampes d'argent, deux grands chandeliers, sept petits chandeliers d'airain avec leurs lampes , onze lampes d'airain avec les chaînes [pour les suspendre], quatre-vingt-deux tuniques de femmes, trente-huit voiles, seize tuniques d'hommes, treize paires de chaussures d'hommes, quarante-sept paires de chaussures de femmes, dix-neuf capes de paysan.
« Félix, flamine perpétuel, curateur, dit à Marcuclius, Silvain et Carosus, fossoyeurs : « Apportez ce que vous avez. » — Silvain et Carosus répondirent : « Tout ce que nous avions ici, nous l'avons jeté dehors. » — Félix, flamine perpétuel, curateur, dit : « Votre réponse sera inscrite au procès-verbal. »
« On se rendit ensuite à la bibliothèque ; mais on en trouva les armoires vides. Là, Silvain présenta un coffret d'argent et une lampe d'argent, qu'il dit avoir trouvés derrière un grand vase. Victor, fils d'Aufidius, dit à Silvain : a Tu aurais été mis à mort, si tu ne les avais pas trouvés. » — Félix, flamine perpétuel, curateur, dit à Silvain : « Cherche soigneusement s'il ne reste rien. » — Silvain dit : « 11 ne reste rien, nous avons tout mis dehors. » — Quand le triclinium eut été ouvert, on y trouva quatre tonneaux et sept vaisseaux en terre. — Félix, flamine perpétuel, curateur, dit : « Apportez les Ecritures que vous possédez, afin d'obéir aux ordres des empereurs. » Catulinus remit un très gros volume. Félix, flamine perpétuel, curateur, dit à Marcuclius et à Silvain : « Pourquoi n'avez-vous donné qu'un volume? Apportez les Écritures que vous possédez. » — Catulinus et Marcuclius dirent : « Nous n'en avons pas plus, parce que nous sommes sous-
3'?2 L'AFllIQUE CHRÉTIENNE.
diacres ; mais les lecteurs ont les volumes. » — Félix, flamine perpétuel, curateur, dit à Marcuclius et Catulinus : « Montrez-nous les lecteurs. » — Marcuclius et Catulinus dirent : « Nous ne savons pas où ils demeurent. » — Félix, flamine perpétuel, curateur, dit à Catulinus et Marcuclius : « Si vous ne savez pas où ils demeurent, donnez au moins leurs noms. » Catulinus et Marcuclius dirent : « Nous ne sommes pas des traîtres, nous voilà ; fais-nous tuer plutôt. » — Félix, flamine perpétuel, curateur, dit : « Qu'on les arrête. »
« Quand on fut arrivé à la maison d'Eugène, Félix, flamine perpétuel, curateur, dit à celui-ci : « Donne les Ecritures que tu possèdes, afin de montrer ton obéissance. » Il apporta quatre volumes. Félix, flamine perpétuel, curateur, dit à Silvain et à Carosus : « Faites connaître les autres lecteurs. » — Silvain et Carosus dirent : « L'évêque vous a déjà déclaré que les greffiers Edusius et Junius les connaissent tous ; que ceux-ci vous indiquent leurs maisons. « — Les greffiers Edusius et Junius dirent : « Nous vous les indiquerons, seigneur. » Et quand on fut à la maison de Félix le mosaïste, celui-ci remit cinq volumes. Quand on fut arrivé à celle de Victorin, il remit huit volumes. Quand on fut arrivé à celle de Projectus, il en réunit cinq gros volumes et deux petits. Et quand on fut arrivé à la maison du professeur de grammaire Victor, Félix, flamine perpétuel, curateur, lui dit : « Donne les Écritures que tu as afin de te montrer obéissant. » Le professeur de grammaire Victor offrit deux volumes et quatre cahiers. Félix, flamine perpétuel, curateur, dit à Victor : « Apporte tes Ecritures, tu en as davantage. » Le grammairien Victor dit : « Si j'en avais
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eu d'autres, je les aurais données. » Quand on fut arrivé à la maison d'Euticius de Gésarée, Félix, flamine perpétuel, curateur, lui dit : « Obéis, et livre les Ecritures que tu possèdes. » — Euticius dit : « Je n'en ai pas. » — Félix, flamine perpétuel, curateur, dit : « Ta réponse sera au procès-verbal. » Quand on fut arrivé à la maison de Codéon, sa femme apporta six volumes. » Félix, flamine perpétuel, curateur, dit : « Cherchez si vous en avez d'autres encore, et apportez-les. » — La femme répondit : « Je n'en ai pas. » Félix, flamine perpétuel, curateur, dit àBos, esclave public : « Entre et cherche si elle en a davantage. » — L'esclave public dit : « J'ai cherché et je n'en ai pas trouvé. » — Félix, flamine perpétuel, curateur, dit à Victorin, Silvain et Carosus : « Si vous n'avez pas fait tout ce que vous deviez, vous en serez responsables. »
Ce récit nous apprend beaucoup de petits détails sur les églises d'Afrique; sans lui, nous n'aurions aucune idée de ces réserves destinées à vêtir les pauvres et à fournir aux provisions du repas en commun. Parmi ces pauvres clercs de Cirta, quelques-uns avaient eu comme un scrupule de tomber trop bas; ils avaient livré les vases sacrés, les Écritures, mais ils n'avaient pu se résoudre à livrer leurs frères ^ Dans d'autres villes, les persécuteurs rencontrèrent la résistance ouverte ou bien des habiletés dont le souvenir ne laisse pas de jeter une note moins sévère dans ces scènes regrettables. Donat, évêque de Calame, fut assez adroit pour faire ac-
1. Cette dislinclion qui a dû dès lors entraîner une progression de culpabilité est bien marquée par leConc. Arelatense (314), can. 18 : De Jiis qui Scripturas sacras, vasa dominica vel nomina fratnim tradidisse dicuntur.
cepter par les magistrats non les Livres saints, mais des ouvrages de médecine^. L'éveque de Carthage, Mensurius, fut plus ingénieux encore. Il retira de la basilique tous les livres de religion, qu'il remplaça par des ouvrages hérétiques. Les agents les prirent sans s'apercevoir de rien; ce furent quelques décurions qui éventèrent le stratagème et dénoncèrent l'évèque au proconsul. Mais celui-ci refusa d'autoriser une perquisition dans la maison de l'évèque^. « Ainsi fut sauvée la bibliothèque de l'Église de Carthage : qui sait si nous ne devons pas à l'adresse de son évêque d'avoir conservé tant d'actes authentiques des martyrs africains ^? »
L'évèque Mensurius semblait à plusieurs de ses. collègues un tiède, presque un coupable, mais luimême se montrait sévère pour ceux qui, renouvelant les fanfaronnades montanistes, se proclamaient, avant toute enquête, détenteurs de Livres saints et qui, mis en demeure de les livrer, préféraient subir la mort ^. A côté, ou plutôt au-dessous de ces exaltés, il y eut les exploiteurs du martyre. C'étaient, dit l'évèque de Carthage^, des gens couverts de crimes ou perdus