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s. OPTAT, De schismo donatist., I

2. Epistolas salutatorias. De Rossi, De origine, historia, indicibiis scrinii et bibliothecae sedis apostolicae, \n-U°, Roma, 1886, p. xv, voit dans CCS cpistolae les epislolae formatae; nous ne serions disposés à agréer cette interprétation qu'après celle qui rapproche salutatoriae des formules finales : salulo... saluto... des épîtres paulines que le duumvir aura pu feuilleter afin de se rendre compte de l'identité des volumes qu'on lui remettait. Le récit de l'accusation contre l'évêque d'Abiughi et de sa réhabilitation est dans les Gesta proconsularia quitus absolutus esl Félix, op. cit., col. 1087-1088.

LE DONATISME. 327

habituelles, si profonde que fût l'indifférence pour leur doctrine et l'indulgence pour leurs délits, il n'était pas toujours possible aux magistrats d'éviter la violence. Le proconsul Anulinus, que nous avons trouvé si accommodant pour le subterfuge de Mensurius, eût désiré faire preuve d'une semblable largeur d'esprit dans une autre circonstance, mais l'accusé ne s'y prêta pas. C'était l'évêque de Tibiuca , Félix. L'édit avait été affiché à Tibiuca le 5 juin de l'année 303. Le jour même, Magnilianus, curateur de la ville, cita devant lui les anciens de la communauté chrétienne *. Précisément l'évêque Félix était absent, il s'était rendu ce jour-là à Carthage, d'où il rentra le lendemain. A son arrivée, il fut cité. Magnilianus lui dit : « Evêque, donne les livres et les archives que tu possèdes. » — « Je les ai et je ne les donne pas. » — « L'édit vaut plus que tes paroles. Donne ces livres afin qu'on les brûle. » — « Mieux vaut me brûler moi-même que les divines Écritures; il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes. » Le 24 juin, il partit enchamé pour Carthage où il fut écroué le soir même. Le lendemain, on le mena au proconsul qui lui dit : « Pourquoi ne livres-tu pas les vaines Ecritures? » — « Je les ai, je les garde. » On le mit dans une oubliette d'où on le tira après seize jours. Il était dix heures du soir quand il comparut. « Pourquoi ne donnes-tu pas les Ecritures? » — « Je ne les donnerai pas. » Le proconsul déféra l'accusé au tribunal de Maximien Hercule. »

Quoique placée plus immédiatement sous le regard de l'administration romaine, la Proconsulaire ne fut

1. RuiNART, Acta sinccra, 1689, p. 375, cf. H. Leclercq, Le troisième siècle. Dioclétien, p. 193 sq. Sur ce martyr et ses actes voir Analecta bollandiana, 1903, p. ^60.

pas seule à connaître les scènes de tradition. La Numidie, attristée par la chute du clergé de Cirta, montra néanmoins la vaillance habituelle aux hommes de cette province. « Beaucoup, arrêtés à cause de leur refus, souffrirent des maux de toute sorte, affrontèrent les plus cruels supplices, et furent mis à mort : aussi les lionore-t-on, à bon droit, comme martyrs, écrit saint Augustin, et les loue-t-on de n'avoir pas donné leurs Bibles, imitant cette femme de Jéricho, qui ne voulut pas livrer à ceux qui les cherchaient les deux espions juifs, figures de l'Ancien et du Nouveau Testament ^ » La persécution, alors même qu'elle semblait ne devoir atteindre que les clercs, allait au delà et frappait — ce fut le cas en Numidie — des gens établis, des personnes du monde, des pères de famille^; ce qui s'explique par le fait que nous avons constaté à Cirta. Les clercs n'étaient pas tous célibataires, principalement dans les rangs inférieurs où les lecteurs, que la persécution visait surtout, étaient nombreux. Leur confession était, semble-t-il, d'un plus grand exemple que celle des évêques ou des prêtres auxquels la vie présente offrait moins de jouissances et par conséquent moins de raisons de s'y attacher ^.

Parmi les résultats heureux que procura la vaillance des martyrs, on compta la conversion au christianisme d'un habitant de Sicca, destiné à prendre

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