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CHAPITRE II

Êpigraphie. — Paléographie. — Archéologie monumentale. Mobilier. — Inslrumenlum domesticimi.

Au premier coup d'œil, les textes ayant rapport à l'histoire de lAfrique chrétienne sont nombreux, explicites et importants ; l'historien qui en aborde l'étude est donc favorisé. A y regarder avec plus d'attention, on s'aperçoit que si les documents sont en grand nombre, l'histoire de cette province a été aussi singulièrement plus fournie d'événements et il se pourrait, en définitive, que la proportion différât assez peu de celle des provinces sur lesquelles nous savons peu ou rien parce qu'il ne leur advint pas grand'chose.

Tous les documents qu'on pourrait faire comparaître pour une étude de l'Afrique chrétienne ne nous sont pas parvenus; nous ignorons, en partie du moins, ce qui a péri, et cela suffit à jeter quelque incertitude sur la valeur absolue et sur la valeur relative de ce qui nous reste. Dans ce qui nous manque, tout n'est pas irrémédiablement perdu; les découvertes, principalement archéologiques, réduisent insensiblement, mais régulièrement, la mesure de notre ignorance.

Ce que nous savons présente des degrés dans la certitude et la plénitude ; mais c'est là la condition de toute connaissance historique. Cette considération serait décourageante si on ne se disait que sous chaque document, sous chaque débris il y a un homme. C'est jusqu'à lui qu'il faut arriver, et s'en tenir au document comme s'il était seul, est une erreur. Agir ainsi, c'est réduire l'historien au rôle de l'antiquaire et tomber dans une illusion de musée et de bibliothèque. Mais toute science, pour être telle, doit débuter par une période empirique, celle des fouilles, des classements, des variantes et de la critique interne. Ce sont les éléments qu'elle analyse^ rapproche, accepte ou repousse pendant les opérations de cette période que nous devons énumérerici.

Dans l'ordre de la dignité, la première place appartient, parmi nos moyens d'information, aux textesépigraphiques. Ceux-ci n'ont eu à souffrir que du temps et de la malveillance. L'épigraphie chrétienne d'Afrique n'a guère tenté les Pirro Ligorio. Nous possédons des textes nombreux, quelques-uns étendus, intéressants pour la plupart, qu'on trouve dispersés dans les volumes du tome VIII^ du Corpus inscriptionuin latinarum et dans les Supplementa, Ces textes n'ont jamais été réunis et commentés ,^ quoique le vœu d'un recueil des Inscriptiones christianae Africae ait été formulé depuis longtemps. Au fur et à mesure des découvertes et des fouilles, les périodiques locaux et étrangers éditent les textes^ nouveaux ^

1. Voici quelques indications qui, bien qu'incomplètes, pourront servir ; C. I. £., t. VIII, 25 = 11416, n. 55, 56, 57 = 11106, 58« = 11117, 67, 78, 150, 181, 252 = 11415, 449, 450-458, 459 = 11256, 460, 462 = 11644, 463, 464, 586, 603, 618, 670-674, 706, 707, 748, 749, 791, 839, 870^

Les textes paléographiques sont bien loin d'offrir les garanties d'inaltérabilité que présentent les textes épigraphiques. Leur nombre est considérable, quoi-

579,880, 913, 983, 984, 992, 1015, 1083, 108^1, 1086-1H6, 1138, 1156, 1169, 1169% 12ia, 1246, 1247,1389-1393, 1767-1769,2009-2018, 2046, 2051, 2079, 2189, 2215, 2218, 2219, 2220 = 17614 = 17714, 2223, 2272, 2291, 2293, 2308, 2311, 2315, 2334 et additam., p. 951, 2335, 2389, 2447, 2448, 2492, 4321, 4353, 4473, 4488, 4671, 4762, 4763, cf. S. Gsell, dans le Bull, du Comité, 1896, p. 178, n. 59 ; 4770, 4787, 4792, 4794, 4799, 5176, 5262-5265, 5352, 5488- 5494, 5664, 5665, 5669, 7924, 8031, 8189-8192, 8379, 8397, 8427, 8429, 8431, 8620-8654, 8706-8709, 8730-8731, 8757, 8769, 8825, 9248, 9253, 9255, 9270, 9271, 9285, 92b6, 9313, 9585, 9586, 9590-9594 et additam,, p. 974, 9691- %95, 9703, 9704, 9708-9719, 9722, 9731, 9733, 9751, 9752, 9789, 9793, 9794, 9804, 9808, 9810, 9821, 9823, 9866, 9867, 9869-9871, 9877, 9878, 104758, 1047563, 104847/104854, 104855, 10509, 10515, 10516 et 11258, 10517, 10518, 10518% 10522, 10540-10550, 10636-10642, 10656, 10665 ^ 17607 ; ad n. 2095 additam., p. 943 ; 10686-10689, 10693, 10694, 10698, 10701 = 17617, 10706, 10707 =17615, 10708, 10711, 10713-10715; cf. 2309 et additam., p. 950 ; ad 2311, p. 951; 10787, 10904; ad. n. 8429, additam., p. 970; 10905, 10927, 10928, 10933; ad 8655, p. 973; 10947, 10689,11064, 11077-11096, 11099, 11104, 11113, 11118-11124, 11126-11134, 11269, 11270-11273, 11295, 11414-11416, 11482, 11522, 11526, 11643-11657, 11726", 11727, 11893-11909, 12130, 12196- 12200, 12410, 12411, 12457, 13393-14257, 14326-14329, 14424, 14443, 14544, 14600, 14681, 14746, 14790, 14902, 15245-15245, 15419, 16219-16257, 16351, 16396, 16485, 16488, 16655-16666, 16674, 16701, 16738, 16755, 16758, 16805, 16839-168^11, 16907, 16908, 17265, 17382-17388, 17414, 17445, 17460. 17580. 17589, 17604, 17608-17610, 17714-17719, 17729-17732, 17746, 17747, 17758, 17768, 11782, 17801, 17802, 18517, 18523, 18539, 18552, 18621, 18656, 18668, 18683, 18704, 18705, 18713, 18714, 18742, 18782, 19102, 19671, 19914, 19918. Il y a lieu, en outre, de consulter ; Hubner, C. I. L., t. II, n. 2110, cf. H. DE ViLLEFOSSE, dans les Archives des miss, scientif., 1874, p. 401 ; et les Mélanges d'arch. et d'hist. de l'École française de Rome, 1880 sqq. passim; Bulletin trimestriel de géographie et d'archéol. d'Oran, 1880 sqq.passim ; Bulletin archéologique du Comité des trav. histor.; Comptes rendus de V Académie des inscript, et belles-lettres; De Rossi, Bullettino di arch. cristiana, 1863 sqq.: R. Gagnât, L'année épigraphique, dans la Revue archéologique; E. Espérandieu, dans la Revue de l'Art chrétien; Bibliothèque d'archéologie africaine; Bulletin trimestriel des antiquités africaines; Revue africaine; Awiuaire et ensuite Recueil de la société archéologique de ta province de Constantine; Bulletin trimestriel de correspondance africaine, Ephemeris epigraphica. Archives des missions scientifiques, Nouvelles Archives des missions scientifiques, Bulletin de la Société des 'Antiquaires de France, Bulletin épigraphique de la Gaule, Bulletin de . l'académie d'Hippone,

que dans des proportions différentes selon qu'il s'agit des ouvrages des Pères, des recueils canoniques, des écrits liturgiques et des manuscrits bibliques. Ces divers sujets sont fort étendus et il n'y aurait aucun profit à donner sur chacun d'eux des bibliographies écourtées. Nous n'avons d'ailleurs qu'à utiliser ces sources dont la valeur critique sera déterminée ailleurs ^ Ce que nous ne pouvons omettre de faire remarquer, ce sont les effets historiques de cette littérature. C'est par elle que l'Église d'Afrique a exercé une influence considérable et, à certains égards, prépondérante sur le développement de la pensée chrétienne en Occident. Saint Cyprien a été le collaborateur et, sur plusieurs points, l'initiateur des évêques de Rome dans la constitution de la discipline intérieure du christianisme ; saint Augustin a donné pour l'avenir à l'Eglise catholique la direction intellectuelle sur plusieurs questions

Quant aux livres, nous ne pouvons songer à en dresser ici la bibliographie. On en trouvera les premiers éléments dans l'Index bibliographique placé au début du tome VIII® du C. I. £., mais il y aurait beaucoup à faire pour le mettre à jour. Il n'y a d'ailleurs, dès maintenant, qu'à attendre l'apparition du Recueil des inscriptions chrétiennes d'Afrique que prépare M. P. Monceaux, cf. Revue archéologique^ juillet-août 1903, p. 59 sq.

1. On peut mettre à profil, pour la période ante-nicéenne : O. Bar- DENHEWER, Gcschichtc dcr altkirchlichen Lilteratur, in-S", Freiburg im B., 1902, 1903, t. I. et II; pour saint Augustin : E. Portalié, article S. Augustin, dans E. Maxgenot, Z>^c^de théol. catholique, in-^", Paris, 1903, t. I. col. 2268-2317. Pour les collections canoniques il faut encore s'en remettre aux renseignements et résumés de Héfélé, Conciliengeschichte, in-S", Tiibingen, 1855, et aux textes de la Conciliorum amplissima collectio de Mansi qui, telle qu'elle est, avec ses incontestables défauts, ses erreurs même, vaut sans doute incomparablement mieux que celle qu'on nous promet. La liturgie d'Afrique et ses sources ont été récemment étudiées par D.F. Cabrol, Dictionn. d'archéoL chrétienne et de liturgie, in-i", Paris, 1903, t. I, col. 591-657. Les versions africaines de la Bible ont été l'objet d'une dissertation de M. P. Monceaux, Histoire littéraire de l'Afrique chrétienne,' in-S", Paris, 1901, 1. 1.

llléologiques ^ ; enfin « ce furent principalement des Africains, apologistes célèbres ou traducteurs ignorés de l'Ecriture sainte, qui imposèrent le latin comme langue officielle aux Églises d'Occident. A cette époque, et à cette époque seulement, l'Afrique du Nord a joué un rôle prépondérant dans l'histoire du monde ^ ». C'est à ce point de vue agrandi qu'il faut juger les sources qui se sont épanchées de l'Afrique en nappes plus ou moins fécondes sur les générations et les races comme d'étage en étage, c'est-à-dire de siècle en siècle.

Les monuments figurés ou, si l'on le veut, l'archéologie monumentale, forme une catégorie de documents dont l'étude pressentie par des hommes moins instruits que dévoués, plus épris des ruines que préparés à les interpréter ou même à les décrire, a été reprise depuis quelques années avec une méthode exacte et une science approfondie ^. Cette partie tout empirique de l'enquête sur le passé ap-

1. PoRTALiÉ, op. cit., col. 2501-2561 : Développement historique de l'Augustinisme.

2. S. GSELL, C hronique aixhéologique africaine, dans les Mél. d'arch. et d'hist., 1900, t. XX, p. 100.

3. L'ouvrage capHal est S. Gsell, Les Monuments antiques de l'Algérie, in-8°, Paris, 1901-1902, t. II, p. 113-^29 : Monuments chrétiens et byzantins. Il suffira de se reporter aux notices bibliographiques qui accompagnent la description de chaque monument pour savoir où trouver tout ce qui a été dit sur les édifices décrits. Voir encore S. Gsell, Edifices chrétiens de Thelepte, et Edifices chrétiens de Ammaedera, dans Atti del 11° Congresso internationale di archeologia cristiana tenuto in Roma nell' Aprile 1900, \n-k°, Roma, 1902, p. 191-241. O. Gran- DiDiER, Deux monuments funéraires à Tipasa, Ibid., p. 51-79. Pour les édifices chrétiens de la Tunisie : R. Gagnât et P. Gauckler, Les monuments historiques de la Tunisie, 1. 1. Les monuments antiques, in fol., Paris, 1898. Ce tome ne contient guère que ce qui a trait à la translation de temples païens aux communautés chrétiennes, un des volumes traitera des monuments chrétiens. Cf. H. Leclercq, art. Archéologie de l'Afrique dans D. Cabrol, Dict. d'arch. chrét. et de liturg., t. l, col. 658-747.

porte un contingent de faits nouveaux particulièrement riche en Afrique, grâce aux circonstances historiques et aux conditions géologiques du pays. Nombre d'édifices reparaissent aujourd'hui dans l'état où les dernières violences des invasions successives les ont laissés ; le sable est venu enterrer ces ruines, et « le Temps » dont on a dit trop de mal, demeure fort au-dessous, en fait de ravages, des impitoyables destructeurs du moyen âge, de la Renaissance et du xviii* siècle. L'appoint fourni par l'archéologie monumentale à l'étude des institutions, des coutumes, des idées qui furent successivement en honneur dans l'Afrique chrétienne est plus considérable qu'on ne serait tenté de le croire. Grâce à un dosseret' retrouvé dans les ruines d'une basilique, à Tigzirt, on peut constater l'essai d'une disposition architectonique aussi rare que disgracieuse, les frontons destinés à soutenir les colonnes, qui n'était rien moins qu'un renversement hardi et complet de l'ordre classique, bouleversant « de fond en comble, on peut le dire sans métaphore, toute l'esthétique architecturale des Grecs. Ceux-ci faisaient porter leurs frontons sur des colonnes ; nos Africains imaginèrent de faire porter les colonnes sur des frontons. Tentative audacieuse, nous le répétons, mais plus bizarre encore, et qui n'a eu d'ailleurs au-

1. Cette pièce joue dans Tarchitecture chrétienne un rôle analogue à celui du coussinet sur lequel les Grecs faisaient repos er l'architrave» Nous ne pouvons donner ici un simple aperçu des sources de l'archéologie figurée. Il faut, pour se rendre compte de ce qu'elle pourrait fournir de renseignements positifs, voir la Collection des musées d'Algérie et de Tunisie qui comprend déjà Tebessa, Philippeville, Alger, Cherchell, Carthage, Stuhlfauth, yiittheilungen des archâologischen Instituts', Rom. Abth., 1898, t. XIII, p. 281-30i, pi. IX-X; les publications du R. P.. Delattre, les Comptes rendus de l'Acad. des Inscriptions.

cun succès en Occident, si toutefois elle y a été connue^ ». C'est ici un exemple choisi entre plusieurs, mais il suffît à faire entrevoir ce que Farchéologie monumentale peut révéler sur les tendances esthétiques d'une race ; il nous serait aisé d'en prendre d'autres qui feraient ressortir ce que l'étude descriptive peut apporter de clartés à l'obscurité des textes. L'architecture a connu en Afrique des époques bien distinctes et les édifices appartenant à chacune d'elles sont des documents que l'historien a le devoir de mettre à profit. L'époque la plus favorable aux constructions monumentales en Afrique fut celle des Antonins et des empereurs syriens (96-235 après J.-C), pendant laquelle l'architecture ne laisse pas de montrer une certaine indépendance des traditions romaines. La période d'un siècle environ, d'Alexandre-Sévère à Constantin (225-323), nous fait assister à une décadence rapide suivie d'une renaissance artistique coïncidant avec l'établissement officiel du christianisme dans l'Empire ^. « Les monuments élevés pendant cette période , dite période latine, sont remarquables par l'emploi traditionnel des formes de l'architecture classique, joint à un soin extrême dans l'appareil des constructions^. » Cette renaissance est brusquement

1. p. Gavailt, Étude sur les ruines romaines de Tigdrt, in-S», Paris, 1897, p. 39, cf. p. 73, fig. 15.

2. Voir particulièrement les monuments chrétiens de Haïdra et de Henschir-Goubeul. H. Baladin, Rapport de 1882-1883, dans les Arcliiv. des miss, scientif., 1887, p. 223.

3. H. Saladin, Rapport de 1885, dans les Nouv. archiv, des miss, scientif., 1892, t. II, p. 379. Cf. J. Gailhabaid, L'architecture du vi" au XVI® siècle, m-k'^, Paris, 1850-1858, t. lil. « Crypte de Jouarre ». Comparer le chapiteau mérovingien provenant de l'église Saint-Vincent (actuellement Saint-Germain des Prés) déposé au musée chrétien du Louvre, avec celui dessiné à Bir-Oum-Ali. H. Saladin, Rapport de 1882-1883,

interrompue par l'invasion vandale (420) qui entraîne une misère matérielle et une pénurie d'artistes et d'ouvriers romains telle que « les monuments de cette époque nous offrent, avec de nombreuses réminiscences classiques dues à l'influence des monuments encore debout ou des fragments existants, un art d'un caractère tout particulier qui, par certaines interprétations de l'ornementation végétale ou conventionnelle, offre plus d'une analogie avec nos monuments mérovingiens ou romans. Malgré les nombreuses attaches de l'Église d'Afrique avec Rome, les édifices religieux n'ont pas été copiés sur ceux de la capitale du monde latin; ils ressemblent beaucoup plus à ceux de la Syrie et de l'Egypte qu'à ceux de Rome.

La période byzantine (depuis 533) substitua dans tous les centres de population un peu importants le goût oriental à celui qui avait inspiré les écoles indigènes. Les investigations faites en Tunisie tendent à « confirmer la réalité de la conception que nous nous étions faite de l'évolution de l'art architectural à la fm

dans les Arcinv. des mîss. scientif., 1887, fig. 266. Nous ne pouvons nous attarder ici à faire une monographie de 1' « ornement à relief plat », dont on a trouvé un grand nombre d'exemplaires à Tébessa. Ce genre de décoration obtint la vogue, à partir du iv« siècle, dans le bassin de la Méditerranée ; il ressemble à un découpage appliqué et la technique du bois y est évidente. Cf. Clermoxt-Ganneau, dans la Revue archéol., 1873, I, p. ^01 ; S. Gsell, Le Musée de Tébessa, in-i", Paris, 1902, p. ^6; Cattaxeo, L'Architettura in Italia del secolo VI al mille circa, Bicerclie storico-critiche, in-8o, Venezia, 1888, p. 70 sq. ; L. CouRA- JOD, Origines de l'art roman et de l'art gothique, in-S", Paris, 1S99, p. 13, 118 sq., 275, 310 sq. Nous verrons plus loin que les documents légendaires insinuent une origine syro-orientale à l'Église d'Afrique; il est intéressant d'en rapprocher ce fait constaté par M. S. Gsell que les monuments chrétiens de l'Afrique du Nord ressemblent beaucoup plus à ceux de la Syrie et de l'Egypte qu'à ceux de Rome. Précisément l'ornement à relief plat abonde en motifs orientaux et pourrait bien êti'e d'origine syriaque.

de FEmpire romain. Au moment où le christianisme fut officiellement reconnu, les traditions d'art s'étaient unifiées et codifiées depuis longtemps. Les mêmes exigences du nouveau culte agissent de la même façon sur les éléments essentiels des traditions architecturales, et de l'unité des programmes et de leurs exigences partout les mêmes, naquirent un certain nombre de types d'édifices qui formèrent en quelque sorte un patrimoine commun dans lequel tous les architectes chrétiens puisèrent leurs inspirations ^ ». Il faut ici distinguer entre la Tunisie et l'Algérie. Le vaste territoire de la Numidie et des Maurétanies n'a, semble-t-il, jamais connu le type basilical byzantin à coupole centrale, aucun exemple jusqu'à ce jour n'en peut être cité ^ et ceci s'accorde bien avec ce que nous savons des difficultés rencontrées par l'administration byzantine qui, en dehors de la Proconsulaire, ne posséda jamais qu'une étroite bande de terre le long du littoral méditerranéen. La Tunisie posséda au contraire quelques belles églises byzantines ^.

L'archéologie monumentale appelle comme naturellement le mobilier et tout ce que l'on désigne sous le nom ^ instrumentum domesticum. Il n'est pas possible d'entreprendre d'en donner le détail ; toutefois sous ce titre de mobilier nous devons comprendre

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