s. Augustin, Epist.,XLlU
condamnés et la sentence fut communiquée à Eumalus, vicaire d'Afrique ^ Loin de se soumettre, les schismatiques commencèrent les violences ouvertes : ils envahirent une basilique catholique à Constantine et résistèrent, sans se dissimuler désormais, au pouvoir civil. Le donatisme recevait, en cette année 320, un coup qui eût dû l'abattre et qui paraît l'avoir à peine effleuré. L'énormité de ce scandale qui l'atteignait sans entraîner sa ruine, suffirait à faire voir que l'estime n'était pour rien dans les sentiments qui lui attiraient ses partisans. Le diacre Nundinarius, irrité contre l'évêque Sylvain, un des adversaires de Cécilien, rendit publiques des lettres qui dénonçaient ce prélat comme traditeur-. Sur la demande du diacre, le consulaire Zénophile ^convoqua, en qualité de témoins, les clercs et les laïques qui avaient vu Sylvain pendant la persécution. On interrogea le grammairien Victor. Celui-ci hésitant à répondre : on apporta les actes de Munatius Félix, flamine perpétuel à Cirta, dont on donna lecture (voir p. 320). Le rôle joué par Sylvain, alors sous-diacre, n'était que trop clair. On lut alors les lettres écrites par le violent évêque de Limata, Purpurins, à Sylvain et aux anciens de Cirta, les invitant à régler le différend survenu entre Sylvain et Nundinarius, « de peur que ce diff'érend ne tournât contre les traditeurs ». Ce n'était pas tout. Il fut prouvé que Sylvain avait volé le trésor des pauvres de 400 bourses données par Lucilla et destinées à payer l'ordination