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Epist. LUI

3. Fallu de Lessert, Fastes de ta Numidie sous la domination romaine, in-^o, Paris, 1888, p. 190-192 ; cf. M. Deutsch, Di^ei Aktenstûcke fur Geschichte des Donatismiis, in -8°, Berlin, 1875, p. ^6-91.

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de Majorin; qu'il avait ordonné un certain Victor pour le prix de 20 bourses; enfin qu'il avait volé, de concert avec Purpurius, dans le temple de Sérapis, les coupes et le vinaigre.

Vers 330, le donatisme comptait en Afrique 270 évêques; ils étaient inspirés et gouvernés par un homme d'une rare énergie et d'une habileté qui ne s'étonnait de rien. Il avait succédé à Majorin en qualité d'évêque intrus de Carthage et avait mérité le nom de Donat le Grand qu'il reçut de son parti. Le donatisme lui dut son organisation et sa durée bien plus qu'à Donat des Cases-Noires, simple fauteur du schisme. Donat était arrivé à cette popularité un peu malsaine qui fait d'un homme distingué le compagnon du plus bas peuple. Celui-ci ne lui donnait pas son titre d'évêque, mais l'appelait par son nom : Donat. L'évêque n'avait d'autre préoccupation que l'intérêt de son parti. Ses visiteurs n'avaient pas le loisir d'abuser de ses audiences pour perdre le temps en compliments et en banalités. Donat ouvrait l'entretien par ces mots, toujours les mêmes : « Qu'y a-t-il de nouveau chez vous en ce qui concerne...? w Les affaires faites, on était congédié.

Un homme de ce caractère savait imprimer à son parti une audace dont les catholiques eurent parfois à souffrir. Optât de Milève, qui est contemporain des événements et apporte dans le récit qu'il en fait une impartialité qu'on a mise en doute sans raisons sérieuses, a insisté sur les violences que les catholiques eurent à subir de la part des dissidents. Il est assez probable que tous les torts ne furent pas du même côté, mais c'est un fait que les excès des donatistes nous sont connus et paraissent dépasser de beaucoup ceux dont le parti aura pu avoir à se plaindre de

la part de catholiques peu endurants, quoique, au dire d'Optat, les catholiques ne se soient point départis de la modération. Aux accusations trop vagues l'évêque de Milève répondait comme nous le ferions de nos jours : « Les noms ! Donnez les noms ^ » La littérature de chaque parti est bien conservée et nous ne voyons pas que les noms aient jamais été donnés. Il y a eu, sans doute, des martyrs donatistes, mais ils étaient martyrs d'un genre particulier. Leur cas n'est pas absolument éclairci, même aujourd'hui, parce que les passions du temps sont parvenues à jeter sur les documents qui les concernent une obscurité persistante. Il paraît certain que, parmi les donatistes honorés en qualité de martyrs, tels que Marculus, entré depuis au Martyrologe romain, nous avons des suicidés; mais il a pu y avoir des victimes des catholiques, comme un évêque à Carthage en 317 et la nonne Robba à Bénian ^.

1. s. Optât, De schismate Donatistarum, 1. II, c, xiv : « Et tu hujus vocis oblitus, ad invidiam catholicis faciendam, his loculus es verbis : « Neque enim Ecclesia illa dici potest quae cruentis morsibus pascitur, « et sanctorum sanguine et carnibus opimatur. » Certa membra sua habet Ecclesia episcopos, presbyteros, diaconos, minislros, et turbam fidelium : dicite cui generi hominum in Ecclesia nostra hoc possit adscribi quod objicere voluisti? specialiter nomina aliquem ministriim, ostende aliquem diaconum nomine suo; indica hoc ab aliquo factum esse presbytero ; proba hoc episcopos admisisse ; doce aliquem nostrum cuiquam insidiatum esse. Quis nostrum quemquam persecutus est? quem a nobis persecutum esse autdicere poteris aut probare? »

2. Le sermon donatiste intitulé Sermo de passione ss. Donali et Advocati,P.L.,t. VIII, col. 754, rapporte diverses violencesdont les catholiques se seraient rendus coupables en 317 dans les églises donatistes de Carthage et finit par le récit du meurtre d'un évêque à l'autel oii il officiait. Ce personnage est désigné sous le nom d'episcopus ex Abiocatensi oppido. Il faut probablement corriger Abiocalensi en Avioccalensi; ce qui autoriserait la correction proposée par S. Gsell, dans les Mcl. d'arch. et d'hist., 1899, p. 60, note 5 : Sermo de passione S. Donati ep{iscopi)

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D'autre part, il est avéré que les donatistes se laissèrent aller, en plusieurs circonstances, à leur fougue africaine au préjudice de leurs adversaires \ L'empereur Constantin avait fait construire à Cirta, qui venait de prendre en l'honneur du prince le nom nouveau de Constantine, une basilique attribuée aux catholiques; elle fut envahie par les donatistes, qui refusèrent de la rendre, méprisant les réclamations des évêques de même que les décisions des magistrats. La Numidie fut, dès les débuts et pendant toute la durée du schisme, la place d'armes du parti, qui s'oublia parfois jusqu'aux violations flagrantes du droit commun. Il fit déci^éter par les décurions et les principaux magistrats municipaux qu'à l'avenir les clercs catholiques, lecteurs, sous-diacres et autres seraient désignés pour exercer le décurionat et les charges municipales. Les évêques numides firent preuve, en la circonstance, d'une mansuétude méritoire. Ils sollicitèrent de Fempereur, non la resti-

Abiocal{€nsis), correction d'autant plus fondée que le texte du sermon ne mentionne ni Donalus, ni Advocalus. Ce sermon rapporte des actes de violence commis, peut-être, dans trois églises distinctes, cf. L. Du- CHES\E, dans le Bull, crit., 1886, p. 130. Une première fois, une basilique donatiste est envahie par les catholiques et transformée en lieu de débauche? Une autre fois, les soldats entrent dans une église et se mettent à bâtonner les schismatiques ; l'évêque de Sicilibba est effleuré parla pointe d'une épée. Une troisième fois, grand massacre de donatistes, l'évêque d'Avioccala est tué devant l'autel; on enterre toutes les victimes dans l'église. Cf. S. Gsell, dans Mél. d'arcli. et d'hist., 1900, p. 119 sq. Il n'y a pas lieu de s'arrtter à la conjecture présentée dans le Nuovo bull. di arcli. crist, 1898, p. 219 sq.

1. Pour la date d'apparition des Circoucellions, cf. Fallu de Lessert, Fastes des prov. afric, t. II, l''" partie, p. 2.'i2, note 3, qui se prononce, non sans hésitation, pour 321 ; D. Vôlter, Dei^ Ursprung des mônchthums, in-8°, Tûbingen, 1900, p. 41 sq., met en pleine lumière les accointances des circoncellions avec les moines. Cf. M. Von Nathustus, Zur Charakteristik der Circumcellionen des IV und V Jalirhunderts in Afrika, dans Der Protestant, herausg. v. Staerk, 1900, 38,

tution de la basilique indûment soustraite au culte catholique, mais simplement la concession d'un autre terrain par le fisc, afin de s'y établir, ce qui fut accordé. Constantin mit en outre l'érection de la basilique nouvelle à la charge du fisc impérial et confirma les exemptions de charges dont le clergé bénéficiait ^ (330) ^. On peut rapporter vers cette date de 330 ou à quelques années plus tard ^ un concile donatiste célébré à Carthage et auquel prirent part deux cent soixante-dix évêques et qui se déclara contre la rebaptisation des catholiques passant au donatisme '* ; mais, dans la pratique, ni Donat ni les donatistes ne tinrent compte de ce canon ; ils continuèrent à rebaptiser. La décision prise par le concile donatiste marquait néanmoins une détente des esprits et une tendance vers un accommodement. 11 ne serait pas impossible que cette disposition nouvelle eût quelque rapport avec la tentative faite vers ce temps, même un peu plus tôt, ou de constituer à Rome un parti donatiste. Un évêque numide, Victor de Garbes, avait été chargé de la tâche, assurément difficile, de fonder à Rome une communauté dissidente qu'il fut réduit à réunir dans quelque arénaire hors de la ville ^. Victor eut quelques successeurs, tous évêques clandestins comme lui ; ce furent Boniface,

1. Code Théodos., 1. VII, De episcopis : Lectorcs divinorum apicum et hypodiaconi caelerique clerici qui per injuriam liaereticorum ad curiam devocati sunt, absolvantur^ et de caetero ad similitudinem Orientis minime ad curias devoceyitur, sed immunitate plenissima potiantur.

2. Ellies Dupin, Historia Donatistarum, dans Opéra de saint Optât; in-fol., Parisiis, 1700, p. 11.

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