‹ L'Afrique chrétienneChapitre 248 sur 280 · C. I. L.; n. 2079 : exun[t]o (= ex sumptu) proprio fecit · texte numérisé non relu

C. I. L.; n. 2079 : exun[t]o (= ex sumptu) proprio fecit

3. GUYON, dans Le Moniteur algérien, 10 août 18^3; A. Berbrugger, dans la Revue africaine, t. II, p. 96; L. Rénier, Recueil, n. 3864; Pon- TIER, op. cit., p. 71 ; C. I. L., n. 9691. Nous avons ici, suivant la remarque de Studemund, un vers senaire. La formule que nous venons de transcrire se retrouve un peu développée sur une inscription de Narbonne qu'on trouve dans D. Martin, La Religion des Gaulois, tirée des plus pures sources de l'antiquité, in-4°, Paris, 1727, t. Il, p. 263;Gruter, Corp. inscr., p. Dcxciii, 1; Muratori, Thes.inscr. veter., p. Mccxxxii, 2 ; G. Fletwood, Sylloge, p. 246, 3 ; Orelli, n. 1755. E. Le Blant, L'épigr. clirét. en Gaule (1890), p. 4, note 2; les lettres P. Q. xvne se retrouvent pas sur la copie de cette inscription publiée par P. Mérimée, Notes d'un voyage dans le Midi de la France, in-8», Paris, 1835, p. 292; enfin F. Lenormant, Me'm. sur l'inscr. d'Autun, dans Cahier et Martin, Mélanges d'arcfiéoL, in-4«, Paris, 1856, t. IV. p. 125, note 10.

quelque sorte non avenus les sigles tracés par le lapicide. En règle générale, l'épigraphie chrétienne d'Afrique se montre presque complètement dégagée du formulaire païen, car il importe de ne pas s'égarer dans l'interprétation de telle ou telle formule adoptée par les fidèles, malgré ce qu'elles offrent de choquant au premier aspect pour tel ou tel dogme du christianisme. Nous choisirons pour exemple l'inscription suivante de l'année 634 de notre ère (= 595 de l'ère provinciale) ^ :

IVLIVS I A D IR VICXIT AEl S L** CVI FILI 5 FEGERVNT

D O M V M E T ERNALEM AE PROVIGIE dxCV

Les mots domus aeîerna, domus aeternalis, servant à désigner le tombeau, étaient un emprunt manifeste à la phraséologie païenne qui s'introduisit chez les fidèles non sans difficultés 2. 11 faut donc se garder de classer comme païennes les épitaphes qui offrent cette formule suspecte que nous relevons à Altava en 536 ^ et en 583 * et en bien

2. s. Augustin, Enarr. in psabnos, In psalm. xlviii, v. 12 : Nam plerumque audis divitem dicentem : liabeo marmoratam domum quant rclicturus suni, et non cogilo mihi aeternam domum iibi semper ero. Quando cogitât sibi memoi^iam marmoratam aut exsculptam facere, quasi de domo aeterna cogitât, quasi ibi maneat ille dives. Si ibimancret non arderet in infernos. Peut-être l'introduction de celte formule ne fut-elle qu'un des résultats de l'inquiétude générale au sujet du respect des tombeaux; elle ne fut pas spéciale aux chrétiens d'Afrique. Cf. H. Thédenat, Note sur une inscription chrétienne trouvée à Vaudemont, dans les Mém. de la soc. nat. des antiq. de France, 1892, p. 230 sq. ; C. I. L., t. V, n. 121, 123, 195, 1260; t. IX, n. 3409; t. XI, n. 785, 1335; t. XII, u. 4123.

3. Bataille, dans la licvue africaine, t. III, p. 283; CI. L., n. 9869.

U. Cherbonneau, dans la Revue des soc. savantes, série VJ«, t. VI

plus grand nombre à Tlemcen (= Pomaria) où le christianisme d'un groupe important d'inscriptions présentant les mots domiis aeterna a été récemment démontré ^ Une épitaphe semble condenser tout ce qui est nécessaire pour faire croire au paganisme de son auteur qui exclut tous les siens sans exception de la demeure éternelle et du lieu de plaisance qu'il s'est préparé, puis coup sur coup nous voyons que ce misanthrope est un fidèle et nous lisons les formules caractéristiques : m pace, et depositio ^.

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