IN PACE VIXIT ANIS LXV DEP EIVS X KAL SEPAPCCCXXI
On voit par ces exemples que le domaine de l'épigraphie
(1877), p. 508, et dans la Revue africaine, t. XXII, p. 355; H. de Villefosse, dans le Bull, de la Soc. des Antiq. de France, 1878, p. 1^5 ; C. I. £., n. 9870; A. Audolleist, dans les Mél. d'arch. et d'Iiisl. (1892), t. Xll, p. 133. Le domus aeterna se rencontre à Rome dans la crypte de Veneranda, au cimetière de Domitille, cf. De Rossi, Bull, diarch. crist., 1875, p. 15.
1. A. Audollent, Sur un groupe d'inscriptions de Pomaria (Tlemcen), en Maurétanie Césarienne, iu-8°, Rome, 1892, extrait des Met. d'arch. et d'hist., t. Xll (1892), p. 127-135. Cette démonstration a été confirmée par Héron de Villefosse, dans les Comptes rendus de l'Acad. des inscr., 1892, p. 211 ; cf. Sauvage, dans le Bull, de la Soc. des Antiq. de France, 1879, p. 120-123. L'étude de la formule dans les inscriptions de Tlemcen perle sur les textes suivants : C. I. L., n. 9911, 991^, 9920- 9923, 9925, 9926, 9928, 9930-9932, 993^, 9935, 9939, 99iO, 99^^, 9948-9953, 9956, 9958. Ces inscriptions sont échelonnées entre les années 417 (n. 9928) et 651 (n. 9935); L. Demaeght, dans Bull. trim. des antiq. afric, 1886, p. 387, n. 254.
2. C. I. L., n. 10927, lign. 9 : Dep{ositio) eius X k{a)l[endas) sep{tembris), ainno) pirovinciae) 321 = 360 apr. J.-C. ; P. Allard, Du sens des mots Depositio, Depositus dans l'Épigraphie chrétienne, dans les Lettres chrétiennes, t. I (1880), p. 227-238.
chrétienne d'Afrique comporte plusieurs catégories de textes : 1" ceux qui lui appartiennent incontestablement; 2° ceux ^ dont l'origine demeurera toujours douteuse ; 30 ceux qui sont aujourd'hui douteux et qu'il appartiendra à la critique de lui restituer; 4° enfin, ceux que des fouilles nouvelles rendront au jour. E. Hûbner a très justement observé que toute l'épigraphie latine chrétienne, soit qu'on l'étudié à Rome et en Italie, en Gaule, en Espagne ou en Afrique, présente des traits communs à l'origine et un développement identique. Ce caractère essentiel a été déterminé par Rossi ^ et E. Le Blant ^ pour Rome et la Gaule; c'est la substitution d'un système nouveau à celui en usage dans les formulaires païens qu'on avait d'abord adoptés. Les plus anciennes épitaphes des fidèles nous les font voir employant sans répugnance le système dit des tria nomina, c'est-à-dire l'énumération du praenomen, du nomen et du cognomen, mais vers le me siècle, un nouveau tour d'esprit, une décision positive peutêtre, pousse les fidèles à supprimer toute mention patronymique directe, un tel fils de im tel; on supprime aussi tout ce qui a constitué la personnalité du défunt : sa patrie, sa condition sociale, sa profession, sa postérité, la mention de ceux qui lui ont élevé un tombeau. L'Afrique n'est pas exempte de cet engouement que nous relevons
1. Il faut faire place également à ceux qui passent pour païens et qui ne le furent pas. Ceci s'explique par le fait des conversions et des mariages qui introduisaient des clirétiens au milieu de parents idolâtres pendant leur vie et qui, après leur mort, allaient partager une sépulture de famille appartenant aux adeptes des anciens cultes. Parmi les noms inscrits sur des tituti rédigés par les survivants païens d'après le formulaire païen, il a dû s'en trouver de chrétiens et le nombre ne peut C'tre supputé ni supposé. Une fouille faite à Rome, en 1887, hors de la Porta Portuensis, en fournit la preuve. Sous le pavé d'une sépulture païenne bien caractérisée fut trouvé un squelette portant au cou un petit disque en verre à peintures sur fond d'or représentant Moïse frappant le rocher. Ces restes, selon toute apparence, étaient ceux d'un chrétien appartenant à une famille païenne cl enseveli dans le monument funéraire de ses parents.
2. Dt Rossi, Inscript, clu^ist. Vrb. Bomae, in-fol., Romae, 1861, t. I, p. cx-cxvi.
3. E. Le Blant, Inscript, clirét. de ta Gaule, in-^°, Paris, 1856, t. I, p. 119 sq. ; Manuel d'épigrapliie clirclicnne, in-8°, Paris, 1869, p. 5-9.
partout ailleurs. La plus ancienne inscription chrétienne datée a été trouvée à Tipasa, en Maurétanie ; elle remonte à l'année 238 de notre ère et suit encore le vieux système qu'elle combine avec une innovation toute chrétienne, la mention du jour de la mort que les païens omettaient en qualité de jour « néfaste » . Voici cette inscription ^ :
RASINIA SECVNDA REDD XVI KAL NOVEM 5 PCLXXXXVIIII
Rasinia Secunda redd{idit spiritum) XVI kalend. Novemb. [amid] j){rovinciaé) 199.
Une épitaphe de même époque provenant de Henschir- Mscherga {= Giufi) dans la Proconsulaire mentionne : Pescemiia Quodvuldeus , honestae memoriae femina, bonis natalibus nata, matronaliter nupta^, expressions qui se retrouvent à Carthage dans un document de l'année 203 ou peu après : Vibia Perpétua, honeste nata, liberaliter instituta, matronaliter nupta ^. A la fin du siècle , une célèbre inscription dédicatoire qu'on peut dater entre les années 258-304, nous montre la réforme accomplie ; le donateur de Varea à la communauté de Cherchel est désigné par un seul nom : Evelpius. ^ Un nombre considé-
1. A. Berbrugger, dans la Revue Africaine (1867j, t. XI, p. ^87 ; C. I. £., 11.9289; addenda: p. 974; supplem., n. 20856; L. Duchesxe, dans les Précis historiques (1890), p. 523-531, et dans les Comptes rendus de l'Acad. des itiscr. (1890), p. 116; De Rossi, Bull, di arch. crist. (1873), p. 72, 150; S.GSELL, r«>asa, dans les Mél. d'archéol. et d'fiist. (1894), p. 313; P. Mo.NCEAUX, Hist. littér. de l'Afrique cfirét., in-8°, Paris, 1902, t. II, p. 121, note 3.
3. The Passion of S. Perpétua, § If, dans Texts and Studies, t. I, n. 2 (1891), p. 62. Remarquer le soin avec lequel le rédacteur contemporain de cette pièce distingue la condition sociale des martyrs.
U. C. I. L., n. 9585. « Un adorateur du Verbe a donné l'area pour les sépultures, et a construit la cella entièrement à ses frais ; à la sainte Église, il a laissé ce monument. Salut, mes frères au cœur pur et simple. Moi, Evelpius, je vous salue au nom du Saint-Esprit. »
rable d'épitaphes, et principalement celles de l'opulente et fervente communauté de Carthage ', nous font voir l'adoption, devenue presque générale, du nouveau style. Il dure peu cependant. Dès le iv® siècle et avec la possibilité rendue aux chrétiens de parvenir aux honneurs, les épitaphes redeviennent verbeuses et élogieuses, on se soucie moins de symbolisme et l'incertitude sur l'origine de plusieurs textes reparaîtrait si, à partir de ce moment, la progression rapidement décroissante des titnli païens ne permettait de faire la part du paganisme très étroite aux inscriptions dont Fidentification reste à faire. Voici une inscription chrétienne dont le caractère peut faire hésiter un instant sur la véritable origine -; elle provient de Djemila :
MEMORIAE L* TVRPILI VICTORINI MA RIANI EQ R' ADVOCATI OM NIVM LITTERARVM ET VIRTV 5 TVM VIRI QVI FVIT IN REBVS HVMANIS ANNIS XXXII CVM MAGNA LAVDE ACTVS ET DS CIPLINAE SVAE
AVDENTl
Mentionnons des épitaphes ne célébrant que le cursus honorum du mort : Aslius Vindicianus v{ir) c(larissi7nus) et fl{amen) p[er)p{etuus) ^. En Numidie trois inscriptions seulement peuvent être considérées avec quelque vraisemblance comme antérieures à la paix de l'Église : une inscription de Ksar Sbai (ancienne Gadiaufala, au Sud- Est de Cirta)^ dédicace probablement chrétienne d'un tombeau élevé à Corinthiadus, Theodora et Chinitus, par
2. R. GAGNAT, dans le Bull, du Comité (1892), p. 303 ; É. ESPERA\DIEU, dans la Revue de L'Art chrétien (1893), p. 136, n. 2.