‹ L'Afrique chrétienneChapitre 250 sur 280 · C. L L., n. kbd · texte numérisé non relu

C. L L., n. kbd

leurs parents Fideiis et Thallusa'; une inscription trouvée près de Tébessa, épitaphe de Curtia Saturnina « qui fut ici-bas pendant soixante ans », et qui avait donné à deux de ses fils les noms significatifs de Petrus et de Paulus^; enfin, la curieuse inscription de Marinianus, au musée de Philippeville. Cette dernière épitaphe est ainsi conçue : « Que la bonne âme de Marinianus soit rafraîchie par Dieu 3. » Dans la Maurétanie orientale, à Sétif, nous rencontrons l'épitaphe de Sertoria, qui est ornée d'un double symbole deux fois répété : la colombe et une palme *. L'autre inscription, découverte récemment à Taksebt, en Kabyhe, près de l'emplacement de Rusucurru, est l'épitaphe d'un certain M(arcus) Jul(ius) Bassus à qui son frère Paul érigea un cippe {cupula) ^. Cette épitaphe est datée du 6 des ides de novembre, en l'année 260 de la province, soit 299 de notre ère.

Formatio7i d'un nouveau type épigraphiqiie. — Nous exceptons des remarques qui vont suivre les textes métriques et les épitaphes hors type. Ces deux catégories de documents ont pour auteurs des parents, des amis, des versificateurs invités par le défunt ou par la famille de celui-ci à lui composer une épitaphe. Parfois même c'est le défunt lui-même qui l'a rédigée de son vivant^. Il est manifeste que, le plus souvent, ces rédactions procèdent de réminiscences ou de formulaires entièrement étrangers à l'épigraphie '^. Nous ne nous occupons que des

2. c. I. L., 16589 : Curtiae Saturninae quae hic fuit ann{is) LX, Maevius Faustus conjugi fidelissimae cum flliis fecit. — Maevii Octavianiis Fortunat{us) Petrus Paulus Saturninus.

3. C. I. L., n. 8191 : Bono ispirito Mariniani Deus refrigeret. U. C. 1. L., n. 86/i7.

5. S. GsELL, Inscript, inéd. de l'Algérie, dans le Bull. arch. du Comité, 1896, p. 217, n. 183 : M{arco) Jul{io) Basso Simpliciis) fil{io) Paulus fra[er) ejus d{e) p{ecunià) s{ua) cupulam fecit VI id{us) Nov {embres) P{rovinciae) cclx.

6. C'est le cas d'un orfèvre de Constauline (= Cirla), L. Praecilius Forlunatus. C. 1. L., n. 7156.

7. L'existence de ces manuels est démontrée, cf. E. Le Blant, Sur les Oraveurs des inscriptions antiques, in-S", Paris, 1859 ; R. Gagnât, Sur les

textes du type ordinaire conformes au nouveau canon épigraphique.

Les enseignements de saint Paul paraissent avoir exercé une certaine influence sur ce canon K Sa doctrine sur la félicité des âmes de ceux qui sont morts dans le Christ 2 contredisait formellement les perspectives moroses de l'Hadès païen. Dès lors, les fidèles se prirent à envisager la mort sous l'aspect de l'introduction dans la véritable vie et le bonheur sans fin ; le jour de la mort devint la date bénie, celle qu'on fêtait et dont on transmettait la mémoire. La mention du jour de la mort sur les épitaphes est un des critères les plus sûrs du christianisme des inscriptions ; toutefois cette mention mit un temps assez long à se faire accepter. Nous la trouvons sur le marbre de Rasinia Secunda ^, qui mourut le 16 des calendes de novembre de l'année 238, et c'est la seule indication qu'on nous ait donnée sur elle. Cette épitaphe est en effet typique. Toutes les formules païennes concernant la durée de la vie, la constellation de la naissance, la condition sociale, la profession, ont déjà disparu. Sur l'épitaphe de Magna Crescentina ^ trouvée dans la même ville, et contemporaine de l'autre, le jour de la mort n'est pas inscrit. Sans sortir de Tipasa nous rencontrons d'autres textes qui témoignent de l'incertitude du nouveau type, tandis que l'ancien tombait pièce à pièce ^.

manuels professionnels des graveurs d inscriptions romaines, dans la Bévue de Philologie (1889), p. 51-65 ; D. Câbrol et D. Leclercq , Monum. Eccl. liturg., t, I, p. cxiii-cxxxi. E. Le Blant, Manuel d'épigr. chi-ét., p. 60-lU.

1. H. Leclercq, Acliaïe, dans F. Cabrol, Dict. d'arch. chréL, t. I, coL 338 sq. ; cf. C. I. L., 10713; De Rossi, Bull, di arcli. crist. (1878), p. 161, pi. VllI, n. U.

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