‹ L'Afrique chrétienneChapitre 27 sur 280 · p. Monceaux, op. cit., 1. 1, p · texte numérisé non relu

p. Monceaux, op. cit., 1. 1, p

2. S. Augustin, Epist. XLIII, 7. Cf. P. Monceaux, op. cit., t. I, p. 7. G. Cavedoni observe que l'on pourrait rattacher la prédication primitive de l'Evangile en Afrique au texte de Act. Apost., II, 10, qui comprend dans rénumération des convertis du jour de la Pentecôte : .... eipartex Libtjae quae est circa Cyrcnen... des Africains ou Libyens qui durent rapporter la foi dans leurs familles en revenant de Jérusalem. Mais ce texte ne peut concerner que des habitants de la Marmarique et de la Cyrénaïque appartenant à la civilisation gréco-égyptienne. Toutefois ces deux contrées sont voisines du golfe de la Grande-Syrte et celui de la Tripolitaine et les relations commerciales étaient alors assez actives entre ces diverses provinces.

3. [G. Cahier] Souvenirs de l'ancienne Église d'Afrique, ouvrage traduit en partie de l'italien, iu-12, Paris, s. d., p. 80; d'après G. Cave-

L'expansion du christianisme dut se faire de proche en proche, mais ici encore nous sommes réduits à n'enregistrer le premier fait de statistique qu'à l'époque du synode d'Agrippinus que nous voyons entouré de soixante-dix évêques venus de la Proconsulaire et de la Numidie ^ A ce moment, et dans la profonde obscurité où elle est encore plongée, l'Eglise d'Afrique donne un pape à l'Eglise de Rome, c'est saint Victor P^' qui occupe le siège de saint Pierre de l'année 189 à l'année 199'^. Il semble à peine douteux que cette circonstance ait contribué à mettre l'Église d'Afrique en état de faire grande figure, alors même que Tertullien qui, pour cette première période, concentre presque exclusivement sur lui l'attention, n'aurait pas paru vers le même temps. Quoi qu'il en soit, ici comme sur d'autres points, le christianisme semble avoir gagné de proche en proche assez rapidement. « Il n'est pas impossible, pense M. P. Monceaux, que le caractère tout particulier des vieilles religions indigènes y soit pour quelque chose. Les dieux africains n'avaient pas une physionomie bien arrêtée; souvent une divinité locale a été successivement assi-

DONi, Memorie deir antica Chiesa afvkana désunie dell' Africa cristiana di Stefano Antonio Morcelii, dans Memorie di religione, scienze e letteratura di Modena, II« série, t. VIH, p. 305-365; t. IX, p. 5-51 ; 225- 272; t. X, p. 5-30, 185-2'48. En Afrique, on songea à accaparer Simon le Cyrénéen, cf. S. Augustin, Scrnio XLVI, ^il, sur Ezéchiel, c. xxxiv.

1. Nous avons dit plus haut les raisons que nous avons de placer Agripplnus dans les dernières années du ii« siècle. Morcelli donne au concile de Carthage la date 198, Mûnler donne 215; Héfélé, Conciliengcschiclite, in-8°, Freiburg, 1855, t. 1, p. U8 sq., donne 218-222. Nous avions adopté cette date dans un autre travail; nous croyons devoir revenir à celle de Morcelli. Cf. S. Augustin, De unico baplismo contr. Petilian., 13, 22.

2. S. JÉRÔME, De scriploribus ecclesiasticis. 53 ; édit. Richardson, in-S", Leipzig, 1896, cf. Tillemont, Mém. pour servir à riiist. eccl., in-4", Bruxelles, 1734, t. III, p. hU. Liber pontificalis (édit. Duchesne), t. I,

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milée à plusieurs divinités gréco-romaines. On adorait volontiers ces dieux par couples ou par triades ; et, dans chacun de ces groupes, les êtres divins qu'on associait n'étaient, en réalité, que des aspects divers d'un même être ^ De là, ces innombrables et curieux ex-voto de Carthage à Tanit « face de Baal » 2. Au fond du polythéisme africain, se cachait donc une involontaire profession de foi monothéiste. A l'un des conciles de Carthage que présida saint Cyprien, l'évêque de Tucca, Saturninus, prononça ces paroles remarquables : « Les païens, quoiqu'ils adorent des idoles, reconnaissent pourtant et adorent un Dieu souverain, père et créateur^. » Plus tard, un païen, Maxime de Madaure, déclarait à saint Augustin qu'il croyait à « un Dieu unique, un Dieu souverain^ ». Sans doute on pourrait observer en d'autres pays, chez les païens éclairés, les mêmes tendances au mo-

1. p. Berger, La triade carthaginoise, dans la Bévue archéologique, 1884, t. I, p. 209, Stèles d'Hadrumète, dans la Gazette archéoL, 1884; TouTAiN, Les cités romaines de la Tunisie, in-8°, Paris, 1895, p. 227 sq. Cf. p. 224 sq. : « Pas plus que les noms nouveaux et multiples donnés aux dieux et aux déesses, les métamorphoses progressives subies par les monuments religieux de toute sorte ne doivent nous induire en erreur. Lorsqu'ils invoquaient Saturne, Jupiter, Mercure, Pluton, Esculape, Hercule, Gérés, Diane ou Vénus, les Africains du ii« et du iii'^ siècle de l'ère chrétienne priaient les mêmes divinités que leurs aïeux, dont les supplications ou les actions de grâces étaient adressées à Baal, à Baal Ilammon, à Eschmoun, à Melqart, à Tanit, à Astarté. L'introduction de la mythologie gréco-romaine en Afrique fut beaucoup plus apparente que réelle. » A. Audolle.xt, dans VAssocialion française pour l'avancement des sciences, 1896, t. II, p. 802, affirme que la Demêter grecque a été identifiée à Tanit; S. Gsell, dans Mél. d'arch. et d'hist., 1898, p. 91, repousse cette identification.

2. C. I. Semiticarum, pars I, ch. xiii. Cf. P. Berger, Les ex-voto du temple de Tanit à Carthage; Inscription dédicatoire des sanctuaires d'Astarté et de Tanit à Carthage, dans la Revue d'Assyriologie, 1898.

3. Sententiae episcoporum de haeret. baptism., n. 52. P. L., t. III, col. 1107.

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