‹ L'Afrique chrétienneChapitre 271 sur 280 · Comptes rendus de iAcad. des inscr., 1892, n · texte numérisé non relu

Comptes rendus de iAcad. des inscr., 1892, n

2. J.-B. Saint-Gérand, La basilique de Tipasa, dans le Bull, du Comité, 1892, p, ^72 sq. ; L, DucHESNE, dans les Comptes rendus de l'Acad. des inscr., 1892, séance des 18 mars et 28 juillet; De Rossi, Bull, diarcli. crist., 189^1, p. 91.

10 ANIMO QVOD SOLLERS IMPLEVIT CVSTOS HONESTVS

VNDIQrweJviSENDISTVDiOCRHiSTIANAAETASCIRCVMFVSAVENIT

LIMINAQVE SANCTA PEDIBVS CONTINGERE LAETA

OMNIS SACRA CANENS SACRAMENTO MANVS PORRIGERE GAVDENS

Ce petit poème ne peut être assigné à une date certaine, mais il semble dériver de l'épigraphie damasienne ; par exemple au vers 4^, \eper saeculanomen est damasien, de même que dans la pièce précédente : legibus ipsi et altaribus 710 tus rappelle l'épigraphe relative à Damase : hiatus qui antistes Sedis apostolicae ^ Ces emprunts à l'épigraphie romaine se retrouvent dans l'inscription métrique du tombeau de sainte Salsa, dans cette même ville de Tipasa 2 : .

Mimera quae cernis quo sancta altaria fulgenl.

[Bis optus l]aborq(îie) inest cura[que Pot]enti,

Creditum [sibi qui gau]det perficei^e munus,

3I[artyr] hic est Salsa didcior nectare semper,

Quae meruit coelo semper habitare beata.

Reciprocum sa,7icto[gau'\dens [mu^nus imp er tire Pot entio^

[31]eritumq{ue) eius c{o)elorum regnopro[bavi]t.

1. Cf. De Rossi, Bull, diarcli.crist., 1883, p. 60; 1894, p. 91. Cf. Ibid., 1883, p. 61, 62, l'éloge d'Anastase II (498) dont il est dit : militiaeque Dei natus m o/'/îcù'*. Notre texte revient à dire qu'il appartenait à une famille qui l'avait voué au sacerdoce. Signalons, outre les deux inscriptions d'Alexandre, celles d'Astania et de Basile dans la même basilique de Tipasa, celle qui rappelait sur la muraille le martyre et l'aumône. Cf. J.-B. SAI1VT-GÉRA.ND, op. Cit., 1892, p. 479-480 ; une autre encore tout à fait fragmentaire, C. I. L., n. 9313.

2. S. GSELL, dans les Mél. d'ardu et d'Iiist., t. XI, 1891, p. 181, fîg.; A. Geffroy, dans les Comptes rendus de l'Acad. des inscr., 1891, p. 193; Revuede VArt clir é lien, IS91, p. 506; DeRossi, Bull.diarcli. crist., 1891, p. 24; R, GAGNAT, dans la Revue arcliéoL, 1891, t. XYII, p. 416, n. 98; S. GsELL, Recherches arcliéol. en Algérie,]). 23, pi. V; Dessau, dans Archàologische Anteiger, 1900, p. 153; S. Gsell, dans les Mél. d'arch. et d'hist., 1901, t. XXI, p. 233 sq. Cf. 1894, t. XIV, p. 387. Si on admet que l'inscription est contemporaine de Potentius, il faut, à la dernière ligne, lire probabit au lieu de probavit. En Afrique, pas plus qu'ailleurs, on n'avait souci de conserver aux hémistiches la disposition qui permet de les reconnaître dès le premier coup d'oeil. La coupure des lignes dans l'inscription de Salsa dépend des dimensions du cadre, non de la longueur du vers.

Le deuxième vers est emprunté à une inscription romaine de Saint-Pierre-aux-Liens :

Presbylcri tamen hic labor est et cura Philippi ^

Ce vers avait plu aux Africains, car nous allons le retrouver sur un autre marbre. Une série de sept fragments trouvés en 1876, à Aïn Ghorab, près de Tébessa, et provenant du cintre d'une porte, a permis de reproduire presque sans modification une inscription de Rome aujourd'hui disparue et qui ne nous est connue que par un seul manuscrit, le Codex Palalinns ^.

CEDE PRIVS NOMEN||[no]viTATI CEDE VEt||vSTAS REGlALITANl||[er t'JOTA DICAREIIl|| ET HAECPETRIPAVLTOV||[e SJEDES CRISTO|]lIBENTERESVRGIT

VDIv[m</]VEs||[o;?«]RESVNVMDVO[sWwi7]||E MVNVS f AECLESIA [ww]v[s ]||[/iO/i]ORCELIBRE[^çwOS/m]||ABETVNAFIDESfDON

[pr]E'S>Y>[yterV}\[ta] MEN(/i)lC0[/9MSe.v/]||ETCVRAPR0BANTlfTISI

Rapprochés et complétés, ces fragments rappellent le titre dédicatoire de Saint-Pierre-aux-Liens par le pape Sixte III (432-440). Le dernier vers :

Presbyteri tamen hic opus est et cura probanfi

est celui que nous venons de lire un peu modifié à Tipasa.

1. De Rossi, Bull, di arcli. crist., 1S91, p. 26, croit que Poteulius était mort quand ou rédigea l'cpigramme de Salsa, ce qui expliquerait le titre de Sanclus qu'on lui confère, à moins qu'on ne le lui eût attribué de son vivant en qualité d'évôque. Nous savons que le pape Léon le Grand a envoyé aux églises de Maurétanie un évêque nommé Potentius, vers l'année UUQ (S. Léon, Epist. Xïl; édit. Ballerini). Peut-être est-ce de lui qu'il est question. Nous l'ignorons; toutefois ce fait doit Otre rapproché de la réminiscence signalée avec un poème de Saint-Pierre-aux- Liens, où il fut placé sous le pontificat de Sixte III, prédécesseur de S. Léon.

2. Cod. Vaiic. Palat. 833, fol. 71 verso ; Gruter, p. 117^, u. 7 ; Marim dans Mai, Script, vct. nova coll., in-^°, Romae, 1831, t. V, p. 108, n. 1. Mo.vSACRATi, De catcnis s. Pétri, a expliqué les allusions historiques de ce Carmen, p. 17, et laSylloge de Verdun nous apprend qu'on le lisait: in occidentali parte ecclcsiae s. Pclri ad vincula. Cf. Bull, di arcli. crisl., 187^, p. 1/17; 1878, p. 16.

Quelques débris épigraphiques de Maktar paraissent provenir d'un mausolée et présente un certain intérêt ^ :

a) QVAE RES MORT il LIS V MISEROS QVE REDDV ANIMOS QVE TORQ

b) III

DESPICIENS El FORTVNA SAL here]T>ES IVGVSTIO COLONIGVS T

Quae res mortahs u[rgenl vel L'r,,„.,.n

Miser ôsque reddunt.^u Animôsque torq[uent,jL.v

L'inscription dédicatoire de la chapelle d'Alexandre, à Tipasa, donne lieu à un autre ordre d'observations. Le vers onzième réunit deux hémistiches virgiliens :

Undique visendi studio christiana aetas circumfusavenit.

A Medoudja, près de Maktar, dans la Byzacène^ on avait inscrit sur un pressoir, au vi*^ siècle, les vers suivants 2 :

Ç^ INTVS AQVE AVLCES- BIBOQVE «SEAILIA SAXA NIMFARVMQVE FLORENTI • FVNAATA «LABORES AEDO NIS DEI

Nous trouvons ces vers dans V Enéide ^ :

Infus aquae dulces, vivoque sedilia saxo Nympharum, quae Florenti fundata lahore Sunt ; [de Bonis Dei] \

1. C. I. £., n. 676. Studemund dit au sujet de ces vers ; « Suspiceris fere semi-septcnarios iambicos subesse prisco more composilos.

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