Aencid., l. I, vs
^1. Cf. De Dei data, R. Cag.xat, dans le Bull, du Comité, 1894, p. 359, n. 70; De donis Dei, R. Gagnât, dans le même recueil, 1900, p. cxxxiii ;
La sylloge ('pigraphique. — L'existence de formulaires épigraphiques chez les païens et chez les chrétiens a été démontrée \ mais aucun de ces manuels à l'usage des lapicides ne nous est parvenu dans son entier, à peine peut-on ressaisir dans les marbres quelques lambeaux dont on ignore le plus souvent l'histoire littéraire. Ces types étaient destinés à faciliter le travail en un temps où on se livrait passionnément à la littérature et à la poésie ; aussi au premier rang des pièces composées à l'aide de modèles figurent les inscriptions métriques. Les monuments nous en fournissent des preuves irrécusables ; nous en avons un autre témoignage dans les recueils ou sylloges épigraphiques où les pèlerins, les voyageurs, les gens de goût ou les curieux réunissaient les inscriptions métriques les plus connues ou les plus agréablement tournées -. Ces anthologies rendent aujourd'hui de grands services, comme autrefois d'ailleurs ^, mais des services d'un ordre différent. Le ms. de la Bibliothèque nationale : Cod. Parisinus Lai. 10318 (olim Suppl. Lat. 685) écrit en onciales, au vir siècle , contient une grande partie d'une de ces anthologies épigraphiques compilée à l'époque des Vandales, avant l'année 530, c'est ce que démontre la pièce la plus récente du recueil employée à célébrer les louanges des rois Thrasamund et Hildéric. C'est probablement le plus ancien recueil de ce genre et le type de beaucoup d'autres; il porte, du nom de Claude Saumaise qui le découvrit à Dijon, le nom
De {donis) D[e]i et Christi, Epliem. epigr., 1892, t. YIII, p. 168, n. 5^2; Chrisle te tu{is) do{nis colunt), C. I. L., n. 5669. Cf. Fontamni, Discus w^genteus votivus vet. Christ., in-^°, Romae, 1727, p. 46-50; De Rossi, Bull, di arcli. crist., 1877, p. 114.
1. E. Le Bla\t, Manuel d'épigrapliie chrétienne, in-12, Paris, 1869, p. 59sq.; R. Gagnât, Sur les manuels professionnels des graveurs d'inscriptions romaines, dans la Revue de philologie, 1889, p. 50-65; D. Ca- BROL et D. Leclercq, Monum. Eccl. liturg., t. I, p. cxiii sq.
2. De Rossi, Inscript, christ, urb. Bomae, iu-fol., Roma, 1878, t. II : Séries codicum in quibus veteres inscriptiones christianae pracserliui urbis Bomae sive solae sive ethnicis admixtae descriptae sunt ayite sae-
culum XVI.
?>. De Rossi, op. cit., t. II, pars I, p. 78, 112, 209, 253, 266, 275, 278, 290, relève autant de copies de l'épi taphe de saint Grégoire : Suscipe terra tuo... qui avait servi sans doute à d'autres personnes encore.
de « Anthologia Salmasiana » K Le titre véritable était: Epigrammaton libri XXIII. Une partie du livre XYIIl^ était consacrée aux monuments des rois vandales en Afrique ^; elle semble n'avoir pas été écrite de visu. Le livre XXIII contient une épigramme de Luxorius intitulée : Epitaphion Olympii^, ensuite des Versus foniis facti a Calbulo grammatico et des Versus sanctae crucis du même auteur, qui paraît africain, mais non vandale ^ Enfin on lit cette dernière pièce ^ :
Versus domni Pétri referendarii in basilica palatii sce Marias Qualiter mtacta processit virgine partus Utque pati voluit natus perquirere noli Ilaec null'i tractare licet sed credere tantum.
L'identification du palaiium et de la basilica sanctae Mariae ne font pas de doute, étant donnée l'origine du manuscrit; il ne peut s'agir que de la basilique dédiée à la Vierge Marie par les Vandales ariens dans l'enceinte même du palais royal à Carthage ^.
Rapprochons de cette inscription quelques fragments rappelant les années de tolérance pour la religion catho-
1. De Rossi, op. cit., t. II, p. 238; A. Riese, Anthologia latina,Carmina in codd. scripta, in-8°, Leipzig, 1869, t. I, p. xii-xxxiii, décrit le manuscrit et fait son histoire ; il le croit originaire de Cluny.
2. Luxorius, In antas in salutatorium domini régis [se. Hilderici] (cf. Riese, carm. 203); Félix, Z>e thermis Atianarum [a Thrasamundo rege magnifiée extructis] {Ibid., carm. 210-21^); In antas [se. palatii Hilderici] {carm. 215).
3. C'était un venator de l'amphithéâtre, Riese, carm. 354. U. Même nom à Rome, C. I. L., t. "VI, n. 9920.
5. Riese, carm. 380; De Rossi, Inscr. clirist., t. II, p. 241, n. 6. Ces vers sont inscrits en lettres rouges dans le manuscrit auquel ils paraissent avoir été ajoutés après son achèvement. Cf. De Rossi, BuK. di arch. crist,, 1879, p. 164, emprunt à une autre sylloge épigraphique.
6. Cette église fut dédiée à la Theotokos sous Justinien et demeura enclavée dans le palais royal devenu palais du palrice byzantin. Elle fut remaniée cependant de même que Damour-el-Karita qui porte encore aujourd'hui la trace des embellissements byzantins. Procope, De aedifidis (édit. de Bonn), p. 33; De bell. vand., p. 474; C. Diehl, Hist. de la domination byzantine en Afrique, in-8°, Paris, 1896, p. 420.
lique sous le règne d'Hildéric ; ces fragments ont été trouvés à Henschir Mertun, en Numidie ^ :
b) MQVE PERSECVTIONEM PA C) VIT NC^HA ECLESIAM
In nomine [domi]ni e[t salvaton s... etc.. temp]ore Do[m]ini [Hilderici régis qui... l]o[nga]mqiie persecutio[nem pa[ca]vit...
1. De Rossi, La Capsella, p. lU ; C. I. L., n. 10706; E. Le Blamt, dans le Journal des Savants, 1882, p. 299.
2. Une charte lapidaire du VI^ siècle, dans les Comptes rendus de l'Acad. des inscr., t. XXII, 189-'i, p. 383 sq.; cf. A. DELATTRE,dans le Cosmos, 15 avril 1893, p. 7^, et dans Les Missions catholiques, 189U.
Les chartes lapidaires. — L'épigraphie d'Afrique qui a i
déjà donné la célèbre « inscription du Moissonneur » ?
offre à l'antiquité chrétienne un monument presque aussi |
précieux. Il s'agit d'un marbre engagé dans le dallage j
de l'escalier du minaret de la grande mosquée de Kai- î
rouan, et qui, malgré les mutilations qu'il a subies et la |
fracture de la tablette sur ses quatre côtés, permet de %
lire le texte suivant, rétabli et suppléé ingénieusement |
par M^' Ch. Diehl 2. |
eNTeseTHOCNONLlCeReec lOABBATeMAVÏ PReSBVTeRV
NTeS MONACHI ABBATeiM SIBI
SITA DATiONe Saiicîinus cni
OReeSSe INIQVITATIBVS ALieNVMV ARVM MINISTRIS ADSOLENT FieRII INGODeM SANCTI MARTVRIS STePHAN GRINT DeLeCTATI INSVPER VeRO eXPRA NASTGRIO CONSTITVTAe VeL IPSIS
entes, el hoc non lie ère e g
in monaster]io abbatem aut presbuteru{m or dinar i, sedomnes
melioris opinionis exisle]entes monachi abbatem sibi [eligant sine
[gratia
aut pccuniarum propo]sUa datione. Saiicîmus. En[
]ore esse iniquitatibus alienum v[el sacrilegiis quae ab Aria-
norum vel Donatist]arum ministris adsolent fierii[
]in eodem sancti mariyris Stephani monasterio...
...fu]erint delectati. Insuper vero ex pr[aecepto regulae .... mo]nasterio constitutae vel ipsis[ ^
La paléographie de l'inscription et les faits qu'elle rapporte concordent à faire attribuer la gravure de ce marbre au vi'^ siècle. A cette époque, en effet, l'institution monastique avait assez à souffrir, particulièrement en Afrique, de l'ingérence épiscopale, et c'est contre elle qu'est rédigée la charte lapidaire du monastère de Saint- Etienne. Les évêques prétendaient exercer un droit sur les moines et leur imposer des redevances et des corvées ^, ou bien ils se faisaient attribuer la nomination du supérieur lors de la vacance du siège abbatial ^. Un concile tenu à Carthage, en 525, donna raison aux moines dans leurs revendications contre le primat de Byzacène *. Un autre concile, tenu en 535 dans la même ville, statue que « les moines doivent être en la puissance de leurs abbés. Et si l'abbé vient à mourir, son successeur sera élu par le choix de la communauté, sans que l'évêque revendique le soin de diriger l'élection ou y intervienne en quoi que ce soit ^ ». Cet état de choses explique la charte que nous avons citée et dont les clauses se trouvent confirmées par les dispositions législatives du Code Justinien et des Novelles en ce qui a trait à la simonie ^. Une autre
1. « Pour la restitution des lignes 2-,^, la forme est empruntée à la Novelle cxxiii, 34. Pour les lignes 3-4, cf. Novelle vi, 14. Pour les lignes 5-6 où la restitution est fort hypothétique, cf. Novelle xxxvii. Pour les lignes 8-9, cf. L.\bbe, Concilia, t. IV, p. 1649 et 1024-1025 où un ^auon du concile d'Arles de 455 dit : Laica vero omnis nionasterii con- (jregatio ad solam et libcram abbaiis proprii quem sibi ipsa elegerit ordinationem dispositionemqiie pertinent, régula, quae a fundatione monasterii dudum constiluta est in omnibus custodita.
2. Labbe, Concilia, t. IV, p. 1242-1243, 1646. — 3. Ibid., t. IV, p. 1785. —4. Ibid., t. IV, p. 1242-1249. — 5. Ibid., t. IV, p. 1785. — 6. Novelles vi, 1, 4; cxxiii, l;cxxxvi[, 2; Code Justinien, I, m, 41. Cf. S. Grégoire I", Epist, IV, xin.
disposition non moins grave concerne l'orthodoxie du nouvel élu ^
Un autre fragment de l'inscription, ou^ en tout cas, un texte de la même époque trouvé dans la cour de la grande mosquée de Kairouan, est ainsi libellé ^ :
ANieDiCI iirniamus I
SOLVMINT
ani edicl[um
Conjfirinaiiius. I
solum in l
Les formules Sancimns, Confîrmamus « rappellent incontestablement, écrit M. Diehl, les formules usuelles de la chancellerie byzantine, et en particulier la mention Legimus, que l'on voit, tracée au cinabre, au bas d'une lettre grecque récemment publiée par M. Omont ^ et dans laquelle on doit évidemment reconnaître une souscription impériale. Sans doute^ aucun acte émanant de la chancellerie de l'empire d'Orient ne nous a présenté jusqu'ici la formule Sancimns. Mais, d'une part, ainsi qu'on l'a fait justement remarquer, nous savons fort mal encore par quels mots s'exprimait la souscription officielle destinée à authentiquer un acte '■* ; d'autre part, il