‹ L'Afrique chrétienneChapitre 29 sur 280 · p. Monceaux, op. cit., t. I, p · texte numérisé non relu

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2. Aucun document ne nous donne lieu de croire que l'Église d'Afrique ait agi différemment de ce qui se passait ailleurs.

3. En l'an 27, lors du partage de l'Empire en Provinces de César et Provinces du Peuple, l'Afrique et la Numidie firent partie des dernières. Mais d'Auguste à Dioclétien les changements se multiplièrent. Cf. H. FouRNEL, Les Berbers, t. I, p. 50 sq. Nous ne savons rien d'assez précis sur le christianisme africain au iii« siècle pour espérer établir un rapprochement à cette époque entre les divisions civiles et les divisions ecclésiastiques. S. Cyprien, Opéra, in-fol., Parisiis, l'726, p. 329. Cf. H. FouRNEL, op. cit., 1. 1, p. 62, note 3.

'i. La répartition provinciale de Dioclétien aboutit dans l'ensemble à un morcellement des anciennes divisions. En ce qui concerne l'Afrique, nous voyons que l'on songea à se prémunir contre le danger des grands

telle que l'avait divisée Fadministration impériale ^ . 11 faut néanmoins réserver la part de cet esprit d'apostolat, inhérent au christianisme, qui entraînait ses adeptes et bientôt sa hiérarchie dans des directions que les civilisations phénicienne et romaine n'avaient pas abordées. Car il s'en faut que ces civilisations eussent conquis toute la région de l'Atlas. La Maurétanie conserva toujours quelque chose d'indépendant ; la région montagneuse à l'ouest de FAurès et les plateaux qui dominent le Tell ne devinrent guère romains. Des tribus berbères et maures, à l'égard desquelles Rome se contentait d'une alliance avecles cheikhs nationaux, couraient dans l'immense

commandements et à rendre plus facile le maniement des populations indigènes. Un passage de Lactance, De mortib. persecut., 7, ne laisse pas de doute à ce sujet. Ce calcul ne réussit guère. Cf. H. Fournel, op. cit., t. I, p. 63, note 3. La « Liste de Vérone » qui date, d'après Mommsen, de l'année 297, nomme les provinces d'une façon un peu différente, mais cette liste ne peut être utilisée qu'après une forte opération critique. Cf. Fallu de Lessert, liée, de Const., 1888, t. XXV, p. 171 ; Revue arcliéoL, t. XIV, p. 393; G. JULLLAN, Mél. d'arcli. et d'hist., 1882, t. II, p. 85; MOMM- SEN, C. I. £., Introd., p. xvii sq.; G. Tissot, Géogr. comparée de l'Afr. rom., t. II, p. 42; F. Ferrère, Tm situation religieuse de l'Afrique romaine depuis la fin du iv^ siècle jusqu'à l'invasion des Vandales (429), in-8°, Paris, 1897, p. U sq. Gf. L. Godard, Observations sur la formation des diocèses dans l'anc. Egl. d'Afrique, dans la Revue africaine, t. II, p. 399sq. ; L. Renier, dans G. Boissière, ^s^uiised'Mng histoire de la conquête et de l'administration romaine dans le nord de l'Afrique, principalement en Numidie, in-8'>, Paris, 1878, p. 424. Appendice H : Les diocèses, 1. Il importe de ne pas faire de confusion entre ce qui est dû à Rome et aux races précédemment établies dans le pays. Il faut distinguer entre VAfrica et la Maurétanie Césarienne. Cf. J. Toutain, Les cités romaines de la Tunisie, p. 2, 16 sq. ; E. Cat, Essai sur la province de Maurétanie Césarienne, in-8°, Alger, 1891. Pendant les premiers siècles de notre ère, villes romaines et villes indigènes vécurent à côté les unes des autres, mais il n'y eut guère de mélange entre les institutions des unes et des autres; c'était le cas en Maurétanie. Dans VAfrica, l'assimilation a été réelle entre les traditions locales et les méthodes importées par les vainqueurs. Partout on remarque la prépondérance et très vite la prédominance du système romain. C'est ce qu'il nous importait de constater.

plaine du Tell ; les hauts plateaux, le Sahara et tout l'ouest de l'Atlas, c'est-à-dire la Tingitane, étaient occupés par les Gétules, qui descendaient jusqu'à la côte, tantôt pour le commerce, tantôt pour le pillage. AudiredeTertullien, quelques tribus gétules avaient entendu annoncer l'Évangile avant le commencement du iii^ siècle ^ « L'évangélisation de cette frontière n'a pas d'histoire distincte de celle de l'évangélisation de l'Afrique en général. On ne connaît aucun apôtre des Maures; on ne trouve nulle part une Église, une organisation ecclésiastique spéciale à ce peuple. Le christianisme s'y est infdtré de proche en proche, comme dans la province elle-même; les évêchés se sont fondés au milieu des groupes de population, à une distance plus ou moins grande vers l'intérieur. Mais c'est toujours l'Église d'Afrique^. » Si nous tenons compte de ces « enfants perdus », nous ne pouvons cependant les faire entrer dans l'étude du développement régulier qui fait l'objet de notre recherche.

Tertullien est le premier écrivain qui nous parle de l'Église d'Afrique ^. Il écrit dans les dernières années du 11^ siècle et le début du iii^ et, à cette époque, il est manifeste que l'Église de Carthage est le centre et le foyer du christianisme africain. A Carthage, nous dit Tertullien, on voyait chaque jour, en temps

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