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Ibid

54 L'AFRIQUE CHRÉTIENiNE.

la preuve de Texistence d'une Église d'Afrique, étendue, florissante; mais dont il ne nous est pas possible, en l'état de nos connaissances, de dresser la statistique pas plus que d'en faire une description précise. Si l'Eglise d'Afrique se dérobe à la curiosité, l'historien ne se trouve pas cependant réduit à tout ignorer de ce qui la concerne. Fort heureusement, la métropole de cette Eglise, la communauté de Cartilage, nous est parfaitement connue vers la fin du 11*^ siècle. Nous devons nous y arrêter quelque temps puisque, à cette période des origines, elle est notre sujet tout entier.

C'est une question de savoir si les Eglises ont été organisées et traitées d'après les lois qui réglaient l'existence des collèges funéraires^ ; mais il n'est pas douteux que la communauté chrétienne de Carthage n'ait formé de très bonne heure un groupe fermé ayant ses lieux de réunion dans lesquels elle n'admettait que les seuls fidèles. Il semble que ces lieux de réunion aient été établis dans les cimetières qui attiraient particulièrement l'attention ^. Ces cimetières ne ressemblaient pas à ceux dans lesquels s'assemblaient les communautés à Rome, à Naples, à Clusium, à Syracuse, à Malos^ et dans d'autres régions où la nature du sol invitait à y pratiquer des excavations. En Afrique, les catacombes sont

1. MOMMSEN, Decollegiis et sodaliciis liomanonim, in-8o, Kiliae, 1843; De Rossi, I collegii funeraticii famîgliari e privatî, e le loro denominazîoni, dans Commentationes pliilologae in honorem T. 3Iommsenii, in-8°, Berolini, 1877, p. 705-711 ; J. E. Keating, Roman législation on collegia and sodalicia and its bearing on the history of tlie Agapè, dans The Agapè, in-12, London, 1901, p. 180; H. Leclercq, au mot Agape dans D. Cabrol, Dict. d'ardu et de Uturg., 1. 1, col. 788 sq.

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