Instructiones, H, 32 : Filios non lugendos
très probablement restituée à l'Afrique, nous apprend que, vers la première moitié du iv^ siècle, on ne laissait pas de rencontrer des personnes qui croyaient à l'admission immédiate des âmes — de celles des enfants du moins — dans la béatitude ^ :
MAGVS PVER INNOCENS ESSE lAM INTER INNOCENTIS COEPISTI -f QVAM STAVILES TIVI HAEC VITA EST
QVAM TE LETVM EXCIPET MATER ECLESIA DE OC 5 MVNDO REVERTENTEM.COMPREMATVR PECTORVM GEMITVS • STRVATVR FLETVS OCVLORUM J/
Magus puer innocens esse iam inter innocentis^
{= ntes) coepisti quant staçilestwi (= ista nie tibi?)
haec cita est. Quant te letum excipet Mater e[c)cle-'
sia de [h)oc mundo reçertentem, Comprematur
pectorum gemitus, Struatur fletus oculorum.
A partir du iv^ siècle, les commémoraisons de martyrs augmentent en nombre et en solennité. On leur donne encore les noms anciens de natalitîa, anniversaria, patrocinia 2, mais on tend à substituer à ces appellations les termes plus pompeux de 50-
1. De Rossi, De tilulis cartliaginiensibus, dans Pitra, Spicil. Solesmense, t. IV, p. 535, 536; cf. Guasco, Musaei capitolini antiquae inscriptiones, in-fol., Romae, 1775, t. III, p. 138; Adami, Del culto dovuto ai sanli martiri, p. 111. Il n'est pas douteux qu'il s'agisse d'un enfant en bas âge, c'est le sens ordinaire du mot innocens dans l'épigraphie africaine; cf. C. I. L., n. 5491, un an; 5492, huit ans; 8636, trois ans; ces formules sont tirées de S. Cyprien, De Utpsis, 2: Quam vos laeta excipit mater ecclesia de praelio revertentes , ei Ibid., 16 : Comprimatur pectorum gemitus, slruatur fletus oculorum. L'inscription permet de corriger la leçon inintelligible des mss. qui portaient staluatur. C'est la deuxième fois qu'un texte africain permet de rétablir la leçon altérée d'un ms. Cf. E. Le Blant, L'Épigraphie en Gaule et dans l'Afrique romaine, p, 117-119.
2. S. Augustin, Sermones III, XIII, CCLXXXV ; In psalmum LXXXVIIL
lemnia, solemnitales , festwitates ^. Le jour de la fête de saint Cyprien est désigné comme le sanctissimuSy le solemnissimus dies^. Le culte des martyrs tend à prendre des proportions excessives. Le férial se charge de noms et il semble qu'on ait, dès le début du V® siècle, adopté le système des fêtes renvoyées ^. Évidemment, si on agit de la sorte, nous pouvons conclure à une tendance marquée vers l'extension du sanctoral et probablement, ainsi qu'il arrive d'ordinaire, aux dépens du temporal^.
Le culte des martyrs tourna finalement à l'abus. Les édicules et les basiliques se multiplièrent à tel point qu'on en rencontrait en tous lieux, en rase campagne, le long des routes, et la plupart d'entre eux ne se rapportaient à aucun épisode de la vie des martyrs, ne contenaient parfois aucune relique. Le canon 34® du concile tenu à Carthage en 438 régla ce point de discipline et décida que ces édifices non pourvus de reliques seraient démolis; si les dispositions du peuple ne permettaient pas de le faire sans danger, on avertirait, en sorte que les fidèles s'abstinssent d'y venir '^.
La hiérarchie ecclésiastique en Afrique n'offre rien de particulier ; elle est conforme à ce que nous rencontrons partout dans le christianisme primitif.