Procope, Bell, vandal., II
3. Cf. MOYERS, Die Phônizier, in-S", Breslau, 1841-1846, t. II, p. 476- A78.
4. TiLLEMONT, Mém. hist. eccL, in-4°, Bruxelles, 1731, t. VI, p. 38, col. 2; cf. H. FOURNEL, Les Berbers, in-4°, Paris, 1875, t. I, p. 64.
5. Berbère est le nom qu'on lui donne aujourd'hui. Il s'est conservé jusqu'à nos jours presque sans altération parmi plusieurs tribus du Sahara et peut-être fut-il refoulé par le latin et le néo-punique dans les districts montagneux et d'un accès difficile, en particulier dans le massif qui sépare la Tunisie de l'Algérie. Quant au punique, il n'a pas disparu, mais il s'est fondu lors des invasions arabes dans la langue des conquérants. Les affinités très étroites qui existaient entre les deux idiomes jd'origine sémitique expliquent sans peine cette fusion. Cf. H. Leclercq, dans D. Cabrol, Dict. darch. chrét. et de liturg., t. I, col. 754.
6. G. Boissier, L'Afrique romaine, in-12, Paris, 1901, p. 350.
D'après ce que nous venons de dire, on peut pressentir que la langue officielle de l'Jiglise d'Afrique =a été le latin. Mais cette question du latin d'Afrique demeure, après beaucoup de solides travaux, assez obscure. Et tout d'abord nous ignorons jusqu'aux éléments d'une statistique partageant les africains qui employaient les vieux idiomes indigènes et le grec et ceux qui parlaient latin ; nous savons même qu'au temps d'Apulée, qui avait fait cependant de fortes études à Carthage, ce latin était assez mauvais pour qu'on ne pût se risquer à le parler à Rome sans l'avoir corrigé ^ Ce qui paraissait impoli dans ce latin, c'étaient souvent de vieux termes ou des tours archaïques qu'on eût retrouvés dans les campagnes d'Italie et dans les ruelles misérables du Transtévère et de la Suburre ^ ; mais le fond archaïque demeura toujours un peu trop à la surface du latin africain, même policé ^. Il eut encore à supporter le contact et même certains compromis philologiques avec les idiomes punique et libyque. La résistance obstinée de ces deux idiomes à toute tentative de suppression ou d'assimilation était telle que leur connaissance avait fini par s'imposer même aux fils des colons nés
1. Apulée, Métam., I, 1. Cela tenait à ce que « ce ne furent point les beaux esprits de Rome qui, au lendemain de la conquête, partirent pour Utique et s'établirent dans les comptoirs de la côte et dans les plaines de l'intérieur. Ce furent de pauvres gens, anciens soldats, métayers ou marchands ruinés, aventuriers en quête de la fortune. Ils emportèi-ent avec eux et répandirent autour d'eux la langue qu'ils avaient toujours parlée, le patois des carrefours ou des municipes italiens, comme aujourd'hui nos zouaves et nos tirailleurs acclimatent dans nos colonies l'argot de nos faubourgs ». P. Monceaux, Les Africains, p. 100.
2. Voir dans plusieurs inscriptions chrétiennes les traces de ce latia populaire; par exemple, Marturorum.
3. Cet aspect archaïque du latin d'Afrique a été mis en lumière par K. SiTTL, Die lokalen Verse hiedenlieiten der lateinische Sprache, in-S", Erlangen, 1882, p. 120-1^0.
en Afrique. On ne pouvait songer à se faire entendre du peuple des campagnes sans ces idiomes; de là cette action des patois indigènes, plus sensible chez les chrétiens « contraints par la nécessité et habitués à prêcher en libyque ou en punique, comme nos prêtres aujourd'hui encore se servent du flamand dans les campagnes du Nord, du celtique en Bretagne et du provençal dans le Midi ^ ». D'autre part, les exigences de la polémique et de l'exégèse à soutenir contre les colonies juives nombreuses en Afrique ont laissé, elles aussi, leur empreinte sur la langue^. Ajoutez la déformation lente produite par une prononciation fautive et sur plusieurs points, semble-t-il, irréformable. On transportait dans la langue des mots non pas nouveaux, mais d'une physionomie nouvelle ^. On reconnaissait un Africain à