P. SiTTL, op. cit., p
3. A. AUDOLLEM, De l'orthographe des lapicides carthaginois, dans la Revue de philologie, 1898, t. XXII, p. 213-222. Ce très judicieux travail ne dispense pas de recourir aux auteurs qui l'ont précédé, cf. K. Sittl, op. cit.; G. W. MoELLER, Titulorum africanorum orthographia, in-8°, Gryphiswaldae, 1875; M. Hoffmann, Index grammaticus ad Africae provinciarum TripoUtanae, Byzacenae, Proconsularis titulos latinos, formant le t. I des Dissert, philol. Argent, selectae, in-S", Argentorato, 1879; B. KUEBLER, Die latein Sprache auf afrik. Inschriften, dans Archiv, ftir lateinische Lexik und Grammatik, 1892, l. VIII, p. 161-202 ; H. Leclercq, au mot Afrique, dans D. Cabrol, Dict. d'arch. et de liturg., t. I, col. 752. Sur les infiltrations indigènes dans la langue latine il faut remarquer qu'à mesure qu'avança la colonisation romaine, l'élément sémitique se fit une place plus large dans le vocabulaire et les procédés d'expression. A cet égard, observe M. Monceaux, il est fort curieux de comparer entre elles les différentes inscriptions trouvées dans le pays. On y voit le latin se déformer de plus en plus, au contact des idiomes indigènes, à mesure que s'étend son domaine géographique ; il s'altère progressivement non seulement d'un siècle à l'autre, mais encore de l'Est à l'Ouest et du Nord au Sud. C'est qu'à chaque étape de la colonisation augmentait dans l'ensemble du pays la proportion d'indigènes parlant ou essayant de parler latin.
son langage, à ce stridor punicus dont parle saint Jérôme \ ou bien au labdacisme^ qui « fourmille en Afrique où il est rare d'entendre bien prononcer un L ^ ».
Ce latin avait donc une physionomie singulière, mais ce n'est qu'à partir de l'époque chrétienne et dans son rapport avec l'Eglise d'Afrique que nous devons faire entrer notre recherche. Ce qui paraît l'avoir préservé d'une absorption complète ou d'une pénétration trop dissolvante par les idiomes indigènes, c'est le goût très vif des choses littéraires qui s'empara des Africains dès la fin du i^'' siècle de notre ère. L'instruction, la grammaire, la rhétorique prirent en Afrique un subit développement. L'élite s'attarda au style, mais l'élan était donné. Apulée avait laissé la formule définitive à l'usage des cerveaux africains, un mélange de baroque et de puissant avec la recherche à tout prix de l'effet violent. Le succès fut grand et durable ; ce n'était plus, comme avec le grec, le punique ou le libyque, un moyen de transaction, c'était l'expression du tempérament africain. De là son expansion et sa pénétration parmi les masses.
Cependant, vers le début du v® siècle, il existait encore des christiani punici ^ mais nous ne saurions préjuger de leur nombre. La langue latine dut être en Afrique, comme dans les autres provinces de l'Empire, la langue officielle imposée avec une cer-