‹ L'Afrique chrétienneChapitre 83 sur 280 · Tertulliex, Ad uxorem · texte numérisé non relu

Tertulliex, Ad uxorem

2. TissoT, Fastes de la province romaine d'Afrique, in-S", Paris, 1885, p. 121-122; Fallu de Lessert, Fastes des provinces africaines, ia-H», Paris, 1896, t. I, p. 221-223.

3. Les Actes des martyrs de Scillium sont le plus ancien document daté de la littérature latine chrétienne. Ils ont une littérature assez considérable et qu'on trouvera énumérée dans II. Leclercq, Les temps néroniens et le deuxième siècle, in-S", Paris, 1902, p. 108 sq. Comme il existe cinq recensions latines et une recension grecque du texte, cette pièce fournit un autre genre d'intérêt. Cf. H. Leclercq, au mot Actes des martyrs, dans D. Cabrol, Dict. d'arcli. et de liturg., t. I, col. 378. Ces martyrs sont inscrits au Marlyrologium hicronymianum, p. lxx et 92 et dans le Kalendarium carlhaginense au XV[1J k. Aug. = 17 juillet. Leur lieu d'origine n'est pas définitivement identifié. Il a existé une Ecclesia Scillitana dans la Proconsulaire ; elle est mentionnée par la liste de Uii et par la lettre de 6^6. Cf. C. Tissot, Géogr. comp. de la prov. rom. d'Afr., t. II, p. 636 et 775. Noter que cette Ecclesia Scillitana est certainement distincte de Cillium ( = Kassrine) en Byzacène.

U. Speratus, Nartzalus, Cittinus , Veturius, Félix, Aquilinus, Lactancîus, Januaria, Generosa, Vestia, Donata, Secunda. Dans la version grecque des Actes, Laktantius est remplacé par Kelestinos; dans d'autres textes latins on lit Venerius au lieu de f'eturius et Vestigia pour Vestia.

rent ensevelis près de la ville ^ et une basilique fut, dans la suite, élevée sur leur tombeau -. On a cru en retrouver remplacement à l'ouest de Cartliag-e, près du hameau de Douar-el-Chott^.

Ces Actes sont d'un grand intérêt historique, malgré leur forme littéraire dialoguée et l'absence de toute prétention littéraire, ils nous font voir le niveau moral des premières chrétientés de l'Église d'Afrique. L'autorité dont jouit Speratus parmi ses compagnons donnerait lieu de croire que ce personnage a été évé- .que ou prêtre, mais c'est là une simple conjecture. Speratus est visiblement préoccupé des accusations qui se colportent contre les frères. Il y répond au lieu de répondre à celles du proconsul. « Je n'ai pas volé, dit-il, et quand j'achète quelque chose, je paie l'impôt. » Manifestement lui et ses compagnons ont fort à cœur de déclarer qu'ils honorent l'empereur, qu'ils l'honorent en tant que César.

On voit que dans leur ville de Scillium, eux aussi et dès avant cette première date de 180 avaient été molestés ; « mais, quand on nous maltraitait, nous avons rendu grâce ; car nous honorons notre empereur'^ ». Ils sont condamnés — et probablement

l.KaTaxôiVTai Ôà Tzkrinio^i KapOayévvyiç (xy]Tp07r6X£a);,ditle Mapxûpiov SîrepaTou, The Passion of s. Perpétua, tvîth an Appendix on the Scillitan martyrdom, édit. Robixson, in-8°, Cambridge, 1891, p. 117.

2. Victor de Vite, Hist. persec. vandal., I, 3, 9 (édit. Halm). S. Augustin, Sermo CLV.

3. A. L. De,.attre, dans le Cosmos du 27 février 1894. Pour la discussion critique des textes et la priorité à accorder au texte latin sur la recension grecque. Cf. P. MoycEXVX, Hist. litt. de VAfr.chrét., t. I,p.66sq.

4. Le mot car semblerait insinuer qu'il s'agit de sévérités des empereurs, c'est-à-dire de l'administration, et non de brutalités populaires. II est possible qu'il y ait là une allusion à quelque persécution sous Marc-Aurèle. Malheureusement nous ne savons rien de précis sur l'esclave Namphamo, martyr à Madaure. On a parlé du 5 décembre 180, P. Monceaux, op. cit , t. I, p. 43; du k juillet de la môme année, P. Allard,

poursuivis — en vertu de la législation de Trajan ; voici le verdict : « Speratus, Nartzalus, Cittinus, Donata, Vestia, Secunda et les autres ont confessé qu'ils vivaient suivant le rite chrétien. Attendu qu'on leur a offert la faculté de revenir à la religion des Romains, et qu'ils ont refusé avec obstination, nous les condamnons à périr par le glaive. »

Calomnies et bravades amenaient un état d'exaspération qui se satisfaisait dans quelques brutalités populaires, mais les hommes de sens, les esprits rassis, réservaient leur irritation pour une accusation plus grave et qui touchait plus profondément les vieux Romains et les loyalistes provinciaux. On imputait aux fidèles l'abandon, et qui plus est, la haine des traditions nationales ' et, au moment où les frontières de l'empire commençaient à devenir le théâtre d'incursions sans cesse renaissantes, dans cette Afrique où l'on s'occupait déjà peut-être de tracer le fossé de Sévère, il fallait peu de chose pour alarmer un patriotisme aussi ombrageux que sincère. Les protestations de fidélité, de dévouement aux empereurs, n'entraînaient guère la conviction, et la suspicion officielle se montrait déjà plus menaçante, lorsqu'un acte inconsidéré vint probablement hâter la persécution ouverte.

op. cit., t. I, p. ^36; du h décembre, Neumanx, Die rômische Staat und die atlgemeine Kirche bis auf Diocletian, in-8, Leipzig, 1900, t. I, p. 76, 286. Tout cela est conjecture. Rien n'indique que le Namphamo du nori' Decembr. au Martyrol. hieron. (1894), p. 150, soit celui dont nous parlons. Ce nom se retrouve p. 15'4, XV Kal. Jan. et p. 155, XIV Kal. Jan. et C. I. L., n. 540, 642, 1529, 11681, 11696, 14418, 14606, 14617, 14644, 15599, 15712. Cf. TouTAiN, Les cités romaines, p. 176, et S. Augustin, Epist. XVII. On n'a rien de plus sûr pour le martyr Miggin, nom très commun en Afrique ; C. I. L., n. 11476, 15794, 18656, 20600.

1. H. Leclercq, Comment le christianisme fut envisagé dans l'empire romain, dans Le Deuxième siècle. Dioclétien,'m-S°, Paris, 1902, p. 1-51.

Depuis quelques années, l'Eglise d'Afrique jouissait de cette paix troublée lorsqu'en 197 ou 198, les proconsuls se montrèrent tout différents de leurs prédécesseurs . Des fidèles furent arrêtés pour délit de religion et mis en prison^. Tertullien leur écrivit: « Bienheureux martyrs désignés, pendant que l'Église, notre mère et notre maîtresse, vous nourrit du lait de la charité et que le dévouement de vos frères vous apporte dans la prison de quoi soutenir la vie du corps, permettez-moi de contribuer à la

nourriture de votre âme Vous habitez un séjour

ténébreux, mais vous êtes vous-mêmes lumière. Des liens vous enchaînent, mais vous êtes libres pour Dieu. Vous respirez un air infect, mais vous êtes un parfum de suavité. Vous attendez la sentence d'un juge, mais vous-mêmes vous jugerez les juges de la terre ^. » Deux livres du même auteur, écrits vers le même temps ^, sont certainement antérieurs à la jurisprudence introduite par l'édit de 202 et il semble que ce soit encore d'après les lois ou rescrits des deux premiers siècles que les fidèles aient alors été inquiétés^. La publication de V Apologétique marque

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