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Ibid

L'ÉPOQUE DE ÏERTULLIEN. 131

à coups de pierres dans les rues, et leurs maisons furent brûlées ^ .

Le paganisme, qui ne voyait le plus souvent dans les actes religieux qu'une démonstration d'ordre civique et à qui l'inviolable asile de la conscience était mal connu, croyait venir à bout de son dessein contre ces opiniâtres en obtenant d'eux une participation purement extérieure aux sacrifices. 11 arriva souvent que, ne pouvant obtenir l'abjuration, on introduisait de force dans la bouche des fidèles des boulettes de pain trempées dans le sang des victimes immolées aux idoles^.

Ce revirement soudain d'une paix relative à une persécution ouverte ne trouvait pas toutes les âmes préparées à l'épreuve. Beaucoup de chrétiens prirent la fuite au début de la persécution, ainsi que les y autorisait la condescendance de l'Église qui disait : « Mieux vaut encore fuir de ville en ville que de renier le Christ dans la prison ou dans la torture. Plus heureux cependant ceux qui sortent de ce monde avec la gloire du martyre^ ». Mais les fugitifs rencontraient souvent tant de privations dans les lieux où ils se cachaient que, n'y tenant plus, ils rentraient dans les villes, escomptant une indulgence qu'ils ne rencontraient pas toujours''. Un Africain, nommé Rutilius, avait fui et, craignant d'être découvert, changeait souvent de retraite ; cependant, ne se sentant pas en sécurité, il préféra

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