LE DUC D AUMALE. — LE MARÉCHAL RANDON
LE DUC d’aUMALB.
Ce choix pour le gouvernement de l’Algérie obtint l’approbation unanime de l’armée qui avait jugé la valeur personnelle du prince, non-seulement sur les champs (le bataille, mais encore dans l’administration
de la province de Constantiue qu’il avait sagement organisée.
L’élément civil vit venir le duc d’Aumale au pouvoir avec d’autant plus d’espérance qu’il connaissait ses excellentes dispositions à son égard ; enfin les populations indigènes étaient fières d’obéir au fils de notre Roi.
Donc, à tous les points de vue, la nomination du duc d’Aumale fut un acte de bonne politique et généralement approuvé. Peu de temps après l’arrivée du prince ci Alger, Abd-el-Kader était attaqué par les Marocains et éprouvait un nouvel échec. Sachant bien que la frontière était gardée par les troupes du général de Lamoricière, et que s’il tentait de la franchir, il courait le risque d’être pris, l’émir voulut résister.
Il essaya donc de surprendre le camp marocain par une attaque de nuit.
Mais cette tentative, exécutée avec des moyens insuffisants, échoua; et dès lors Abd-el-Kader, poursuivi de toutes parts sur le territoire du Maroc, se vit contraint de chercher un refuge sur le nôtre.
Pour comble de malheur, les populations ellesmêmes se tournèrent contre lui; aussi lorsqu’il arriva sur la frontière, presque tout ce qui lui restait de soldats avait été tué ou dispersé.
Le 21 décembre 1847, le général de Lamoricière
apprend que l’émir doit passer, la nuit, le col de Guerhous; aussitôt il envoie sur ce point vingt spahis sous les ordres du lieutenant Bou-Khaïa.
Abd-el-Kader étant tombé dans cette embuscade, accompagné d’un petit nombre de cavaliers, offrit à celui qui commandait nos spahis de se rendre au général. de Lamoricière.
Deux cavaliers de l’émir, accompagnés par le lieutenant Bou-Kliaïa, furent aussitôt envoyés auprès du général.
La soumission ayant été acceptée, Abd-el-Kader se rendit le lendemain 22 au marabout de Sidi-Brahim où, en 1845, il avait traîtreusement attiré et massacré le colonel Montagnac et quelques centaines d’hommes.
La deïra de l’émir, gardée à vue par une colonne placée sous les ordres du colonel Mac-Mahon, fut bientôt dissoute; et nos troupes purent enfin rentrer dans leurs cantonnements et se reposer dos fatigues qu’elles enduraient depuis si longtemps.
La soumission ou plutôt la prise d’Abd-el-Kader produisit un bon effet sur les populations de l'Ouest et du centre ; mais ce fut à peine si on en parla dans l’Est de nos possessions.
Partout du reste on était fatigué des maux qu’entraîne une longue guerre; et les indigènes, il faut bien le dire, ne se battaient plus contre nous que parce qu’ils crai-
gnaient les représailles d’Abd-el-Kader, toujours sans pitié pour ceux qui avaient reconnu notre autorité. Ainsi la résistance des populations de l’Ouest doit être attribuée d’abord au fanatisme, beaucoup plus enraciné chez elles que dans celles de l’Est ; à la présence de plusieurs chérifs au milieu d’elles, parmi lesquels Abd-el- Kader ; aux instigations de l’empereur du Maroc et des sectes religieuses qui envoyaient des missionnaires dans nos tribus; et puis, enfin, à la crainte des châtiments cruels qui leur étaient infligés quand elles s’étaient ralliées à notre cause. Ce n’est donc pas à l’émir seul qu’il faut attribuer la longueur de cette guerre dans laquelle il n’a rempli que l’un des rôles qui l’ont prolongée, et celui-là n’était pas le principal.
Ce qui est vrai, c’est qu’on tenait à en finir avec lui parce que sa présence sur notre territoire était un danger, comme c’eût été un danger d’y laisser circuler tout autre prédicateur de guerre sainte.
Quant à sa force réelle, il la tenait des traités d’Oran et de laTafna ; cette force, le maréchal Bugeaud l’avait entamée à la Sika, et les colonnes mobiles organisées par le général de Lamoricière lui avaient porté le dernier coup depuis longtemps.
En résumé, il y avait deux ans que toute résistance sérieuse de la part des populations avait cessé ; il ne s’agissait plus dès lors que d’une chasse à l’homme.
• Or, dans un pays comme celui-là, un homme qui n’attend jamais de pied ferme, détale dès qu’il se voit menacé, et court trente lieues d’une traite quand il est poursuivi ; cet homme est difficile à prendre , et la chasse peut durer longtemps. C’est ce qui est arrivé.
Il n’en a pas été de même pour la pacification des tribus hostiles. Longtemps, trop longtemps on a opéré contre elles avec des colonnes lourdes, des convois sans fin, partant à jour et heure connus, arrivant de même.
Que pouvait-on obtenir des populations, si ce n’est des coups de fusil, alors qu’elles savaient qu’on ne faisait que passer sur leur terri tome pour revenir au littoral?
Mais ces écoles ont profité à ceux qui les ont faites, et les colonnes mobiles, succédant à leurs aînées, n’ont pas tardé à montrer aux indigènes que la soumission valait mieux que la fuite.
L’occupation de quelques points stratégiques dans l’intérieur, par des garnisons capables d’agir seules et de se suffire à elles-mêmes , fut, avec l’ouverture des routes, le complément de nos moyens de domination.
Nous avons dit que dans l’Est la prise d’Abd-el-Kader fit peu de sensation.
Néanmoins la province de Conslantine fut longtemps troublée pour d’autres causes.
Cet homme que nous avons vu s’évader de prison la
veille du jour de son exécution, venir ensuite servir . dans nos rangs avec Yusuf et déserter notre cause pour celle d'Ahmed-Bey ; El-Hassenaouï s’était établi sur la frontière de Tunis, et de là il soulevait contre nous les populations de la Régence et celles du territoire français.
Le général Randon, qui avait été appelé au commandement de la subdivision de Bône, dirigea plusieurs expéditions contre lui en 1844, 1845, 1846, et n’obtint sa soumission qu'en 1847.
Pendant cette période, apparurent plusieurs clièrifs : l’un d’eux ne craignit même pas d’attaquer le camp du général, en plaine et au milieu du jour.
Montant à cheval, par alerte, la cavalerie, sous les ordres du général en personne , chargea ces fanatiques sur les faces du camp, tandis que, par une manœuvre habilement dirigée, l'infanterie lui coupait la retraite.
Quelques jours avant, le 2 juin 1846, ce même chérif avait fait massacrer un détachement de malades. Le général Randon se porta aussitôt sur la tribu qui s’était rendue coupable de cet acte d’insoumission et de cruauté; puis, l’ayant surprise, nous le vîmes charger le premier à la tête des chasseurs et des spahis, et le premier frapper de son épée ceux qui osèrent opposer de la résistance. Dans le cours de celte campagne, le gé-
nèral Charles Boyer, que nous avons vu cité comme capitaine et comme chef d’escadron au 1 er de chasseurs, fut encore l’objet de plusieurs citations à l’ordre général de l’armée comme commandant la cavalerie de la colonne expéditionnaire, à laquelle, disait le rapport, il sait toujours communiquer son élan en présence de l’ennemi.
En 1847, cette partie de la province était pacifiée, et recevait la même organisation que les autres tribus. A Alger, le duc d’Aumale donnait tout son temps à l’administration intérieure.
Connaissant par lui-même et par le général de Lamoriciôre les services que les douairs et les zemélas avaient rendus à la France pendant la guerre , et désirant les récompenser en les rapprochant de nous, le gouverneur ordonnait que ces braves cavaliers fussent établis avec leurs familles sur des terres qui deviendraient leur propriété : on devait les aider à bâtir des maisons, leur apprendre à améliorer leurs cultures ; enfin, c’était un commencement de colonisation indigène, un grand pas vers l’assimilation. En même temps les travaux sur les routes ôtaient continués; on jetait des ponts sur des rivières souvent infranchissables à gué; un comptoir de la banque do France était établi à Alger; un journal arabe était fondé; et on voyait la colonisation européenne reprendre espoir et confiance.
Hélas ! tant de choses utiles commencées, tant de pensées généreuses prêtes àrecevoirleur exécution, tant de zèle et de véritable attachement pour ce pays et les hommes qui l'habitaient, tout cela fut renversé, anéanti en une seule journée : le 24 février!
Dans cette circonstance si pénible pour la famille d’Orléans, le duc d’Aumale et le prince de Joinville, qui se trouvaient ensemble à Alger, donnèrent l’exemple de la plus belle vertu et du plus admirable courage.
Tout le monde reconnaîtra avec nous que si, en apprenant la fatale nouvelle, le duc d’Aumale avait fait appel à l’armée d’Afrique, il lui eût été facile de débarquer à Toulon avec dix mille hommes.
Là, dix mille marins auraient répondu à la voix non moins aimée du prince de Joinville. C’était plus qu’il n’en fallait pour trouver à Paris tous les bras ouverts, tous les cœurs ralliés.
Pourquoi les princes n’ont-ils pas fait cela?
Pourquoi le Roi a-t-il refusé l’offre du maréchal Bugeaud de déblayer les barricades et de vaincre la révolution?
Le Roi a préféré perdre le trône de France plutôt que de faire mitrailler ses enfants.
Le duc d’Aumale et le prince de Joinville, Français par le cœur comme par le sang, ont obéi à la volonté de leur auguste père.
La retraite des princes, dans les conditions où ils se trouvaient, fut donc un acte de courage, de respect et d’abnégation qui les honore et ne peut être oublié.
Le général Cavaignae, qui était alors à Oran , fut nommé gouverneur par le gouvernement provisoire, le 2 mars 1848, et presque aussitôt appelé à Paris.
Le général Changarnier lui succéda.
La République, se croyant en danger, avait rappelé d’Afrique une bonne partie de ses troupes; les Arabes, informés de ce qui se passait en France et voyant notre affaiblissement, en profitèrent pour s’insurger.
Dans la province de Constantine, où le général Bedeau avait remplacé le duc d’Aumale, Ahmed -Bey essayait de soulever quelques tribus, et se faisait battre et prendre par le colonel Canrobert.
Les populations del’Aurès se révoltaient à leur tour, et le commandant supérieur de la province était obligé d’aller les châtier.
Cette expédition fut rapide et heureuse dans ses résultats, grâce à l’habileté du chef et à celle de ses officiers, tous habitués à ce genre de guerre.
Ce fut à cette époque qu’on envoya de Paris en Afrique dix mille colons de tous les métiers, excepté des agriculteurs.
L’État dépensa des sommes énormes pour leur étais
blissement dont ils ne se souciaient guère, et aujourd’hui tout cela a presque disparu.
En 1849, des éririssaires envoyés du Maroc parcourent l’Algérie, annonçant que nous avons la guerre chez nous et à l’étranger; que bientôt les Anglais vont attaquer nos villes du littoral ; enfin que le moment est venu de nous mettre à la porte.
Dans la province d’Oran, les garnisons sont obligées de tenir la campagne pour arrêter ou empêcher les insurrections.
Dans celle de Gonstantine, le général Herbillon doit frapper les Kabyles révoltés.
Au centre, un chérif ameute les Zouaoua contre le poste d’Aumale qu’ils viennent attaquer. Le lieutenant Beauprêtre, des zouaves, arrêta cette insurrection à sa naissance en tuant son instigateur.
Mais une révolte bien plus sérieuse et qui devait avoir d’autres suites, éclatait dans le Sud.
Au mois de juillet 1849, le nommé Bou-Zian, cheïk de l’oasis de Zaatcha, située près de Biskarah, dans la province de Constantine, s’imagina que lui aussi pourrait jouer le rôle de chérif.
Un matin donc, en s’éveillant, il raconta un rêve dans lequel celui qui doit exterminer les chrétiens lui était apparu, en lui disant que le moment était favorable.
Le bruit de ce songe extraordinaire étant arrivé aux
oreilles du commandant de Biskarah , un officier du bureau arabe fut imprudemment envoyé pour arrêter le visionnaire.
Nous disons imprudemment, parce que c’est là la cause première de cette insurrection , et qu’elle n’aurait pas eu lieu si, à la place d’un officier français venant pour l’arrêter, on avait envoyé un simple cavalier arabe avec une lettre du kaïd de Biskarah, qui l’aurait invité à se rendre auprès de lui, ce qu’il aurait fait immédiatement et sans défiance.
Donc le lieutenant Seroka fut envoyé avec quelques spahis pour s’emparer de Bou-Zian.
D’abord le cheïk feignit de le suivre ; puis, ayant laissé tomber son chapelet, il s'arrêta pour en ramasser les grains : c’était le signal de l’attaque.
L’officier ne dut qu’à sa présence d’esprit et à la vitesse de son cheval de ne pas y laisser la tête.
Il n’en fallait pas davantage pour donner à Bou-Zian la valeur nécessaire pour un commencement d’insurrection.
Une seconde faute devait bientôt venir augmenter son prestige et d’un mouvement local faire une révolte générale.
Averti de ce qui se passait à Zaatcha, le général Ilerbillon,qui se trouvait en Kabylie, prescrivit au colonel Carbuccia, commandant de la subdivision de Batnah,
dont Biskarah et Zaatcha sont des dépendances, de ne rien entreprendre avant son arrivée; parce que, disaitil, l’attaque d’une oasis était chose sérieuse, ainsi qu’il l’avait éprouvé lui-même déjà.
Sans tenir compte des instructions qu’il avait reçues, le colonel Carbuccia partit pour Zaatcha avec un bataillon de la légion étrangère.
Le village, de peu d’étendue, était situé au milieu d’une oasis assez vaste, coupée de jardins séparés par des murs, et lui-même fortifié par un mur d’enceinte et un fossé large et profond.
Ce fut sur les bords de ce fossé , et contre une des portes, que le bataillon lancé vint perdre la moitié de ses hommes inutilement.
Cet insuccès trop éclatant éveilla le fanatisme endormi des populations voisines, et lorsque le général Herbillon se présenta devant Zaatcha, au commencement d’octobre, tout le pays était en insurrection.
Nous ne décrirons pas ici les diverses péripéties de ce siège, qui dura cinquante-deux jours.
Nous dirons seulement qu’il fallut prendre jardin par jardin, en présence de cette résistance folle que le fanatisme seul peut inspirer ; qu'un assaut fut repoussé par les défenseurs de la place ; que chaque nuit ils se ruaient, furieux, sur les travaux d’approche, les brûlant ou les détruisant ; que le général Herbillon fut
chaque jour, et à toute heure, au poste le plus dangereux; et enfin que, le 2G novembre 1849, à sept heures du matin, Zaatcha fut pris d'assaut par trois colonnes, sous les ordres des colonels Canrobert, de Barrai et de Lourmel.
Les défenseurs se firent tuer jusqu’au dernier, pendant que le colonel Bourbaki, cernant les abords de la place, soutenait un rude combat pour refouler les contingents des oasis voisines accourus au bruit de l’attaque.
Bou-Zian fut tué pendant le sac, par les zouaves du colonel de Lavarande.
Cette affaire de Zaatcha peut être regardée comme une des plus sérieuses de nos guerres d’Afrique.
Pour s’en convaincre, il suffit de savoir qu’il y eut chaque jour des pertes plus ou moins sensibles, des attaques imprévues, de jour et de nuit, multipliées; que l’ennemi défendit chaque rue, chaque maison pied à pied; et enfin que, sur un effectif de sept mille hommes, le corps expéditionnaire en perdit quinze cents, dont quatre-vingts officiers.
La prise de Zaatcha est une des gloires du brave maréchal Canrobert. Monté à l’assaut avec trois officiers et quinze zouaves de bonne volonté, en tête de sa colonne, il revint avec sept de ses zouaves et sans un officier.
Néanmoins, après la victoire, nous ne vîmes aucune
trace de joie sur son mâle visage, mais plutôt de la tristesse.
G’est qu’il pensait à tous ces soldats tombés à côté de lui et qui ne reverraient plus la France.
Honneur ! honneur 1 à ce cœur généreux et chevaleresrpie qui oublie sa propre gloire pour ne penser qu’à la vie de ses soldats !
Cette qualité, si rare et si belle, le général Herbillon ne cessa de la montrer pendant toute la durée de ce rude siège ; et cependant il fut rappelé en France à cause de la lenteur des opérations.
Mais il y a des témoignages qui consolent, et celui que les officiers de toutes armes et de tous grades lui donnèrent, à son départ, doit être et sera sans doute toujours présent dans son cœur.
Après la prise de Zaatcha, le général Herbillon chargea le colonel Canrobert de châtier les tribus de l’Aurès qui avaient pris part à la révolte, et la place de Nara, • située sur une position naturellement très-forte et bien défendue, fut enlevée par assaut.
Dans le courant de janvier, l’oasis de Bou-Çadah tombait en notre pouvoir et était occupée malgré la présence d’un nouveau chérif.
En 1850, le général de Barrai fut tué en marchant contre les Kabyles qui gênaient les travaux destinés à ouvrir la route entre Sélif et Bougie.
A la même époque, le général de Saint-Arnaud, appelé à remplacer le général Herbillon, fit une reconnaissance dans l’Est de la province de Constanliue et laissa une garnison à Tébcssah.
Le gouvernement de l’Algérie venait encore une fois de subir un changement sans laisser à ceux qui en étaient investis le temps de se reconnaître.
Après le général Changarnier, était venu le général Charon, puis le général d’Hautpoul qui, à son tour, allait être remplacé par les généraux Pélissier et Charon.
Au commencement de mai 1851, un chérif du nom de Bou-Baghla ayant soulevé une partie de la petite Kabylie, le général de Saint-Arnaud reçut l’ordre de marcher contre les tribus hostiles avec un corps de huit mille hommes.
Deux généraux de brigade étaient sous ses ordres : MM. de Luzy et bosquet.
L’expédition dura vingt jours. La résistance des Kabyles fut sérieuse, car la colonne perdit le cinquième de son effectif. Cependant, et malgré la trop grande rapidité de ces opérations, quelques tribus se soumirent au général de Saint-Arnaud pendant que le général Camou, au Nord 'de Sétif, châtiait celles qui avaient reçu Bou-Baghla.
Vers le même temps, le général Pélissier écrasait
avec son impétuosité habituelle une insurrection chez les Kabyles de l’Isser, et les obligeait à l'obéissance en créant un poste à Drah-el-Mizan.
Au printemps de 1 852, le général de Mac-Mahon, commandant supérieur de la province de Constantine, dirigeait une seconde expédition contre les Kabyles de l’Est ayant sous ses ordres les généraux Bosquet et d’Autemarre.
Au même moment, les tribus du centre de cette province, exaspérées, d’une part à cause des corvées auxquelles elles étaient soumises, d’autre part à cause des exactions sans nombre de quelques chefs indigènes, se révoltaient et attaquaient plusieurs de nos postes.
Pendant qu’il terminait ses opérations en Kabylie, le général de Mac-Mahon détachait le général d’Autemarre avec quelques troupes pour l’envoyer sur le foyer de l’insurrection, où accouraient en même temps le colonel Desvaux, de Batnah, et le colonel de Tourville, de Bône.
Les tribus rebelles ne tardèrent pas à rentrer dans Tordre et le général de Mac-Mahon, arrivé à son tour, frappait, sur la frontière de Tunis, celles qui avaient pris la plus grande part à l’insurrection.