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ARMÉE. — OCCUPATION

Quel est le mode d’occupation le plus sûr pour garantir la tranquillité de l’Algérie et la mettre en état de se suffire dans le cas où la France aurait en Europe une guerre de longue durée ?

S’établir définitivement et fortement au cœur de la Ivabylie et sur les frontières; garder les points stralé-

giques de l’intérieur en se rapprochant des grandes tribus et en puisant parmi elles les éléments d’une nombreuse et bonne cavalerie auxiliaire.

Ce travail a pour but de prouver l’utilité du système d’occupation indiqué ci-dessus, d’en proposer les moyens, et d’entrer dans le détail de la composition et de la répartition des troupes.

L’incertitude des premiers temps de la conquête de l’Algérie par l’armée française, et l’ignorance absolue du nombre, des ressources et des coutumes de l’ennemi, à cette époque, suffisent pour expliquer la création d’établissements militaires considérables sur des points où ils sont devenus inutiles depuis.

Ceux qui ont demandé ces grands travaux avaient alors de bonnes raisons pour le faire : ce n’est pas ce qui doit nous occuper. Rien de ce qui existe ne sera perdu, et si telle caserne ou tel hôpital cesse d’être à l’usage de nos soldats, il sera facile de l'utiliser autrement.

Ce qu’il importe de démontrer, c’est que, pour assurer la tranquillité du pays, prévenir et réprimer les insurrections, la plus grande partie des troupes qui forment la force militaire de l’Algérie n’est pas établie où elle devrait l’être pour bien remplir cetfe mission.

Sur tous les points de la colonie, et dans toutes les populations, qu’elles soient fixes ou nomades, nous

sommes en présence d’une force qu’il faut absolument annuler ou nous approprier, sous peine de n’avoir jamais qu’une sécurité passagère.

Cette force est l’influence des grandes tribus qui, en cas de révolte ou de troubles, entraînent toujours les petites, dont la position est en Afrique ce qu’est en France celle de la province à Paris.

Il y a là pour nous tout à la fois un danger et un puissant moyen d’action.

Tous les agitateurs qui, depuis la conquête, ont fait des insurrections, se sont appuyés sur ce levier.

Les Turcs, nos prédécesseurs, le savaient si bien qu’ils employaient cet élément pour maintenir le pays; aussi, si l’on excepte la grande Kabylie,ils ont pu, grâce à cette combinaison appuyée de dix mille baïonnettes régulières seulement, soumettre à leur domination et conserver pendant plus de trois siècles presque toute l’étendue qui nous appartient aujourd’hui.

S’ils n’ont pas fait mieux, il faut uniquement l’attribuer à ce que les hommes chargés du pouvoir ont rarement cherché à s’attacher les populations, mais bien plutôt à les exploiter ; et quand exceptionnellement il s’est trouvé un gouverneur de province intelligent et juste, l’histoire nous montre qu’il a obtenu, sans l’emploi de la force, beaucoup plus que ses collègues par les armes.

Dédaignant ces moyens naturels de pacification, de sécurité et d’ordre, nous avons voulu tout faire par nous-mêmes ; c’est-à-dii'e conquérir et garder le pays soumis avec des troupes françaises.

Mais, comme nos derniers gouverneurs n’ont jamais obtenu qu’une très - petite partie des moyens d’action qui leur étaient indispensables, ils ont été obligés de grouper de fortes masses de troupes dans les principales villes, parce qu’on leur refusait les crédits nécessaires pour les établir plus convenablement.

En examinant, de l’Est à l’Ouest, chacun des points le plus fortement occupés, on verra quelle est leur importance réelle au point de vue stratégique et l’erreur dans laquelle on a persisté en lésinant sur des dépenses si utiles.

Constantine, chef-lieu de la province de ce nom, a été de tous les temps le siège de son gouvernement .

Cette ville a fait une vigoureuse résistance et a dû être enlevée par assaut.

Cependant était-ce là une raison suffisante pour y créer un casernement aussi considérable ?

Ignorait-on que parmi les défenseurs de la ville, les canonniers seuls étaient des soldats , et les autres des Kabyles appelés de leurë montagnes par Ben- Aïssa?

Pouvait-on ne pas savoir qu’en dehors de ces deux éléments de force passagère, les habitants n’auraient pas présenté cent fusils sur les remparts?

11 ne nous appartient pas de résoudre ces diverses questions ; l’important aujourd’hui est de savoir que cette place compte dans ses murs une population musulmane et juive nombreuse, mais incapable de se battre et qu’une compagnie de la milice suffirait pour maintenir.

Inutile à l’intérieur, la garnison de Constantine peut-elle empêcher, par sa présence, ou arrêter promptement une insurrection à l’extérieur?

A l’Est et à l’Ouest, au Nord comme au Sud il n’y a jamais eu, il n’y aura jamais d'ennemi possible dans un rayon de deux journées de marche pour notre meilleure infanterie.

Partout, sur cette immense étendue de pays, les terres appartiennent au Domaine, et sont louées par lui à des indigènes qui se sont détachés de leurs tribus de temps immémorial et, ne formant point corps, vivent paisiblement du produit de leurs travaux agricoles sans jamais se mêler à la guerre.

Dans cet état de choses, qu’arrive-t-il lorsqu’une insurrection éclate au Nord de la province qui est la petite Ivabylie?

Les troupes sont toujours prêtes à marcher; mais

pour opérer si loin de leur point de départ, qui est aussi leur base de ravitaillement, il faut organiser des convois de vivres, de munitions, et réunir tous les moyens de transport nécessaires.

Or, comme ces moyens de transport sont fournis par les tribus, il faut les commander et les attendre ; de sorte qu’il est presque impossible de pouvoir se mettre en marche avant deux jours, depuis l’ordre donné, et d’arriver sur le pays insurgé avant le quatrième ou cinquième jour.

C’est-à-dire qu’une dépêche télégraphique envoyée à Toulon aurait fait arriver des troupes d’infanterie (les seules utiles dans ce cas) deux jours plus-tôt que celles établies dans le pays même.

Pendant ce temps, l’insurrection, qui, tout d’abord, pouvait être étouffée, a grandi ; l’ennemi a pu envoyer ses espions auprès de vous afin de connaître la composition de vos colonnes ; ces espions, marchant dans votre convoi pendant le jour, détacheront quelques-uns des leurs, quand vous aurez pris votre bivouac, pour informer les montagnards de ce qu’ils ont observé; et ceux-ci sauront tout, jusqu’à la route que vous comptez suivre pour entrer dans leur pays.

Vous ne serez donc pas étonnés de les trouver là, prêts à vous bien recevoir ; maîtres des hauteurs qui domineront votre marche , maîtres aussi des cols par

lesquels il vous faudra passer et qu’ils auront fortifiés d’avance.

Sans doute ces obstacles et leurs défenseurs ne tiendront. pas contre nos tr oupes ; et, partout où ils se présenteront, les Kabyles seront repoussés; mais à quel prix obtiendrez-vous ces avantages et quels seront-ils?

L’expédition de 1851, accomplie dans ces conditions, nous a coûté en cinq rencontres un homme sur cinq, ce qui dépasse les pertes éprouvées dernièrement en Italie dans cinq combats ou batailles contre une armée régulière des mieux organisées.

Les avantages, au contraire, seraient nombreux et certains si vous restiez dans le pays, prenant possession des points qui le dominent; mais puisque vous devez le quitter, qui vous assure que, l’année d’après, il ne faudra pas recommencer?

Telle est en réalité l’influence que la garnison de Constantine peut exercer sur la petite Kabvlie ; tels sont ses moyens d’action sur elle en cas de révolte.

Si nous recherchons son utilité contre les tribus établies à l’Est, au Sud et à l’Ouest, nous trouvons qu’elle est plus douteuse encore.

En effet, tandis que les Kabyles attendent l’ennemi de pied ferme , les Arabes laboureurs ou pasteurs ne restent jamais sur leur territoire lorsqu’ils se sont insurgés.

Ceux de l’Est émigrent immédiatement à marches forcées vers la frontière, qui est à plus de cinquante lieues de Conslantine ; les autres se dispersent parmi les tribus amies, mêlant leurs troupeaux et leurs tentes de manière à tromper les plus clairvoyants ; ou bien, si l’insurrection est générale, tout le monde gagne les immenses plaines qui touchent au désert.

Que peut faire l’infanterie placée à une si grande distance d’un ennemi aussi mobile et qui, chaque jour et à chaque heure, est informé de ses mouvements?

Ainsi que nous l’avons vu trop souvent, elle tient la campagne pendant une saison entière, promenant son ennui à travers un pays vide ; perdant des hommes par la chaleur ou le froid; faisant quelquefois des marches incroyables qui, à la fin de l’expédition, ont mis beaucoup de monde hors de combat sans avoir brûlé une amorce.

Et toutes ces épreuves, ces pertes et ces dépenses ont eu pour résultat la soumission momentanée d’une tribu qui n’aurait jamais songé à lever la tête, si elle vous avait vus fortement établis sur un point d’où vous pouviez la frapper sûrement en un jour.

A quoi bon, du reste, employer l’infanterie dans ces plaines où l’ennemi ne présente jamais que ses goums qui pas une fois n’ont tenu devant notre cavalerie régulière ; et quand même ses tirailleurs, si bons dans les

montagnes, oseraient en descendre, l’expérience n’a-telle pas suffisamment prouvé que nos sabres en avaient toujours et facilement raison?

S’il est vrai que l’organisation des colonnes ne doit pas être en Afrique la même qu’en Europe, à cause de la différence qui existe dans l’armement, les ressources et les habitudes de l’ennemi avant et pendant le combat; il est également vrai que l’on doit y tenir compte de la nature du pays, de la diversité des populations, et Qu'il estutile de préparer les moyens d’attaque en raison des moyens de défense qui nous sont opposés.

C’est-à-dire que généralement nous devons employer la cavalerie dans les plaines, et l’infanterie dans les montagnes.

Ce que nous venons de dire pour Constantine, comme ville de garnison, peut s’appliquer à d’autres points occupés de cette province, ainsi que de celles du centre et de l’Ouest.

Ajoutons toutefois que, dans la province d’Alger, un grand exemple de notre système a été donné par le maréchal Randon, après la conquête de la grande Kabylie. Nous voulons parler du fort Napoléon qui vient d’être élevé sur un des points culminants voisins du Djurjura. Voilà, selon nous, une position effectivement stratégique et partant avantageuse : d’abord parce qu’elle commande tout le pays qui l’environne; ensuite à

cause de l’influence morale que son occupation ne peut manquer d’exercer sur les montagnards, tant au point de vue d’une crainte salutaire qu’au point de vue des relations journalières qui ont dû s’établir déjà entre la garnison et les indigènes, au grand avantage de ces derniers ; et, enfin, par la facilité qu’elle procure de frapper vite et fort, même à de grandes distances, avec des troupes sorlies de ses murs sans sac et sans convoi.

La plus grande force des Kabyles est dans la nature de leur pays. La guerre qu’ils ont toujours faite, et qu’ils savent faire bien, est la guerre de tirailleurs ; or, dans une contrée où six bataillons et leur convoi emploient une journée entière à parcourir deux ou trois lieues et sont dans l’impossibilité de faire plus, il est évident que l’avantage reste complètement à celui qui est allégé de tout bagage embarrassant. Alors il peut se porter rapidement sur une position avantageuse ; la quitter de même, en se dérobant aux coups de l'ennemi, quand il ne peut plus la tenir; puis il va le fusiller de nouveau et presque à coup sûr au passage de tel défilé, dont il va, en courant, occuper les crêtes avant que les premières compagnies y soient arrivées.

Or, quand les montagnards deviennent assez hardis pour aborder nos soldats à l’arme blanche, c’est toujours à la faveur des obstacles naturels qui leur ont

permis de les suivre, sans s’exposer à leur feu, jusqu’au moment et au lieu favorables pour une attaque imprévue.

Ils agissent, dans la défense de leurs positions, de même que lorsqu’ils cherchent à surprendre nos arrière-gardes. C’est toujours d’après le pays qu’ils se guident, c’est-à-dire qu’ils suivent les hauteurs et s’embusquent dans les bois.

Pour nous, c’est dans la nature même du terrain qui leur permet cette tactique, que se résument toutes les difficultés de la guerre çn Kabylie.

On objectera sans doute que les marches, dans ces contrées, ne pourront être plus rapides et plus sûres qu’autant que les voies de communication actuelles seront suffisamment élargies.

Mais c’est précisément là un des plus grands résultats qu’amènera l’occupation permanente.

Que l’on suppose la création de forts comme celui qui existe dans le Djurjura, espacés à une distance de dix à douze lieues ; que les garnisons de ces forts, portées au chiffre de deux mille hommes pour chacun d’eux, laissant de côté les sentiers qui existent, ouvrent, en suivant les crêtes, des routes ou de simples tranchées de vingt à trente mètres de largeur; que nonseulement ces routes soient établies entre les divers points d’occupation, pour les relier, mais encore dans

toutes les directions aboutissant aux villages kabyles; est- il possible alors qu’ime tribu qui s'insurge ne soit pas immédiatement écrasée? Se peut-il que les contingents de plusieurs tribus qui cherchent à se réunir ne soient pas battus séparément ? Et, ce qui pour nous est la meilleure raison de sécurité, les montagnards oseront-ils laisser leurs femmes, leurs enfants et leurs biens à notre merci quand ils sauront, quand ils verront clairement que, chaque matin , à la pointe du jour, ils sont exposés à trouver leurs villages bloqués par nos troupes après une marche de nuit?

Pourquoi ne profiterions-nous pas de l’expérience du passé et des exemples qui sont encore sous nos yeux ?

Nous voyons, dans le Ferdjioua, la famille Ben- Achour, et un peu plus bas les Ben-az-Din, qui, dès un siècle avant notre conquête , avaient vaincu et fait tributaires toutes les populations kabyles , depuis l’Oued- Endjah jusqu’à la mer, c’est-à-dire sur une profondeur de douze à quinze lieues et une longueur plus considérable dans une contrée excessivement difficile. Si l’on considère que ces petits monarques disposaient à peine de quatre cents cavaliers pour soumettre et maintenir vingt mille guerriers, on comprendra qu’ils ne pouvaient faire qu’une guerre de razzias, de surprises : pourtant, avec des moyens d’action en apparence si faibles, ils s’étaient rendus maîtres de tout ce pays

dont la conquête nous a coûté tant d’hommes, de temps et d’argent, et où l’état de paix ne peut être durable qu’à la condition de l’occuper définitivement.

Admettez maintenant qu’au lieu de s’établir à l’entrée des montagnes, Ben-Acbour etBen-az-Din se soient placés où nous l’avons fait nous-mêmes, à Gonstantine ; peut-on croire qu’ils auraient obtenu les mêmes résultats? — Evidemment non, puisque les Kabyles n’ont reconnu leur autorité et consenti à leur payer le tribut de soumission que par la crainte incessante de voir leurs villages surpris et brûlés pendant leur sommeil, ou leurs troupeaux enlevés à toute heure. Et ce n’est qu’aprôs des épreuves sanglantes et souvent renouvelées de part et d’autre, que les vainqueurs se sont définitivement installés le plus près possible des vaincus, et que ces derniers ont renoncé à une résistance devenue par ce fait même impossible.

Il ne faudrait cependant pas conclure de ce qui précède que la position occupée par ces deux chefs indigènes fût bonne pour nous ; nous ne devons pas perdre de vue que leur force était la cavalerie, tandis que la nôtre, dans ces contrées, est et doit rester l’infanterie. Néanmoins, cette position serait sans aucun doute préférable à Constantine , puisqu’elle nous rapprocherait de deux journées de marche des tribus qu’il s’agit de maintenir.

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H nous sera d’ailleurs toujours facile, comme ces kaïds l’ont fait, d’attacher à chaque point d’occupation un certain nombre de cavaliers indigènes, le plus souvent même appartenant à la contrée ; mais notre but étant plus difficile à atteindre que celui poursuivi par les Ben-Achour et les Ben-az-Din, nous devons employer des moyens plus forts.

Tout ce qu’ils voulaient, c’était la rentrée des impôts; ce qu’il nous faut obtenir, c’est la plus grande sécurité possible.

Or, une occupation forte et permanente des meilleurs points stratégiques pourra seule amener ce résultat. Et par occupation forte, nous entendons celle qui permet de prendre l’offensive à toute heure, sans attendre des secours ; de même que, par point stratégique, nous voulons dire celui sur lequel on pourra réunir en un jour six mille baïonnettes dans les montagnes, ou, en plaine, deux mille cavaliers.

Ce principe est aussi vrai pour les populations du Nord que pour celles du centre et du Sud.

Quand les indigènes verront nos troupes placées partout de manière à frapper l’insurrection au moment même où elle éclaterait, il n’y aura plus d’insurrections. Quand, au lieu de nous voir par les yeux de leurs chefs, trop intéressés à les éloigner de nous, ils pourront nous juger par eux-mêmes, ils deviendront moins

hostiles. Enfin, quand ils verront, d’un côté, le châtiment inévitable et prompt en cas de révolte, et, de l’autre, tous leurs intérêts sauvegardés par une administration d’autant mieux éclairée qu’elle sera plus proche, la conquête morale se fera.

Après avoir examiné les inconvénients de l’occupation actuelle et les avantages de celle qui porterait nos forces plus près des populations, nous allons indiquer le nombre et la composition des troupes qui nous paraissent devoir garantir la sécurité la plus grande, dans toute l’acception de ce mot ; et, de plus, mettre l’Algérie à même de se suffire dans le cas où la France aurait une guerre à soutenir sur le continent ou ailleurs.

L’effectif de l’armée d’Afrique a été, dans les dernières années, de 48,000 hommes d’infanterie ; de

9.000 hommes de cavalerie ; et de 8,000 hommes d’artillerie, génie, train des équipages et soldats d’administration; total : 65,000 hommes.

Les chiffres que nous proposons sont les suivants : baïonnettes, 37,000; sabres réguliers, c’est-à-dire français, 10,000 ; sabres irréguliers, c’est-à-dire indigènes,

10.000 ; artillerie et génie, 5,000 ; train des équipages et soldats d’administration, 3,000. Total : 65,000 hommes, dont 30,000 seulement recrutés en France, et qui coûteront ensemble 40,675,000 francs.

Le budget militaire de l’Algérie, pour 1860, est de 58,000,000 fr.

C’est donc une économie de 18,000,000 fr., et de

35.000 soldats français. Ce budget pourrait encore d’ailleurs, être réduit comme on le verra plus loin.

Voici comment nous établissons la solde et l’entretien pour cet effectif de troupes :

Nous comptons: 34,000 baïonnettes à 600 f. 20,400,000

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