‹ L'Afrique du SudChapitre 10 sur 234 · I N T I! 0 DICTION · texte numérisé non relu

I N T I! 0 DICTION

les résultats d’autres colonies situées sous la même latitude, s’occupant des mêmes produits, ayant les mêmes coutumes et les mêmes mœurs.

Ainsi, comparons la Guyane française, pays maudit et inhabité, avec la Guyane hollandaise, paradis terrestre. La Guadeloupe et la Martinique, ruinées, sans vie, à côté de la Barbade, de la Trinité ou de la Jamaïque. Madagascar, gouffre inépuisable, et la Réunion, à côté de l’île Maurice.

Le Congo français , le Soudan , sans commerce , causes de dépenses énormes pour la métropole, avec le Congo belge, dont le commerce est prospère, et la colonie anglaise de Sierra Leone. Le Tonkin, l’Annam, territoires immenses, très fertiles et habités, sans commerce appréciable avec la France, et les îles Philippines ou mieux encore Java et Sumatra.

Tous ces exemples montrent le vice fondamental de la colonisation officielle.; ce ne sont pas des fonctionnaires qu’il faut, ce sont des colons, et l’argent dépensé par ceux-là serait bien mieux employé à favoriser l’immigration et le commerce français dans les colonies.

Un mouvement réformateur se dessine depuis quelque temps; sous la poussée de l’opinion, sous les articles d'hommes compétents, une idée générale s’est formée qu’il faudrait faire quelque chose pour rendre à la France son commerce de jadis, lui ouvrir de nouveaux débouchés dans le monde et lui faciliter l’exploitation de ses colonies: M. Aubert, le distingué consul de France au Transvaal; M. Colomiez, consul de France à Laurenço Marquez, dans leurs rapports commerciaux ; M. Roels, le rédacteur du Temps , dont

les chroniques sud africaines ont été si remarquées, ont donné de précieux conseils et encouragements au commerce français. Il faut espérer que ces efforts ne resteront pas stériles et ne tarderont pas à marquer une ère nouvelle pour le plus grand bénéfice de la France.

En attendant, les hommes d’initiative doivent chercher leur voie dans les pays étrangers; l’Afrique du Sud toute entière se présente comme un champ magnifique et fécond, ouvert à toutes les énergies, à toutes les capacités.

Le spéculateur, l’ingénieur, à Johannesburg, aux champs d’or du Transvaal, aux mines de diamants.

Les commerçants, dans toutes les villes de l’Afrique du Sud.

Les ouvriers, dans les grandes villes et les centres miniers.

Les fabricants et industriels, au Cap, à Durban et à Johannesburg.

Les agriculteurs et planteurs, dans la colonie du Cap, au Natal, au Mozambique et dans la Rhodésia.

En un mot, chacun peut trouver utilement à employer ses aptitudes dans tous ces jeunes pays ouverts depuis si peu de temps à la vie. Ils sont les derniers venus, mais qui peut savoir où ils s’arrêteront, et si, d’ici peu d’années, ils ne formeront pas des États aussi prospères et aussi riches que la Californie, le Rrésil ou la République Argentine.

Page 1