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LE LAC ZOXAAGL'É ET LES ILES SACRÉES

saient les frais, le roi se retira discrètement et obligea les autres à en faire autant. Après notre repas, il retint d'un air solennel, renouvela ses protestations d'amitié, et, dans un discours qui dura une lieure, nous expli(|ua qu'il était propriétaire des îles Ingouay, que nous venions pour tuer ses oiseaux fétiches, et que, désirant faire les prix d'avance, il voulait savoir combien nous lui payerions chaque oiseau tué dans l'île. Marche se chargea de la réponse : « Il n'était pas le maître des îles, encore moins des oiseaux, qui n'appartenaient à personne. \ous lui avions fait, et nous lui ferions encore des cadeaux , parce que nous demeurions chez lui ; mais s'il parlait de prix à payer pour notre chasse, nous irions de suite camper sur une île déserte qui touchait presque ii celles d'Ingouay, d'où il pourrait venir nous déloger, s'il l'osait. — Ici, je tirai quelques coups de chassepot, carabine et revolver sur le lac, afin de montrer les inconvénients que présenterait une tentative faite en vue de nous déloger; — enfin, que si le roi était raisonnable, il aurait matin et soir un grand verre de rhum, et quand nous partirions, le cadeau (|u'il plairait à notre générosité de fixer. » Le roi lit d'humbles excuses, déclara (|ue plus nous tuerions d'oiseaux plus il serait content, et que le palabre était terminé; mais il ajouta que, pour en célébrer la conclusion, il fallait lui donner un verre iValoiigou. On '• 15

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lui en offrit une bouteille, bien imprudemment, car, durant notre séjour, il suscita plus de cinquante palabres, aussi facilement apaisés que suscités, mais dont la conclusion était toujours célébrée aux dépens de notre rbuni. N'ayant plus aucune opposition à craindre, ni du roi ni de nos hommes, vers deux heures nous montâmes dans notre pirogue et poussâmes vers les îles. Dans notre impatience d'arriver, nous aidions les noirs à pagayer : aussi, en vingt minutes nous étions au pied de la plus grande des neng (îles) Ingoway. Elle est très-élevée, et hérissée de rochers. Sa contenance est d'environ 500 métrés carrés; les arbres dont elle est boisée sont d'immenses baobabs. Leur épaisseur et leur élévation protègent les oiseaux contre toute agression des animaux carnassiers.

illarchc et moi, nous descendîmes seuls à terre. Pauvres oiseaux ! ils étaient bien tranquilles et, de mémoire de pélican, n'avaient jamais reçu pareille visite ! Le M'Bouiri défendait aux Gallois de les tirer non-seulement dans l'île, mais encore à deux milles à la ronde. Il y a\ail là, en quantité innombrable, trois ou quatre espèces de ces aigrettes blanches dont le panache est si reclierché pour orner les cha|)eaux des dames ou les shakos des colonels; beaucoup de ces anhinga, que les Espagnols appellent />fl/o^ </e acjiija (canards aiguilles) et dont la possession a jadis cause tant de joie à LevaillanI ;

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