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LE I.AC ZOXAXGLE ET LES ILES SACREES

— de ces ibis métalliques {ibis falcinellus) , si grands voyageurs, qu'on en tue quelquefois sur nos étangs en France ; mais surtout des myriades de pélicans et d'ibis à masque rouge [ibis Tantahis). Cbaque arbre était littéralement couvert de leurs nids. Il faut avoir vu, pour s'en rendre compte, l'effet que produisirent nos premiers coups de fusil, et le tourbillon qui s'éleva au-dessus de l'ile avec un bruit pareil à celui du tonnerre. Des milliers de pélicans et d'ibis passaient et repassaient si bas qu'ils effleuraient nos tètes ; les cris de tous ces oiseaux aflblés assourdissaient nos oreilles. Des ebauves-souris gigantesques s'étaient mêlées de la partie, et à cbaque |)as nous faisions lever sous nos pieds d'énormes iguanes. l'our nous, nous tirions sans relâche, et le sol fut bientôt joncbé de victimes emplumées. \os liommes se tenaient à trente ou (juarante mètres de l'ile. Ils nous avaient regardés monter à l'assaut avec une extrême anxiété. A chacun de nos premiers coups de fusil, ils s'attendaient à voir .AI'Bouiri, làssi et foules les puissances infernales nous châtier vertement; mais comme ils virent (|ue les fétiches se tenaient cois, et que leurs oiseaux favoris tombaient dru comme grêle, leur terreur lit place à une gaieté folle.

D'abord les boys s'enhardirent jusqu'à faire accoster la [lirogne le long de l'ile et nous joindre pour ramasser notre gibier, puis François Koèben,

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ne pouvant y tenir, arriva à son tour et se mit à tirer à nos côtés ; enfin on entendit une énorme détonation dans lin coin do l'île : c'était Fanguinové qui, " cédant au torient qui l'entraîne venait d'abattre un ibis avec son gros fusil à pierre. Vers quatre heures, les boys avaient déjà apporté dans le bateau quarante-quatre ibis roses ou aigrettes. C'étaient les seuls oiseaux dont nous avions décrété la mort ce jour-là. Dieu sait combien nous en aurions tué, mais un gros nuage noir qui, depujs quelque temps déjà, menaçait au-dessus de nos tètes, vint à crever, et, en conséquence, nous fûmes rafraîchis par une forte averse. Je m'en occupais fort peu, lorsque tout à coup je vis accourir Fanguinové et les pagayeurs gallois gesticulant comme des possédés et me suppliant de mettre immédiatement fin à la chasse. J'appelai Marche, et nous nous en allâmes sans trop savoir pourquoi. Seulement, en nous en retournant, j'a|)pris que les noirs, terrifies, avaient vu dans la |iluic un signe certain de la colère des esprits. La fatalité voulut que, bien qu'en pleine saison sèche, cette pluie tombât encore le lendemain. Le roi vint alois nous trouver : » Tangani, nous dit-il, vous avez fâché ArUouiri, et il fait tomber la pluie; vous vous en moquez pas mal, mais nous, pauvies noirs, nous n'avons ni rentré nos maniocs, ni cueilli nos bananes; qu'allons-nous devenir? » Cette fois, il fallut plusieurs bouteilles

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