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LE LAC ZONAXGUÉ ET LES ILES SACREES

serra la détente : le coup partit, et riionime courut, sans regarder derrière lui , se cacher dans sa case, abandonnant son fusil à l'ennemi. Le lendemain , il revint avec du monde à l'endroit oii il avait tiré, et l'on trouva un énorme gorille roide mort. \Iallieureusement pour nous, les noirs, au lieu de nous l'apporter tout de suite, l'avaient dépouillé eux-mêmes, c'est-à-dire d'une façon plus que médiocre, et, de plus, avaient perdu plusieurs os importants du squelette. Les chasses aux gorilles que Alarche fit avec moi n'eurent, comme les précédentes, aucun succès ; seulement, nous pûmes faire une excursion intéressante dans le lac Oguémouen. Digomi nous avait prévenus qu'il y avait sur ce lac une autre ile aux oiseaux, seulement qu'elle était encore plus fétiche que l'autre, et que nous ne trouverions prohahlement personne pour nous y conduire. En effet, tous ceux à qui nous le proposions nous refusaient énergiquenient; même François et les boys déclarèrent qu'ils n'iraient pas, car ils n'avaient qu'une vie à |)erdre, et celui qui mettrait le pied sur cette île mourrait à l'instant. Cependant deux jeunes Bakalais, tentés par l'offre de présents relativement considérahlcs , se présentèrent en caciielte pour nous guider. (]hi(o, qui n'avait cessé d'injurier ceux (|ui refusaient de nous accompagner, les traitant de polirons et de païens, se joignit à nous. Alarche et moi, nous primes cliacun inif jdigaic, cl nous par-

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tînies avec les trois noirs. Après quelques heures qui nous parurent horriblement longues, car nous n'étions pas trop habitués, moi surtout, à manier ce genre d'avirons, les deux Bakalais nous firent accoster une assez grande île, et déclarèrent que nous étions arrivés. Xous reconnûmes tout de suite qu'ils s'étaient moqués de nous; mais les menaces, les injures et les promesses ne changèrent rien à leur affirmation . Ils soutenaient qu'ils nous avaient menés à l'endroit indiqué , et qu'ils ne savaient pas ce que nous voulions dire. A'ous allions nous retirer furieux, lorsque j'aperçus, à un kilomètre et demi environ, une petite île blanchâtre qui me parut être un roust. J'ordonnai aux hommes de reprendre leurs pagaies pour aller vers cet endroit. A la terreur des deux Bakalais, je vis que j'avais deviné juste : ils supplièrent en vain , ils s'étaient fait payer, et, le revolver au poing, nous les ol ligeàmes à nous conduire. Ils nous prièrent alors de les débarquer sur une île voisine du lieu sacré. Xous y consentîmes volontiers : la pirogue n'était pas lourde , et nous pouvions très-bien, Marche, moi et Chico, nous passer d'eux pendant vingt minutes. Cependant, à mesure que nous approchions de l'endroit redoutable , la résolution de Chico faiblissait : il se disait qu'après tout, il pourrait bien y avoir du vrai dans ce qu'affirmaient les noirs du pays; ils devaient le savoir, puisqu'ils demeuraient si près, et il pensait comme eux qu'on

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