‹ L'Afrique equatorialeChapitre 30 sur 42 · LK LAC Z'OXANGLÉ ET LES ILES SACRÉES · texte numérisé non relu

LK LAC Z'OXANGLÉ ET LES ILES SACRÉES

n'a qu'une vie à perdre; si l)ien qu'au moment où nous débarquions les deux Bakalais , il se jeta à nos |)ieds et nous supplia de le laisser aller aussi à terre. Ce que nous finies, tout en lui dél)itant un torrent d'injures. Réduite à deux pagayeurs tels que Marche et moi, la pirogue n'avançait pas vite ; cependant, au bout d'une demi-heure, nous touchions à la fameuse île féliclie. A notre grand désappointement, les oiseaux l'avaient depuis peu de temps h peu près désertée : nous eûmes cependant la satisfaction d'y tuer trois pélicans , afin de bien faire constater que nous nous moquions des fétiches. Cet exploit accompli, nous regagnâmes l'île, aux acclamations des Bakalais émerveillés. Le pauvre Chico était si honteux de sa défaillance, qu'il n'osait pas se rembarquer. J'ai longlenijis conservé des am])oules et des courbatures de cette journée extra-laborieuse. Xous revînmes le lendemain à M'Boiimba. Dès notre arrivée, des Bakalais arrivèrent pour nous prévenir qu'un éléphant venait d'être grièvement blessé dans un piège, qu'il ne pouvait aller bien loin , et que si nous voulions le chasser, nous le tuerions facilement. Ces pièges sont d'énormes pièces de bois dans les(|uelles ont été fichées des barres de fer aiguisées. On les suspend dans les chemins fréquentés par les élé|)hanls, de manière (|uc, (|uand ces animaux passent, ils font tomber la pièce (h* bois et la reçoivent sur le cou ou sur la lèle. Bien que très-fatigués, I ir.

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nous nous remîmes en marche, car on n'a pas, même dans ces pays , occasion de tirer souvent des éléphants. Mais notre mauvaise chance ne nous avait pas al)andonnés; car à mi-chemin on vint nous prévenir qu'on avait trouvé l'éléphant mort à quelque distance du piège, de sorte qu'il ne nous resta plus qu'à revenir sur nos pas.

Marche dut repartir tout de suite pour Adanlinanlango, afin de remporter nos collections d'histoire naturelle, qui s'ahîmaient à M'Boumha , et aussi de revoir celles que nous avions là-bas, et qui demandaient beaucoup de soins. Je restai encore neuf à dix jours après son départ, soit à AI'Boumba, soit sur les bords du lac Oguéniouen ; je tuai encore beaucoup d'oiseaux aquatiques, mais presque rien de nouveau.

Aussitôt après son arrivée à Adanlinanlango, Marche m'avait renvoyé sa pirogue. Le 13 août au soir, ayant fixé son départ au lendemain, je fis au roi de M'Boumba un cadeau d'adieu assez considérable ; car, à part ses nombreux palabres, il ne m'avait ])as donné de sujets de mécontentement durant mon séjour dans son village. Il prit tout ce que je lui donnai, puis me déclara tranquillement qu'il n'était pas content de mou cadeau, et qu'il lui fallait cinq |)agnes de plus. Je lui répondis sur le même ton que, à mon grand regret , il no les aurait pas. i\ous échangeâmes qnel(|ues paroles un peu vives, à la suite des(|uelles il trouva fort joli de me donner

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