LE LAC Z'OXANGUÉ ET LES ILES SACRÉES
Le lac Azingo est plus grand que son tracé sur la carte ne le ferait supposer. La position est inexactement indiquée. La latitude que la carte lui attribue est de 0" 7' 8" ; tandis qu'elle devrait être deO^S'^" ; la longitude marquée comme étant de 7° 7' 0" est do 7° 9 0" ce qui le reporte presque au nord d'Adanlinanlango, et non à l'enihoucliure du rembo lîando. Au sud du lac Azingo vivent les Adjoumbas : c'est une tribu paresseuse et d'un naturel trarassier. Ils prétendent descendre des Mpongu és ou Gabonais dont ils parlent la langue avec une extrême poreté ; mais ils leur sont bien inférieurs au physique et même au moral. Au nord et à l'ouest du lac sont aujourd'hui étal)lis des Paliouins : les tribus cantonnées autour de ce lac sont assez tranquilles, et par leur ardeur à couper du bois d'ébène fournissent un élément actif au commerce de ces pays. Cette tribu de Pabouins est la meilleure qu'on connaisse parmi ces peuples. Le lac Azingo communique avec l'Ogooué par quatre-cours d'eau : 1° la rivière Ojougavijgza ; 2° la rivière Aroungo ; 3° la rivière Akalois; i° la rivière Ouréga. Je suis surpris de ne pas trouver sur la carte le lac Avanga, dont l'entrée peut s'apercevoir do la rive gauche do l'Ogooué, et (|ui se trouve à environ trenle-rinq milles |)lus bas (]U(^ lo lac Z'Onangué. (le lac Avanga est assez important, l'infm il nie reste à signaler un lac jusque-là tout à fait inconnu dos blancs, celui de !\I|)in(li-!.o,ingo,
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sur la rive droite du fleuve, à un kilomètre de la rivière Ouréga. Une épaisse forêt de roseaux le dérobe à la vue, et l'on ne peut y arriver que par des coulées étroites pratiquées pour les pirogues. Au reste, les noirs n'aiment pas à parler de ce lac, car il est fétiche. Lorsque le vent souffle avec violence sur les eaux du Mpindi-Loango, il pousse devant lui de grands amas de roseaux ; c'est, disent les noirs, le M'Bouiri qui voyage, et malheur à qui le dérangerait en se trouvant sur son passage. Bien que le M'Bouiri se trouve partout, et spécialement dans ces îles fétiches des lacs Z'Onangué et Oguémouen, c'est TEliva Mpindi-Loango qui est sa résidence favorite.
Le 1" septembre, étant à Adanlinanlango et me trouvant mieux, je jugeai de stricte convenance de me mettre à l'unisson avec mes confrères en saint Hul)ert qui faisaient l'ouverture en France, et partis, en conséquence, avant le jour, pour la plantation de N'Combé, sur laquelle je chassai jusqu'à deux heures de l'après-midi, après quoi je revins, le carnier et l'estomac vides, et d'autant plus exaspéré que j'avais éprouvé quelques mésaventures fort désagréables |)onr un chasseur. Epuisé de fatigue, je pris à peine le temps de manger quelque chose avant de me jeter sur mon lit de cani|) el de m'endormir profondément. Mon sommeil ne fut pas de longue durée. Au bout d une heure, des liurlenienis épouvantables me réveillèrent en sursaut : en un