‹ L'Afrique equatorialeChapitre 5 sur 42 · DE BORDEAUX A S 1 E R R A - LE 0 \" E · texte numérisé non relu

DE BORDEAUX A S 1 E R R A - LE 0 \" E

tisans d'El Hadji Oumar vaincus, c'est vers le Cayor qu'il nous a fallu tourner nos efforts. Ce pays, celui du Sénégal, le plus riche en arachides, est hahité par la race helliqueuse des Wolofs. C'est devant le Cayor qu'est venue se briser la terrible invasion partie du Fouta sénégalais, sous les ordres d'Abd el-Kadcr, invasion qui dévastait tout sur son passage. Les Wolofs, qui ont cependant tout intérêt à être étroitement alliés à notre gouvernement, sont sans cesse en hostilité avec nous. En 1861, après avoir reçu les plus rudes leçons, ils signaient un traité qui consacrait la cession à la France de divers points extrêmement importants; on pouvait espérer que la paix et la tranquillité allaient régner dans ce pays : il en eût peut-être été ainsi, sans l'avènement de Lat-Dior. I,at-I)ior est un homme encore jeune ; il connaît parfaitement la langue française, et dès son enfance a été initié à nos mœurs et à nos coutumes, car il a grandi au milieu de nous, élevé à Saint-Louis, dans cette école des otages qui, par une fatalité incon)préhensiblc, scMiibleêtre une pépinière d'ennemis do la France. Pourquoi, on ne peut le deviner. Lat-Dior apporta sur le trAne une haine implacable contre les chrétiens. Secondé par une sorte de milice prétorienne appelée Tiédos, il nous a fait une guerre perfide, violant les traités et attirant souvent nos troupes dans des embuscades. Durant notre malheureuse guerre do France, il a aiuisé de l'allilude

32 LAFRIQI'E É Q H A TO R 1 A L E.

pacifique que nous observions là-bas pour mener ses Tiédos jusqu'aux portes de Ruffisque, à quelques kilomètres de Dakar. Dieu merci ! aujourd'hui , nous avons montré àl-at-Dior qu'on ne se joue pas impunément de nous, et on peut espérer que rien ne viendra plus troubler les relations commerciales que nous entretenons avec le Cayor ' .

Après ce rapide aperçu historique, disons quelques mots de la situation actuelle du Sénégal : nos possessions comprennent aujourd'hui, le bassin du fleuve de ce nom qui a 1,600 kilomètres de cours, depuis les montagnes de Fouta-Djalou jusqu'à son embouchure, et de nombreux forts et comptoirs,

' Depuis le moment où j'écrivais ces li;{ncs se sont |)roduits des événements qui ont radicalement modifié notre politique au Cayor. Les t'oici tels qu'ils sont annoncés par M. Fonsin en mars 1875, dans son cours de géographie commerciale à la faculté de Bordeaux , reproduit par le journal l'Explorateur : I La paix avait été conclue en 186& avec Lat-Dior par le colonel V^alière, gouverneur de la colonie. Mais Lat-Dior ne se tint pas longtemps en repos, et, après avoir pressuré et pillé le Cayor, sou propre pays, il se tourna contre le Ikol. Le teigne ou roi de Baol vint invoquer noire ])rotection. Elle lui fut refusée : en même temps, Lat-Dior, devenu notre créature dans le Cayor, n'en était que plus détesté de ses sujets. Ceux-ci se révoltèrent contre lui et appelèrent à leur aide un marabout puissant nomm(' Hamadou-Si-Kou , almani du Fouta, qui avait récemment coïKpiis le Djolof. La(-Dior, ballu par le tei;;ue du Baol , le fut aussi par llamadou-Si-hou cl chassé par le peuple de Cayor. .'Vhatulonné par ses jjroprcs soldats, il \ inl se réfugier dans la banlieue de Saiul-Louis, inii)loraiit asile, secours, intervention. Telle étuit la situation lorsipie le dernier bateau n»ril

Page 1