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situés sur la -côte depuis cette embouchure jusqu'à l'équaleur. On sait que la capitale tic notre colonie est Saint-Louis : à mon grand regret il m'a été impossible de visiter cette ville; elle s'est considérablement accrue et embellie depuis quelques années; malheureusement, sa barre, que les vapeurs ne peuvent pas passer tous les jours et que les voiliers ne franchissent qu'avec une extrême difficulté, gêne beaucoup l'accès de la ville et entrave son commerce d'une façon fâcheuse. Au point de'vuc de l'administration, le Sénégal est divisé en deux arrondissements : celui de Siiint-l,ouis, plus spécialement sous les ordres du colonel Valiëre, gouverneur actuel de la colonie; et celui de Gorée, à la tête duquel est
1875) nous a a|)porté la nouvelle (|ue le «jouverneur Vulière s'était décidé à intervenir en faveur de Lat-Dior. Une colonne française, forte de cinq cents hommes, aurait pénétré au cœur du Cajor. I,e H février, elle aurait rencontré les troupes de Hainadou-Sékou, au sud de .Mérinajjlien à Coki, ca|)itale du pays. Elle aurait rctn|)orté un san,']lant avanta;;e. Ilatnadou-Sc'kou aurait été tué, taudis «(iie (|ualre cent cinquante eunetnis joucliaient la plaine. Mais, parmi les nôtres, près de cent hommes seraient morts bu hiessés. n (Cours professé le 2 mars 1875.) \ous ne nous permettrons certes pas de critiquer, sans connaître à fond l'état des choses, la politi(jue suivie parle gouverneur du Séné- <(al, qui n'a pas pu se décider sans raisons très-jjravcs à a^fjir ainsi qu'il l'a fait. Seulement, nous snnuues oblijjés de constater (|ue noire inteneiition armée dans cette affaire a soulevé parmi les colons d'iniiierselles réclamations, et (|u'ii première \ue il parait hien dur de verser le san;{ de nos .soldats pour un honinic tel que lint-Dior, (jui nous a troj) .souvent donné la mesure de sa mauvaise foi et de son ingratitude envers nous.
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placé le commandant Canard, dont j'ai déjà parlé. Les indigènes appartiennent à deux races bien distinctes : les races blanches, qui habitent principalement sur la rive droite (ce sont les races arabes et berbères), et les races noires. Ces dernières, de beaucoup plus nombreuses, sont divisées ellesmêmes en plusieurs grandes familles dont les principales sont : l" la famille maure : les Trarzas ou Abencezarzas, que l'on prétend descendre des Abencerrages, forment la principale tribu des Maures sénégalais, qui comprend aussi les Peuls, Touls, Foullas et Fellatas : ils sont d'une bravoure remarquable; leurs armes sont un poignard, un sabre, un fusil à deux coups qu'ils ne tirent habituellement qu'à bout portant. Leur nourriture principale est le couscouss fait avec du millet ; leur grand régal est un mouton cuit tout entier dans un grand trou fait en terre et rempli de braise ardente. Ils possèdent de grands troupeaux de bœufs, de chameaux et de moutons ; leur seule industrie est la récolte de la gomme et l'échange de ce produit contre la pièce de Guinée (étoffe bleue). Les hommes sont grands et bien faits, mais d'une saleté révoltante ; ils exhalent une odeur nauséal)onde. JiCS femmes sont généralement assez jolies, mais presque toutes défigurées, à nos yeux d'Européens, par cet excessif embonpoint si recherché des Orientaux ; 2° la famille desMalinké ou Mandingues, fer-
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vents disciples de rislamisme, qui habitent principalement la Cazamance ; 3° la famille des Wolofs, qui comprend les habitants du Cayor, du Valo et du Djiolof. Ils reconnaissent chez eux quatre castes : les nobles, les tugs ou forgerons, les oudaï ou tanneurs, et les mouls ou pêcheurs. C'est une belle race, active et énergique ; la plupart de ses membres professent le fétichisme ; 4?" celle desToucouleurs ou habitants du Fouta sénégalais. Ce sont, plus encore que les Mandingues, d'ardents sectateurs du Prophète , et ils ont le triste privilège de fournir presque tous ces marabouts dont les prédications ont si souvent soulevé le Sénégal ; 5° enfin diverses autres races non moins importantes, telles que les Laohès ou Labas, peuple errant qui forme une race à part, et les Griots, singulière tribu de houtTous et de chanteurs ambulants : bien que méprisés et un peu traités comme des parias par les indigènes du pays, ils sont défrayés de tout par le peuple, que leurs chants et leurs contorsions amusent, et par les chefs, dont ils célèbrent les exploils. Chacun de ces peuples a naturellement sa religion, ses mœurs, son industrie. Pour la religion, il est malheureusement trop vrai que l'élément musulman a |détcint plus ou moins sur tous ces peuples, qui, sans renoncer aux pratiques absurdes et souvent cruelles du fétichisme, ont adopté une |)arlie des prescriptions les plus fanati(|ues du Coran. L'œuvre des mission-
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naires trouve là un ol)stacIe terrible, et ce n'est guère que dans les grandes villes comme Saint- Louis qu'à force de persévérance et de dévouement ils peuvent ol)tenir de bons résultats. J'ai dit que chaque peuple, pour ainsi dire, avait son industrie. Par exemple les Maures, et surtout les Peuls, sont d'excellents pasteurs; ils élèvent de grands troupeaux de bœufs et de moulons du pays appelés doyiicSj et ils fabriquent un beurre de brebis excellent. Les indigènes des environs de Dakar et de Rufilsque et les Wolofs sont de bons agriculteurs; ils prodiguent les soins les plus infelligenls à leurs lougans ou champs de mil ; avec ce mil ils font un couscouss très-renommé, qui est la principale nourriture du pays. De Bakel on apporte la poudre d'or et les plumes d'autruche. Les habitants du haut Sénégal étaient autrefois presque exclusivement consacrés à la traite de la gomme; mais, depuis vingt ans environ, les Sénégalais de toutes les races, les Maures cxcej)lés, se sont adonnés sur une vaste échelle à la culture d'un produit qui a cliangé entièrement la face du commerce, et qui ouvre à noire colonie le plus brillant avenir : je veux parler des arachides. L'arachide^ ou pistache de terre, dont la fane fait un excellent fourrage, est une graine oléagineuse de laquelle on tire des huiles de toutes qualités, depuis l'huile imitation d'huile d'olive jusqu'à l'huile h brûler. I'"lle pro-