‹ L'Afrique equatorialeChapitre 8 sur 42 · DE BORDEAUX A SIERRA-LEO\E · texte numérisé non relu

DE BORDEAUX A SIERRA-LEO\E

quentes qu'on ne nous l'avait dit au Sénégal, mais enfin nous soninips arrivés à prendre place à bord d'un infâme petit bateau dans lequel étaient déjà empilés une douzaine de nègres et sept ou huit négresses. Durant les quarante heures que nous avons mises à parcourir quelque vingt-trois lieues qui nous séparaient du lieu de notre destination, nous avons pu faire connaissance avec tous les agréments que couipoi te la navigation dans les embarcations des noirs, agréments avec lesquels nous eûmes depuis de nombreux loisirs pour nous familiariser : Le patron toujours ivre, l'eau bue tout entière dans les trois ou quatre premières heures après le départ, l'ancre jetée à tout propos et sans raisons aucunes, les gémissements interminables des femmes, les plaisanteries et les jeux peu innocents de l'équipage, tout cela agit sur les nerfs le moins inipressionnal)les. Ce qu'il y a de plus exaspérant pour nos tempéraments européens, c'est la parfaite indifférence que professent les noirs pour la perte du temps; ils se trouvent tout aussi bien à bord que chez eux et ne voient pas du tout ce qui peut tant nous presser. Heureusement (le bonheur est une cliose relative), heureusement, dis-je, dans la circonstance présente, notre é([uipage était, comme nous, du reste, torturé |)ar la soif et par la faim. Sans cela, nous aurions mis trois ou (jualie jours à arriver,

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