‹ L'Afrique explorée et civilisée;Chapitre 11 sur 38 · IF W · texte numérisé non relu

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chute qu'il avait faite du haut des rochers, soit que, dans le délire» il se fût précipité lui-même, soit qu'il fût tombé en fuyant devant les menaces des habitants. D fallait ensevelir le cadavre, .mais ni pour or, ni pour argent, un Mo-Souto ne consentirait jamais à s'approcher du corps d'un homme mort de la petite vérole, encore moins à l'enterrer. En général, dans ces cas-là, lorsque le mort se trouve dans une hutte, on s'en tire en brûlant la hutte, qui l'ensevelit dans ses décombres. Ici, ce n'était pas possible, et sans M. Casalis, le cadavre eût été bien vite dévoré par les vautoui's, qui s'étaient déjà rassemblés près de là. M. Casalis dut faire les fonctions de fossoyeur, et, à lui tout seul, couvrit le corps de mottes de terre et de quartiers de roc, besogne dangereuse à bien des égards, car c'est par les cadavres que l'infection se communique le plus facilement.»

En même temps que le gouvernement anglais reconnaissait qu'il ne pouvait contester à l'Allemagne le droit de protéger ses ressortissants à Angpa-Pcquena, lord Derby faisait savoir au gouverneur de la Colonie du Cap, sir Hercules Robinson, que le ministère anglais était disposé à proclamer comme étant sous la protection de l'autorité britannique tous les autres points de la côte sud sur lesquels des sujets anglais avaient des droits acquis, à la condition toutefois que le pouvoir législatif de la colonie se chargeât des irais de défense. II ne doutait pas que le gouvernement colonial ne crut de son devoir de placer sous le protectorat anglais la côte au nord de U» concession Lttderitz, à partir du 26° de latitude jusqu'aux possessions portugaises. La proclamation faite le 7 août par le commandant de la corvette V Elisabeth, en plaçant le territoire qui appartient à M. Lttderitz sous le protectorat direct de l'empereur d'Allemagne, en fixe les limites, de la rive nord du fleuve Orange au 26° lat. S. et à lOOkilom. à l'intérieur, en y comprenant aussi les Iles du littoral, conformément aux lois internationales. Dès lors, le commandant de la canonnière allemande WoI/sl pris possession de la côte, jusqu'au 18° lat. S., c'est-à-dire jusqu'aux frontières des possessions portugaises, un peu au sud du Cunéné, à l'exception toutefois du petit territoire de Walfish-bay qui appartient aux Anglais, et qui se trouve désormais enclavé dans les possessions allemandes. Le pavillon de l'empire germanique a été arboré à Spencer-bay, à Sandwich-bay, au cap Cross et au cap Frio. La nouvelle colonie allemande s'étend sur une longueur de côte de 1250 kilom. Les dernières nouvelles du Damaraland annoncent que le gouvernement de la Colonie du Cap vient de soumettre aux droits d'entrée les marchandises importées au Damaraland, en transit, par Capetown. Jusqu'ici elles étaient exemptes de droits à payer.

Pour le moment on n^établira pas des agriculteurs allemands dans la colonie. Les journaux qui ont annoncé que M. Lûderitz allait en appeler étaient dans l'erreur. Lui-même a écrit à la Kolonial-Zeitung pour la rectifier. Il veut d'abord faire explorer le pays dans tous les sens. Ensuite commenceront des travaux pour l'exploitation minière et le forage de puits en vue d'obtenir de l'eau potable. Ce ne sera qu'alors qu'il pourra être question de colonisation. Une expédition composée de six ou sept mineurs, sous la conduite du directeur Pohle de Freyberg, est partie le 20 août pour Angra-Pequena. Elle s'est adjoint un de nos compatriotes, M. le D' Jean Schinz, de Zurich, chaudement recommandé par le D' Schweinfurth. H s'occupera spécialement de l'étude de la végétation de cette région, et de la question du forage des puits pour procurer aux futurs colons de l'eau potable, afin de remplacer celle que l'on doit encore aujourd'hui faire venir de la Colonie du Cap.

A l'occasion de l'envoi d'une corvette autrichieime sur la côte occidentale d'Afrique, le Fremdenhlatt de Vienne a annoncé que le fils de Ladislas Magyar était disposé à céder son royaume à l'Autriche, moyennant une rente viagère. On se rappelle que le célèbre voyageur épousa la fille unique du prince nègre qui régnait au Bihé lorsqu'il en fit l'exploration. Le royaume appartient aujourd'hui à son fils Ferdinand qui le fait gouverner par un vice-roi. La population en est de 50,000 habitants. Mais la nouvelle publiée par le Fremdenhlatt est erronée. La corvette susmentionnée est simplement chargée d'une mission scientifique.

L'Association africaine du Confl^o poursuit actuellement uu double but : l'élaboration pour ses territoii-es d'une constitution assez libérale pour qu'elle soit acceptée par toutes les nations qui ont des intérêts ou des aspirations commerciales sur les rives du grand fleuve, et la réunion d'une conférence qui statuera sur la formation des États libres du Congo, qu'on appelle déjà les États-Unis d'Afrique. Tandis que les États-Unis d'Amérique se gouvernent eux-mêmes, ceux de l'Afrique seraient gouvernés par une commission internationale ; mais il faut avant tout qu'ils soient reconnus oflSciellement par les États civilisés. En attendant, une correspondance du Temps nous a appris que le développement des stations du Congo rendant de plus en plus lourde la tâche de la direction qui siège à Bruxelles, il est question d'organiser trois directions spéciales, l'une, pour le personnel, une autre pour le matériel, la troisième, pour les finances. Stanley s'efforce d'entraîner l'opinion publique en Angleterre à se prononcer contre le traité anglo-portugais.

Le correspondant du îbny?^ explique par la crainte qu'a eue l'Associa- ]>^f^S

tien de voir les territoires du Bas-Congo attribués aux Portugais, là V^ ^

création des nombreuses stations de la vallée du Quilou-Niari. On vou- ;:~^^ lait pouvoir conserver les communications de Vivi avec l'Atlantique, sans

passer par les mains des Portugais et sans subir les droits de douane qu'ils s'empresseraient d'établir dans leurs ports.

L'Association s'occupe en outre de l'amélioration des moyens de transport entre Vivi et Stanley-Pool. L'étude d'un chemin de fer à voie étroite, sur un parcours de 300 kilom., entre Vivi et Isanghila, Manyanga et Stanley-Pool, a été ébauchée. Pour que la région de l'intérieur entre largement dans le mouvement commercial des pays civilisés, il importe qu'une voie plus facile que celle qui existe aujourd'hui, conduise au plus tôt du Congo maritime à Stanley-Pool. Les caravanes actuelles, avec les noirs comme porteurs, sont un moyen trop précaire ; aussi, en attendant le chemin de fer, songe-t-on à Bruxelles à organiser un système transitoire. On va envoyer au Congo quelques-unes des petites voitures démontables qui ont si bien réussi au Sénégal, pour le service des colonnes de ravitaillement des forts qui commandent la route de Kayes au Niger. Si ce matériel résiste aux sentiers du Congo, on aura ainsi un mode de transport relativement facile, et, de toutes façons, plus sûr et plus économique que celui qu'on emploie aujourd'hui.

— Quelque curieux que soit le document dans lequel le roi du Congo, vassal du Portugal, a protesté contre les traités que l'Association a conclus avec les chefs du Bas-Congo, nous ne pouvons que le signaler à l'attention de nos lecteurs, qui pourront le lire en entier dans le dernier numéro du Mouvement géographique.

Le sanitarium de Boma a reçu AIIII. Massari et Zlnt^ralT, malades tous les deux de la fièvre, mais aujourd'hui complètement rétablis.

— M. le D' Joseph Chavanne a achevé une triangulation de 2,200 kilom. carrés entre Banana et Punta da Lenha. La carte qu'il prépare s'étendra de l'embouchure du fleuve jusqu'à la station de l'Equateur. Il a déjà envoyé à l'Association le plan de Boma, ainsi que les résultats de ses observations météorologiques, un aperçu sur le climat du Bas- Congo à l'époque de la grande sécheresse, une description générale hydro-topographique du Congo entre Banana et Boma, etc. Ses travaux terminés à Boma, il songeait à établir sou quartier général à N'Kongolo, un peu en aval de Vivi, en face de Noki. — L'administrateur génôi'al des stations du Congo, sir Francis de Hlnton, est arrivé le 3 juillet, en bonne santé, à Léopol d ville ; il y est resté quatre jours, puis il en

est parti pour inspecter les stations du Haut-Congo, à bord du Peace, le petit steamer de la mission baptiste mis obligeamment à sa disposition. — Le Président des États-Unis a nommé M. TliMle], agent de la république auprès de TÂssociation internationale dont le Sénat de Washington a reconnu la souveraineté.

Le protectorat de l'empire allemand^ proclamé & Angra-Pequena,s'est étendu, pendant le mois qui vient de s'écouler, aux différents points de TAfrique oil sont établies les nombreuses factoreries aUemandes de la côte occidentale, en particulier aux établissements que la maison Wœrmann et C'* de Hambourg possède au sud du Congo. Au pi^lable, les agents des factoreries avaient conclu, avec les chefs des districts, des traités par lesquels ceux-ci cédaient à la susdite maison leurs droits de souveraineté. Dans la région du Congo elle a des factoreries à Mouccoula, Ambrisette, Monsera et Kisambo. Le D' Nachtigal, coDSid général de Tempire, y a fait arborer le drapeau allemand.

Plus au nord, il en a fait autant au Cameroon ob sont établies plusieurs factoreries des maisons Wœrmann et C", et Jantzen et Thormalen de Hambourg, ainsi que des comptoirs anglais. Plusieurs ceutres commerciaux importants s'y rencontrent : le Bimbia situé à rentrée du bras occidental de ce vaste estuaire, résidence du roi Guillaume ; le Malimba, à l'entrée du bras méridional, résidence du roi Passai; et le Cameroon proprement dit, au fond de l'estuaire, sur le fleuve Dualla, résidence des rois Jean Bell, Aqua et Dido, les principaux chefs du pays. Le Cameroon est admirablement situé pour concentrer le commerce de toute cette région : l'ivoire, la gomme, les bois d'ébénisterie sont les articles que les riverains offrent aux négociants étrangers ; mais c'est surtout l'huile de palme qui est la marchandise par excellence de ce district ; elle fait l'objet d'un trafic considérable. Le D' Nachtigal a fait hisser le drapeau de l'empire allemand sur les villes des rois Bell, Aqua et Dido ; et le D' Bûchner qui l'accompagne dans sa mission à la côte occidentale d'Afrique a été nommé consul de cette nouvelle colonie allemande qui, outre le Cameroon, comprend le Bimbia, le Malimba et le Boutanga, s'étendant ainsi depuis le village de Bota, au pied du pic, jusqu'à l'embouchure du petit fleuve Liemo dans la Campo-Bay.

Le TagblaU de Berlin annonce que d'après une dépêche de son correspondant de Madrid, l'Allemagne a engagé des négociations avec l'Espagne pour l'achat de l'île de Fernando Pô, que Ton peut considérer comme la clef de la baie de Biafra. Elle est une charge pour la mère patrie, mais elle donnerait à l'Allemagne une position prépondérante dans cette partie du golfe de Guinée.

Nous devons eucore meutionuer ranuexiou aux possessions allemandes, du territoire de Tog^no, situé à la côte des Esclaves, entre le royaume de Dahomey k Test et la colonie anglaise de Cape-Coast-Castle. Il s'étend sur une longueur de 50 kilom. le long du littoral, et ses principaux centres d'affaires sont Petit-Fopo et Bageida, où plusieurs maisons allemandes possèdent des factoreries. M. Henri Randad, chef de la factorerie de Lomé, a été nommé consul de Tempire allemand pour le territoire de Togno, dont le roi et les cheÉs ont conclu, avec le D' Nachtigal, un traité qui place leur pays sous le protectorat allemand.

NOUVELLES COMPLÉMENTAIRES

L'auteur du récit présentant le colonel Flatters et le capitaine Masson comme vivants (p. 197), est mort subitement dans la prison de Biskra où il était détenu. Dans un moment d'ivresse il avait d'ailleurs avoué que les deux officiers susmentionnés avaient été tués par les Touaregs.

Dans une assemblée générale de l'Association pour l'avancement des sciences, réunie récemment à Blois, le congrès a voté, sur la proposition de la section de géographie, le vœu suivant : Considérant que le projet de « mer africaine » est absolument contraire aux intérêts de la colonisation, et que les dépenses de Pétablissement de cette mer seraient hors de proportion avec les résultats que ses auteurs prétendent en retirer, ainsi que l'a établi la commission supérieure nommée à cet effet en 1882, le congrès émet le vœu que le gouvernement français n'encourage point cette entreprise, et ne prenne aucune décision sans avoir pris à nouveau Tavis de la commission supérieure.

M. Gustave Frasca, alpiniste renommé, va entreprendre un voyage en Âbyssinie, dans le dessein de faire l'ascension des principaux sommets de ce pays. Son projet est appuyé par la Société milanaise d'exploration en Afrique. S. M. le roi d'Italie a voulu concourir pour une forte somme à la prompte exécution de ce projet.

M. Lagarde, ancien commandant de cercle au Sénégal, a été nommé commandant de la colonie d'Obock. Il a emmené avec lui un interprète, un médecin et un détachement de douze hommes, qui pourra être augmenté si les circonstances l'exigent. Dès son arrivée à Obock, il devait s'occuper des travaux les plus urgents à entreprendre : adduction des eaux de source, logement du personnel, mesures à prendre pour assurer la sécurité des b&timents et l'entrée du port.

M. Soleiliet a quitté le Choa qu'il a parcouru pendant plus de deux années. Il est parti d'Ânkober le 7 juillet, peu après l'arrivée de M. le capitaine Langlois, de la marine marchande, chargé par le président de la république française de remettre au roi Ménélik une lettre et des présents. M. Soleiliet est arrivé à Sagallo, à la cête près de Tadjoura, le l" août, et rentrera en France en octobre.

Les Anglais ont fait évacuer aux garnisons égyptiennes les places de Berbéra et de Zellah, et les y ont remplacés.

Le départ de Pexpéditiou de MM. Ilard^gger et Paulitsclike pour le pays des Somalis aura lieu en novembre. Ce dernier fera les travaux de géographie et d^ethnographie, M. de Uardegger s'occupera essentiellement de géologie, de zoologie et de botanique. Un médecin et un préparateur les accompagneront.

Le capitaine Cambier, agent de PÂssociation internationale à la côte orientale d'Afrique, se dispose à rentrer en Belgique, pour réparer ses forces ébranlées par un séjour de trois ans à Zanzibar.

Une association commerciale allemande au capital de 500,000 marks, s'est fondée, pour donner une pins grande extension aux relations commerciales de l'Allemagne avec la côte occidentale de l'Afrique.

Dans l'assemblée générale des missions baptistes tenue à Londres en juin dernier, le Rev. Bentley a exprimé le vœu que la Société fondât dix stations nouvelles entre Stanley-Pool et les chutes de Stanley, à 150 kilom. de distance l'une de l'autre, et pourvues chacune de deux missionnaires. Un comité nommé pour examiner la question de l'extension du champ d'activité de la mission, a approuvé l'idée de M. Bentley. Une station sera prochainement établie à Loukolela ; deux autres, en amont, le seront encore dans le courant de cette année.

Pendant que le docteur Nachtigal faisait du territoire qui entoure l'estuaire du Cameroon une possession allemande, l'Angleterre ajoutait la partie occidentale du delta du Niger où se trouve Wari, à ses territoires de la côte de la Guinée supérieure.

Un élève de l'institut des missions de Bàle, qui étudiait la médecine depuis 1880, vient de passer avec succès ses examens de docteur. Le Comité bàlois compte l'envoyer prochainement à la Côte d'Or, en qualité de premier médecin missionnaire de la Société de Bàle.

La mort du roi des Achantis, Quaqua-Duah, a été suivie, selon l'usage du pays, du massacre de trois cents de ses sujets. En même temps l'on a appris le décès de Coffee Cal cal li, qui était roi lors de la guerre de 1873 ; on suppose qu'il a été assassiné. Craignant la barbarie de Meniah, qui a déjà occupé le trône, mais qui a été déposé au bout de quelques mois à cause de sa cruauté, les Achantîs ont envoyé une députation au gouverneur de Cape-Coast-Castle, pour lui demander de placer leur pays sous le protectorat de l'Angleterre. La population était en armes; on s'attendait à une guerre civile, et la petite vérole sévissait à Coumassie et aux environs de la capitale.

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