LES GISEMENTS AURIFÈRES DU TRANSVAAL
Dans Tarticle que nous avons consacré aux gisements aurifères en Afrique (TL'^ année, p. 18-22), nous avons dit quelques mots de ceux du Transvaal, qui commençaient à attirer l'attention des colons du sud de rÂfrique. Dès lors le nombre des gisements découverts s'est étendu, l'importance de la quantité d'or qu'on peut en espérer a été mieux constatée, des améliorations ont été apportées à l'exploitation ; quoiqu'il y ait encore beaucoup de progrès à faire à cet égard, le moment nous paraît venu de réunir dans un exposé succinct les résultats obtenus jusqu'à ce jour. Nous nous aiderons pour cela des données que nous fournissent d'une part, le Cape Argus et le Natal Mercury, et d'autre part, les Mittheilungen de Gotha qui ont consacré à cette question deux articles accompagnés de deux cartes, l'une géologique, de l'Afrique australe-orientale, l'autre, plus spécialement destinée h montrer l'emplacement et l'étendue des gisements connus aujourd'hui. Ces cartes étaient nécessaires au gouvernement de la république sud-africaine, aussi bien qu'aux nombreuses personnes intéressées dans les concessions minières du Transvaal. M. Haevemick de Pretoria, qui les a dressées, est persuadé qu'une exploitation sérieuse de ces gisements ne peut se faire que par des spécialistes européens désintéressés, par une commission internationale de géologues minéralogistes, qui apprécieraient d'une manière générale la valeur des mines découvertes ; néanmoins les documents dont il s'est servi pour les établir permettent d'en admettre les données avec confiance ; elles ont pour base les levés de M. Haevernick lui-même et les observations de Mauch, Jeppe, sir G. Colley, P. Berthoud, Riedle, Rissik, Loveday, Machado, etc.
Jusqu'ici il n'y a paa eu d'exploration détaillée faite par di des mineurs ont tenté la fortune, tantôt sur un point tao autre, a^c des chanccfi diverses, sur des conjectures ou des particulières. Dès qu'un gisement réel était constaté, le gou accordait des concessions d'exploitation, que souveut le conc< délaissait bieutât comme improductives ; aussi la répartition tions auiifëres ne put-eUe être connue qu'après qu'on eut et tement les emplacements renfermant de l'or. L'exploitatioi encore sortie de la période d'essai, et, avant que I'od ait rendement plus rémimérateur, ou que l'on puisse espérer le par de plus grandes facilités de communication, on ne peut ci un relevé exact des territoires en question, parce que les c. les mineurs, les géologues n'aiment pas à dépenser leur U fortes sommes d'argent à des entreprises qui, quoique très m ne promettent pas un gain assuré. D'ailleurs l'état des financ vemement auquel incombe le devoir de faire faire l'explorati' à ce point de yue, ne lui a pas permis de vouer toute son atti sujet.
Ce fut Mauch qui, le premier dans l'époque moderne, d( 1867 de l'or à Tati, dans le pays des Ma-Tébélé. Sa découv. une impulsion énergique à des recherches dans le Trans l'année suivante, Mauch lui-même y constata l'existence t aurifères dans la chaîne des monts Murchison, au nord de 1' Kiver, affluent du Limpopo, mais ils ne parurent pas pouvi une exploitation rémunératrice. La première exploitation au fut entreprise à Marabastad, oii Button découvrit de l'oi Pendant plusieurs années on travailla dans les mines de ] voisines de cette ville, mais sans grand profit. Lorsqu'on 1873 1 la nouvelle de la découverte d'or d'ailuvion dans la vallée â< affluent de i'Oliphant's River, au N.-E. de Lydenbounj, les affluèrent, mais le lavage des dépôts n'étant pas très prc durent se mettre à l'exploitation de la couche de quartz au tant dans cette partie du Transvaal. Coup sur coup on ouvrit près de Mac-Mac (concession de PUgrim's Rest), dans li trouva quelques pépites extrêmement grosses ; puis, à Water à Rotund-Creek, et enfin, à Spitzkop aux sources de la Blyde rai on vit se renouveler ici l'expérience faite dans d'autres d Transvaal ; on trouva quelques dépôts d'une grande valeui que quelques mineurs firent fortune en peu de temps, maie
des exceptions. La plupart des ouvriers gagnaient & peine de quoi subvenir & leur entretien.
Les années suivantes amenèrent la découverte des gisements de Nylstroom dans le district de Waterberg, de Blaubank dans les monts Witwat^rs au sud de Pretoria, d'Elands Spruit sur le cours supérieur de la rivière des Crocodiles, de rAraasouazi Land, de Schola Spruit dans le district de Potchefstrom, des Dwarsberg dans le district de Marico ; enfin, ceux des environs de Pretoria. Les roches aurifères paraissent répandues dans tout le nord et le nord-est du Transvaal. La découverte la plus importante fut celle des mines de De Kaap, sur la petite rivière Lempogwan, qui se jette dans la rivière des Crocodiles.
L'exploitation donnait déjà les plus grandes espérances, lorsque survint une circonstance qui lui porta un coup fatal. En 1876 commença la guerre des Boer^ contre Secocoeni, qui s'était retranché dans les monts Lolou, au nord-ouest de Lydenbourg, et troublait la sécurité de toute la contrée avoisinante. Quoique les ouvriers travaillant aux mines ne courussent pas un danger imminent, cette lutte, qui dura des mois et se termina par la dispersion de l'armée des Boers et par le triomphe de Secocoeni, exerça dans tout le Transvaal une influence qui fut loin d'être favorable aux entreprises minières. L'annexion ultérieure du Transvaal par la Grande-Bretagne, la soumission de Secocoeni par le général Wolseley qui, outre les troupes régulières dut lever un corps considérable de volontaires, en grande partie ouvriers mineurs, et un autre corps de 8000 Souazi, l'irritation croissante des Boers contre la domination anglaise, et la guerre de l'indépendance, n'étaient pas propres à contribuer au développement de l'exploitation des mines; aussi la plupart d'entre elles furent abandonnées, ou bien le travail y fut réduit au minimum.
Une amélioration à cet état de choses ne se produisit que lorsque, en 1881, le Transvaal eut assuré son indépendance par le traité de Pretoria. C'est alors que fut annoncée la découverte des mines de De Kaap, qui coïncida avec une crise sérieuse dans l'exploitation des mines de diamants de Kimberley, où l'éboulement des parois intermédiaires des puits arrêta pour longtemps le travail, et causa la ruine de plusieurs sociétés d'actionnaires. Des centaines d'ouvriers européens et indigènes perdirent ainsi leur gagne-pain et se portèrent vers les mines du Transvaal, oîi beaucoup d'entre eux ne trouvèrent que déception, soit parce qu'ils n'avaient pas l'expérience nécessaire pour ce nouveau travail, soit parce qu'ils l'entreprirent avec des ressources insuffisantes.
Les difficultés que présente Texploitation des mines d'or du Transvaal sont beaucoup plus grandes qu'en Australie et eo Californie. Dans la plupart des gisements, Tor est incrusté dans le quartz et, en Tab* sence de machines, ne peut en être extrait que par un travail très pénible. Dans les vallées inférieures où sont les dépôts d'or d'alluvion, le lavage est rendu difficile par le peu d'eau qu'elles possèdent. D faudrait des capitaux considérables pour installer des machines afin de désagréger le quartz ; mais ces capitaux manquent, la crise de Kimberley ayant ébranlé, dans toute l'Afrique australe, la confiance des capitalistes dans le rendement des mines d'or. Plus récemment, et depuis que de nouveaux terrains aurifères ont été découverts le long de plusieurs affluents de la rivière des Crocodiles, aux mines de Moodie \ de Devil's Kantoor, de Barrett, etc., et que le lavage et les galeries de celles de De Kaap ont pris plus d'extension, des compagnies minières se sont formées, pour la plupart de capitaliste^ anglais, et on a monté quelques machines pour broyer le quartz.
Mais l'exploitation de tous ces gisements du Transvaal ne pourra devenir rémunératrice que lorsque le chemin de fer de la baie de Delàgoa sera construit. Déjà en 1870 le gouvernement du Transvaal en avait projeté un de Pretoria à Lorenzo Marquez ; la compagnie & laquelle il avait été concédé ne put trouver les fonds nécessaires, et le projet ne fut repris que lorsque, en 1876, le gouvernement résolut de l'exécuter lui-même. Un emprunt de 7,500,000 francs fut conclu en Hollande, mais l'annexion du Transvaal par l'Angleterre arrêta tout. Celleci n'avait aucun intérêt à doter le Transvaal d'une route directe vers rOcéan et les possessions portugaises. Après que le traité de Pretoria, en 1881, eut rendu à la république sud-africaine son indépendance, et lorsque l'on put espérer voir le commerce se relever, l'attention se porta de nouveau sur le projet de chemin de fer, mais il fallait en modifier le tracé, pour éviter le Souazi Land, auquel le traité de Pretoria garantissait son indépendance du Transvaal. Le major Machado, ingénieur portugais, fit en 1881 et 1882 un nouveau tracé, qui devait mettre les mines d'or du bassin de la rivière des Crocodiles en communication directe avec l'Océan.
La construction de cette ligne paraît indispensable pour une exploitation prospère. Actuellement les frais de transport d'une tonne de
> D'après une correspondance du Cape Argus, de Moodie, on n'a pas découvert moins de 26 gisements dans l'espace des douze derniers mois.
marchandises, de Porfr-Natal à Lydenbourg, s'élèvent à 875 fr. , sans compter les droits d'entrée et de transit que le gouvernement de Natal a encore augmentés. L'installation de machines pour l'exploitation minière est donc extrêmement coûteuse, et le combustible doit suivre la même voie. Dès lors la production ne peut être rémunératrice que sur les gisements les plus riches.
La conclusion de la convention de Londres, en 1884, en assurant au Transvaal une indépendance plus grande que ne le faisait celle de Pretoria de 1881, et en allégeant la dette de la république sud-africaine, avait fait espérer que le chemin de fer pourrait être construit un peu promptement ; mais cet espoir ne s'est pas réalisé. La tentative d'un emprunt de 12,000,000 fr., à Amsterdam, a échoué, et, pendant un certain temps encore, les relations du Transvaal avec le dehors devront avoir lieu par la voie coûteuse de Natal, ce qui retardera certainement le développement de ce pays. Sans doute la route de Lydenbourg et des mines d'or de ce district à la baie de Delagoa est beaucoup plus courte que celle de Durban, mais elle présente des difficultés sérieuses, en sorte que jusqu'ici une faible partie seulement de l'importation et de l'exportation du Transvaal l'a adoptée, quoique le Portugal, afin d'accroître le trafic de sa colonie, ne réclame que le 3 Vo po^i* 1^ droits d'entrée. La route de Lorenzo Marquez passe, sur une longueur de 80 kilomètres, à travers un pays plat, marécageux, foyer d'émanations pestilentielles pour les hommes et les bêtes de somme, qui ne peuvent le parcourir sans trop de dangers que pendant les mois de juip à août. Du passage de la Gomati, par lés monts Libombo , chaîne frontière entre le Transvaal et la colonie portugaise, jusqu'aux mines d'or, sur une étendue de plus de 160 kilomètres, le terrain est très coupé, des pentes abruptes alternent avec des gorges semblables aux canons du Colorado, et l'on ne peut les franchir qu'avec de grandes pertes de temps et de bêtes de somme. Aussi la construction d'une voie de communication directe avec l'Océan, quelque désirable qu'elle soit, peut-«lle se faire attendre longtemps encore.
BIBLIOGRAPHIE '
Les missions évangéliques depuis leur origine jusqu'à nos jours, par O. E. Burckhardt et R. Orundemann. T. Il, Afrique. Lausanne (6.
* On peat se procurer à la librairie H. Georg, à Genève et à B&le, tons las ouvrages dont il est rendu compte dans V Afrique explorée et cwQisét,
Bridel), 1884, io-S*, 520 p. avec 5 cartes, fr. 6. — Voici le volume d'une œuvre d'ensemble sur les missions évaogélique entier, sauf l'Europe. Le tome premier est consacré à l'Am deux autres le seront à l'Asie et à l'Océanie. Le comité l'Union évangélique a été bien inspiré en les faisaat traduin maud, car dûus avons là un ouvrage substantiel, solide, o rien d'important n'a été oublié ; toutes les informations q sont utiles à connaître ; la consultation en est rendue fat répertoire alphabétique détaillé à la fin du volume.
Ce n'était cependant pas une petite tâche de décrire l'étal missions africaines, car il y a une trentaine de sociétés, — américaines, allemandes, françaises, suisses, Scandinaves, — dans cet immense continent, sans parler de sept missions par les catholiques romains. Le champ d'activité de ces soc brasse pas seulement la région côtière du Sénégal au Pays c l'Abyssinie ; sur uu grand nombre de points, nous trouvons missionnaires déjà assez en avant vers le centre du continent Achantis, le long du Congo moyen, au Bihé, dansl'Ovampoi raland, au Zambèze, au Transvaal et dans la région des Nyassa, Tanganyika et Victoria-Nyanza.
Les auteurs n'ont pas voulu présenter simplement une étu vre chrétienne dans les diverses régions où travaillent des res. Leur but a été plutôt de peindre, dans un vaste tablea l'histoire des découvertes, le pays, ses habitants, les efFo toutes parts pour les relever, et les résultats déjà obtenus. P< des trois parties de l'ouvrage: Afrique occidentale, austra taie, après le récit des premières explorations, ils décrivent phie physique et l'etbnograpbie du pays, atin de faire bien ( les conditions dans lesquelles s'est trouvée telle ou telle mis: en explique souvent la réussite ou l'insuccès.
Après ces informations préliminaires vient l'esposé hiî chaque mission, depuis sa fondation jusqu'à nos jours, car, i allemand s'arrêtait à quelques années en arrière, le b'aducte un devoir de donner des détails complémentaires sur Téta chacun des champs d'activité des sociétés missionnaires jus de 1883, sur le nombre de leurs agents européens ou indigèn< écoles, des convertis, etc. C'est dans l'histoire du dévelop toutes ces missions, que l'on peut se faire une idée des diffii tâche des missionnaires, mais aussi de la variété étonnante
employés pour atteindre le même but, variété provenant des différences de nationalité ou de dénomination chrétienne auxquelles appartiennent les agents ; impossible d'évaluer la somme de dévouements rais au service de cette œuvre, ni l'étendue des sacrifices qu'elle a coûtés et qu'elle coûte annuellement ; mais il est salutaire de voir l'empressement avec lequel de nouveaux missionnaires se présentent, pour combler les vides que la mort fait dans les rangs de ces héros qui exposent journellement leur vie pour sauver leurs frères noirs. Ceux qui liront ce volume comprendront sans peine tout ce que la science et la dvilisation doivent aux missionnaires. Des cartes, gravées à Lausanne, indiquent la position des stations qui y sont mentionnées et permettent au lecteur de s'orienter sans peine.
C'est, on peut le dire, un ouvrage classique, et il suffira de le mettre à jour pour qu'il rende, pendant de longues années, de grands services aux personnes qui s'occupent spécialement des missions ; aux autres, il permettra de se faire une idée exacte de l'œuvre de chaque société, car les jugements qu'il porte sur chacune d'elles sont motivés et sagement pesés. Les critiques ne manquent pas, mais elles sont justes ; l'une des principales vise l'état de lutte sourde dans lequel vivent les établissements de sociétés différentes dans une même région. Le christianisme ne s'y présente pas aux païens comme quelque chose d'homogène, et les divisions de partis en guerre les uns contre les autres ne peuvent que nuire beaucoup à ses progrès. Aussi appelons-nous de tous nos vœux le moment, où, par suite d'une entente entre les diverses sociétés, chacune d'elles aura son champ d'activité bien défini, et pourra travailler à la régénération des indigènes avec un zèle exempt de toute jalousie.
A TRAVERS LE FouTA-DiALLON ET LE Bâmbouc, par Emest NiÀrûi, attaché à la mission Bayol. Paris (Maurice Dreyfus), in-8^, 360 p., avec planches et carte, fr. 5. — Le voyage raconté dans ce livre a eu lieu en 1881, mais les événements, tant européens que coloniaux, se précipitent avec une telle rapidité, que l'on a peut-être oublié l'expédition dont il s'agit. Placée sous la direction du D' Bayol, actuellement lieutenant-gouverneur à Dakar, et comprenant en outre MM. Noirot et Billet, elle avait pour but l'exploration du Fouta-Diallon et du Bambouc. et surtout la conclusion de traités de bonne amitié et de commerce avec les souverains de ces pays. Partie de Boké, sur le Rio-Nunez,la mission remonta ce fleuve et entra dans la région montagneuse qui se rattache au massif du Loma. Après avoir séjourné quelque temps à Timbo, la
capitale du Fouta-Diallon, elle revint par le Bambouc et le Sénégal. Les explorateurs ramenèrent avec eux à Parie uaeambassad» T^f^nlh envoyée parles tribus du Fouta-Diallon auprès du gouvemenu République, pour l'assurer que les traités seraient respectés. C de quatre hauts personnages, chefs ou généraux, la mission Pe un mois h Paris et ftit fêtée soit par les autorités, soit par les di sociétés de la capitale. Nul doute que les ambassadeurs t retournés dans leur pays avec une bonne impression qui aun heureuse influence sur les relations futures de la France avec i C'est dans l'introduction que l'auteur raconte le séjour de l'ai Peulh et les impressions que notre civilisation fit sur ces n( réflexions et les marques d'admiration que les créations de not trie moderne leur arrachèrent souvent feront sourire plus d'un
Du rœte, l'ouvrage tout entier est écrit avec humour et pré grand intérêt. Il est illustré de 17 dessinsexécutés par l'auteur, carte en noir qui présente peu de détails à cause de la peti l'échelle. M. Noirot a vaincu uoe grande difficulté en notant If pales chansons qu'il a entendues chez les Peulhs et les Malii consultera avec curiosité ces morceaux, qui montrent que le sont capables de faire de la musique harmonieuse, quoique e[ traînante et triste. Mais il ne lui a pas été possible d'en repro accompagnements, qui se composent d'ordinaire de deux note dantes touchées ensemble.
A cdté du récit du voyage, d'études de mœurs et de chi digressions, l'ouvrage renferme une description sérieuse dt Diallon et du Bambouc. La première de ces contrées jouit, gr altitude, d'un climat tempéré et relativement salubre. Les pn sont nombreuses et variées ; cependant, grande comme la Franc renferme qu'un million d'habitants. Elle est donc dans d'en couditions pour devenir une florissante colonie. Il n'en est pas du Bambouc, dont l'insalubrité empêchera toujours les Europé< établir en grand nombre; M. Noirot parle beaucoup de ses mi mais les tentatives d'exploitation faites il y a peu de temps r réussi, et les explorations récentes n'ont pas révélé de gisements comparables k ceux du pays de Wa&saw et du TransvaaI.
Life in the Soddan. Adventureb amomq thb tbibes, and ti EoYPT, in 1681 and 1882, by D' Joaiah Williams F. S. G. S (Remiugton et C'), 1884, in-^S 338 p., illustré. — L'auteur e
ces nombreux Européens qui ont profité de la tranquillité relative dont a joui le Soudan jusqu'en 1883, sous la domination égyptienne, pour en visiter certaines parties. II accompagnait, en qualité de médecin, six gentlemen qui, dédaignant les routes frayées et l'itinéraire si souvent suivi, de TËgypte à Ehartoum et à Lado par le Nil, allèrent en 1881 et 1832 explorer la région beaucoup moins connue comprise entre Souakim, Kassala, Massaoua et TAbyssinie.
Les sept premiers chapitres sont consacrés au voyage d'Angleterre à Souakim par Paris, Milan, Brindisi, Alexandrie, le Caire, Suez et la mer Rouge. De Souakim les explorateurs s'enfoncèrent dans rintérieur vers le S.-O., visitèrent Kassala et le Taka, le pays des Bazen et des Beni-Amer, la région septentrionale de l'Abyssinie et revinrent en Angleterre par Massaoua, la mer Rouge et le canal de Suez.
La narration vivement conduite, est d'un grand intérêt. Les traits de mœurs abondent et l'on sait que ces populations, que l'Egypte ni TAbyssinie n'ont réussi à soumettre, ont des coutumes fort curieuses qui se distinguent sous beaucoup de rapports de celles des peuples voisim. Leur pays est du reste montueux et bien arrosé. Les récits de chasse remplissent bien des pages. L'auteur étudie aussi la contrée au point de vue politique, et ses réflexions sur la domination égyptienne et sur Tœuvre de Gordon dans le Soudan, sur la situation de l'Abyssinie, enfin sur le rôle des Arabes dans cette région, sont bonnes à consulter et pleines d'actualité.
L'ouvrage est illustré de 7 gravures assez belles, mais il y manque une carte, ce qui est très regrettable, les atlas étant fort incomplets sur cette contrée encore aujourd'hui peu connue. Espérons que cette lacune, qui rend très difficile la lecture de certaines parties du volume,
sera comblée dans la seconde édition.
Die DEUTSCHE KoLONiE Kam EBUN, vou D' AnL Beichetiow, Mit eiuer Karte. Berlin (Gustave Behrend), 1884, in-8*, 51 pages. — Voici une monographie sérieuse et suffisamment complète de la nouvelle colonie allemande du Cameroun. Plusieurs voyageurs et marchands en ont déjà parlé longuement, chacun à son point de vue; mais, d'ordinaire, dans leurs récits, les matières ne sont pas classées, et il faut souvent parcourir tout un volume pour y trouver ce que l'on cherche. Dans cette brochure, au contraire, l'auteur réunit les principaux renseignements recueillis et les coordonne, étudiant successivement la nature du pays, sa flore, sa faune et son climat, le caractère et les mœurs des indigènes,
leurs rapports avec les Européens, enfin, Tavenir du commerce du Cameroun. Plusieurs pages sont consacrées au dualisme anglo-allemand dans cette partie de TAfrique. M. Reichenow est un partisan convaincu de la politique coloniale actuelle de TAllemagne. n croit que le commerce et l'industrie de sa patrie ne peuvent qu'en bénéficier. U est vrai que TAlIemagne est venue la dernière, et qu'il ne reste plus beaucoup de bonnes terres à conquéiir ; néanmoins l'auteur trouve qu'elle a bien commencé, et que le Cameroun, situé au seuil de l'immense région centrale africaine, a un grand avenir.
Les ababes dans l'afrique centrale, par Adolphe Burdo. Paris (Dentu), 1885, in-8**, 48 p. — L'explorateur du Niger, du Bénoué et de la côte orientale d'Afrique jouit dans le monde géographique d'une légitime autorité. Mais dans la thèse qu'il soutient aujourd'hui, il ne peut manquer de rencontrer de nombreux contradicteurs qui n'auront pas beaucoup de peine, croyons-nous, à la réfuter. Vouloir montrer que les Arabes sont en Afrique les agents et les alliés de l'Européen, c'est se mettre en désaccord avec tous les événements contemporains. Ne sontce pas les Arabes et les nègres musulmans qui opposent la plus forte barrière à l'influence européenne dans le Nord particulièrement, où les Anglais sont aujourd'hui même^çux prises avec eux, et où les Français sont toujours contre eux en lutte, tantôt sourde, latente, tantôt violente? Combien de crimes, de meurtres de voyageurs ne doivent pas leur être imputés? Ce sont surtout les missionnaires chrétiens qu'ils combattent ; dans certaines régions de l'Afrique ils ont arrêté net les progrès de l'évangélisation. Enfin, comme négriers, chasseurs d'esclaves, n'accomph'ssent-ils pas encore tous les jours une œuvre infâme dont ils tirent le plus clair de leurs bénéfices? M. Burdo trouve cependant moyen de les excuser sur ce point ; il est vrai qu'il se déclare, dans une certaine mesure, partisan de l'esdavage, aussi bien, dit-il, au point de vue de l'Européen dont les plantations manquent aujourd'hui de bras, que du nègre qui, maintenant afiranchi sur la côte, croupit dans la fainéantise, le vice et la débauche. L'auteur n'expose sa thèse que dans les dix premières pages de son opuscule. Les trente dernières sont consacrées à une étude qui ne s'y lie qu'indirectement, celle de la situation actuelle de l'état de Zanzibar et de la région comprise entre la côte orientale et le lac Tanganyika.
L'alliance française et l'enseignement français en Tunisie et en Tripolitaine, par Paul Melon. Paris (Dentu), 1885, gr. in-8*', 45 p. —
Il est agréable de s'écarter parfois des sentiers battus et de s'occuper de sujets rarement traités, tel que celui de renseignement dans les colonies, question vitale s'il en fut, à notre époque, car c'est d'elle que dépendent la fusion des races et la conquête morale d'un pays, sans lesquelles il n'y a pas de conquête matérielle durable. Il n'est plus possible de coloniser maintenant à la manière des Espagnols en Amérique et des Portugais en Afrique, lors de la découverte de ces pays. A part certaines contrées qui ne seront jamais, à cause de leur climat mortel pour les blancs, que des colonies d'exploitation, la métropole, en même terops qu'elle met à profit les ressources du sol, doit songer à élever la race indigène, à l'instruire, en un mot, à la civiliser.
C'est pour cela et aussi afin de répandre l'étude de la langue française dans les colonies, que s'est fondée « l'Alliance française, » en juillet 1883. Cette société, qui compte déjà plus de 6000 adhérents, a pris pour premier champ d'activité la région méditerranéenne de l'Afrique, et, dans la brochure que nous annonçons, M. Melon, l'un de ses promoteurs, communique les résultats d'un voyage qu'il a entrepris en Tunisie et en Tripolitaine, pour se rendre compte de l'état de l'enseignement français dans ces pays. Inutile de dire qu'elle est rédigée à un point de vue exclusivement national.
L'auteur se prononce pour que la France continue à exercer à l'étranger cette sorte de protectorat catholique dont elle a déjà si souvent bénéficié, car, si ce rôle de tuteur des missionnaires passait à l'Italie ou à l'Autriche, la France en ressentirait bientôt un peu partout des contrecoups fâcheux. Et de fait, les écoles congréganistes de Tunisie et de Tripolitaine sont le meilleui* moyen de propagande française et de diffusion de la langue de la métropole. Sous l'influence énergique du cardinal Lavigerie, dont l'auteur reconnaît hautement les mérites, les écoles, de misérables qu'elles étaient avant 1881 , sont devenues prospères et comptent un nombre considérable d'élèves. Outre les classes primaires françaises de Tunis, la Goulette, Sousse, Djerbah, Béja, Monastir, Sfax, etc., il existe à Tunis deux établissements d'instruction secondaire, tous deux florissants : le collège St-Charles pour les garçons, et l'école des Dames de Sion pour les jeunes filles. H y a en outre, à Tunis, une école Israélite, fréquentée par un millier d'élèves et entretenue par l'Alliance Israélite univei*selle. Le français est la langue de l'enseignement. Enfin un établissement laïque, le collège Sadiki, fondé par le général Khérédine, donne la culture française à plus de 150 élèves, n a été tout récemment réorganisé par M. Machuel, délégué du
ministère de l'Instruction publique. — Le coUège Sadiki et l'école noiinale des instituteurs indigènes viennent de recevoir la visite de M. Elisée Reclus, qui, d'après le Temps, a été émerveillé des résultats obtenus, et a déclaré qu'on ne se doute nullement en France des progrès que la langue française fait en Tunisie.
Trois écoles françaises existent en Tripolitaine : deux à Tripoli et une à Benghazi. Quant à Malte, que M. Melon a visitée aussi, elle possède une institution spéciale, créée par le cardinal Lavigerie pour recevoir de jeunes Soudaniens, Wa-Ganda, Kabyles, etc. Ces élèves, à leur sortie de l'école, retournent dans leur pays, oîi ils deviennent les pionniers de l'influence et de la civilisation françaises. L'auteur donne le récit de la distribution de récompenses faite par lui, au nom de l'Alliance française, à neuf des écoliers les plus méritants.
On le voit, cet ouvrage, écrit d'un style élégant et facile, contient une foule de renseignements d'un haut intérêt, car il nous montre un côté trop peu connu du mouvement de colonisation.
Les P088E88IOKS SePAOKOl^B DU OOLFE DS GuiNÉE, LEUB PBÉSENT ET
LEUR AVENIR, par lo Ijeutenaut Sorela. Paris, (A, Lahure), in-S*, 46 p. et carte. — L'auteur cite, en tête de son ouvrage, cette phrase de M. Leroy-Beaulieu : « Les lambeaux de la puissance coloniale de l'Espagne sont encore magnifiques, n C'est aussi notre avis, mais nous serions bien étonnés si, en formulant cette opinion, le savant économiste pensait aux tles du golfe de Gluinée. On sait, en effet, qu'elles sont malsaines au plus haut degré, particulièrement dans la région côtière où sont situées toutes les plantations, et qu'elles ne présentent pas les conditions propres k y attirer les colons. Cependant c'est une tftche louable qu'a remplie M. Sorela, en décrivant d'une manière très détaillée l'Ile de Femando-Po, en eu faisant valoir les richesses végétales, et eu donnant l'état actuel de la colonisation dans cette région. Sans doute si le bas prix des terrains était la seule chose visée par les colons, ils seraient satisfaits k Fernando-Po, car l'hectare s'y loue 25 centimes par an et s'y achète 5 francs. Malheureusement l'étendue du sol disponible est encore immense dans l'Ile et ne diminue pas d'une manière sensible. On peut craindre que le vœu de M. Sorela, qui voudrait voir les Espagnols de la Murcie et de l'Andalousie se transporter k Femando- Po plutôt qu'en Algérie, ne se réaliae jamais, et que, pour longtemps encore, le faible service postal soit fait par la malle anglaise du Cap, à défaut de navires espagnols spéciaux. Le volume est accompagné
LTte de Fernando-Po à très grande échelle ; le relief laisse à
'RANÇAie AU NiQEB, Toyages et combats par le capitaine Ptétn. [achette et C'), 1885, in-8'. 438 p. avec iilustr. et carte, 4 fr. capitaine Piétri était membre de la mission du Haut-Niger, ^immaodant Gallieni a récemment décrit en détail l'itiiiéraire 1 bassins du Sénégal et du Haut-Niger. L'ouvrage que nous lus les yeux renferme une série d'attachants récits sur l'œuvre se par la France dans cette région, depuis la période de prépa- & la marche sur le Niger, dont le général Faidherbe, en 1855,
première jalons, jusqu'à la déclaration de souveraineté de la )ar te colonel Borgnis-Desbordes, en 1883. C'est doDC une hisnplète et fort instructive, qui débute par un rapide exposé de icial et politique du pays et des voyages antérieurs à 1880, lire ceux de Mungo-Park, René Caillé, Raifenel, Mage et Quinuite l'auteur consacre trois chapitres au célèbre prophète Alimar, k ses conquêtes et aux guerres dont les états du Bélédoule Ségou furent le théâtre sous ses successeurs. Le récit des ons de Gallieni et de Boi^nis-Desbordes remplit le reste du
écrit sous une forme simple d'oti se dégage un réel accent de Ce sont, nous dit l'auteur, de simples notes sans prétention 1 cherché à exclure toute ingérence de la fantaisie. De bonnes 3 reproduisent des types indigènes de différentes races, et une
Doir suffisamment complète sert de guide au lecteur. Actuelleversés préoccupations empêchent le gouvernement français de Te avec énergie l'œuvre commencée sur le Haut-Niger. La tion du chemin de fer, eu particulier, a été suspendue. Cepen-
1883-84, une quatrième campagne dirigée par le colonel Boi- Llfermi la ligne de communication du Sénégal au Niger par sèment d'un nouveau poste, celui de Koundou, de sentiers car- ; et d'une ligne télégraphique de Bammakou à Bakel. La paix ilie dans le Bélédougou, dont les relations avec Saint-Louis se ent de jour en jour, et vraisemblablement la France reprendra es projets sur le Haut-Niger et le Soudan'.
ectenrs se rmppellent qne le capitaine Piétri t fut, avec son coll^ï le levé de U région compriie entre le Hiut-Sénégat et le Niger (Tof. , p. 349.)
BULLETIN MENSUEL il"jmn 1885. ')
D'après le Biiîletin de renseignements coloniaux, il vient stituer, parmi les membres de la Société de géographie corami Paris, UQe CominiBBion de l'Afrique du nord, pour l'ét tifique et économique de l'Algérie, de la Tunisie et aussi du de la Tripolitaine. Cette commission rechercbera les moyens rer l'union de la France avec l'Algérie et la Tunisie, de ff progrès et la fréquente exploration du pays. Elle réunira des i ments scientifiques, commerciaux, industriels, administratifi donnera au public la plus grande facilité de tes consulter et d ser. Elle a aussi pour mission d'organiser, aux meilleures < possibles, des voyages d'étude, tant dans la colonie fraoçE Maroc et en Tripolitaine.
La Sous-Commissiou du c»naj de Suez a terminé Se Nous ne possédons pas encore le texte officiel de ses résolution devons nous borner aujourd'hui k annoncer que, d'après les quotidiens, le principe d'égalité de droits et de devoirs de toute saaces en ce qui concerne la libre navigation dans le canal, en guerre comme en temps de paix, a été admis. Nous revien cette question quand les documents officiels nous seront parvt
M. Ëlol Pino, capitaine au long cours, négociant & Ank va se rendre pour la troisième fois au Choa, a transmis & la I géographie de Paris dont il fait partie, les renseignements sui la voie la plus courte de la côte au Choa : a D'après les inf prises auprès des indigènes compétents, la route la plus d celle qui part de Sagallo', rejoint le lac Assal et passe sur le de Gobab. Elle a déjà été parcourue par MM. Solcillet et L ncux. Ce dernier est parti le 10 mars pour le Choa par la mêi Il faut croire que c'est celle qui est préférable, car M. Chefu' suivi aussi la route de l'Aoussa, ne repart plus dans cette dire Dankalis qui ont loué leurs chameaux au comte Antonelli, à As.s Sagallo, pour prendre la i-oute que j'appellerai la route de Go
' Les matières comprises <1bds do3 Bulletins mensueU et daua les Not ptémentaires y aont classt'es suivant un ordre géographique constant, l'Algérie, puia allant h, l'Est, longeant ensuite ta côte orientale du ( revenant par la côte occidentale.
* Voy. la carte, IV" année, p. 328.
L'AFHIItCE. — SIXIEME iSUÈt. — K" 6.
caravane composée d'Éthiopiens appartenant au roi Ménélik prend aussi cette route, et enfin je vais la prendre. Une autre caravane, celle de M. Lorès, agent de la Compagnie Mesnier à Obock, se rend aussi de Sa gallo au Choa par Gobab. »
L'agent consulaire français à Harrar, Zeïlah et dépendances (Afrique orientale), a placé sous le protectorat de la France les territoires des Giliril-Abaifors et des Gadi-Bonrsia, sur la demande écrite des chefs du pays. Les débouchés de la région du Harrar et des pays gallas sont ainsi ouverts au commerce français. H faut espérer que ce protectorat rendra à la route de Zeïlah à Harrar et aux pays gallas la sécurité qui lui fait défaut depuis que les Anglais ont éloigné des villes du Harrar les troupes égyptiennnes qui les gardaient. En eflfet les populations de l'intérieur, assurées de l'impunité, ne se gênaient plus pour attaquer et piller les caravanes qui descendaient du Harrar par cette route.
M. Johnston, le dernier ex])Jorateur du Kilimandjaro, a présenté récemment à la section coloniale de la Société des arts de Londres, un mémoire sur les intérêts anglais dans l'Afrique orientale, spécialement dans le district du Kilimandjaro, soit dans le pays compris entre la côte de l'Océan Indien et le Victoria-Nyanza. Après avoir décrit la nature physique de cette région, sa flore, sa faune, ses habitants, il a montré comment le sol et le climat sont admirablement propres à la culture du quina, du café, du thé, du cacao, de la vanille, du riz, de la canne à sucre, etc. H a rappelé ses propres expériences dans la culture des légumes d'Angleterre, et la réussite parfaite de ses pommes de teiTe et de ses concombres. Puis il a cherché à persuader ses auditeurs de l'avantage qu'il y aurait, au point de vue commercial et philanthropique, à ouvrir ce pays, et indiqué les moyens qui pourraient être employés à cet effet. Il se servirait de Zanzibarites comme porteurs, gardes et travailleurs; les chefs de l'expédition devraient être des Anglais, jeunes et sérieux. Les frais d'une caravane de commerce et de colonisation, composée de 4 blancs et de 200 Zanzibarites, sont évalués par lui à 16,500 L. st. pour trois ans, soit 7500 L. st. pour la première année, 5000 L. st. pour la seconde et 4000 L. st. pour la troisième. M. Johnston a aussi parlé des moyens de faire disparaître la traite, et de la capacité des indigènes d'atteindre une demi-civilisation. Supposant que les Allemands sauraient profiter de cette magnifique région pour leur conun^roe et leur civilisation, il n'a pas voulu que ses concitoyens pussent lui reprocher d'avoir gardé le silence sur les divers avantages que leur
offre cette partie de TAfrique, et a conclu en suggérant l'idée de la formation d'une société pour créer un établissement anglais au Kilimandjaro, a La seule faveur que je demande, » a-t-il dit en terminant, « en retour des renseignements que je viens de donner, c'est de pouvoir présenter à cette société colonisatrice, la bannière qui devrait précéder ses caravanes et flotter sur ses stations ; ses couleurs seraient le vert, le blanc et le bleu : le blanc, pour la neige qui couronne la cime du Kilimandjaro, le bleu pour les cieux, et le vert pour les forêts de ce splendide pays. »
Les Mittheilungen de Ooth» nous apportent des renseignements détaillés sur le projet d'expédition du ly Fiseiter à la recherche de «lunlieF, d'Êmin-bey» de liapton-bey et de Casati, que nous avons annoncé dans notre dernier numéro (p. 154). Il importe beaucoup pour le succès de cette entreprise, que le sultan Sald Bargasch ne mette aucun obstacle à l'expédition, qui partirait de Zanzibar d'oîi elle chercherait à atteindre Lado. On peut craindre que, par suite de l'annexion à l'Allemagne des territoires à l'ouest de Zanzibar, le sultan ne voie qu'avec méfiance le projet des explorateims allemands. S'il n'autorisait pas l'enrôlement de porteurs, il ne serait pas possible de songer à pénétrer à l'intérieur; mais on peut espérer que le D' Fischer, qui connaît à fond les circonstances de Zanzibar, où il a pratiqué l'art médical pendant sept ans, saura triompher des difficultés qui pourront se présenter. Afin de faire servir cette expédition au progrès de la science géographique, il se propose de suivre une nouvelle route directe de Pangani au golfe de Speke, ce qui lui permettra d'éviter les nombreux et forts tributs À payer dans l'Ou-Gogo. Il compte traverser l'Ou-Ganda directement, pour atteindre le plus vite possible Lado, oîi, d'après les dernières nouvelles qui, il est vrai, ne reposent que sur des renseignements fournis par des Arabes, Émin-bey maintenait encore, en août 1884, l'autorité égyptienne, et oh devaient se trouver aussi en bonne santé Casati et le D'^ Junker. Dans le cas oU Kabrega, roi de l'Ou-Nvoro, refuserait le passage, le D' Fischer a l'intention de longer la frontière orientale de cet État, ou, en cas de nécessité absolue, de se frayer un passage les armes à la main. Aussi importe-t-il beaucoup pour le succès de l'expédition que la caravane puisse être nombreuse et, pour cela, que les contributions pécuniaires soient abondantes.
De nouveaux missionnairea d' Aliter sont partis pour les stations du Victoria-Nyanza et du Tanganyika. D'après lesMissioyis d'Afriquey le travail des agents de la station de HElonéona, dans le Massanzé, à
Touest du Tani^nyika, est rendu difficile par les procédés des Arabes envers les indigènes de cette région : impositions, corvées, ravages du pays, etc. Un de ces Arabes, Mohamed-ben-Rhelfan, mattre des Wa-Ngouana, établis un peu au sud de MIonéoua, a apporté de la côte beaucoup de fusils et de munitions; outre ses esclaves, il a enrôlé une cinquantaine de Rougas-Rougas, chasseurs des bois et pillards de caravanes. Il veut ouvrir, au nord du lac, un nouveau chemin, pour rejoindre, au Manyéma, Tipo-Tipo, qui est de sa. parenté. Mais auparavant, il lève le tribut chez les timides populations de l'Ou-Bouri et du Massanzé, dont Sald Bargasch lui a, paraît-il, donné le gouvernement. Il a réclamé de Pore, le chef du territoire sur lequel se trouve la station de MIonéoua, une défense d'ivoire, des esclaves, des vivres, etc. Pore, qui n'aime pas à donner, laisserait plutôt piller ses gens que de livrer ce qui lui est demandé. Mohamed ayant conduit h Ou^jidji les bagages de leur dernière caravane, les missionnaires se proposaient d'intervenir auprès de lui, pour le dissuader de ravager le pays environnant. Du Massanzé, les missionnaires enverront deux des leurs chercher un emplacement favorable à une nouvelle station dans les environs de Mpala, à l'ouest du Tanganyika. L'établissement de Kibanga prospère. Les essais de culture de riz, froment, manioc, patates, etc., réussissent, et bientôt les missionnaires de ce poste auront de quoi faire vivre les orphelins qu'ils ont recueillis. Et cependant leurs instruments aratoires sont des plus imparfaits ; ils n'ont que des pioches indigènes, pour défricher un terrain dont l'exploitation réclamerait au moins dix charrues européennes. Les missionnaires de ces différentes stations espèrent que le vapeur la Bonne Nouvelle pourra leur faciliter les relations qu'elles doivent entretenir les unes avec les autres.
M. Hore qui doit remonter ce vapeur envoyé pour le service des stations des missions de Londres, est reparti de Quilimane ou il était allé chercher sa femme et son enfant, ainsi que quelques pièces qui manquaient au bateau. M. Svk'ann, de la station de LiendiAé, oîi le vapeur est en reconstruction, fait à la Chronicle ofthe Lotidon vmsionnry Society y un triste tableau du district où se trouve la station. C'était autrefois le plus florissant des alentours du Tanganyika ; il fut ravagé peu avant l'arrivée des missionnaires, mais les habitants revinrent, se croyant en sûreté auprès de ces derniers. Ils travaillèrent pendant toute la bonne saison, bêchèrent le sol, firent leurs semailles; mais au moment où ils allaient pouvoir serrer leui'S récoltes, survinrent les Arabes alliés de Tipo-Tipo, et leur suite, qui enlevèrent tout le
fruit des labeurs des pauvres Wa-Loungou. Us prirent des hommes pour les réduire en esclavage avec leurs femmes et leurs familles, et cela à la porte des missionnaires. M. Swann demande si le consul général britannique à Zanzibar, sir John Kirk, ne pourrait pas empêcher Tipo- Tipo, qu'il connaît fort bien, de continuer ses dévastations, sans cela l'œuvre de la mission devient presque impossible.
Des lettres de Mozambique annoncent que l'expédition portugaise dirigée par le major Serpa Pinto a échoué dans sa première tentative de pénétrer à l'intérieur. Le 14 février, il arriva avec son escorte de Zoulous à Kisango, sur la côte, dans un état déplorable, la saison des pluies étant survenue pendant qu'il s'avançait vers le nord. Dix jours durant ses hommes avaient marché dans l'eau, en ayant en certains endroits jusqu'au côu, et depuis cinq jours ils n'avaient plus de vivres. Serpa Pinto souffrait de la fièvre, un de ses compagnons ne pouvait plus marcher, ses jambes et ses pieds étant couverts d'ulcères. Après avoir visité Ibo, le chef de l'expédition est retourné à Kisango, pour recruter 250 nouveaux porteurs. Il comptait pouvoir, au bout de six semaines, repartir pour le pays de Medo, d'où il voulait se diriger vers l'extrémité du Nyassa pour gagner de là le lac Bangouéolo.
Le Journal des missions évanqeliqiies de Paris publie des lettres de M. Coillard, postérieures à celles que nous avons reçues de M. Jeanniairet. Nous en extrayons les détails suivants, pour que nos abonnés soient tenus au courant des progrès de l'expédition du Haut-Zambé:ee. Le nouveau roi des Ba-Rotsé, Aifiifuna, est un jeune homme qui a grandi en exil et qui a dû d'abord agir avec prudence et s'initier aux devoirs de sa position. Dès qu'il s'est senti établi, il a pensé aux missionnaires. Il désirait les voir, même avant les chefs du pays, dans l'espoir de recevoir d'eux de bons conseils, pour être guidé dans l'exercice du pouvoir qui lui est confié. Il envoya à Seshéké deux bandes de messagers avec des messages plus pressants l'un que l'autre. Les chefs de Seshéké les transmirent sans perdre de temps à M. Coillard, et trois d'entre eux descendirent en canot au gué de Gazungula pour le chercher, envoyant en même temps une vingtaine de jeunes gens pour porter les bagages de l'expédition. Sur ces entrefaites. M™* Coillard prit la fièvre, mais sa maladie n'eut pas de suites fâcheuses. Cependant la mauvaise saison approchait ; des pluies presque quotidiennes alternaient a\^c un soleil ardent ; les grandes pluies qui amènent les inondations annuelles étaient à la porte. Middleton et Aaron furent expédiés de Leshoma avec les bagages chargés sur deux ânes. Ils devaient atten-
(Ire M. Coillard au gué de Gazungula, et communiquer avec les chefs chargés de conduire l'expédition chez Akufuna. M. Coillard prévoyait que l'habitude des marchands de prodiguer leurs présents aux chefs lui créerait des diflScultés. Pour se faire un bon nom et s'assurer le monopôle du commerce de l'ivoire, ils ont multiplié leurs libéralités extravagantes, et il faudra lutter dès le début contre l'avidité des chefs. A Mparira, M. Coillard trouva ceux que le nouveau roi avait envoyés pour le chercher et qui se montrèrent pleins de considération pour lui. Ils lui avaient apporté en présent des provisions de route, et lui fournirent des renseignements précieux sui* l'ethnographie et sur la langue des Ba-Rotsé. M, Coillard eut néanmoins une déception en découvrant que les caisses et les ballots qu'il avait laissés aux soins du chef Tahalima, avaient été ouverts, et qu'on y avait pris beaucoup de verroterie, de poudre, de calicot, de bonnets de laine rouges et noirs. Le voleur s'était amusé à endosser les chemises de laine et les vêtements de flanelle blanche qui se trouvaient dans une caisse ; comme il était tout couvert d'ocre et de graisse, on peut juger de l'état dans lequel M. Coillard les retrouva, pêle-mêle avec des médecines en flacons, du plomb, etc.
Un correspondant de VAborigines Friend écrit que des meetinic» ont eu lieu récemment à Prétori», pour préparer l'invasion da territoire del^obenf^nla, roi des Ma-Tébélé, par les Boers. Quinze cents bons tireurs y seraient employés. Ils passeraient par les tevntoires de Séchélé et de Khamé, et devraient faire, sur leur passage, des réquisitions de vivres ou enlever des bestiaux aux natifs, ce qui amènerait des querelles et la guerre avec les Be-Chuana. Ne pouvant pas s'établir dans le territoire de Montsiva que les Anglais ont pris sous leur protectorat, les Boers se fixeraient dans le pays plus au nord, et fermeraient ainsi aux Anglais la route vers l'intérieur. A ce propos le journal susmentionné nous apprend que le protectorat britannique s'étend jusqu'à Shoshong, et que les territoires de Séchélé et de Kbamé sont placés sous le pavillon anglais, ce qui obligerait les Boers à s'écarter de l'itinéraire indiqué par son correspondant.
A son passage à Londres, M. Einwald, aux négociations duquel est due la cession de la baie de Sainte-Liuc*ie à l'Allemagne par Dinizoulou, a fourni au secrétaire de l'Aborigines Protection Society les informations les plus précises sur cette cession. A son arrivée dan« le Zoulouland, il n'avait d'autre but que d'explorer le pays à un point de vue scientifique, et ne songeait nullement à y établir l'influence allé-
maude. Ce fut à la prière de Dinîzoulou qu'il se rendit à Emnyati, où le jeune roi lui fit part de l'appréhension que lui causaient les Boers, qui passaient en nombre la frontière et menaçaient de prendre possession de tout le pays. L'idée d'une intervention allemande pour sauver le pays émane de Dinizoulou lui-même. Son père Cetywaïo lui a parlé de l'empereur d'Allemagne et lui a fait croire qu'il poun'ait obtenir du secours de ce côté-là. M. Einwald ayant répondu qu'il serait impossible à l'Allemagne de protéger les Zoulous contre les Boei-s, si elle n'avait acquis auparavant quelques droits dans le Zoulouland, Dinizoulou Consentit à la cession de la baie de Sainte-Lucie, qui, dit-il, ne lui était d'aucune utilité, et en même temps il déclara qu'il était disposé à placer son pays tout entier sous la protection de l'Allemagne.
Le Monveynent géographique a reçu une nouvelle lettre de 1^1»»mann, du 1" décembre 1884, annonçant qu'il est heureusement arrivé à Ijouboukou, résidence du Kalamba Moukeng^é, chef de la tribu des Ba-Louba, par 6° lat. S. et 22°, 15' long. E., près de la rive gauche du Louloua, affluent de droite du Kassaï. Son avant-garde y arriva le 10 novembre, tandis que l'arrière-garde, commandée par le lieutenant Muller et venant de chez le Mouata Kombana, roi des Kalonda, n'y parvint que le 16. Moukengilf lui fit un accueil chaleureux, et Wissraann fonda à une journée de marche de sa résidence, sur la rive gauche de la Louloua, une station qui fut nommée Ijoulouabourgp. Elle est située sur une montagne qui domine les environs, par 5**, 58' lat. S. et par 22°, 20' long. E. Elle est entourée de vastes plantations de manioc, présent du chef à l'expédition, et possède déjà 25 têtes de bétail, cîO chèvres et moutons, quelques porcs, et une basse-cour de poule^ et de pigeons amplement garnie. Tout le pays est très fertile ; le riz qui a été importé et semé dans le district est largement cultivé, et est devenu un des aliments favoris de la population indigène. Des céréales, des légumes et des fniits de la côte ont été également semés et prospèrent. La rivière est poissonneuse et abonde en hippopotames. Le lieutenant Wissmann se proposait de passer trois mois à Louboukou, afin d'y consolider la base d'opération de son expédition et de mettre en parfait état la nouvelle station. Après cela il comptait remettre le commandement de celle-ci au lieutenant Muller, en lui adjoignant le mécanicien Schneider qui en a dirigé les constructions. De son côté le D' Wolf se préparait à pousser une pointe vere le nord pour y faire la reconnaissance du pays de Loukengo, qui s'étend entre le Kassaï et le Sankourou, et qui est encore plongé dans une barbarie telle qu'à la
mort du père de Loukengo, 2000 personnes, dit-on, furent immolées sur sa tombe. Quant à Wissmanp lui-même, son objectif principal est la reconnaissance du Kajssal jusqu'à son confluent avec le Congo. A cet effet il a emporté avec lui un canot en acier que le mécanicien de l'expédition remonte, tandis que le charpentier Buscblag achève la construction d'un grand canot en bois. Â ces deux embarcations sont venus se joindre trois canots, présents du chef Dsihimgengé ; c'est avec cette flottille qu'il descendra le cours^ inconnu du Kassal. Le roi Moukengé et son premier chef l'accompagneront jusqu'au Congo avec 200 guerriers. Les sujets de Moukengé sont, comme celui-ci, disposés à recevoir la civilisation. Leur territoire n'ayant pas été jusqu'ici visité par les traitants de la côte, gens d'ordinaire peu scrupuleux qui ne cessent de tromper les indigènes et les indisposent presque toujours contre les blancs, leur confiance dans les Européens est complète. Le voyage de ce chef aux stations du Congo, oii une bonne réception lui est assurée, hâtera l'introduction de la civilisation dans le centre du continent.
Nous ne connaissons pas encore la constitution du nouvel ÊtAt dn Conspo, dont le roi des Belges a été autorisé par les deux Chambres à devenir le chef, l'union entre la Belgique et cet État étant exclusivement personnelle. En revanche l'on sait que le gouvernement de ce pays sera réparti en cinq ministères : de l'intérieur, de la guerre, du commerce, des finances et de la justice, dont les titulaires prendront le titre d'administrateurs. En attendant, l'Association internationale du Congo envoie un commissaire spécial chargé de faire le tr^cé de 1» meilleure voie pour relier Vivi à Isanghila. Ce commissaire sera accompagné de quatre ingénieurs. Il semble qu'on veuille construire d'abord une simple route de Vivi à Isanghila, après quoi on passerait à l'étude du tracé d'une seconde voie, qui mettrait en communication directe Ijéopoldville et Vivi. Pendant ce temps on fera des essais de culture entre Vivi et la côte. — M. Tisdel, agent diplomatique des États-Unis près l'Association internationale africaine, qui avait été chargé par son gouvernement d'explorer avec soin le nouvel État africain et de présenter un rapport à ce sujet, est rentré en Europe, après avoir visité les rives du Congo, de Banana à Léopoldville. — Une maison belge a acheté sur le bas-Congo un terrain de grande étendue et y a envoyé un agent, qui a expédié à ses chefs du minerai de cuivre très riche, trouvé près des rives du fleuve, au-dessus de la cataracte.
Le vapeur le Peace, ayant à bord ^^. Grenffell de la mission baptiste
de Stanley-Pool, et M. le D' Sims de la Livingstone luland Mission, a ^/ > Vl^
fait le voyage de IjéopoldvIUe aux cataraotefi de Stanley | .
ils en ont rapporté d'utiles renseignements sur quelques affluents du haut tleuve, que publie le Mouvement géographique, avec d'autres fournis par M. le lieutenant Coquilhat chef de la station des Bangala, qui fit avec eux une partie de l'expédition. — La HI paka, affluent ih la rive droite, vient de l'ouest, et après un cours de 160 ou 200 kilomè^ très, elle se termine par des chutes, entre des collines d'environ 150" de hauteur, et se jette dans le fleuve à 15 ou 20 kilomètres en amont de Bolobo. — M. Grenfell a remonté, sur une longueur de 200 kilom. environ, le cours de l'Ikelemba qui rejoint le Congo un peu en amont ^\\f
de l'embouchure du Rouki. Ce cours d'eau est très tortueux ; sur les bords sont de nombreux petits villages, très éparpillés, sans grandes agglomérations. Le lioulem^ou a d'abord une direction N.-E., puis, sous le nom de Maringa, il draine, plus ou moins parallèlement au cours du Congo, toute la région comprise entre le Loubilache à l'E. et le Rouki à VO. M. Grenfell a déterminé l'entrée du Loubilache, par 0''44'lat. N., et l'a remonté jusqu'à r33' lat. S. Le cours en est très sinueux et le courant très violent ; il n'y a pas de cataracte. Sur la rive droite, le même voyageur a exploré le Mboundon-Liiboko, qui, à son confluent à Oubancfji, a 11 kilom. de large. Il l'a remonté jusqu'à r25' lat. N., et là encore, sous le nom de Liboko, cette rivière mesure plus de 3000" de largeur. Vers 0°30', le Liboko a plus de 18™ de profondeur. Sa direction est presque parallèle à celle du Congo, de sorte que le pays entre les deux cours d'eau forme une longue et étroite presqu'île. Avec M. Coquilhat, M. Grenfell a exploré la rv^^lla, qui se jette dans le Congo à environ deux jours de navigation, en amont de la station des Bangala. Les voyageurs l'ont remontée jusqu'à 2°6' lat. N. ; elle avait là 150"* de largeur et 3" à 4" de profondeur. En comparant le régime des eaux de la Ngalla avec celui de l'Ikelemba, que M. Grenfell a reconnu jusque près de son extrémité, il estime qu'elle mesure au plus une centaine de kilom. — Enfin le Loïka a été exploré jusqu'au 2°55' lat. N.; dans son cours supérieur il fait une chute, en un endroit où la rivière a encore 180" de largeur et 3" ou 4" de profondeur.
En même temps que, de Zanzibar, partira l'expédition du D' Fischer pour la région du Haut-Nil, de Vienne aussi eu partira une organisée par la Société de géographie de l'empire d'Autriche ; la direction en sera confiée au D' Oscar Lenz déjà célèbre par ses explorations à la côte occidentale d'Afrique et par sa traversée du Sahara entre le Maroc
et Tombouctou. Mais tandis que le D' Fischer prendra pour base d'opéj|^ ; r. ' ration la côte orientale, le D' Lenz se rendra à l'embouchure du Congo, ^rl qu'il remontera jusqu'aux chutes de Stanley, pour se rapprocher le plus
possible de la région qu'il compte explorer. Un de ses buts est la recherche des gouverneurs des provinces égyptiennes équatoriales, Érain-bey et Lupton-bey, et des explorateurs Junker et Casati, ou, s'ils ont été victimes de l'insurrection du Mahdi, il tâchera de retrouver leurs journaux de voyage, leurs papiers et leurs collections. Quant au but scientifique de cette exploration, )e D" Lenz s'attachera surtout à étudier et à faire connaître le pays qui s'étend entre le Haut-Cîongo et le Haut-Nil, et à déterminer la ligne de partage des eaux entre les bassins de ces fleuves et celui de Chari. Il recherchera aussi les informations qui pourront être le plus utiles à l'industrie et au commerce de l'Autriche. Les conditions dans lesquelles se prépare cette expédition sont des plus favorables et permettent d'espérer un plein succès: l'expérience de son chef, qui connaît très bien le climat de l'Afrique équatoriale, l'appui moral du roi des Belges, aujourd'hui souverain du nouvel Ëtat du Congo, les recommandations du président de l'Association internationale du Congo pour sir Francis de Winton et pour tous les agents des stations établies le long du fleuve, engagés de la manière la plus instante à appuyer l'expédition de toutes leurs forces. Les Sociétés de missions qui travaillent au Congo lui ont aussi remis des lettres de recommandation pour leurs missionnaires dans ces parages. Le IK Lenz espère partir le l''' juin de Hambourg, accompagné de M. 0. Baumann, jeune géographe, membre de la Société de géographie de Vienne. La Société de géographie de Paris a reçu dans sa dernière séance diverses informations relatives au Congo, qui confii*ment les données fournies par le Mouvement géographique. Elles nous apprennent de plus que SAvori^an de Brazza* était descendu de Brazzaville à Vivi, pour y rencontrer le P. Augouard et le colonel Francis de Winton, qui dirige actuellement les stations de l'Association internationale. Un des agents de celle-ci s'est adjoint aux Arabes de Tlpo-Tîpo, pour gagner le Tanganyika et, de là, Zanzibar. Ce chef de Nyangoué a maintenant avec lui 3000 Arabes, armés de fusils à piston, et commandés par des chefîs armés de fusils se chargeant par la culasse. Il se dit représentant du sultan de Zanzibar, auquel, selon lui, appartient tout le Congo. La quantité d'ivoire que possède encore la région du Haut-Congo,
* A la dernière heure nous apprenons que de Brazza revient en France.
excite la convoitise des Arabes qui, pour s'en emparer, ravagent le pays et obligent les populations à s'enfuir devant eux.
Le D' BaJlay a fait récemment à la Société de géographie de Paris une coinmunication sur son voyage de l'O^doué au Congo ; nous en extrayons le paragraphe suivant, relatif aux peuples nains de l'Afrique, auxquels nous avons consacré un article spécial (UI™ année, p. 59-63), « Un des barrages de rochers de l'Ogôoué me força à m'arrêter au pays des Okandas, pour y attendre le retour des premières pluies et la crue des eaux. C'est là que, pour la première fois, je pus pénétrer dans un village de ces nains Akkas ou Okoas, dont on a tant parlé, et dont je n'avais vu jusque-là que des spécimens isolés. Je circulais un jour dans la rivière, quand je remarquai, à quelques centaines de mètres, des gens cachés derrière des rochers^t surveillant nos mouvements. A mesure que nous approchions, il s'enfuyaient en se dissimulant le plus possible, et se blottissaient de nouveau derrière quelque obstacle pour nous regardera distance. Mes guides Okandas m'apprirent que c'étaient des Okoas qui avaient un campement dans le voisinage ; ils n'avaient jamais vu de blanc, et venaient me regarder de loin ; mais si leur curiosité était grande, leur frayeur était plus grande encore, car ils ne se laissaient pas approcher. Depuis longtemps désireux de voir ces pygmées, j'usai en vain de tous les moyens pour arriver jusqu'à eux, en calmant leur teiTeur; à la fin, un chef Okanda qui m'accompagnait réussit à entrer en pourparlers avec eux et, malgré leurs protestations, me conduisit à leur campement oii ils revinrent bientôt eux-mêmes ; mais je ne pus jamais approcher aucun d'eux à moins de dix mètres. Leur campement était un ramassis de huttes basses et ouvertes de tous côtés. Des engins de chasse : filets, lances, sagaies, les remplissaient. Des chiens et quelques poules erraient çà et là. Le chef, un petit homme jeune encore, portant une longue barbe, et le corps tout velu, pouvait avoir 1"',40. La coloration de sa peau était peu foncée.^ Les autres hommes, tous bien conformés dans leur petite taille, avaient une stature voisine de la sienne; les femmes paraissaient aussi grandes que les hommes. Bien que je n'aie pu les examiner qu'à distance, l'aspect général de leur tète m'a paru brachycéphale. Le chef me promit de venir me voir quelques jours après, mais jamais plus je n'entendis parler de lui. Ces Okoas vivent dans une sorte de servage à l'égard de leurs voisins plus puissants qu'eux. Toujours disséminés par petits groupes, dans cette région du moins, ils sont complètement à la merci des possesseurs du sol, qui ne se gênent guère pour les exploiter, tout en y mettant une certaine
modération, ne les réduisant pas en esclavage, par exemple, à cause des services qu'ils reçoivent d'eux. Les Okoas sont exclusivement chasseurs, et obtiennent de leurs voisins, cultivateurs, un peu de nourriture végétale en échange du gibier qu'ils leur fournissent en quantité. Ils s'installent généralement à côté d'un chef puissant qui les protège et les rançonne, puis un beau jour ils disparaissent pour s'en aller dans des contrées nouvelles, chercher de nouveau gibier et de nouveaux maîtres. » Après le voyage à Salaga, entrepris par les missionnaires de la Société de Bile en vue de chercher un emplacement favorable à un sanatorium, notre compatriote, M. Raoïseyer, missionnaire à Abétifi, en a fait on au nord du pays des Achantis, à Atéobou» Krakyéy Boem, qui autrefois faisaient partie des États du roi de Coumassie. D'Abétifi, il se dirigea au nord vers l'Afram, affluent du Volta, de 20 à 25 m. de large ; au delà s'étend une vaste steppe, et ce n'est qu'au bout de quatre jours de marche que l'on atteint un petit village achantî, dont les habitants vivent de la chasse aux antilopes, aux buffles et aux éléphants. A partir de là, le pays devient plus peuplé. Le village que rencontrèrent les voyageurs compte environ 2000 habitants. Plus au nord, ils traversèrent une plaine, où la culture des yams réussit parfaitement et fournit le principal aliment de la population. M. Ramseyer trouva là un homme qu'il avait connu en 1874 à Coumassie, et qui avait même été prisonnier avec lui ; mais, pour se faire bien venir des tribus de l'intérieur, il était devenu mahométan. Il se trouvait alors à la tète d'une ambassade de quelques villes des environs de Coumassie qui se rendait à Krakyé sur le Volta, pour rechercher l'appui du prêtre Dentés, qui aujourd'hui jouit d'un grand crédit parmi les tribus de l'ancien royaume des Achantis. En général, les villes et les villages qui autrefois s'appuyaient sur Coumassie, cherchent à se fortifier d'un autre côté. Les habitants des territoires traversés ont fait un bon accueil à M. Ramseyer. A Atéobou, en particulier, ville de 2500 à 3000 habitants, le roi se montra très généreux ; la pompe déployée pour recevoir le voyageur indique qu'il s'agît d'un souverain d'une toute autre importance que les petits chefe des villes ou villages de cette région. Aussi, M. Ramseyer songe-t-il à étendre le champ de la mission jusqu'à Atéobou. H doit revenir en Suisse cette année-ci pour se reposer, et nous espérons recevoir de lui directement des renseignements détaillés, soit sur son dernier voyage, soit sur ses plans pour l'avenir.
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Les traTaox de la voie ferrée de Batna à Biiïra sont poussés de telle sorte que l'exploltatioD de cette ligue pourra commencer dès le printemps de 1887. Les étades de la section de Biskra à Touggourt sont assez avancées, pour que la concession puisse en être votée par les Chambres dans leur se&ston de juillet.
Le directeur des mines de Mokta-el-Hadid s'est rendu à Tabarka, ponr y terminer les étades relatives aux mines, au port et an chemin de fer projetés.
M. Cambon, ministre de France à Tuni a, accompagné de M. Baraban, inspecteur des forêts, a visité la région au sud des Chotts, afin d'étudier les mesures à prendre pour prévenir l'envahissement par les sables de plusieurs oasis importantes.
M. Teisserenc de Bort est revenu k Gabès, de sa mission i> la vallée de l'Igbarghar. Nons en donnerons les détails dans notre prochain numéro.
Le bruit de la mort de Slatin-bey, gouverneur du Darfour avant la révolte dn Soudan, s'était répandu en Europe ; mais d'après le Tagblatt de Vienne, des lettres de loi à sa famille informent celle-ci qa'il est prisonnier du Mahdi.
M. Gaston Lema;, vice-consul de France à Massaoua, chargé d'une mission spéciale auprès du roi Jean d'Abyssinie, est redescendu à la côte. Accompagné de H. Marquet, négociant de Souakim, il a eu beaucoup à souffrir, pendant le voyage, de la chaleur, de la mauvaise nourriture et de la fatigue, le pays étant dépourvu de routes et très accidenté. Il a été très bien accueilli par le négons qui se trouvait alors dans la province de l'Amhara, au sud d'Adoua, au delà dn Taccazzé, dans les montagnes de Semien.
Le D' Paulitschke est de retour du voyage entrepris avec M. de Hardegger au Harrar et dans les pays Qallas. Il en a fait à la Société de géographie de Vienne un compte rendu sur lequel noua reviendrons prochainement.
D'après une dépêche du consulat allemand à Zanzibar, l'expédition allemande de MM. Bœhm et Reîchardt a été attaquée h l'ouest du lac MoSro; le premier a été tué, le second a réussi à s'échapper et a pu atteindre Zanzibar. — D'autre part, le sultan de Zanzibar a envoyé contre les Allemands établis dans le territoire placé récemment sous le protectorat de l'Allemagne, une expédition de 300 Zanzibarites, sous les ordres du général Matthews, sujet anglais au service de Sald Bargasch. L'escadre allemande dans les eaux de Zanzibar sera renforcée.
Le gouvernement de l'empire allemand a conclu avec la reine de Madagascar une convention, aux termes de laquelle les sujets et citoyens des deux Étals jouiront dans l'antre État, pour leurs personnes, leurs biens, le commerce et la navigation, et en général pour toutes choses, de tous les droits, immunités et exemptions dont jouissent les citoyens de la nation la plus favorisée.
Les interruptions fréquentes du service télégraphique entre l'Angleterre et l'Afrique australe, causées par la rupture du cèble entre Mozambique et Zanzibar, ont provoqué la réunion d'un meeting à Londres. La question de la pose d'un cftble le long de la c6te occidentale d'Afrique a été examinée, mais comme aucune
société de capitalistes ne se chargerait de cette entreprise, sans être largement subventionnée par le gouvernement, les négociants présents à la séance ont demandé que lord Derby fût prié de prendre les mesures nécessaires à cet égard.
M. Beelaerts von Blackland, ministre du Transvaal, s'est rendu à Paris pour négocier un traité de commerce entre la France et la république Sud-Africaine.
D'après une lettre d'un traitant anglais établi au Gabon, la sécurité fait <^mplatement défaut dans cette colonie, les nègres pratiquent impunément la piraterie à Pégard des embarcations des factoreries anglaises et allemandes, les personnes elles-mêmes, traitants ou kroumen, ne sont pas épargnées.
Le journal de Madrid, el ImparcicU, publie une lettre adressée à la Société des Africanistes par un voyageur espagnol qui raconte qu'un vaisseau français a arboré le drapeau tricolore sur plusieurs territoires appartenant à des Espagnols. Il invite le gouvernement espagnol à envoyer un navire pour protéger ses nationaux.
Des sous-officiers allemands disposés k prendre un engagement pour le service colonial à Cameroon seront envoyés dans la nouvelle colonie allemande, pour y . exercer les nègres au maniement des armes et en former un corps de police. Les indigènes qui s'étaient révoltés il y a quelque temps ont fait leur soumission.
Nous ne pouvons pas rappeler en détail les services rendus, pendant près de vingt-cinq ans, à la géographie de l'Afrique par le D' Kachtigal, mort le 20 avril, en mer, entre Lagos et le cap Palmas, à l'âge de 50 ans, mais nous joignons l'expression de notre sympathie aux nombreux témoignages de regrets qu'a provoqués le décès inattendu de l'illustre explorateur.
La Chambre des pairs du Portugal a voté le projet de loi portant concession du câble sous-marin qui doit relier Lisbonne aux stations de la côte occidentale d'Afrique. Subventionné par la France, l'Espagne et le Portugal, il ira de Lisbonne aux Canaries, pour se diriger de là sur le Sénégal, la Guinée, Saint-Paul de Loanda et le cap de Bonne-Espérance.
Le Bulletin de la Société de géographie commerciale de Bordeaux annonce que M. Bouquet de la Grye, ingénieur hydrographe, a terminé sa mission au Sénégal. Pendant son séjour à Saint-Louis, il a étudié le cours du fleuve depuis Saint- Louis jusqu'à l'embouchure, ainsi que la région de la barre qui en obstrue l'entrée. Il ressort de l'examen auquel il s'est livré, qu'il est possible d'améliorer ce régime, et de rendre l'entrée du fleuve accessible en tout temps aux navires de fort tonnage.
La Société africaine de Madrid a rétabli sur les rives du Rio del Oro ses comptoirs que les indigènes avaient pillés.
Le sultan du Maroc a fait à l'ambassade française un accueil très amical, et s'est montré très sensible aux témoignages de bienveillance qui lui ont été exprimés de la part du président de la république.
M. Donald Mackenzie, le fondateur des établissements anglais au Cap Juby, prépare, sur ses travaux en Afrique, un. ouvrage qui contiendra tous les détails de ses opérations en vue d'amener l'eau de l'Océan dans la dépression du Sahara occidentaL
Le directeur de ]a compagnie Eastem TeJegraph, de Gibraltar, a visité Tanger, accompagné d'un ingénieur, pour étudier la question de la pose d'un câble sousmarin entre le Maroc et PËurope.
Ensuite d'une proposition de M. Fritz Robert de Vienne, l'auteur de Afrika aïs Handelsgehiet, à la Société de géographie commerciale de Paris, cette Société a ouvert une souscription destinée à la création d'une bourse de voyage; ce voyage aura pour objet l'Afrique et aura un caractère spécial d'exploration commerciale.