‹ L'Afrique explorée et civilisée;Chapitre 29 sur 38 · EXPLORATION DU LIMPOPO PAR LE CAPITAINE CHADDOCK · texte numérisé non relu

EXPLORATION DU LIMPOPO PAR LE CAPITAINE CHADDOCK

Nous avons indiqué sommairement, d'après les Proceedwgs de la Société de géographie de Londres, le résultat de l'expédition du commandant de la Maud (voyez p. 147). L'importance de son exploration nous engage à y revenir, et à lui consacrer un article dont nous devons les données au rapport du capitaine Chaddock, publié dans le numéro de février du Mercantile marine service association Reporter^ de Liverpool.

Deux fois déjà le Limpopo avait été exploré, en 1868, par Vincent Erskine, fils du gouverneur de Natal, et en 1870 par J.-F. Elton, de l'armée des Indes, plus tard consul anglais à Mozambique. Le premier, après avoir rejoint Mauch à Lydenbourg, se dirigea au N.-E., vers le confluent de l'Oliphant-River et du Limpopo, dont il longea ensuite la rive gauche jusqu'à son embouchure, rapportant l'impression que le fleuve pouvait être navigable, et l'intention de faire une tentative pour le remonter depuis l'Océan Indien; mais ce projet ne put être mis à exécution. Quant à Elton, il se rendit à travers le Transvaal à Tati, d'où, par la Shasha, il atteignit le Limpopo, qu'il descendit en pirogue jusqu'à la cataracte de Ïolo-Azimé; puis, du confluent du Lipaloulé avec le Limpopo, il regagna, par teiTe, Lorenzo Marquez, sans rapporter d'informations nouvelles sur le cours inférieur du fleuve. Les Portugais, dans les possessions desquels coule ce dernier, ne firent rien au point de vue de l'exploration de cette partie du Limpopo, et, en 1878 encore, d'après VAfrican pilot, le capitaine Owen, dans le relevé de la côte, eu plaçant l'embouchure du fleuve par 25% 11', 30" lat. S., et 33% 28' 15" long. E., ajoutait : « Nous n'avons pas de renseignements sur ce fleuve. »

La situation critique du commerce anglais et la nécessité de lui chercher de nouveaux débouchés en Afrique, engagèrent, en 1883, la « Mercantile marine service association » à envoyer un de ses membres, le jeune et énergique capitaine G.- A. Chaddock, explorer la côte orientale

d'Afrique, au sud de Zanzibar. Un petit vapeur à hélice, de seize tonnée, la Maudy de 65 pieds de long sur 10 pieds 6 pouces de large, tirant 6 pieds d'eau, fut équipé à cet effet, et quitta Liverpool le 25 septembre 1883. Il s'arrêta d'abord à l'embouchure de la Kovouma, mais en trouva les eaux trop peu profondes à la marée ba^se, et continua sa route jusqu'à la baie de Fernando Veloso, un peu au nord de Mozambique, dans la partie de l'Afrique la plus rapprochée de Madagascar (cap Saint-André), ob le canal de Mozambique est le plus étroit. La rivière qui se jette dans la baie paraît être navigable jusqu'à une certaine distance à l'intérieur, et offre un refuge assuré aux barques de négriers qui cherchent à échapper aux croiseurs. Ghaddock estime que c'est un des points où la traite s'est faite sur la plus grande échelle. L'attitude des indigènes l'engagea à descendre plus au sud, vers la baie de Delagoa, ob il jeta l'ancre, à Port-Melville, le 14 janvier 1884. Une avarie à la chaudière lui rendait d'ailleurs nécessaire une course à Natal pour réparations, avant de s'engager dans l'exploration du Limpopo.

Ne trouvant pas prudent de conduire sous voile le steamer à Lorenzo Marquez, il s'y rendit en canot avec deux hommes de son équipage, pour s'informer de l'arrivée des marchandises d'échange qui avaient dû y être amenées auparavant par un des membres de l'expédition, M. Wylie. Il nous est impossible, vu le peu de place dont nous disposons, de rapporter en détail les ennuis que lui suscitèrent, cinq jours durant, les fonctionnaires poi*tugais, agents de la douane et gouverneur: arrestation à Lorenzo Marquez, visite du steamer à Port-Melville, sous prétexte qu'il pouvait renfermer de la contrebande, avec déploiement de force armée, oficiers et soldats, carabines chargées, etc. Plus tard encore, après deux mois de séjour à Natal pour réparations, quand la Maud revint prendre à Lorenzo Marquez ses marchandises d'échange, l'autorité portugaise ne la laissa repartir que lorsque le capitaine Ghaddock eut fourni une caution, comme garantie que le steamer et les marchandises étaient réellement destinés au Limpopo, et que le vapeur reviendrait à la baie de Delagoa, immédiatement après avoir redescendu le fleuve, avec les produits qu'il en rapporterait. Ge procédé est d'autant plus incompréhensible que les marchandises avaient payé tous les droits d'entrée, et que le receveur des douanes dit au capitaine Ghaddock, à son départ de Lorenzo Marquez, qu'il ne pensait pas le voir revenir, les essais faits par un vaisseau de guerre portugais ayant prouvé qu'il n'était pas possible d'entrer dans le fleuve.

Pour assurer le succès de l'expédition, Ghaddock prit toutes les pré-

cautions nécessaires. U croisa plusieurs fois devant Tembouchure du Limpopo, fit faire des sondages le plus près possible de celle-ci, attendit le moment de la marée haute, puis, quand il jugea le moment favorable, prenant son point de départ en mer, à une certaine distance de la barre, il donna l'ordre de faire marcher le vapeur à toute vitesse et réussit à passer de Tocéan dans le fleuve, sans obstacle. Les précautions étaient bonnes, car le courant, dans cette partie du Limpopo est de quatre nœuds à l'heure; un navire entraîné sur les brisants du voisinage risquerait de se perdre.

 mesure que la Mand marchait, Chaddock faisait faire des sondages ; il trouva quatre brasses et demie dans la bouche méridionale du fleuve, un fond de sable, et en dedans de la barre, un magnifique mouillage formé par une longue langue de terre constituant un brise-lames naturel pour abriter les navires contre les vents et la mer ; une centaine de vaisseaux pourraient y stationner en sûreté. L'ouverture du canal a un kilomètre de large. L'eau du fleuve est fraîche et potable. A droite et à gauche le pays est formé de collines de sable couvertes d'une courte végétation; l'une d'elles, haute de 200 pieds et visible à une assez grande distance, fournit une indication précieuse pour reconnaître l'entrée du fleuve.

Du 15 au 19 avril, la Maud remonta le Limpopo sur une longueur de 130 kilomètres, ne naviguant que de jour bien entendu, puisqu'il s'agissait avant tout de reconnaître le fleuve, la profondeur des eaux, les rives, la nature de leur sol, les villages et la population. De quatre brasses, au début de la navigation, la profondeur des eaux n'était plus le deuxième joui' que de trois brasses et demie, et le dernier jour, de huit pieds, quantité très suffisante encore pour le steamer. Il faut noter d'ailleurs que c'était l'époque des basses eaux. Le fleuve faisant de nombreux méandres, il arriva quelquefois que le bateau toucha terre, soit que la navigation se fût prolongée au delà du crépuscule, soit par suite d'une fausse manœuvre du pilote. Mais chaque fois, il fut dégagé en peu de temps et facilement.

Le capitaine Chaddock s'apercevant de la baisse des eaux, ne jugea pas prudent de pousser plus avant son exploration, de peur d'être empêché, au retour, de franchir la barre à l'embouchure, et de ne pouvoir rentrer à Lorenzo Marquez avant l'expiration du terme fixé par les autorités portugaises pour la caution qu'elles avaient exigée. Il dut, avant de redescendre, faire dresser des huttes pour y déposer les marchandises qui lui restaient et les provisions nécessaires aux gens qu'il

comptait laisser là, près du kraal de Manjoba, le point le plus avancé atteint par la Matid.

Sur la plu3 grande partie du trajet, le fleuve est étroit et profond, mais le pays d'alentour est bas et plat. A mesure qu'il remontait, le bateau était accompagné par des foules d'indigènes, qui pouvaient, vu le courant, suivre le bâtiment à la course et lutter de vitesse avec lui. Us dansaient et "poussaient des cris de joie en courant ; de temps à autre cependant, le sifflet du bateau les faisait ressauter d'épouvante ; alors ils s'écartaient jusqu'à une portée de fusil ; puis, voyant qu'il n'en résultait aucun mal pour eux, ils reprenaient courage, et se rapprochaient afin de voir les nouveaux arrivants. Le vapeur s'arrêta aux principaux villages, pour en voir les chefs qui tous reçurent les voyageurs avec étonnemeut et courtoisie. Les vieillards les plus âgés affirmèrent tous n'avoir jamais vu de navire dans le fleuve. La population est très dense ; les hommes sont d'un caractère ardent, et prêts à travailler pour un salaire des plus minimes ; pour un mouchoir de poche de deux pences, un homme fera un travail quotidien très pénible. Le pays paraît favorable à l'agriculture et à la culture de la canne à sucre: la végétation arborescente ne s'y rencontre guère que sur une longueur de 20 kilomètres à partir de l'embouchure ; une épaisse ceinture de manguiers borde le fleuve sur ses deux rives. Au delà du kraal de Manjoba, le pays s'élève et devient très bojsé.

Manjoba est la limite extrême des trafiquants indiens ou Banyans, qui paraissent importer surtout des spiritueux ; le paiement s'en fait en argent ou en objets de commerce aussi petits que possible, les frais de transport excluant la possibilité d'emporter des objets d'un gros volume. Le tabac pourrait y être cultivé, mais la culture n'en serait pas rémunératrice à cause du coût des transports ; les trafiquants gagnent beaucoup plus avec les peaux, le caoutchouc et la cire d'abeilles. A l'embouchure du fleuve le caoutchouc abonde ; on pourrait employer beaucoup de bras à le recueillir, mais les frais de transport absorberaient tout le profit qu'on pourrait en tirer. Du kraal de Manjoba à la baie de Delagoa, le port d'une charge de 25 à 30 kilog. coûte fr. 12,50. En outre, les natifs exigent le paiement d'avance, et souvent ils décampent après avoir reçu l'argent. Il faut en outre compter avec les voleurs, ainsi qu'avec les pluies et les inondations qui parfois sont considél•able;^. Les risques et les frais de transport diminueraient de beaucoup, si l«-S communications par eau pouvaient devenir régulières.

Les indigènes aflSrment que le pays va en s'élevant continuellement

— 187 —, Tcrs l'iatérieur et qu'il est très salubre. Ils ne connaissent pas d'obstructions dans le Seuve qui puissent empêcher la navigation eu toute saison. Toutefois, ont-ils dit, ils peuvent, dans certaines années, pendant la saison sèche, traverser le fleuve à gué près de Manjoba. Chaddock doute beaucoup qu'ils le fassent jamais, le fleuve étant reoipli de crocodiles et d'alligators; les natifs les redoutent tellement qu'ils n'osent pas s'approcher de l'eau pour boire ; ils puisent l'eau dans des pots attachés à de longues perches.

La marée se fait sentir jusqu'à Manjoba. Peu avant l'arrivée de la Maud, le niveau avait été de huit pieds plus élevé que pendant qu'elle y stationna, et après son départ, les gens laissés là par le capitaine Chaddock le virent remonter de deux pieds au-dessus du point où il était pendant que la Maud stationnait à Manjoba.

Le 25 avril la Maud quitta le Limpopo, et réussit de nouveau à en franchir la barre, quoique l'eau fût beaucoup moins haute qu'au moment où elle était entrée dans le fleuve. La santé de l'équipage laissait à désirer ; plusieurs des hommes avaient la fièvre, Chaddock lui-même en était atteint, ce qui ne l'empêcha pas de se tenir sur le pont pour diriger la niancEUvre. L'arrivée à Lorenzo Marquez fut assombrie par le décès d'un jeune homme de l'expédition. Le sept mai la Maud repartit pour Natal oii les autres malades recouvrèrent tous la santé.

Quant à M. Wylie, qui avait été laissé au Limpopo avec les marchandises d'échange, on apprit plus tard qu'il avait été saisi par les natifs, sous prétexte qu'il était venu avec le steamer pour tuer les indigènes. Ceux-ci le gardèrent un certain temps ; il réussit cependant à envoyer un message au gouverneur de Lorenzo Marquez qui, après six jours de délai, déclara qu'il ne pouvait rien faire, prétendant que le tenitoîre du Limpopo était en dehors de sa juridiction ; et pourtant le capitaine Chaddock, en deux endroits du fleuve habités par une forte population, avait vu flotter le pavillon portugais et avait rencontré des fonctionnaires militaires portugais. M. Wylie a pu quitter Manjoba, mais en abandonnant toutes les marchandises laissées par la Maud ; à son retour à Lorenzo Marquez, il réclama la protection des autorités portugaises qui refusèrent de rien faire pour qu'il rentrât en possession des biens de l'expédition, quoique Chaddock, en entrant dans le district du Limpopo, se fût conformé à tous les règlements et eût acquitté tous les droits établis par le gouvernement portugais. Une exploration ultérieure, dans une saison plus favorable, ne rencontrera pas, nous l'espéroas, les m^es diflicultés, et permettra de reconnaître la navigabilité

du fleuve, au moins jusqu'au conflirent de TOliphant-River', par lequel on pourrait s'approcher par eau du Nord du Transvaal, de manière à n'avoir plus, pour atteindre ce pays, que quelques jours de marche par terre, au lieu de trois mois de voyage en wagons attelés de seize hœufs. Il est facile de comprendre les avantages qu'en retireraient les missions de Berlin et de la Suisse romande qui ont leurs stations dans cette région, et aussi les Sociétés minières qui exploitent les gisements aurifères dont nous avons parlé dans notre dernier numéro.

BIBLIOGRAPHIE '

David Livinostone, missionnaire, voyageur et philanthrope, 1813- 1873, par Rodolphe Reuss. Paris (Fischbacher), 1885, in-8**, 119 pages, 1 fr. 50. — Cette nouvelle biographie de Livingstone a été faite d'après les publications du voyageur lui-même, ses lettres, son journal intime, et l'ouvrage que vient de publier, sur le même sujet, M.William Garden Blaikie. L'auteur, cherchant à mettre en relief l'homme et le croyant» insiste surtout sur le côté philanthropique et religieux de cet apostolat de trente années, de cette longue vie de privations journalières et de sacrifices qui fut entièrement consacrée à lutter contre l'ignorance et le mal. Nul plus que Livingstone n'a témoigné aux pauvres nègres d'aflfection sincère et constante, et nul non plus n'a développé chez eux une confiance plus entière, un attachement plus absolu. Les nombreuses tribus du bassin du Zambèze et du Haut-Congo gardent encore le souvenir de celui qu'elles appelaient le a père, » « l'homme blanc qui aimait les noirs. » Aussi son œuvre vivra-t-elle longtemps. D a préparé la voie aux explorateurs, qui seront toujours bien accueillis lorsque, comme lui, ils chercheront à gagner les cœurs par la douceur et l'affection ; c'est lui, en outre, qui a le mieux fait toucher du doigt la plaie sanglante de la traite des esclaves, et ceux dont les efforts tendent à supprimer ce honteux trafic ne font que suivre ses traces. C'est ce caractère humanitaire imprimé par Livingstone à l'œuvre africaine que l'ouvrage de M. Reuss fait également ressortir. Il est regrettable qu'il ne renferme pas de carte donnant les itinéraires si nombreux du grand voyageur.

* Â 130 kilom. en amont de Manjoba ; peut-être même jusqu'au confluent de U Nuanetsi, ce qui constituerait une voie navigable de plus de 600 kilomètres.

^ On peut se procurer à la librairie H. Georg, à Genève et à Bàle, tons les ouvrages dont il est renda compte dans V Afrique expUirée et eiviUsée.

Die Sddaml^nder nacb deu aEaEHW.£RTifiEi{ Stande DEB ] von D' Pkilipp Paulitschke. Freiburg i. B. (Herdersche Vei lung), 1885, in-8°, 311 p. avec gravures et carte, fr. 8,75. —I Soudan limité par le Sahara, les montagnes de Kong, le pla tralet le haut massif des monts d'Abyssinie, forme une ré| nettement circonscrite et possédant une unité géographique : ble. Elle se divise en trois grands bassins disposés d'une man trique : au centre, le fond de la dépression est occupé par le (244''), sans écoulement vers la mer; à l'ouest, ia contrée s'il te golfe de Guinée dans lequel ses eaux s'écoulent par le Nigi au contraire, la pente est tournée vers le nord, direction gi Nil. Sur toute l'étendue de cette immense zone parallèle à 1 le climat, ta flore et la faune sont à peu près les mêmes, et 1< ont pu facilement s'étendre daus le sens des degrés de latiti si le fond de ia population, e'est-à-dîre ia race primitive, est partout le même, les conquérants sont venus, à l'ouest, de 1'^ Sahara, à l'est, de l'Arabie par le Nil ; aussi le Soudan préseï grande diversité de peuples qui difi'èrent par la race, la re mœurs et les coutumes.

Le IK Paulitschke, déjà si avantageusement connu par si tions sur l'Afrique, fait aujourd'hui dans un magnifique < tableau complet de cette vaste région. Après une vue d'enseï contrée, il traite h fond l'histoire des découvertes, depuis Héi nous transmet les premières notions géographiques sur le Se qu'aux voyageurs contemporains tels que Nachtigal, Leu Schweinfurth, etc. Tous les explorateurs ont une place propc l'importance de leurs découvertes, et les portraits de beauco eux sont intercalés dans le texte.

La troisième section est consacrée k l'étude dé la région d à ses peuples, la quatrième, au bassin du Tchad, la cinquièmE baignés parle Haut-fJil et ses affluents occidentaux. Le le ainsi passer une succession de tableaux décrits d'une fa^on et d'après les plus récents explorateurs ; en outre, ce livre bien aux yeux qu'à l'esprit, car il abonde en gravures très ne' bien choisies, reproduisant des types des races du Soudan, d de sa faune, des paysages tout entière, des vues de villes, pense pour ainsi dire d'avoir recours aux ouvrages spéciaux les nombreux récits de voyages parus ces dernières années.

D'ailleurs pour ceux qui voudront remonter aux sources, dressé un excellent répertoire bibliographique comprenant t

térature soudanienne moderne. Il ne renfenne pas moins de 590 titres d'ouvrages indiqués par ordre de dates, et de 106 titres de cartes classés par région.

Enfin une carte du Soudan au Vnsooooo et dans laquelle les divers États sont indiqués au moyen de couleurs différentes, accompagne le volume. Comme elle est d'une netteté remarquable et qu'elle a été complètement mise à jour, elle forme une partie importante de l'ouvrage et constitue un de ses nombreux éléments de succès.

Dix années de voyages dans l'Asie centrale et l'àfbique équa- TORiALE, par le D' Potagos. Traduction de MM. Meyer, Blancard et Labadie, avec notes de M. Burnouf. T. 1. Paris (Fischbacher), 1885, in-S**, 416 p. et cartes. — C'est plutôt un ouvrage de géographie historique que de géographie moderne qu'a voulu faire M. Potages. Connaissant à fond les descriptions faites par les auteurs anciens du monde alors connu, il a voulu les comparer avec la topographie exacte des lieux telle que lui-même et d'autres voyageurs modernes l'ont reconnue. Il indique pour chaque contrée, chaque fleuve, chaque ville, toutes les fois que la chose est possible, le nom antique et la désignation actuelle et, en cela, il fait preuve certainement d'une fort grande érudition.

Ses voyages en Asie l'ont conduit en Perse, dans l'Afghanistan, le Turkestan, la Mongolie, et ses explorations en Afrique (1876-77), dans une région fort intéressante située au sud du bassin du Bahr-el-Ghazal. Là, il a suivi un fleuve appelé Béré par les indigènes, et qui, d'après ses descriptions, devrait être l'Ouellé de Schweinfurth. Or, comme ce cours d'eau continue à couler dans la direction de l'ouest jusqu'à 20°40' long. E. de Paris, tandis que l'Arououimi de Stanley se jette dans le Congo beaucoup plus à l'est, il serait vraisemblable d'admettre que l'Ouellé n'est pas le cours supérieur de l'Arououimi comme le croit Stanley, mais celui du Chari.

Le bulletin de la Société de géographie de Paris a, du reste, donné le résumé des voyages du D' Potagos et l'a fait suivre d'un croquis qui est reproduit dans l'ouvrage complet.

Outre le récit de ces explorations, le volume renferme plusieurs chapitres indiquant les concordances entre les dates de l'histoire ancienne, et d'autres traitant de questions de météorologie et de physique.

On désirerait voir dans cet ouvrage, plus d'ordre et de clarté. Les sujets les plus divers sont traités en même temps, sans que la liaison soit indiquée ; les affirmations, les paradoxes, se suivent et rendent

la lecture de ce livre fort difficile, d'autant plus que les noms propres anciens et modernes fourmillent et qu'aucune carte complète n'est là pour éclairer le lecteur.

A MAP OF THE GOLD-COAST AND InlAND COUNTRIE8, BETWEEN AND

BEYOND THE Pea AND VoLTA, bjT the Basel Missionarics, Vsoooiu.- Basel (Missions-Buchhandlung), 1885, fr. 4. — Pour se reposer des travaux de révangélisation, les missionnaires bâlois, étudient les contrées où ils résident, au point de vue physique et en dressent les cartes, rendant ainsi de réels sei'vices à la géographie. Nombreux sont les ouvrages de géographie cure qui ont été publiés par leurs soins, et si la région de la Côte d'Or est actuellement un des pays les mieux connus de l'Afrique c'est à eux qu'il faut l'attribuer.

Quoique écrite en anglais, cette carte a été gravée dans les ateliei-s de MM. Wurster, Randegger et C* à Winterthur. Elle est due aux travaux de MM. P. Steiner, F. Ramseyer, A. Mohr, etc., qui ont réuni les matériaux et en ont fait la compilation. De fort belles dimensions, elle ne compreild cependant, par suite de la grandeur de l'échelle, en largeur, que l'espace limité à l'est par l'embouchure du Volta et à l'ouest par Elmina ; en hauteur, elle s'arrête un peu au nord d'Abétifi. Les montagnes sont indiquées en bistre, les eaux en bleu. Les degrés sont marqués de dix en dix minutes. Toutes les localités, villes, stations missionnaires et jusqu'aux plus petits hameaux indigènes ont leur place. D'une grande netteté, elle est d'une consultation facile. C'est, croyons-nous, l'une des cartes les plus complètes et les meilleures publiées jusqu'à ce jour.

Elle renferrfe aussi un profil, sud-nord, partant de Christiansborg et dressé par M. Ramseyer, une petite carte générale d'Afrique , enfin la continuation à plus petite échelle (Viooooo) du cours du Volta jusqu'à Salaga.

Afrikas Westkûste. Vom Ogowe bis zum Damara-Land, von D"^ G. Falkenstein. I. Abtheilung : mit 17 Vollbildern und 64 Abbildungen. Leipzig (Freitag) und Prag (Tempsky), 1885, in-12, 241 p., 1 fr. 85. — Voici le troisième ouvrage sur l'Afrique, de la collection si intéressante et si utile, « L'état actuel de la science, » qu'éditent MM. Freitag et Tempsky. Les deux premiers, dus à la plume du D' Hartmann, s'occupaient de la région du Nil, c'est-à-dire de l'Afrique orientale; M. Falkenstein a choisi la côte occidentale, vers laquelle la question du Congo a attiré l'attention. Mais il ne décrit pas la division politique telle qu'elle ressort des derniers arrangements. Le chapitre consacré à l'histoire des

découvertes, dans lequel il est fait une large part aux explorations allemandes, conduit jusqu'à l'établissement des premières statioDS de l'Association internationale du Congo. ^

L'auteur examine ensuite le climat, la géographie physique, la flore et la faune de cette partie de la côte occidentale comprise entre rOgôoué et la Cimbébasie, et formée de terrasses qui, du plateau central, s'abaissent vers l'océan Atlantique, région bien limitée et constituant un tout distinct des contrées voisines. Les habitants, blancs et noirs, leui*s mœurs, leurs habitations, leur religion, leur organisation politique sont aussi l'objet d'une étude fort intéressante.

En somme, cet ouvrage est substantiel, instructif et doit plaire à h jeunesse, soit par le style tout à fait à sa portée, soit par ses nombreuses gravures : villages nègres, types d'habitants, spécimens végétaux, formes animales, etc.

SûDAFRiKA BIS zuM Zambesi, vou D' Oustav Fritsch. L Abtheilung : Das Land mit seinen pflanziichen und tierischen Bewohnern : Mit 50 Abbildungen und einer Karte. Leipzig (Freytag) und Prag (Tempsky), 1885, in-12, 233 p., 1 fr. 35. — Cet ouvrage fait aussi partie de la collection « L'état actuel de la science. » C'est le quatrième de la série africaine et l'on nous en promet d'autres sur Madagascar, le Maroc, etc. Le D' Fritsch étudie la contrée située au sud du Zambèze, c'est-à-dire le bassin du Ngami, le Kalahari, le Transvaal, la République du fleuve Orange, et le pays du Cap ; vaste région dont les diverses parties différent de nature et d'aspect puisqu'elle englobe une partie du plateau centra], les monts Nieuweveld, les plateaux appelés Karrous, et aussi, bien le désert sans eau que le bassin du Limpopo, couvert d'une si belle végétation.

Le sujet même comportait donc une grande variété dans la description, et l'auteur a su en tirer parti pour rendre intéressante et pittoresque l'étude du relief de la nature géologique et minéralogique et du système fluvial, sujets souvent arides et ingrats. Les chapitres qui traitent de la végétation et de la vie animale présentent plus d'attrait, grâce surtout aux nombreuses illustrations reproduisant des types de plantes et d'animaux, des paysages complets qui transportent en pensée le lecteur dans ces contrées lointaines.

Ce volume qui s'adresse surtout à la jeunesse pai- son style simple et facile, sera suivi d'un second spécialement consacré aux populations et à la géographie politique.

BULLETIN MENSUEL {6 juillet 1885. ')

M. Telsserenc de Bort, secrétaire* général de la Société météorologique de France, chargé de continuer dans le Sahara al^^rien et tunisien les travaux qu'il y avait commencés en 1883, a exploré, au sud de Touggourt, la vallée de Tlgharghar. De Hassi-Ouled-Miloud, visité par la mission Flatters, il s'est dirigé vers le sud-ouest, dans la région des grandes dunes, qui se présentent comme des montagnes bordant de grandes plaines, oii le sol résistant est encore à nu, et dont plusieurs sont encore recouvertes de petits cailloux. Passant par les puits d'El-Aouidef, de Rhourd-Roumed et d'Oglet-Naceur-Jeretmi, il est remonté versBereçof, d'ôli il a regagné le Nefzaoua et Gabès. Près du puits de Rhourd-Roumed, il a trouvé la trace bien caractérisée d'un ancien lac d'eau douce, d'un kilomètre de longueur sur 700 à 800 mètres de largeur. Le fond de la dépression oîi il étaitrenferme un limon durci, rempli de coquilles fossiles d'un âge récent. De là, jusqu'à Gabès, l'explorateur a constaté la présence de l'homme, à une époque très ancienne, par de nombreux silex taillés, pointes de flèches, grattoirs, etc., dans presque toutes les dépressions oii subsiste l'ancien sol, c'est-à-dire à peu près partout, les dunes n'occupant que des surfaces restreintes. Entre Touggourt et Bereçof, il a rencontré une sebka de six à huit kilomètres d'étendue, qui était alors à sec ; mais l'eau s'y rassemble après les grandes pluies. Elle est bordée d'une chaîne de dunes à peu près circulaire, au delà de laquelle se trouvent deux plaines où les vestiges de l'habitation de l'homme sont très nouibreux ; outre des silex taillés, on y rencontre par centaines des traces de foyers indiqués par des agglomérations de pierres noires autour de certains points.

La mission du colonel Landas, envoyée pour choisir l'emplacement le plus favorable à la création du port de Gabèa, avait à étudier en même temps la nature du sol dans le voisinage de cette localité, pour s'assurer de l'existence de matériaux de construction nécessaires à la construction du port, et d'eau pour alimenter les travailleurs et les futures colonies agricoles. M. Léon Dru, spécialiste en hydrologie, attaché

* Les matières comprises dans nos BuUetins mensuels et dans les Nouvelles cornpUmentaires y sont classées suivant un ordre géographique constant, partant de l'Algérie, puis allant à l'Est, longeant ensuite la côte orientale du continent et revenant par la côte occidentale.

L'AFRIQUE. — SIXIÈME ARKÉE. — H® 7. 7

à la mission, a trouvé, à onze kilomètres de l'embouchure de l'Oued- Mélah, des calcaires marbrés de très bonne qualité, dans un relief montagneux désigné sous le nom de Coudiat-Hamacimet. En outre, à 800 mètres de la rive gauche de l'Oued-Mélah, et à 1200 ou 1500 mètres de la mer, il a fait un sondage qui promet une eau suffisante pour l'alimentation. A 85 mètres de profondeur, l'eau a jailli et s'est élevée k cinq mètres au-dessus du sol; puis à 91 mètres, le puits a déversé, à l'orifice du trou de sonde, près de huit mètres cubes d'eau à la minute. Cette abondance d'eau gênant les ouvriers sondeurs, le travail a dû être suspendu, et il a fallu creuser des tranchées pour diriger cette source sur rOued-Mélah.

Nous espérions pouvoir résumer aujourd'hui les travaux de la Commission da csanal de Saez, mais la crise ministérielle anglaise ayant privé les délégués britanniques des instructions qui leur auraient été nécessaires pour la discussion du dernier article du projet de traité, la délibération finale a été ajournée. En ce moment, le ministre des affaires étrangères fait réunir les documents de ces travaux, pour en sai- , sir les cabinets intéressés et provoquer un nouvel échange de vues. Nous attendrons la solution de la question pour en parler en détail.

U est difficile d'être exactement renseigné sur les faits qui se passent au delà d'Assouan, Korosko et Wady-Halfa, les points les plus méridionaux de la Vallée du Mil occupés encore par les troupes anglaises. Qu'y a-t-il de vrai dans les assertions des journaux du Caire, d'après lesquelles le Malidi aurait convoqué à Khartoum tous les émirs du Soudan, qui auraient décidé de marcher sur Dongola et sur la Haute Egypte? Il serait même arrivé à Karti avec l'intention de s'emparer de Dongola ; les chefs indigènes d'Ambukol se seraient ralliés à lui après la retraite des troupes anglaises ; Kassala serait tombé aux mains de ses partisans ! On aurait reçu à Dongola une lettre signée de lui, dans laquelle il déclarerait qu'il refuse de rendre les chrétiens qu'il a avec lui, vu qu'ils ont embrassé l'islamisme et ne veulent pas se séparer de lui, ainsi que l'attesterait une autre lettre signée par 96 prisonniers, parmi lesquels seraient Slatin-bey et Lupton-bey ! Quelque tristes que soient ces nouvelles, elles ne sont pas invraisemblables ; il est même très probable que le Mahdi et ses partisans n'ont pas tardé à occuper le champ laissé libre par la retraite des Anglais, et dans quel découragement n'ont pas dû être plongés les défenseurs de Kassala et les prisoD* niers du Mahdi, en voyant se retirer ceux en qui ils saluaient en espérance des libérateurs !

Quelque respect que uous ayons pour le coloneJ Messedag! «sons à peine ajouter foi à l'affirmatioD contenue dans une letti sée par lui & la Eiforma de Rome, d'après laquelle Gordo encore vivant. Sa conviction est basée sur le récit d'un négociai! témoin oculaire de la chute de Khartoum, qui a rappoité qui don, ni sa suite, ni ses habits et ses papiers n'ont été retrouvés les recherches ordonnées par le Mahdi et qui ont duré trois : négociant croit que Gordon a réussi à gagner Messalamieh, su Bleu, et que de là il s'est dirigé vers le sud.

D'après une correspondance de Massaoua, la garnison égypt Senaheit, citadelle qui domine Kereu et le pays des Bogos, donné cette contrée au négous d'Aby^sinlc, et l'un des officii dernier, Ras Aloula en a pris possession ainsi que de la fortere termes de la reddition, les fortifications .auraient dû être cor ainsi que le marché qui existe dans le pays, et tes étrangers pou demeurer et y continuer leurs plantations de tabac. Mais la \ les Italiens de Massaoua ne vinssent jusqu'à Keren, et ne s'en e sent, ainsi que de la forteresse de' Senaheit et du territoire des ] engagé les Abyssins à démolir de fond en comble la citadelle, nients du marché et les maisons des étrangers. Il n'y a eu d' qiip les maisons des missionnaires français. — Néanmoins M. I .envoyé en mi.ssion auprès du négous a reçu de celui-ci un accueil. L'impression défavorable causée par l'occupation ital Massaoua a été promptement effacée. D'après la Correspondai tiipie, une seconde mission sera envoyée de Rome au négous, remettre une nouvelle lettre autographe du roi d'Italie ainsi cadeaux d'un grand prix.

Le D' Panlitschke a fait à la Société de géographie de Vi rapport sur l'exploration entreprise avec le D' Kammel voi degger au Harrar et dans la partie septentrionale du pays d lasf malgré des circonstances en apparence dangereuses, e s'exécuter sans résultat fâcheux. De Harrar les voyageurs ont i lac.« Timti, labata, Haraniaja et Adelé, et fait une reconnaissa Argobba et Bulassa, dans le territoire des Anuias-Gallas, ju grandes ruines de Bia-Woraba, par 8° 10' lat. nord, qui rero( l'époque du royaume des Adals. Ils ont rapporté de riches co' d'ethnographie et d'histoire naturelle.

M. Ciwpapi, ingénieur hydrographe a rendu compte à la So géographie de Paris, de la mission dont il a été châtié au G(

Tadjonra. Le protectorat de la France s'étend sur toute la côte uord de ce golfe jusqu'au Bahr^Assal, situé dans Touest du Ghubbet-Khorab oti Ton exploite le sel qui se dépose naturellement et en grande abondance. C'est une région très pittoresque de hautes montagnes yolcaniques. Les Danakils qui la peuplent sont noirs, mais diffèrent beaucoup des nègres et se rapprochent des Soudaniens et des Arabes. Ils sont mahométans et nomades ; leur dvilisation est peu avancée. — Le port d'Obock, sans être très spacieux, est sûr et d'un accès très facile. Un dépôt de charbon et des maisons y ont été établis par la Compagnie de navigation Mesnier ; c'est une station qui constitue un point de ravitaillement très bien placé ; elle suffit pour approvisionner en vivres et en charbon les navires français qui vont dans l'extrême Orient. II est question de créer un service postal entre Oboek et Aden» en coïncidence avec le passage des paquebots de la ligne de l'Indo-Chine, et de relier Obock à Pérlm par un câble télégraphique. Les autres postes français du golfe de Tadjoura, Sagallo en particulier, ne sont que des têtes de ligne de caravane : la nature du sol, le peu de salubrité du climat et le peu de goût de la population pour les travaux agricoles oppo* sent de sérieuses difficultés à un établissement colonial véritable.

Le sultan de Zanzibar a chargé un ingénieur français, M. G. Annelv^» d'explorer les n^sements houillers qu'on supposait exister sur les bords de la Rienda, affluent de la Rovouma. Parti de Lindy, sur la rive gauche de l'Ukeredjié, avec cinquante Zanzibarites et un certain nombre de pagazzis, il remonta, en mai 1884, la rivière en canot; mais déjà à une vingtaine de kilomètres en amont de l'embouchure, ce cours d'eau, large de 80O" et d'une profondeur de 5 à 6 brasses à Lindy, devient un mince filet d'eau de deux brasses de largeur et d'un demipied de profondeur; les sources, dans la plaine Yao, en étaient à sec. Cette plaine est pai*semée d'éminences rocheuses qui atteignent, à Masasi, jusqu'à 900" d'altitude, et qui paraissent être la tète de iilons cuivreux ; sur presque toutes, M. Angelvy a recueilli des fragments de malachite. L'examen du sol du .bassin de la Rovouma semble indiquer l'existence de gisements de fer considérables. Au confluent de la Rienda et de la Rovouma, cette dernière rivière est très large, mais coupée par un grand nombre de blocs de rochers qui forment autant d'Iles ; ses sables renferment une forte proportion de fer. Les bords de la Rienda sont parsemés de fragments de houille. Après 46 jours de marche^ l'explorateur atteignit le premier affleurement de charbon qui longe le bord de la rivière ; il fit organiser les fouilles, et suivit la ligne d'affleu-

rement sur une longueur de 60 kilom. jusqu'à Tchipoupouta, où elle traverse la Rienda. D'après les échantillons pris à quelques décimètres au-dessous du sol, qui ont subi les influences de Tair et de Teau, la qualité du charbon est excellente. Le seul regret à avoir, c'est qu'un gisement aussi important se trouve à 290 kilom. de la côte, d'autant plus ^u'il existe des minerais de fer carbonate à quelques centaines de mètres du gisement de houille. M. Angelvy aurait voulu continuer l'exploration de cette région si riche au point de vue minéralogique, mais il dut revenir à Zanzibar. Il suivit la rive gauche de la Rovouma ; le versant nord de Ja vallée est parsemé de nombreux blocs de syénite, dont les couleurs variées donnent au paysage un aspect pittoresque que rehausse encore la végétation luxuriante des bords de la rivière.

Après avoir placé sous le protectorat anglais les^ territoires des tribus he-chuana de Goshen et du Stellaland, à l'ouest du Transvaal, le général Warren a encore établi ce protectorat sur le pays des Bit-HIaiifl^iivato de Shoshoof^. D'après le Cape Argus, le chef Khama, a proposé d'en réserver une partie pour lui et son peuple, et d'en mettre le reste à la disposition du gouvernement britannique pour les colons anglais. Son territoire dépasse de beaucoup le 22°, qu'on prétendait lui assigner comme limite ; il s'étend jusqu'au Zambèze, et Khama demande que cette frontière lui' soit reconnue. lia insisté aussi pour que l'autorité anglaise maintienne la loi prohibitive contre les liqueurs fortes, et accepte celle qui interdit la vente du sol ba-mangwato. L'établissement du protectorat britannique sur ce territoire a dû être annoncé au roi des Ma-Tébélé, Lo Bengula, qui se proposait d'ouvrir des hostilités contre les tribus du voisinage du lac Ngami, dans le pays de Khama,

Le steamer Peace, de la mission baptiste du Congo, ayant à bord M. Grenfell et le D' Sims, a fait une nouvelle reconnaissance du Haut-Congo et de ses affluents. Parmi ceux-ci l'Ikelemba, qui rejoint le grand fleuve, sur la rive gauche, près de l'Equateur, a été remonté sur la plus grande partie de son cours, de 200 à 250 kilom. L'Itlmblri, affluent de droite, a été exploré jusqu'à 2° 55' lat. nord, oîi son cours est barré par les chutes de Loubi, et la Mani^ala, également tributaire de droite du Congo, a été reconnue jusqu'à 2° 6' lat. nord où elle a 150" de large et 3 à 4" de profondeur, ce qui permet de supposer qu'elle n'a pas plus d'une centaine de kilom. de longueur. L'exploration la plus importante du Peace dans ce voyage a été celle de la Llboko nommée aussi Oubani^, affluent septentrional, dont l'embouchure dans le Congo est par 0** 28' lat. sud. Disons d'abord que M. Grenfell a reo-

tifié la direction du Congo lui-même, dans la partie de son cours entre Bangala et TÉquateur ; le coude qu'il forme en cet endroit est beaucoup moins accentué que ne l'indiquent les cartes. Dans sa première descente du Congo, Stanley avait entendu parler de la grande rivière Oubangi, réputée par les indigènes comme le plus important affluent de cette région. Sans avoir pu l'explorer depuis 1879, il avait cependant cru pouvoir déclarer, devant la commission technique de la Conférence africaine de Berlin, que ce cours d'eau très considérable prenait sa source à une grande distance au nord, près de celles du Chari. Le premier, le capitaine Hanssens, accompagné du lieutenant Van Gèle, y pénétra en 1883, reconnut la grande agglomération de villages connue sous le nom d'Oubangi, et assura, par traité, de vastes territoires à l'AssociatioD^ près de ce centre populeux, un des marchés les plus importants de cette partie du continent. Après lui, le Peace a remonté deux fois l'Oubangi, qui, à son confluent, mesure onze kilomètres de large. Dans un premier voyage, M. Grenfell s'avança jusqu'à 1** 25' lat. nord, à 175 kilom. de l'embouchure, en un endroit où l'affluent avait encore 3000" de largeur: à 53 kilom. du confluent il mesurait IS"* de profondeur. II venait du N.-E., dans une direction parallèle à celle du Congo, de sorte que le pays entre les deux cours d'eau forme une presqu'fle longue et étroite. À l'époque des hautes eaux, plusieurs canaux les font communiquer. La seconde fois le Peace a remonté l'Oubangi sur un parcours d'environ 540 kilom. jusqu'à 4*" 30' lat. nord. La rivière avait en cet endroit 600^ de largeur et 6"" de profondeur, quoiqu'on fût à la fin de janvier et que les eaux baissassent depuis près de deux mois. Sur les renseignements fournis par M. Grenfell, M. Wauters, rédacteur en chef du Mouvement géographique de Bruxelles, a basé une hypothèse nouvelle, d'après laquelle l'Ouellé ne serait plus le cours supérieur de l'Arououimi comme le croit Stanley, non plus que celui du Chari comme le pensent Schweinfurth, Junker et Casati, mais celui de l'Oubangi. Procédant par élimi* nation, M. Wauters cherche à démontrer qu'au point de vue de l'époque des crues et du volume d'eau, il n'est pas possible que le Chari, qui acquiert son maximum de hauteur en septembre et octobre, et dont le débit n'est que de 730 mètres cubes par seconde à l'époque où les eaux atteignent leur niveau le plus bas, ait pour source l'Ouellé dont le maximum de crue arrive à la fin d'octobre, et dont le débit au moment de l'étiage n'est que de 300 mètres cubes. Des motife analogues ne lui permettent pas d'admettre l'hypothèse de l'Ouellé-Arououimi de Stanley, que semble d'ailleurs ébranler le dessin de la carte qui accompagne le

doutqI ouvrage du célèbre explorateur ; en effet, d'après ce cours de l'OueUé est à peu près direct d'est en ouest, ce qui cations précises de Junker et de Potages ne permet pas liaison entre l'Aronouimi et l'Ouellé. Disons cependant cette direction d'est en ouest indiquée dans sa carte, Stanli jours que l'Ouellé et l'Anmouimi sont une seule et même i n'avons pas encore eu sous les yeux le rapport de M. ( selon M. Wauters.incline à rattacher l'Ouellé à l'Itirabiri, l'embouchure dans le Congo se trouve passablement à l'o de l'Arououimi ; mais M. Wauters ne peut accepter cett ritimbiri ne débitant, à l'époque du maximum de crue, qui cubes. Resterait l'hypothèse de M. Wauters d'après laqu' après avoir reçu ses nombreux affluents connus, le Bo M'bomo, le Grenko, le Foro, etc., suivant presque parallëlei vement de la courbe du Congo, s'infléchirait doucement vei recueillant les eaux d'un vaste bassin délimité par la lign des eaux du Chari, du Bénoué et du Mayo, et dont Fie] quelques rivières, le Bail, le Donasala, le Nana, le Koua aval, et réglant toiyours sou cours sur celui du Congo, 1' drait le nom de Liboko, recevrait de l'ouest la Licona, déct sa partie supérieure par de Brazza, et après un parcours de déverserait la masse de ses eauxdans le Congo, près du village 60U8 0" 28' lat. sud, par une embouchure de onze kilomètre et de 20" de profondeur. Pour appuyer son hypothèse, M. appelle à la configuration du terrain de cette partie de 1'^ qu'on peut se la représenter à grands traits d'après les Baker et de Schweinfurth, et les indications fournies par l et M. Grenfell; au volume et à la crue des eaux, ainsi qu'au meuts donnés par les indigènes, qui signalent l'existence d grandes eaux au nord du Congo, sur la ligne que devrait su pour rqoindre l'Oubangi. Si cette hypothèse était fondée exploration ultérieure pourra seule permettre de constater, gable offerte par ce grand affluent du Congo, fournirait li pénétrer avec des bateaux à vapeur jusqu'au pays des Mon des Kiams-Niams, aux limites du bassin du Bahr-el-Gbazal ; pourraient remonter de la station de l'équateur jusqu'à SchweioAirth salua l'Ouellé pour la première fois. Cou Scbveinfurth lui-même que M. Wauters a soumis en pt hypothèse, nous attendrons, pour émettre notre avis, que cel

le premier a rattaché TOuellé au Chaii, ait examiné la question nouvelle posée par M. Wauters. U est plus compétent que nous pour juger si rhypothèse du savant géographe de Bruxelles résout mieux que la sienne les difficultés du problème de TOuellé.

Deux expéditions ont été organisées à Bruxelles en vue d'étudier le meilleur tracé pour un chemin de fer le long du Bas-Con^o. Deux projets sont en présence. D'après le premier, la voie ferrée serait fractionnée en deux tronçons, réunissant Vivi à Isanghila, et Mauyanga à Léopoldville ; ces deux tronçons seraient reliés par un service de bateaux à faible tirant d'eau, entre Isanghila et Mauyanga. L'autre projet suit entièrement la rive gauche depuis un point à déterminer, en amont de Noki, jusqu'au Stanley-Pool. Il aurait sur le premier l'avantage que les transports s'opéreraient sans rompre charge à Isanghila et à Mauyanga; en outre il ti'averse des plateaux beaucoup moins ravinés que ceux de la rive septentrionale, très fertiles et extrêmement peuplés. La première expédition, dirigée par M. le lieutenant Van de Velde, ancien chef de Vivi, s'est embarquée à Rotterdam le 31 mai. La seconde, commandée par M. le capitaine Zbomski, partira vraisemblablement au commencement de juillet.

Le bruit s'étant répandu que des bandes d'Arabes auraient attaqué les stations de l'Association internationale sur le Haut-Coimo, M. Wauters a exposé, dans le Mouvement géographique, les faits qui se sont passés à la station de Stanley-Falls, et qui ont donné lieu à là rumeur susmentionnée. Voici les renseignements que lui a fournis à cet égard M. Van Crèle, naguère encore chef de cette station et actuellement en Europe. Un certain nombre d'esclaves nègres, guidés par quelques Arabes, obéissant au puissant Tipo-Tipo, gouverneur de Nyangoué, ont détruit plusieurs villages indigènes, situés en dehors de l'action des établissements de l'Association, mais ils n'ont nullement attaqué ceux-ci. Dans une entrevue que Tipo-Tipo a eue avec M. Van Gèle, il a donné à celui-ci l'assurance que ses intentions étaient entièrement pacifiques; que si ses lieutenants avaient détruit quelques bourgades nègres, c'était en contrevenant à ses ordres, et parce que les indigènes avaient refusé de leur vendre des vivres. Il promit de rappeler tous ses sous-chefs dans le Manyéma, et s'engagea à faire respecter par ses hommes la vie et les propriétés des indigènes habitant les territoires de l'Association. Il a témoigné le désir d'entamer avec les natife des relations commerciales régulières, et a prié M. Van Gèle d'intervenir auprès des populations pour les rassurer sur les intentions des Arabes et

les engager à entrer en relation avec eux. M. Van Gèle ayant appris qae Tipo-Tipo se préparait à envoyer une caravane dans la région où se trouvent Junker et Casati, a remis au chef arabe une lettre pour les explorateurs européens, afin de les informer des bonnes intentions de l'Association du Congo à letir égard et des secours qui les attendent dans ses stations.

Nous avons annoncé (p. 156) le départ d'Amérique d'une troupe de 50 missionnaires, hommes et femmes, pour le Con§^o. M. Paul Châtelain, de la Perrière (Jura bernois), qui a un frère parmi ces missionnaires, nous a donné sur cette expédition des renseignements que nous jugeons utile de faire connaître à nos lecteurs. Elle est indépendante de toute société de missions et se trouve sous la direction de l'évêque méthodiste WIlliAm Taylor, secondé parle D' Summers. Celui-ci, avec M. Châtelain, précéda quelque peu le gros de l'expédition à Loanda; avant l'arrivée de l'évoque dans cette ville, une station fut établie à Mayemba, où M. Taylor laissa cinq de ses hommes. Dès les premiers jours du séjour à Loanda, de fortes pluies survinrent, les maladies ne tardèrent pas à se déclarer, très graves pour quelquesuns ; l'un même y succomba. Néanmoins les préparatifs se firent pour avancer dans l'intérieur. Le ly Summers fit une excursion jusqu'à Malangé, par Ambaca, avec retour par Pungo-N'longo. Aux dernières nouvelles (12 mai), des pionniers allaient faire une reconnaissance dans cette direction, tandis qu'un .quaker, le D' Johnson, membre de l'expédition, se disposait à partir pour Mossamédès oU il comptait s'établir.

Le gouvernement français a chargé le IK Ballay et le lieutenant de vaisseau Rouvier de se rendre au Congo, pour reconnaître sur place les établissements cédés par l'Association internationale À la France. Avant leur départ les deux commissaires se sont rendus à Bruxelles, où ils ont été présentés au roi Léopold, qui a réglé d'avance, avec le directeur de l'État libre du Congo, les points sur lesquels MM. Rouviei- et Ballay auront à s'entendre avec les commissaires de l'État du Congo, ainsi que ceux qui sont restés en suspens relativement aux frontières, après la Conférence de Berlin. Une fois l'entente établie entre les commissaires français et ceux qu'aura désignés le Comité de Bruxelles, les agents des stations cédées par l'Association à la France, les remettront au commandant supérieur des établissements français du golfe de Guinée, M. le capitaine de frégate Pradier, qui en prendra possession, en même temps qu'il prendra la direction de celles qui ont été créées sur l'Ogôoué et l'Alima par la mission de l'ouest africain.

Au Gabon, MM. Rouvier et Ballay toucheront à Libreville; puis ils se rendront dans la baie de Loango, d'où leur caravane se mettra en route pour visiter toutes les stations du Niari-Quillou, jusqu'à Manyanga. De ce point, la mission se dirigera sur Brazzaville, ea longeant les cataractes de Livingstone jusqu'au Stanley-Pool ; elle suivra ensuite le Congo jusqu'au confluent de TAlima, qu'elle remontera jusqu'au point où commence la route qui relie cette rivière à l'Ogôoué. La durée de la mission sera de cinq à six mois.

D'après une lettre d'un officier à bord du Bismarck, au Cameroon, l'amiral Knorr, commandant de l'escadre allemande, au golfe de Guinée, a été quelque temps prisonnier des indigènes. Il avait formé le projet de contracter une alliance avec les natifs du haut Cameroon, mais il fut pris par des nègres Abo, qui ne le relâchèrent que lorsque ses hommes eurent pris des mesures sévères de représailles. Dès lors il résolut d'interrompre tout commerce avec les nègres Abo, qui occupent les rives du Yabang; il envoya un petit steamer de la maison Wœrmann, avec une vingtaine d'hommes, mouiller au confluent du Yabang et du Cameroon, et établir une sorte de blocus. Mais au bout de peu de temps il fallut remplacer l'équipage du steamer, tous les hommes soufFrant de la fièvre. Une petite expédition fut faite sur le Yabang et aboutit à la prise de quelques canots; quelques nègres furent tués.

Un accord est intervenu entre l'Ang^leterre et l'AIlemai^iie, relativement à la sphère d'action des deux puissances dans le solfe de Guinée. L'Angleterre a reconnu à l'Allemagne la partie de ce golfe qui s'étend entre les rivières Rio-del-Rey et Vieux-Calabar. L'Allemagne s'est engagée à ne pas faire d'acquisitions, à ne pas accepter de protectorat et à ne pas s'opposer à l'extension de l'influence anglaise dans la partie du golfe située entre la rive droite du Rio-del-Rey et la colonie britannique de Lagos. Chacune des deux puissances a retiré les protectorats déjà établis dans les limites assignées à l'autre partie contractante.

La Gazette officielle a publié une notification du ministre français des affaires étrangères, énumérant les districto du HVIger places sous le protectorat anglais. Ces districts embrassent les territoires situés sur la ligne de la côte comprise entre le protectorat anglais de Lagos et la rive occidentale de l'embouchure du Rio-del-Rey; puis les territoires situés sur les deux rives du Bénoué, de son confluent jusqu'à Ibi.

La llipae ferrée de Dakar A Saint-Lonia a été terminée

— sosie 12 mai; elle traverse le Cayor, qui produit eu abondai oléagineuses qu'on exporte à Marseille, Bordeaux et Di i^u'ici ces graines étaient apportées au port d'embarqi nombreuses caravanes de Maures, mais au fur et à mes tructioQ de la ligne, les comptoirs se sont établis aux e villes nouvelles se sont fondées à Ttaiès, Tivaouanne et la protection de la France. Partout s'est développé un c ment actif que, dès le début, la ligne a eu les plus gr faire face au trafic qu'elle créait. Actuellement, on voit la ligne les noirs se mettre h défricher les broussaille les arachides. L'année prochaine, la production et I« vraisemblablement doublé.

Le roi du BJolnf qui, eu 1883, avait rompu tes unissant ses États avec la colonie du Sénégal, et dont 1 gandage désolaient le Djolof et les pays avoisinants, e qu'ils entravaient le commerce, a sigué avec te gouverne gai une convention destinée & régler les relations qui entre les deux pays. Il a placé sou pays sous la suzerair t«ctop«t de la France, et s'est engagé à ne pas territoire des individus qui s'y réfugieraient pour nuire i Saiut-Louis, du Cayor et du Baot. Il a promis de ne g liberté commerciale, de ne jamais intercepter les et d'user de sou autorité pour protéger le commerce, de I vage des produits et des troupeaux, et de développer tes pays. Dans le cas oii le gouvemenieiit français voudrait stations du chemin de fer de Dakar Saint-Louis, k Bakel qui traverserait le Djolof, le roi donnerait toutes les fai pour la construction de cet embranchement; en particuli des travailleurs pour creuser des puits sur le parcours Comme gage de ses bonnes intentions, le roi du Djolc à confier son fils aîné au gouvernement français, pour que donner & Saint-Louis une instruction suffisante et une é permette un jour de régner avec sagesse sur le Djolof.

NOnVELIiES COMPLÉMENTAIRES

Des études sérieuses se poursuivent entre Sétif et Bougie, Akhra et par le Dra-el-Arbs, pour l'établissement d'un chen étroite.

Le cardinal Manning a publié, dans les TahleUes,àe Londres an appel en faTeur de la création d'une Association du Nil, analogue à celle qui a préparé l'établisse* ment du nouvel État du Congo. < Une pareille association serait, ^ dit-il, < im monument consacré au souvenir de Gordon, car si le Haut-Nil pouvait être ouvert k l'industrie et au commerce légitime, la traite des esclaves mourrait de sa belle mort. >

Un service postal hebdomadaire a été inauguré le 12 juin entre l'Italie, Massaoua, Assab et Aden.

L'expédition de MM. F,-L. et W.-D. James pour l'exploration du pays desSomalis, n'a pu exécuter pleinement son projet de se rendre de Berbera à Magadoxo. Elle a cependant réussi à atteindre Barri, sur le Webbi, à 640 kilom. de Berbera, à travers une partie du plateau non encore explorée par des Européens. Barri est à 320 kilom. de Magadoxo. ,

Une souscription publique a été ouverte à Stuttgardt, en faveur de l'expédition allemande que le D' Fischer doit entreprendre, pour tâcher de pénétrer jusqu'aux anciennes provinces égyptiennes équatoriales, où sont encore, nous l'espérons, Emin-bey, le D' Junker et Casati.

Un télégramme de Zanzibar annonce que l'empire allemand a conclu, avec les chefs indigènes de Vitou, province située au nord des États de Saïd-Bargasch, un arrangement qui lui confère le protectorat sur cette région.

Par suite de difficultés survenues entre les membres de l'expédition italienne, le capitaine Cecchi a dû entreprendre seul avec M. Cenni l'exploration du Djouba inférieur. Le Barbertgo, sur lequel ils s'étaient embarqués, est heureusement arrivé à Zanzibar.

M. Hôrnicke, chef d'une expédition allemande à la côte orientale d'Afriqne, s'est mis en route, de Zanzibar pour l'intérieur, le 11 mai, avec 160 porteurs indigènes et des provisions pour cinq mois.

Le sultan de Zanzibar a conclu des traités de commerce avec l'Italie et la Belgique. — D'autre part, il a élevé des prétentions sur les territoires récemment placés sous le protectorat de l'empire allemand, et y a même envoyé des troupes. Une escadre allemande s'est rendue dans les eaux de Zanzibar.

Le ministère français de la marine a conclu, avec la Compagnie des Messageries maritimes, un traité pour la création d'un service postal mensuel qui desservira la Réunion, Tamatave, Vohémar, Diego-Suarez, Nossi-Bé, Majunga, Mayotte, Mozambique et Zanzibar.

Le vapeur, le Charles Janson, destiné à la Mission des universités, sur la c6te orientale du lac Nyassa, a été transporté, par parties démontées, au delà des rapides du Chiré, et va être reconstruit sur le haut fleuve.

M. Frédéric Bordas, naturaliste, est chargé, par le gouvernement français, d'une mission zoologique aux Comores.

Le président de la république du Transvaal a protesté contre la prise de possession, par l'autorité britannique, de la baie de Sainte-Lucie, qu'il réclame pour

la DODTelle république du Zonlonlond, et qa'il déclare port libr< DBtioDS, Buia exception aucune.

D'après un Bhu Book qui Tient de paraître, l'Allemagne a retir contre la prise de poueasion de Sainte-Lacie par les Anglain. £11 faire des acquigitiona territoriale! ou d'établir des protectorats s Natal et la baie de Delagoa.

M. Jacques de Morgan, ingénieur ciril des mines, est chargé d' logique et minéralogique dans l'État libre de l'Orange, le Traos land et la colonie de Natal.

Le TranmacU Advartiser annonce qoe, dan* la prochaine seaaio une concession sera demandée pour la construction d'un chemin i toria et Eimberlej.

Le conte d'Oksza a passé avec le gontrernement de Lisbonne ui pose d'an cAble sous-marin, qni relierait le Portugal avec les | péennes de la cfite occidentale d'Afrique jusqu'au Cap de. Bonn comte d'Oksza est actuellement en pourparlers avec les gouvernt français, allemand et anglais, pour faire profiter leurs colonies avantages qu'offrira cette noavelle ligne de communications rapid

Notre compatriote, M. Mas de Pourtalès, depuis près d'un s l'Association internationale du Cougo, a été nommé chef de la sta

A l'exemple de la Société des missions de Baie, celle de l'AIlt dont le siège est à Brème, a adressé au prince de Bismark m demander que l'Allemagne s'efforce d'obtenir, par voie diplomatie taCion des spiritueux dans tes territoires du Congo et du Niger se un impOt, et la vente, par un droit de patente élevé ; une demam spécialement les territoiree placés récemment sous le protecto allemand.

L'expédition autrichienne placée sous la direction du D'' Len chercher à porter secours aux Européens bloqués dans la provi Gbazal, a dû s'embarquer le 30 juin & Hambourg. Elle tftche région de l'Ouellé, soit par la vallée de l'Oubangi, soit par celle! de l'Arououimi.

La mission italienne d'exploration commerciale du Congo, doni été ajourné, se mettra prochainement en route sous les ordres du un des compagnons de voyage de Nordenskidld.

La Chambre des députés de Lisbonne a adopté l'Acte général < de Berlin, et la convention avec l'Association internationale. Le présenté un projet de loi relatif à l'organisation du nouveau distrii restera sous l'autorité du gouverneur général de la province i'A dence du sous -gouverneur sera à Cabinda.

Le roi de Bonnj (bouches du Niger), Oko-Jumbo, est venu I reine d'Angleterre, sons le protectorat de laquelle son royaume a

La souscription ouverte par la Société coloniale allemande en

sèment de stations snr le haut Bénoué, ayant produit des sommes assez considérables, il à été décidé de procéder sans retard à l'exécution de ce projet

Le protectorat de la France a été établi sur les territoires des deux Popos, le^ Qrand et le .Petit Popo, à la côte des Esclaves. Ce protectorat relèye du commandant de Eotonou, placé lui-même sous les ordres du commandant supérieur de» établissements français du golfe de Guinée, résidant à Libreville.

Le D' Fisch, envoyé par la Société des Missions de B&le, aux stations de la Côte d'Or, comme médecin missionnaire, est arrivé à sa destination, et a reçu des indigènes un accueil très cordial.

L'ambassade française a reçu du sultan du Maroc un très bon accueil à Meqninez; on peut espérer un règlement satisfaisant des questions pendantes entre les deux pays. D'autre part^ l'envoi d'une ambassade marocaine, arrivée récemment en France, témoigne du désir du sultan d'entretenir des rapports de bon voisinage avec le gouvernement français.

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