‹ L'Afrique explorée et civilisée;Chapitre 3 sur 38 · HP · texte numérisé non relu

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pluies, des épidémies teiribliB y déciir le D' CuDy reconnaît les services rendiu parties du Soudan, par l'occupation four y avaient formé des élèves et avaient ap] La description qu'il fait du Kordofau immense plateau recouvert de sable, à loin en loin, et plus ou moins rapprochée nombre, des montagnes aux environs d des nomades, parce que c'est là qu'il y i habitée qu'à la saison des pluies, maise] dans les parties où il y a des réservoirs < n'est que du sable à une grande profon< couvert d'herbes, et partout d'arbres et quer que l'bumus n'est pas absotume que les plantes peuvent aussi bien tirerl sèment quand elles poussent dans le sab une terre féconde. C'est là que l'on ren précieux pour cette zone et pour le Dari voirs de l'eau tombée pendant la saison explorer le Darfour dans lequel il se ren arrivée il mourut, sans que l'on ait jami Dans les provinces conquises sous M par le gouvernement égyptien pour se pour ainsi dire, ses mudirs à fair« des i en 1875, le vice-roi prépara son expé profiter de ta situation embarrassée de ' vre pour recruter une armée. Une vai grande échelle, dans le FazogI, le Takal Nil-Blauc et sur les frontières de l'Ahys! tout ce monde, il fallait de l'argent; le extorsions de toutes sortes ; les impôts même, et les cheiks qui no purent fain fiirent jetés aux fers. Les districts épuisés lés par une famine qui n'épargna pas Kl l'ouest émigrèreqten foule au Darfour. 1 faisait pas moins annoncer dans les jd exemplaire de la traite; tandis que, so gouverneur de Khartoura. Mouça-pacha, d'une taxe exorbitante imposée à toute b

Pendant que Lejean était à Kassala, iV voyait les bandes d'esclaves passer devant sa demeure, liés deux à deux par le cou, pour le compte du gouvernement. Les casernes regorgeaient; on en vendait ou en donnait aux employés de TÉtat pour remplacer leurs appointements en retard. Comment les Soudaniens auraient-ils renoncé à l'esclavage, quand les gouverneurs des provinces spéculaient sur ces malheureux?

Ce fuirent les maux dont Baker fut témoin au Soudan, lors de sa première expédition sur le Haut-Nil, à la rencontre de Speke et de Grant, arrivant du Victoria-Nyanza, qui l'engagèrent à prendre en mains la cause des esclaves, et à entreprendre contre les négriers la campagne que devaient continuer après lui Gordon-pacha et Gessi, dans tout le bassin du Nil-Blanc.

Lors de son passage à Khartoum, au printemps de 1862, le Soudan égyptien n'exportait encore que de la gomme, du séné, des.cuirs, et envirou pour cent mille francs d'ivoire par an; en réalité cette possession n'intéressait l'Egypte que parce qu'elle fournissait des esclaves aux pays mahométans. « A Khartoum, » dit Baker, « l'intérêt de l'argent étant de 36 à 80 pour cent, il y a peu de place pour un commerce légitime; aussi, n'en fait-on guère d'autre ici que celui des esclaves, et, en général, c'est dans cette catégorie d'affaires qu'il faut ranger ce qu'on appelle le commerce du Nil-Blanc. Voici comment cela s'organise. Un aventurier sans ressources trouve, pour ce négoce, h emprunter à cent pour cent. Il lève une bande de coupe-jarrets et part vers le mois de décembre. Au-delà de Gondokoro, il s'allie à un chef nègre quelconque, cerne un village qui lui est hostile, y met le feu, tue les hommes et emmène les femmes et les enfants, avec le bétail, l'ivoire et le reste du butin. Pour sa peine, le chef nègre obtient d'abord trente ou quarante tètes de bétail ; un tiers des vaches et des bœufs revient aux gens de l'expédition; mais le négociant rentre graduellement en possession de tout cela, en le troquant contre des esclaves ; puis il profite d'une occasion propice pour tuer le chef son allié, dont le peuple est à son tour pillé et réduit en esclavage. Alors l'aventurier, laissant jusqu'à son retour une partie de sa bande continuer les mêmes procédés, prend le chemin de Khartoum. Un peu avant d'y arriver, il se défait de ses esclaves qu'on expédie vers tous les pays de rislam. Rentré dans la ville avec son ivoire et son»argent, il liquide son emprunt et devient capitaliste à son tour. D s'ensuit que tout Européen qui veut remonter le fleuve est regardé comme un espion, cherchant à violer le secret du territoire des esclaves, et que tout le monde, autorités, négociants, agents, se trouve intéressé à entraver son expédition. »

aux explorateurs qui les traversaient pour pénétrer plus au sud. Des relations postales étaient établies jusqu'au pays des Niams-Niams et des Mombouttous.

Avant rétablissement d'une bonne administration à Khartoum, ni Schweinfurth, ni Junker, ni Casati, n'eussent pu atteindre la région de rOuellé, non plus que Schuver explorer le pays des sources du Jabos, du , Tournât et du Yal ; peut-être même Matteucci et Massari n'auraient-ils pas pu dépasser la frontière du Darfour, annexé aux possessions égyptiennes en 1874. Outre la sécurité offerte aux voyageurs, les facilités que leur présentait Khartoum pour les approvisionnements, et la diminution des frais qui résultait de la possibilité de n'organiser les caravanes que dans le centre du Soudan égyptien, étaient un grand encouragement pour les savants à le choisir comme point de départ de leurs excursions vers le sud. Nos lecteurs se rappellent aussi que, lorsque deux des missionnaires anglais de l'Ouganda, MM. Wilson et Felkin, durent revenir en Europe accompagnés des ambassadeurs du roi Mtésa, ils préférèrent la voie du Nil à celle du Victoria-Nyanza et de l'Ougogo. Beaucoup plus récemment encore le D' Schweinfurth, examinant les différentes voies fluviales africaines, au point de vue des avantages qu'elles présentent pour la poursuite de l'exploration du centre du continent et pour les progrès de la civilisation, préconisait la route du Nil comme la plus praticable sur le plus long parcours, étant donnée, bien entendu, la construction du chemin de fer deBerber à Souakim.

Le Soudan égyptien voyait s'ouvrir pour lui-même un heureux avenir, en même temps qu'il aUait servir de point de départ aux progrès de la civilisation des pays plus méridionaux, lorsqu'est survenu le soulèvement provoqué par Mohanmied-Ahmed. L'influence s'en est immédiatement fait sentir sur les relations commerciales avec l'Europe, qui ont été paralysées, et sur l'œuvre missionnaire au Darfour et au Kordofan, tous les agents de ces missions ayant été faits prisonniers par les troupes du niahdi. Ceux de Khartoum même ont quitté cette ville et pris la route du Caire, jugeant sans doute que, dans les circonstance); actuelles, la sagesse leur faisait un devoir de se replier sur les établissements de l'Egypte propre. Quant aux explorations, impossible de songer à en entreprendre de nouvelles. Nous nous demandons même ce que vont devenir Casati et Schuver, dont le retour, du Bahr-el-Ghazal et de l'Ouellé, est coupé par les bandes du Mahdi occupant le pays à l'ouest du Nil- Blanc, et bientôt sans doute tout le territoire compris entre les deux Nils, jusqu'à Sennaar et au delà, puisque des adhérents de Mohammed-Ahmed

parcourent les districts avoisinant Souakim et la mer Rouge jusqu'à Massaoua. Qu'adviendra-t-il du Darfour où Slatin-bey paraît encore tenir bon, et où, nous l'espérons, Gottfried Roth a réussi à trouver un refuge ; et des provinces du Bahr-el-Ghazal et du Haut-Nil gouvernées par Lupton-bey et par Emin-bey, privés de communications régulières avec le Caire? Que deviendront les populations du Soudan sous l'autorité du Mahdi? Il y a tout lieu de craindre que les chasseurs d'esclaves ne profitent de l'état de trouble de ce pays pour ressaisir leur empire. Us paraissent n'être pas demeurés étrangers à la révolte contre le gouvernement égyptien et contre l'influence des Européens, et il semble que la mort de M. Moncrief, tué au sortir de Souakim par des partisans du Mahdi, doive être attribuée en partie à la haine que les trafiquants d'esclaves avaient vouée à ce surveillant de la traite.

Quoi qu'il advienne, l'état actuel des choses au Soudan crée aux nations civilisées des devoii's plus pressants que jamais ; en particulier celui de hâter, dans les pays sur lesquels elles exercent une influence directe, et tout spécialement en Egypte, la suppression de l'institution même de l'esclavage, pour fermer aux trafiquants les marchés où jusqu'ici ils ont trouvé à vendre leurs victimes. L'exploration par la voie du Nil sera arrêtée pour un temps, mais les voyageurs qui sont aujourd'hui au delà du Soudan se dirigeront sans doute vers le sud, et exploreront forcément la région encore inconnue entre les bassins de l'Ouellé et du Congo. Pendant ce temps ceux qui vont remonter les affluents septentrionaux du grand fleuve, arriveront par le sud, pour leur aider à découvrir ce qui demeure encore ignoré dans ce vaste espace, et apporteront aux nègres de cette région les bienfaits de la civilisation, dont les Arabes du nord les auront frustrés.

CORRESPONDANCE

M. Jeanmairet, membre de la mission du Zambèze, nous écrit de Leribé (Basutoland), le 22 novembre 1883 :

Notre départ avait été fixé au 5 décembre, mais comme nous attendons Parrivée de M. Weitzeckeii^successeur de M. Coillard au poste de Léribé, il ne nous sera pas possible de nous mettre en route avant la seconde moitié de décembre. Notre but est d'atteindre Shoshong avant les fortes pluies, d'y passer 2 ou 3 mois afin de refaire nos attelages, et d'en repartir au commencement de Phiver, pour atteindre le Zambèze dans le courant du mois de mai.

Nous possédons tout le personnel nécessaire de conducteurs et de guides, mais an seul évangéliste, au lieu de deux que nous aurions désirés; toutefois, à Séléka nous retrouverons Pun des évangélistes de la première expédition, qui se dit prêt à nous accompagner. Vous n'ignorez pas, sans doute, que nous ramènerons au Zambèze deux jeunes Barotsés qui avaient accompagné M. Coillard au Lessouto, où ils ont suivi pendant plusieurs années les leçons de Pécole biblique. Nous espé-

rons qu'ils resteront fermes dans leur foi, et qu'ils deviendront nos deux premiers évangélistes zambéziens. Nous aurons encore le précieux concours de deux jeunes artisans d'origine anglaise ', dans lesquels nous avons toute confiance, et qui nous seront d'un grand secours pour nos travaux matériels. Notre expédition sera donc composée de deux missionnaires, de M™* et M"* Coillard, de deux artisans européens, de deux évangélistes indigènes et de leurs familles, de nos deux Zambéziens, et du personnel de nos conducteurs et de nos guides. C'est toute une caravane de quatre wagons, traînés par une soixantaine de bœufs, auxquels s'ajouteront quelques chevaux et une meute de chiens.

Bien que nous devions voyager dans la saison la plus chaude de l'année, ce ne sera pas un grand désavantage pour nous. La vie active du voyage préserve presque toujours des atteintes de la fièvre, et nous aurons en revanche une meilleure herbe pour nos attelages. La seule difficulté sérieuse que nous redoutions est le passage des fleuves, rendu souvent impossible à cette époque de l'année par la crue subite des eaux. Notre itinéraire est de passer par le Transvaal et Pretoria, la route des diamants-fields étant peu sûre à cause de l'état d'anarchie du Stellaland. Le gouvernement du Transvaal nous accorde le passage de bonne grâce, tout en nous réservant quelques surprises au sujet de droits à payer sur nos munitions et nos marchandises. Le 25 de ce mois, nous aurons ici notre réunion d'adieux aux églises du Lessouto, qui, à cet effet, enverront chacune deux représentants indigènes. Le voyage de six semaines que M. Coillard et moi avons entrepris, dans le courant de l'hiver, pour visiter ces églises, a créé entre elles et nous de vrais liens.

Agréez, etc.

D. Jeaxmairjet.

BIBLIOGRAPHIE

De là lectube de8 cartes étrangères, par Henri Mager. Paris (Auguste Ghio). In-12, 100 pages, 1 fr. — Ce petit livre est destiné à renseigner les nombreuses personnes qui éprouvent des hésitations pour la lecture des noms étrangers. Il renferme des tableaux de prononciation, classés dans deux divisions, la première contenant tout ce qui permet Tusage des cartes allemandes, et la seconde, toutes les indications pour rintelligence des cartes anglaises. Malgré la difficulté qu'Q y a de rendre, avec les syllabes et les caractères français, les sons étrangers, M. Henri Mager, avec le concours de collaborateurs versés dans l'étude des langues, a pu indiquer d'une manière claire la méthode à suivre pour prononcer les noms anglais ou allemands. U a donné, en outre, la liste des synonymes géographiques, c'est-à-dire, des villes qui ont plusieurs noms, et des notes fort utiles sur les abréviations des cartes allemandes.

• MM. Middelton et Waddell. Le dernier est charpentier et ébéniste de profession ; le premier s'entend un peu à tous les genres de travaux. Le premier est anglais, le second écossais.

'On peut se procurer à la librairie H. Georg, à Genève et à B&le, tous les ouvrages dont il est rendu compte dans V Afrique explorée et civilisée.

BULLETIN MENSUEL (4 février 1884). '

Le rejet, par la Chambre des députés, du projet d'emprunt de 50 millions affecté à la colonisation de rAl^épie, où le gouvernement français se proposait de créer 175 villages nouveaux, en expropriant 300,000 hectares aux indigènes, ne signifie point que la France se désintéresse de la question de colonisation du sol algérien par des mains fran- (^aises. En effet un projet nouveau a été présenté au sénat par M. le comte d'Haussonville, fondateur de la Société de colonisation des Alsaciens-Lorrains en Algérie, après la guerre de 1871 ; il s'agirait d'acheter aux indigènes de gré à gré, ou par expropriation, les terres domaniales non employées pour un service public; ces terres comprennent une contenance d'environ 800,000 hectares. — D'autre part il s'est constitué à Brest, sous le titre de « Société française de colonisation, » une société qui a pour but de provoquer un mouvement d'émigration vers les colonies françaises, et en particulier vers l'Algérie. Les colons seront recrutés et soutenus par la dite association, grâce aux ressources fournies par les souscriptions et les dons ; un bulletin tiendra les sociétaires au courant de l'entreprise, qui est une œuvre de philanthropie nationale. — De son côté, le Comité protestant de Lyon fondé pour faciliter, à un certain nombre de Vaudois des Alpes françaises, l'émigration aux Trois-Marabouts, dans la province d'Oran, continue son appui à ces colons, qui, grâce à un labeur incessant, ont construit leurs habitations et mis en culture les terres dont ils ont obtenu la concession, et, par leur bonne conduite, ont conquis l'estime générale.

Quoiqu'il soit très difficile de savoir exactement ce qui se passe au Soudan, ce qu'il y a de certain, c'est que la situation a beaucoup empiré depuis notre dernier numéro. Le mahdi a profité de l'impossibilité où s'est trouvé le gouvernement égyptien d'arrêter les progrès de l'insurrection, pour continuer à provoquer le soulèvement des populations dans un rayon toujours plus étendu, vers le Nord, jusque dans la Haute-Egypte, à l'Est, jusqu'àla mer Rouge, le long du littoral, deSouakim à Kosseir, au Sud, jusque dans la province équatoriale du Bahr-el-

^ Les matières comprises dans nos BuUetins mensuds et dans les Nouvelles cornpUmentairea y sont classées suivant nn ordre géographique constant, partant de FAlgérie, puis allant à l'Est, longeant ensuite la côte orientale du continent et revenant par la côte occidentale.

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