L'AFRIQUE. — CINQUIÈME ANNÉE. — V
Gbazal, où, d'apr^ une dépèche du Caire, Texplorateur Schuver, dont nous avons reçu plusieurs lettres avant qu'il eût quitté Khartoum, aurait été assassiné. Toutefois nous nous demandons comment cette nouvelle a pu parvenir au Caire, les communications télégraphiques au delà de Khartoum étant coupées, et les bateaux à vapeur du Haut-Nil ayant dû suspendre leurs courses. Du moins le consul d'Autriche à Khartoum, M. Hansal, écrivait le 15 décembre à M. le baron de Hofinann, président du Musée oriental à Vienne, que depuis le mois d'avril, il n'y avait eu aucun rapport avec Lado, et que le vapeur parti en juin pour Meshra-el- Rek, n'était pas revenu, ce qui causait une grande inquiétude à Khartoum'. On était très en peine de Junker, de Schuver, deLupton-bey et d'Emin-bey, sans parler de Slatin-bey et de Gottfried Roth qui ne pourraient échapper au pouvoir du mahdi qu'en s'enfuyant du Darfour vers l'Egypte. M. Hansal ne pensait pas que les secours envoyés du Caire, soit par Souakim, soit par Korosko, pussent empêcher Khartoum de tomber aux mains du mahdi. Aussi la plupart des étrangers avaient-ils déjà quitté la ville, abandonnant leurs propriétés et leurs affaires. Dans une lettre antérieure, publiée, comme la précédente, par V Oesterreichi- 8che Mœiatschrift fur den Orient, M. Hansal fournit, sur l'administration du Soudan, des renseignements qui font mieux comprendre l'empressement des populations à répondre aux appels du mahdi à prendre les armes contre le gouvernement égyptien, et la nécessité, pour le cas oii les généraux Baker et Gordon, avec ou sans le concours de l'Âbyssinie, réussiraient à conserver à l'Egypte le territoire à l'Est du Nil, d'y introduire des réformes fondamentales. Après avoir mis le séquestre sur la succession d'un père de famille qui avait institué un exécuteur testamentaire, l'autorité égyptienne en avait fait vendi*e les objets aux enchères, pour en distribuer le produit à des fonctionnaires et à des soldats, et, six ans après la mort de leur père, les orphelins mineurs n'avaient encore rien reçu de l'héritage paternel. Les habitants du désert devaient transporter des milliers de charges de chameaux de biens de l'État, de la mer Rouge au Nil, sans être payés des frais de transport. Le simple agriculteur devait payer double et triple impôt, sans qu'aucun contrôle fût exercé sur cette branche de l'administration. Des soldats ou des
' D'après une dépêche de Khartoum du 14 janvier, au Timts, le steamer Ismctilia a ramené le D' Bohndorf, compagnon de voyage de Junker, qui a annoncé la mort de Schuver. Lupton-bey était assiégé dans Port-Rek. UlsmaUta avait été attaqué deux fois dans son voyage de retour à Khartoum.
ment les endroits signalés par les indigènes, comme devant renfermer des gisements de minerai présentant une certaine valeur industrielle.
Le bateau de sauvetage, le Morning-Star, de la station missionnaire d'On-DJidJi, transporté par pièces démontées, de Zanzibar au Tanganyika, a été reconstruit et lancé sur le lac, au milieu d'une grande affluence d'indigènes, d'esclaves et de gens des Arabes, et du personnel de la mission. Au moment oii il a glissé, du plan incliné, sur les flots, une foule de gens se sont précipités dans Teau, tirant des coups de fusil et dansant, jusqu'au moment oU une distribution de viande leur a été annoncée. On avait tué trois bœufs, un pour les Arabes et leurs gens, un pour les Wa-Djidji, et un troisième pour les personnes de la station, afin d'éviter les collisions qui auraient pu se produire dans l'état d'excitation où l'œuvre des blancs avait mis la population.
La Société Africaine allemande a reçu des lettres de MM. Bœhm et Reichardt, établis pour quelque temps à Qua-Mpara, sur la côte occidentale du Tanganyika, à l'endroit où le Loufoukou sort du lac. Le pays est habité par les Hollo, sauvages et belliqueux, qui se distinguent par les soins incroyables qu'ils donnent à leur chevelure. Avant d'y arriver, les explorateurs avaient eu à soutenir, à réitérées fois, les combats les plus sérieux avec les indigènes. A l'assaut de Katakoua, le D' Bôhm avait reçu deux coups de feu dans le fémur droit, ce qui l'avait tenu alité jusqu'à la fin de juin. Les blessures n'étaient pas encore entièrement fermées au commencement de juillet, moment où il écrivait. Arrivé le 8 juillet à Qua-Mpara, souffrant de la fièvre, il travailla néanmoins avec ardeur à réunir de grandes collections, qu'il fit déposer temporairement à la station interpationale de Karéma ; il découvrit entre autres, dans le Tanganyika, une méduse d'eau douce. De son côté, M. Reichardt a trouvé, dans le pays de Manourgou, sur la rive occidentale du lac, un singe anthropoïde, très redouté des indigènes, vraisemblablement le chimpanzé de l'Afrique occidentale et centrale, ou du moins un singe très voisin de ce dernier. Sa taille est de 1" 03 ; il est d'une forte constitution ; ses bras et ses cuisses sont très musculeux ; il a la poitrine énorme, les épaules larges, le cou très court, les bras longs,
hommes assurément les plus compétents en matière de linguistique africaine (v. p. 88 et 45), nous introduisons, dès aujourd'hui, dans notre journal, certaines modifications, à l'orthographe des noms propres, tout en la conservant, autant que possible, conforme à la prononciation; en particulier nous retranchons, au pluriel de ces noms, le suffixe s, que jusqu'ici nous avons employé à tort.
la peau couverte de longs poils d'un noir brillant, la face violet foncé. Ces singes vivent ensemble par troupes de six à vingt, et se construisent, sur les arbres, à huit ou dix mètres au-dessus du sol, des gttes de 1" à 1" 02 de diamètre ; on en trouve parfois deux sur le même arbre. M. Reichardt a vu des colonies qui comptaient une cinquantaine de ces gîtes. Les indigènes racontent les choses les plus étranges de la force de ces saJcos. Ils les redoutent plus que les lions. Deux jours avant Tapivée du voyageur au Tanganyika, un nègre fut saisi par un sako, qu'il rencontra inopinément dans un champ et qui lui fracassa la tète contre une pierre. Si quelque indigène se trouve face à face avec un sako qui le considère, le front appuyé sur le bras, il en mourra lui et toute sa fEunille, à moins qu'il ne coure en toute hâte chez un magicien.
Les missionnaires de Blantyre songent à multiplier leurs stations. Deux d'entre eux, MM. Hatterwick et Henderson, ont fait avec M. Drummond, naturaliste, envoyé au Nyassa et au Tanganyika par la Société des lacs africains, de Blantyre au lac Chiroua, une reconnaissance du pays, en vue de cette extension de leur champ de travail. Partis de Blantyre le 23 août, ils ont rencontré de petits villages, construits sur les flancs de collines rocheuses, dont les habitants préfèrent la sécurité aux facilités d'accès. Puis, traversant l'arête ondulée qui forme la Ugne de partage des eaux entre les bassins du Chiré et du lac Chiroua, ils arrivèrent au pied du Chirazoulo, d'oii plusieurs natifs les conduisirent à un grand village de plusieurs centaines d'habitations, perchées comme des chalets suisses sur la pente S. 0. de la montagne, et où ils reçurent un accueil très cordial. Toute la population se rassembla pour les voir, les hommes d'un côté, les femmes de l'autre, s'intéressant tous à ce que les voyageurs leur faisaient voir : montres, boussoles, etc. Il y aurait là un champ excellent pour la mission. — Descendant ensuite dans la plaine, ils longèrent le pied de la montagne, en suivant un sentier tracé à travers de hautes herbes formant une voûte, sous laquelle ils devaient passer en se courbant, et, après avoir quitté l'angle oriental du Chirazoulo, ils entrèrent dans le grand Dambo, plaine inclinée vers le lac, qui, dans la saison des pluies, devient un vaste marécage. La chefesse Chimombo, qui réside dans un village à cinq kilomètres du lac, les reçut, assise sui' une natte, entourée des dames de sa cour, et leur exprima le désir de voir des Anglais s'établir près de son village, pour que ses femmes pussent travailler et avoir du calicot. La population est un reste des Ma-Nyauga, qui n'ont pas été chassés lors de l'invasion des Wa-Yao de 1860 et 1861.11s sont tous, hommes, femmes et enfants, grands fameurs de chan-
vre. Livingstone est le seul blanc qui soit venu dans leur voisinage. Quelquecordialque fttt leur accueil, ils n'en conservaientpasmoins dessoupçons sur les intentions des voyageurs, auxquels ils refusèrent soit des canots, pour les transporter de l'autre côté du lac, soit des guides, pour leur faire faire par terre le tour de son extrémité méridionale, parce que, disaient-ils, après la visite de Livingstone au lac, Teau en a beaucoup diminué, et Ton ne pouvait plus avoir de poissons. — De Chimombo, les missionnaires se dirigèi-ent vers le N. 0., le long de la rive du lac, jusqu'au village du chef Malemya, fameux trafiquant d'esclaves, où ils virent plusieurs Arabes demi-caste, et une grande caravane d'esclaves, porteui'S d'ivoire, campée dans la plaine. Après avoir reconnu toute la rive S. 0. du lac, ils revinrent à Blantyre. — M. Scott, un de leurs collègues de cette station, a fait un grand vocabulaire et a réuni les matériaux d'une grammaire de la langue nganja qui, dit-il, est très belle; il se propose d'apprendre encore le kijawa, le kipetou et le kikounda, dialectes parlés dans cette région.
Jusqu'ici l'on ignorait que le Liesaonto eût jamais eu de grands pachydermes, comme les autres parties de l'Afrique. Le doute n'est plus possible à cet égard. D'après une lettre de M. le missionnaire Christel à l'un de nos amis, qui a bien voulu nous la communiquer, un Mo-Souto se rendit, à la fin de novembre, au Calédon, pour y déterrer une racine d'arbre, seul vestige de la végétation d'autrefois. Un jour il vit deux petites pointes surgir de terre, et, en creusant, il trouva une mâchoire d'hippopotame. M. Dieterlen, missionnaire à Hermon, se rendit auprès de lui avec M. Christel, et obtint qu'il leur cédât sa trouvaille, une mâchoire inférieure armée de très belles défenses, longues et bien relevées, ainsi que les os du bassin, en échange d'un sac de blé indigène. Les premiers missionnaires n'avaient jamais entendu parler de la présence, à aucune époque, d'hippopotames dans ce pays. Cette découverte en amènera probablement d'autres, qui permettront de reconstituer la faune éteinte.
Quoique les agents du Gondté d'études dn H»ut-Goiii^' ne
^ D'après la légende de la carte mentionnée dans ce paragraphe, et la circalaire qui l'accompagne, nous aurions dû dire plutôt : les agents de VAsioeiaUon internationale du Congo; mais nos lecteurs ne connaissant, comme nous jusqu'ici, que le Comité dPétudeSy nous préférons employer cette dernière désignation. Nous regrettons^ avec V Export de Berlin, que ce comité change si souvent de titre; en effet c'est tantôt V Association internationale africaine^ tantôt VAseociation intemaHomate du Congo, on encore V Œuvre afiricaine tout court, ce qui n'est ni clair, ni correct.
publient pas des rapports qui nous permettraient de progrès de l'œuvre de cette Société dans l'Afrique i taie, un croquis du Congo, de l'Equateur k l'Océan Niari-Quilou, établi k l'aide de recouoiùssaaces exéc de pocbe par ses explorateurs , et que son secrétaire g a bien voulu nous envoyer, nous permet de nous ri exactement de l'état actuel de cette entreprise. Vivi, town, Manyanga et Stanley-Pool sont h. peu près le la position géographique ait été déterminée avec suffisante. Toutefois ce croquis peut être considéré co et un peu plus complet que la plupart des cartes l'Afrique. Aux stations déjà nommées précédemmea long du fleuve, de Vivi &rÉqu&teur,B'en sont sgoutée sur la rive méridionale de Staoley-Pool, outre l'anciei et deux eu aval de Vivi : Moki et Ikungula, vis-à-v comme pour garder le passage. D'autre part une d ont été créées le long du Niari-Quilou, deux à i'emboii une en amont des chutes de Mayombé, et quatre à égale distance le long de son cours moyen, sous les n Stanley-Niadi, Stéphanie-ville et Philippe-ville. Ces la voie proposée par de Brazza pour atteindre le plus d Pool depuis l'Atlantique. Ne pouvant réclamer l'ho verte, le Comité d'études paraît avoir voulu pouvoir i premier occupant. En outre, il a étabU, sur les deux I de stations quatre postes, trois au sud, le long de ta 1 le Niari et le Tchiloango, et un au nord, sur un des les plus voisins de rOgftoué, comme pour garantir la ^ tre toute tentative de l'en déposséder. Pour reconnat blir les stations, il a fallu des explorations, mais la pagnée d'aucun texte qui puisse nous rens^gner à c SerODS-nous mieux informés lorsque H. Johnsto vMine seront arrivés sur le thé&tre de leurs prochain il Johnston, nos lecteurs s'en souviennent, que l'on détails drconstanciés des dernières découvertes de la première carte indiquant la direction exacte des di et Mohmnba (IV* année, p. 301.) Il se propose mai: un nouvel affluent du Haut-Congo, et de traverser nent africain de manière à rejoindre le Nil. M. Van d de l'Association internationale du Congo, a propoi
M. Francis Newton, qui a déjà passé une année en ÂMque, où il était chargé d'une mission commerciide, et où il a fait à Tintérieur plusieurs voyages, d'où il a rapporté de curieuses études sur Tethnologie africaine. Quant au D' J. Chavanne, il est chargé par l'Institut national de géographie, avec l'appui de l'Association internationale du Congo, d*un voyage d'exploration dans le bassin septentrional du Congo. D'après les Mittheiltmffen de Gotha^ il pense pouvoir atteindre, de Banana, la vallée du Niari, puis pénétrer le plus loin possible vers le nord, pour explorer la ligne de partage des eaux entre le Bénoué et le Congo, après quoi il se dirigera vers l'Est, pour résoudre enfin la question de l'Ouellé et gagner le bassin du Nil. Il s'occupera surtout de l'exploration géographique, ainsi que d'études et de collections anthropologiques et ethnographiques. Les précédents travaux de Johnston, comme ceux du D' Chavanne, permettent d'espérer que leurs explorations seront des plus fructueuses.
Nous ne doutons pas que Stanley, avec la flotille dont il dispose, n'en fasse d'utiles et intéressantes, mais, pour le moment, le monde les ignore. Il en fera davantage encore lorsqu'il aura reçu le petit steamer qui porte son nom, et que l'Association internationale africaine a fait construire pour lui en Angleterre. Ce bateau est d'un type tout nouveau, car il est fait pour la navigation fluviale et pour les transports par terre. Les précédents vapeurs n'ont pu être transportés à Stanley-Pool, que par une armée de nègres et au prix de sommes énormes. Celuici est formé de six compartiments étanches qui sont tous des corps flottants, que l'on sépare ou qui composent un tout à volonté. Mais comme ces compartiments sont de dimensions moyennes, ils deviennent, à volonté, des caisses de chariots qui peuvent circuler sur terre. L'embarcation sera chargée sur un navire de mer, transportée en tranches à Banana, montée pour remonter jusqu'à Yivi, où s'arrête la navigation ; en ce point on débarquera la machine, et, comme la coque complètement vide ne cale que 15 centimètres, on procédera à la disjonction des tranches, puis on fixera à chacune de ces tranches quatre grandes roues en acier qui en feront de véritables chariots. On suivra la route de terre jusqu'à Isanghila, où l'on reconstruira le bateau pour remonter à Manyanga, d'où l'on reprendra la route de terre, par la rive gauche du fleuve, jusqu'à Stanley-Pool. Mais l'on croit que malgré le sectionnement de la coque, il ne faudra pas moins de SOO nègres, pour tratnerle Stanley jusqu'au Pool, la route de terre étant très accidentée, et la traction de tels poids présentant toujours de grandes difficultés.
Quoi qu'D en soit des travaux du Comité d'Etudes du Haut-Congo, le nombre des voix qui demandent la libre navl^^Atlon du fleuve
s'accroît constamment ; celles des Américains viennent renforcer celles des Européens. Dans le message présidentiel adressé au Congrès de Washington, se trouve une déclaration, dans laquelle les États-Unis expriment leur résolution de ne pas se désintéresser de l'activité déployée au Congo par l'Association internationale africaine. Quoique leurs intérêts n'y soient pas encore directement engagés, il peut devenir nécessaire qu'ils coopèrent avec d'autres puissances conmierciales, pour assurer les droits delà liberté de commerce et d'établissement dans la vallée du Congo, sans intervention ni contrôle politique d'aucun État particulier. De son côté la Chambre de commerce de New-York a adopté une résolution invitant le président Arthur à nommer une commission, qui serait chargée de s'entendre avec l'Association internationale africaine, afin d'obtenir, pour les autres pays, la liberté commerciale dont les Portugais cherchent à s'attribuer le monopole.
Moins considérables que ceux des agents du Comité d'études, les progrès des membres de l'expédition de Brazza méritent cependant d'être signalés. Après avoir remis à son chef le commandement des sta* tions dont celui-ci l'avait chargé, M. Mlzon a quitté Franceville pour se rendre à la côte, par une voie intermédiaire à celles de l'Ogôoué et du Quilou, et qui aboutit aux lagunes du pays de Youmba. Il voulait se rendre compte de la configuration de cette contrée, chercher la Ugne de faîte qui sépare le bassin de l'Ogôoué et du Nyanga de celui du Quilou- Niari, enfin étudier les productions et le commerce de ces pays, et s'assurer s'il n'y avait pas une route praticable partant de la côte et se dirigeant vers le nœud géographique d'où coulent la Passa et l'Alima. M. Mizon descendit la Passa, puis l'Ogôoué jusqu'au confluent de la Liboumbi, afin de reconnaître la navigabilité de cette rivière. Il s'est assuré qu'elle ne peut être remontée au delà du point oii elle reçoit la Licoco. Le 10 septembre il se trouvait près du village de Ncando, et pouvait apercevoir, à 24 kilom. environ, le point où se croisent les vallées de la Luété et du Niari. Avant de rejoindre les établissements français il a traversé une série de montagnes parallèles à la côte et appartenant au bassin du Quilou. — Quant à Savopfl^nan de Brazza lui-même, le dernier paquebot du Congo annonce qu'il est arrivé sur ce fleuve en amont de Bolobo, station de Stanley qu'il a trouvé incendiée par les indigènes. II est ensuite descendu vers Brazzaville, après avoir rétabli l'ancien ordre de choses dans les États de Makoko,
Pendant que Ton installait dans Tlle Muudalehla station de Texpédition de M. Ro^^ozinski, celui-ci a fait une excursion préliminaire, pour étudier le pays et atteindre Bakoundon, derrière le^ monts Cameroon. Le meilleur chemin pour cela est le Rio-Mungo, beau et large fleuve, qui arrose le pied oriental de ce massif de montagnes, et coule rapidement entre des rives hautes, couvertes d'une végétation luxuriante. Avec six Kroumen et un guide de la tribu des Desalla, il le remonta en pirogue, en en faisant le relevé, et arriva, le cinquième jour, près d'une haute berge, sur la rive droite, d'oii part un sentier indigène qui mène à Bakoundou. Il espérait trouver là la clef pour pénétrer dans l'intérieur, et des natifs convenables comme porteurs ; son espoir ne fut pas déçu. LeroiNambeleh II, qui n'avait pris le pouvoir des mains de son père que quelques mois auparavant, parcourait lé pays pour se faire reconnaître. Son représentant, Nammekao, était un chef d'une quarantaine d'années, très inteUigent, avec lequel M. Bogozinski parlementa, pour obtenir l'ouverture du pays aux étrangers et la libre circulation. Il apprit de lui, qu'au delà de Bakoundou se trouve la tribu des Ba-Farenyanya qui ont des relations au Bayong, pays situé à quinze jours de marche à l'Est de Bakoundou, et dont les capitales sont Tountou et Pébot. Muni de ces informations, il revint à la côte, résolu à la quitter aussitôt que les installations de l'île Mundaleh seraient terminées. Il eu repartit en effet le 12 août, avec un de ses compagnons de voyage, M. Tomezek, et ils arrivèrent le 19 à Bakoundou, où ils établirent leur quartier général. Le roi était rentré dans sa capitale. Jeune encore, il attache une grande importance à la venue des explorateurs, dont la présence le rehausse aux yeux des tribus d'alentour. M. Bogozinski obtint de lui qu'il ouvrît le pays aux étrangers, et qu'il leur accordât de circuler librement dans ses États. Les voyageurs en profitèrent pour parcourir le pays ; il explorèrent le Haut-Mungo, et atteignirent la grande cataracte de Mungué, dans le pays de Kumbayi,oîiils virent pour la première fois des Ba-Farenyanya.Les éléphants y sont tellement nombreux, qu'ils inondent littéralement le pays ; en allant un jour à Kumbayi vers leN. E., la caravane de M. Rogozinski fut attaquée et dispersée par une bande de ces pachydermes. Outre la cataracte et le cours du Mungo, les explorateurs ont reconnu un grand lac de 7 kilom. de diamètre, le Balombi-0-Mbou, d'où sort le Rio-del- Rey, puis un autre lac nommé le Gango, que traverse le même fleuve, enfin un long et large affluent du Mungo, le petit Mungo, qui forme aussi une cataracte importante. La saison des pluies finie, M. Rogozinski comptait pouvoir prendi^ la route de l'Est dès le mois de novembre.
M. Godtrey Layden a fait récemment à CoHiiuuiaie ui
SOI lequel nous extrayons de VAfrican Times les détails suivai de Cape Coast k la Eu d'octobre, avec 25 porteurs, il dut traV' forêt très épaisse, dans laquelle la route était obstruée en beauc droits par la végétation, ce qui obligeait ses hommes k se frayt sage la hache à la main. A 100 kilom. de Coumassie, il dépëcht ses hommes, pour informer le roi de son intention deluiEaire vis tour, Quaqua-Duah lui envoya deux de ses fonctionnaires, po bAtODS dorés, qui l'introduisirent dans la capitale; puis ille fit ' résidence, et le reçut entouré de ses officiers, s'informa du but d qui n'avait qu'un caractère privé, et le renvoya sous escorte à pement, oii le roi le confina six jours, pendant lesquels il lui fit visites. Âpres avoir obtenu sa liberté, M. Layden en profita poui et recueillir, sur le pays et son histoire, tous les renseignements se procurer. Il apprit qu'un grand nombre des enfants de l'ex- Calcalliont été massacrés; à l'arrivée de M. Layden, l'ex-roi é un village à 15 kilom, de la capitale, mais au départ du voy: monarque déposé avait été amené prés de Coumassie. Les prenant M. Layden pour un espion, comptaient couper la tôl si les Anglais avaient l'intention de le faire remonter sur le tr sieurs che& du voisinage ont pris les armes contre Quaqua-Dual constamment lutter contre eux.Ila'y avait alors point débats gées, mais le pays tout entier était dans un état voisin del'ani le commerce était complètement arrêté. Deux jours après l'a M. Layden, la sœur du prince Ansah mourut; l'on croyait qu'l à cette occasion un sacrifice humain ; la coutume en subsisti quoique sur une moins grande échelle que précédemment. Pei voyage, M. Layden a fait d'importantes collections seientifiqi recueilli de précieux spécimens de la flore et de la faune du pa;
NOIIVEI.I.E8 GOHPLfiHEHTAIRES
ItlM. de Lesseps, Rivera et Wilsoii, s'étant mis d'accord sur tous Ue discussion dans la convention avec les armateurs anglais relativement & Suez, le gouvernement britannique a adressé à M. de Lesseps une letti vant cette convention, et exprimant sa vive aatiafaction que toute cause timent soit ainsi écartée.
Le D' Stecker a rapporté de son voyage en Âbyssinie et dans les pa de précieuses collections, entre autres 2000 plantes, dont un grand nom' tiennent au Qodjam, province dont la flore était peu connue jusqu'ici, t
. vÀ.ys^^t^iM ^JTtae fTUide valeur, qui emkfcin k WÊaaét dhangraphi-
. s«i«^i V^twiwUi est reparti pour Assab, avec mie Bissm da gomnnemtai
\^ uiUièi/^ £ra»^ de la marine a £ùt, arec la directîoB de la Cooipagme des >i.«;^Éjii«H^ ie lXHtesi« an contrat pour rétabliasMeat d^m dép^ de ^arlwa et xH|^^>i^â<NtMaMiits à Obock. n a en ootre àéaigoé des cmamissaires ckargés de ^\ttjM»iitY arec les délcgvês da gom ci avaient ^gtplica povr la délJMltatioB da ter- ¥i|gàr^ de cette coloBie.
M. Alfred Barder, fin a séjonné qnatre années i Haiar. Z<ila.lkiWia et Adcn, a wfonK la Société de gê«ifiaphîe de Pam qne. dans ce inwnent sa maison, de Harar a envoTê pinsicns cxpédîtms dans le pars des Dnnkali dans le kwM de FHaonasck. et an Wabi. par rOfaden. an S^-K de Harar« et par rEanva, an snd de la mtee localité. D enTena pro^aînement an rapport sor 1« résultats de ces et IBM carte dn pays des S4>BaIi et des Galîa.
anglais de la station de Kagxteî. près da Vîeiorsi-Nianxa. oct re^n de Lnkongné. roi de rae d»a-Kêrévé« c^e aTitat>>& cerdsale. à laqoelle ils comptaient se rendre dès qœ lenrs bagages seraiiau arriT^s de D.^ft-ixaaida.
3L G. Bérofl a réasm à asteîadre le Haat-Djoaba en pariiite saase.
Krambo s^efforce de conatltaer on peuple avec les éléments «iîvers des trîbos ^kabàcem ses ElatSL Persuadé qaennstrm^tîoa d^sncnâ sn élément de grandenr et de lie à sa natian, il insiste poor qne la Société de Londres bà cnr^ite an pîas grand nombre de miHÎinnaires^ et en partàntlàer an médecin aiisàwnaîre.
Serpn Fteo a écé Boamaé consal portugak à Zanzibar.
La ttatân. de Karênn. qTiL aa itfbo:. codtah 3I.VXV or. à rjLssoctaàiia àitematâmaLe a£seaÈBe est arrrrée à, se soÊire à eîIeHnénLO. L» ^X* persoaaies ^^oi U composent, nkmûss »as TaococTcé da càe£. IL S&>cik. troaieBi: ifesas I«s prHi'zits de leurs cul!nxrea. aua sealement de ^^aoî sabieoÈ à leor» besoînsw nais esorre le qiMi
L'AMeuùmerj S^porter ajaat. à Toora^'a le la ccaiesôia cooL-rie eocre !a FrsBne «t le Pirtoçal. \Ti astjrse la libre sortie 'ifê ïraYaiTI^or^ eniç^res !: 7cenMnt poor Xijnoî et yjsffr-Be. repricbe aa F'jnagtfcl ie à^'^nser la mit*» an pr.'â: •le JE Fram». le J&aanA hpîuimtruiftir a rti^pele -^xx* cette ..nm^eiiciMa a ^c^ r«f«&gee tioà js an*fnHf :eRnes ^a'^ine axtr* aa»riear^*menc ooacrie encre je F'>rtagal et r^jgfttagr*. pour pennecare aox sraraLleurs ie Xi^ambD^oe et ie Lonsuo^ Xdr*iaez ie ¥i rsniire librement À X.i£al ja aa Cap.
Le^ 3iimiiimairs tudIucî et aeticiLiCt*!*)»^ le^^cne^ i rvaàitcer !<fs s&i'iuas %bss '^pevJak£3I •se m Less^ioro. iiat r^^iiitt» la Su&à^ à lu îa <ie ^iin. '*er.
Le piwicîisateni purtoiiaù a jua*:!*! 4t«c M Xic Xiriu jLawrx-aji* an oi»- 7t£ j%nŒ Ji rjiuimirtiita ixi .*^«mtm fe 5;r. ^ li>re!Li*/^Xu:*<ie£ à js â:*iac:ere àa
has&^.ti 'HrxniamL a "jô iiLiontfcres «T'me *'.'i^ 3a»*}ca)îe "n^ar itr? n-rv^ -jt îor
nne étendue de plusieurs centaines de milles carrés. Le gisement a 8"* d'épaisseur; la qualité de la houille en est bonne pour les machines à vapeur.
Sir Barkly, ex-gouverneur de la colonie du Cap, insiste fortement pour que le gouvernement britannique constitue un protectorat sur le pays des Be-Chuana, au point de vue de la civilisation et du commerce, celui-ci étant intéressé à garder ouverte cette route vers l'intérieur, dont le trafic est estimé à plus de 2,500,000 fr. annuellement.
Le D' Holub est arrivé à Capetown à la fin de décembre, avec six artisans européens, anciens soldats, qui ont obtenu du gouvernement autrichien l'autorisation de le suivre dans sa nouvelle exploration.
Le schooner Meta, appartenant à M. Lûderitz, fera régulièrement le service entre Angra-Pequena et Capetown. D'après le témoignage des missionnaires rhénans, l'entreprise de M. Lûderitz ne nuit en aucune manière à leur œuvre. Un grand nombre d'indigènes sont occupés à la construction des magasins, au transport des marchandises, etc.; depuis l'installation des nouveaux établissements, le commerce des bestiaux s'est beaucoup développé. Jusqu'ici la maison Lûderitz n'a importé dans le pays ni eau-de-vie, ni aucun spiritueux quelconque.
M. le D' Passavant a dû partir à la fin de janvier pour les Cameroon. Il compte prendre à Monrovia des Wyhboys avec lesquels il remontera la rivière Cameroon, pour dépasser la chaîne de montagnes qui court parallèlement à la côte ; il y passera la saison des pluies ; et s'avancera ensuite le plus vite possible daiis la direction de l'Est.
M. P. Dahse, concessionnaire de mines d'or à Wassaw, est reparti pour la Côte d'Or, où il va diriger l'exploitation d'un gisement d'étain, pour le compte d'une compagnie anglaise.
Par décret du président de la République française, les comptoirs de Grand-Bassam et d'Assinie^ qui prennent chaque année plus d'importance et réclament la présence d'uh fonctionnaire spécial, ont été placés, avec tous les établissements français de la Côte d'Or, sous l'autorité du commandant du Gabon, qui portera désormais le titre de commandant supérieur âes établissements français du golfe de Guinée.
Le colonel Bourdiaux, gouverneur par intérim du Sénégal, a conclu avec le chef Moussa-Malo, de Firdou, sur la Cazamance, un traité d'amitié et de commerce, qui, tout en laissant aux indigènes leur indépendance, les place sous le protectorat de la France, et assure aux commerçants français de grands avantages dans les bassins supérieurs de la Gambie et de la Cazamance.
Les dépêches du Haut-Sénégal rapportent que la partie de la voie ferrée construite dans la campagne 1882-1883, a parfaitement résisté aux pluies de l'hivernage et qu'elle est en excellent état.
Le chérif de Ouazzan, parent du sultan du Maroc, et chef spirituel de l'Islam dans l'Afrique septentrionale, a sollicité du ministre de Ii'rance au Maroc sa protection officielle pour sa personne, sa famille et ses biens, et s'est fait naturaliser français.